Publié le 27 janvier 2026

2026 : l’année du CNES en 10 dates clefs !

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Pour l’agence spatiale française, cette année est placée sous le signe de l’exploration. Mission Epsilon de Sophie Adenot, envoi de MMX vers Mars et ses lunes… revue de détail des dates à noter !

© CNES, 2025

Sophie Adenot s’envole vers l’ISS pour sa mission Epsilon

🗓️ Début février

Elle succède à Thomas Pesquet pour devenir la première astronaute française de l’ESA dans la Station spatiale internationale depuis 2021. Sophie Adenot s’envolera à partir du 4 février pour Epsilon, une mission de  neuf mois, et réalisera en micropesanteur pas moins de 200 expériences scientifiques et technologiques. Plusieurs de ces expériences ont été développées et seront suivies depuis Toulouse, au CNES, par le Cadmos (Centre d’aide au développement des activités en micropesanteur). 

L’une de ces expériences aura la particularité d’être dédiée à la jeunesse. « ChlorISS, prends-en de la graine ! » sera réalisée à la fois par Sophie Adenot depuis l’espace et par 4 500 classes en France, au mois de mai. L’objectif ? Faire germer simultanément à bord de l’ISS et sur Terre des graines d’arabette des dames et de mizuna (une sorte de roquette), afin de comparer l’influence de la lumière et les effets de la gravité sur la germination et la croissance des plantes. 

© CNES/OLLIER Alexandre, 2025

Premier lancement d’Ariane 6 dans sa version à 4 boosters

🗓️ Le 12 février

Après cinq lancements réussis pour Ariane 6 à deux boosters, la nouvelle version du lanceur européen, équipée de quatre propulseurs d’appoint, décollera le 12 février de Kourou ! Pour préparer ce lancement, le CNES a mené plusieurs études au Centre spatial guyanais (CSG), notamment sur la résistance des équipements qui alimentent la fusée en carburant et sur les vibrations que la fusée pourrait provoquer au sol. Tout est désormais fin prêt pour l’envol de la première A64, et les éléments du lanceur sont en cours d’assemblage au CSG. Le lanceur emportera sous sa coiffe 32 satellites de la constellation Amazon LEO.

Le lancement sera retransmis sur notre chaîne YouTube

Vue d'artiste d'Ariane 6 à quatre propulseurs d'appoint (A64).
© ESA/ill./DUCROS David, 2018

C’est aussi cette année qu’Ariane 6 et Vega-C embarqueront le nouveau moteur P160C. Plus puissant que l’actuel P120C, il améliorera les performances des deux lanceurs, permettant d’embarquer des satellites plus nombreux ou plus lourds.

Enfin, 2026 verra la montée en cadence des vols Ariane 6 : le Centre spatial guyanais devrait réaliser 7 à 8 lancements en 2026, puis atteindre 9 à 10 lancements en 2027.

La deuxième sélection des « astronautes d’un jour » dévoilée

🗓️ Le 25 avril

Organisé pour la deuxième année par le CNES à l’attention des élèves de 4e, Astronaute d’un jour est un projet pédagogique hors du commun : à la manière d’aspirants astronautes lors de leur sélection, les jeunes candidats doivent passer avec succès des tests logiques, scientifiques et physiques mettant notamment à l’épreuve leurs capacités à travailler en équipe. À la clef pour les gagnants, l’expérience unique de la micropesanteur dans le cadre d’un vol parabolique opéré par Novespace !

Après une phase pilote en 2025 (ouverte aux seules académies d’Île-de-France, Toulouse et Montpellier), l’aventure se déploie pour la première fois dans l’ensemble de la France métropolitaine. Pas moins de 30 élèves seront désignés lauréats le 25 avril, à l’issue des épreuves théoriques puis d’une finale nationale « astrosportive » à Toulouse. Le prix ? Un vol à bord de l’avion zéro g, prévu le 17 juin. Un moment exceptionnel en perspective pour ces apprentis astronautes ! 

© Novespace/Laurent THEILLET, 2025

Au CSG, la réhabilitation d’ensembles de lancement se poursuit

🗓️ Toute l’année

À Kourou, le Centre spatial guyanais continue sa transformation avec le début du chantier de l’ELM (ensemble de lancement multilanceurs) sur l’ancien pas de tir de la fusée Diamant.L’ELM, prévoit l’accueil de quatre micro- et mini-lanceurs, ouvrant à la diversification des activités du CSG. Il accueillera aussi le projet Callisto. Sur ce projet de véhicule spatial entièrement réutilisable, le CNES travaille main dans la main avec les agences spatiales allemande (DLR) et japonaise (JAXA).

Autre chantier : la réhabilitation d’une partie de l’ensemble de lancement Soyouz (ELS), notamment pour le projet de l’industriel français MaiaSpace. La fusée Maia sera alimentée par le moteur Prometheus, actuellement en développement, et pour lequel le CNES tient un rôle d’assistance à maîtrise d’ouvrage auprès de l’ESA.

© CNES/ESA/Arianespace/Optique Vidéo CSG/P. Piron, 2024

Ballons : Stratéole-2, deuxième campagne aux Seychelles

🗓️ À partir de septembre

De mi-septembre à mi-décembre, le CNES organise depuis les Seychelles sa deuxième compagne de lâchers de ballons pressurisés stratosphériques Stratéole-2. Ce programme d’observation, en collaboration internationale, est proposé avec un consortium de laboratoires du CNRS.

Cette seconde édition consistera en 22 lâchers de ballons qui navigueront au gré des vents à 20 kilomètres d’altitude afin de permettre l’étude de la dynamique de l’atmosphère au-dessus de l’équateur terrestre. Les données récoltées aideront à mieux comprendre les mécanismes qui se jouent dans cette zone difficile d’accès pour des observations depuis le sol ou satellitaires. Elles pourront aussi bénéficier à la prévision météorologique et à l’étude du climat dans la zone.

Chaque vol pouvant durer jusqu’à trois mois, les ballons seront suivis depuis les sites du CNES de Toulouse et d’Aire-sur-l’Adour jusqu’au printemps 2027.

Campagne ballon Stratéole 2 aux Seychelles
© CNES/SABLON Igor, 2021

Cap sur Mars et ses lunes pour MMX !

🗓️ Octobre

Menée par le Japon, la mission MMX (Martian Moons Exploration) décollera au mois d’octobre pour étudier les deux lunes de Mars, Phobos et Deimos. Le début d’une passionnante odyssée ! 

La sonde doit se placer en orbite martienne en août 2027, puis en orbite de Phobos au mois de septembre de la même année, pour observer les deux lunes et rapporter des échantillons de Phobos, un corps céleste dont l’origine reste à déterminer.

Et la France, dans tout ça ? Avec l’agence spatiale allemande, le DLR, le CNES a développé pour cette mission un robot mobile, Idefix®, que la sonde déposera à la surface de Phobos. En plus du petit rover, le CNES fournit l’instrument MIRS, embarqué dans la sonde. Celui-ci doit permettre de caractériser la composition minéralogique de la surface des lunes de Mars et d’analyser l’atmosphère martienne, participant à la sélection des sites d’atterrissage de MMX. Le CNES participe également à l’étude des trajectoires et de la dynamique du vol de cette mission inédite. 

Vue d’artiste de la sonde japonaise MMX devant Phobos et Deimos
© JAXA/NASA

Embarquement vers la Lune pour les caméras Caspex avec Rashid-2

🗓️ Quatrième trimestre

Après Mars, la Lune ! Les caméras françaises Caspex, développées au CNES, qui équipent déjà le rover Perseverance en mission sur le sol martien, décolleront fin 2026 vers notre satellite naturel. Ces caméras innovantes équiperont cette fois le rover émirati Rashid-2

Rashid-2 explorera la face cachée de la Lune, dans la zone du pôle Sud visée par la plupart des missions commerciales lunaires. L’un des objectifs de ce véhicule sera de tester la résistance des matériaux composant les roues face aux conditions lunaires : sol, poussière, etc. L’occasion également de récolter des données afin de préparer de futures missions lunaires : le plasma, la géologie et les conditions thermiques seront ainsi étudiés. Outre la livraison des caméras Caspex, le CNES sera également impliqué dans l’aspect opérationnel de cette mission, en apportant une expertise qualité image depuis un centre de mission situé à Toulouse.

© CNES/QuisProduction/QUIGNAUX Frédéric, 2022

Arrivée de BepiColombo dans l’orbite de Mercure

🗓️ Novembre

C’est un voyage de 8 ans qui arrivera à son terme en novembre : lancée en 2018 par les agences spatiales européenne (ESA) et japonaise (JAXA), les deux sondes de la mission BepiColombo s’insèreront dans l’orbite de Mercure, leur destination finale. L’objectif ? En savoir davantage sur cette planète, qui reste encore mal connue.

La mission opérationnelle des deux sondes MPO et Mio sur l’orbite mercurienne pourra alors débuter. MPO réalisera une cartographie complète de Mercure, étudiera sa composition et sa structure interne. Quant à Mio, son travail consistera en l’analyse du champ magnétique et de la magnétosphère de Mercure. Les données recueillies permettront de mieux comprendre la formation et l’évolution des planètes dites « internes » (proches de leur étoile), une catégorie à laquelle appartient la Terre.

Pour cette mission, pas moins de huit laboratoires français ont participé à la conception de six instruments de la mission (sur seize) et c’est le CNES qui assure la maîtrise d’ouvrage de cette contribution.

Les (très attendues) premières données d’Euclid publiées

🗓️ Fin novembre

Il y a deux ans et demi, le satellite européen Euclid quittait la Terre pour une mission hors norme : cartographier tout un pan de l’Univers afin de comprendre comment celui-ci se structure et pourquoi son expansion s’accélère depuis ces 10 derniers milliards d’années. Il tentera plus précisément de percer les mystères de l’énergie noire et de la matière noire, qui entrent en jeu dans ce phénomène. Depuis le début de son voyage, Euclid observe ainsi des milliards de galaxies et l’évolution des grandes structures de l’Univers à travers les âges. Les données qu’il est en train de glaner abonderont l’ensemble de la communauté astronomique mondiale pour des décennies. 

Après la publication d’un aperçu de ses premières observations en mars dernier, la très attendue « DR1 » (pour data release 1, première publication de données scientifiques) sera publiée en novembre. Elle couvrira un an du relevé, soit 2 000 degrés carrés du ciel… Le CNES joue un rôle actif dans l’établissement de ce catalogue, puisque c’est une de ses équipes support située à Toulouse qui planifie, exécute et suit le traitement des données. 

Galaxies de formes différentes capturées par Euclid.
© ESA/Euclid/Euclid Consortium/NASA, image processing by M. Walmsley, M. Huertas-Company, J.-C. Cuillandre

Encore une publication attendue, celle du 4e catalogue Gaia

🗓️ Décembre

La sonde Gaia, qui a arpenté l’Univers pendant plus de 10 ans pour en assurer la cartographie, livrera en décembre une nouvelle pluie d’étoiles et de données. Un catalogue qui s'annonce comme une véritable mine d'or (enfin, d'objets célestes), en témoigne la découverte de la pépite BH3 publiée en avance de phase.

Si le satellite a été éteint il y a un an, les équipes au sol continuent le traitement de toutes les données astrométriques et spectroscopiques qu’il a recueillies. Un travail colossal ! Et comme pour Euclid (lire ci-dessous), c’est au CNES que ça se passe : l’équipe, située à Toulouse, assure la conception, le développement et la validation des algorithmes qui permettent le traitement des données produites. Et elle n’est pas encore au bout de sa mission : la publication finale des données Gaia n’interviendra pas avant… 2030.

L’objectif final ? Parvenir à une cartographie en 3D de plus d’un milliard d’objets de notre galaxie avec une précision inégalée. Avec, à la clef, la compréhension des mécanismes de formation des galaxies… 2026 fait décidément la part belle à l’exploration de l’Univers – et c’est la raison pour laquelle nous en avons fait notre fil rouge de l’année.

Et aussi…

  • Un événement spatial d’ampleur mondiale visible tout près de nous : le 12 août aura lieu une éclipse totale de Soleil « européenne » qui passera par le Groenland, l'Islande et le nord de l’Espagne. L’événement pourrait coïncider avec les Nuits des étoiles, un grand événement d’astronomie dont le CNES est partenaire.
  • Le plus grand congrès spatial mondial, l’IAC (International Astronautical Congress), se tiendra du 5 au 9 octobre à Antalya, en Turquie. Le CNES y représentera la France.
  • En octobre également, IASI fêtera ses deux décennies dans l’espace ! Mais 20 ans après le lancement du premier instrument IASI, développé par le CNES pour la mission européenne Metop, le programme est loin d’être terminé. Cette longévité démontre la qualité de conception de cet instrument ayant permis une amélioration des prévisions météorologiques mondiales et ayant ouvert la voie à la nouvelle génération de sondeur atmosphérique IASI-NG, lancé en 2025 à bord du satellite Metop-SG A1.
  • La sonde Hera, lancée en octobre 2024, arrivera à proximité de l’astéroïde Dimorphos en décembre.
  • Après un lancement réussi fin 2025, le déploiement de Galileo, le GPS européen, se poursuivra fin 2026 et début 2027. Le CNES est impliqué dans l’évaluation des performances de cette constellation, dans le cadre d’un consortium œuvrant pour l’EUSPA. Il exploite aussi le Centre de service Galileo SAR (search and rescue), qui collecte et diffuse aux centres d’intervention les alarmes émises par les balises de détresse du monde entier – alarmes relayées par les satellites Galileo.