Hera

Modifié le 29 juin 2026

Premier rendez-vous post-impact

Vue d’artiste représentant le satellite HERA et ses deux cubesats
Vue d’artiste représentant le satellite HERA et ses deux cubesats © ESA

La mission europĂ©enne Hera a pour objectif d'approfondir notre connaissance de la formation et de l’évolution des astĂ©roĂŻdes, en Ă©tudiant les caractĂ©ristiques gĂ©ophysiques du couple d'astĂ©roĂŻdes Didymos-Dimorphos. Hera va se rendre sur place pour observer les consĂ©quences de l’impact de la sonde amĂ©ricaine DART sur Dimorphos. La mission a Ă©galement pour but d'Ă©tudier les moyens de dĂ©fense planĂ©taire.

Hera est la première mission de rendez-vous avec un astéroïde binaire et avec le plus petit astéroïde jamais visité, la première à réaliser la tomographie radar d'un astéroïde mais aussi la première expérience in situ de caractérisation d’un cratère d’astéroïde. Elle embarque également les premiers CubeSats qui orbiteront autour d’un astéroïde pour une observation rapprochée.

Informations essentielles

MissionÉtude des propriétés géophysiques d’un astéroïde binaire, des conséquences de l’impact de la sonde DART de la NASA (transfert de quantité de mouvement, variation de masse et changement de période de rotation).
Défense planétaire, exploration et démonstration technologique.
Domaine CNESSciences
Date de débutLancement le 7 octobre 2024
PartenairesESA
OCA, IPAG, ROB, UNIBO, Helsinki University, INAF, ISAE-SUPAERO, NASA, JAXA, JHAPL, OHB, Tyvak, GomSpace, Spacebel
LocalisationAstéroïde binaire Didymos-Dimorphos
Durée3 ans (du lancement aux opérations des CubeSatsde Milani et Juventas en 2027)
Statut du projetEn développement

Chiffres clés

  • 1150

    masse de Hera en kg

  • 5

    instruments embarquées sur la sonde Hera

  • 12

    masse de chacun des 2 CubeSats embarqués en kg

  • 5

    instruments embarqués sur les CubeSats

  • 3

    laboratoires français impliqués

  • 730

    m : diamètre moyen de Didymos

  • 150

    m : diamètre moyen de Dimorphos

Dates clés

  • Septembre 2027 : Fin prĂ©vue de la mission
  • Juin 2027 : Tentative d’atterrissage de Juventas sur Dimorphos
  • Janvier 2027 : SĂ©paration des CubeSats Juventas puis Milani et dĂ©but des opĂ©rations de proximitĂ©s pour une exploration de 3 Ă  6 mois, de quelques dizaines de km Ă  quelques kilomètres
  • DĂ©cembre 2026 : Rendez-vous et dĂ©but des manĹ“uvres d’insertion de la sonde Hera sur une trajectoire Ă  proximitĂ© l’astĂ©roĂŻde (une trentaine de km)
  • Mars 2025 : Survol de Mars et Deimos par la sonde Hera
  • 7 octobre 2024 : ouverture de la fenĂŞtre de lancement de la sonde Hera
  • AoĂ»t 2024 : DĂ©part du satellite Hera et des CubeSats Juventas et Milani de l’ESTEC pour le site de lancement amĂ©ricain (Kennedy Space Center)
  • 26 septembre 2022 : Impact de la sonde DART de la NASA sur l’astĂ©roĂŻde Dimorphos
  • 24 novembre 2021 : Lancement de la sonde DART de la NASA
  • 2020 : DĂ©but de Construction de la sonde par un consortium menĂ© par OHB
  • 2019 : Approbation de la mission Hera par l’ESA
  • 2017 : DĂ©but du dĂ©veloppement de la mission Hera par l’ESA
  • 2013 : Mise en place du projet AIDA par la NASA et l’ESA
  • 2007 : Formulation du concept de mission de redirection d’astĂ©roĂŻde par l’ESA

 

Le projet en bref

Sommes-nous capables de protĂ©ger la Terre si un gĂ©ocroiseur la menace ?

En juillet 1994, des fragments de la comète Shoemaker-Levy 9 s’écrasaient sur Jupiter provoquant de spectaculaires boules de feu et réveillant le spectre d’une menace oubliée pour la Terre. Si le risque qu’un géocroiseur heurte violemment notre planète est statistiquement faible - moins de 1 tous les 500 000 ans pour un géocroiseur de plus de 1000m de diamètre - les effets catastrophiques d’un tel impact incitent à envisager une « contre-attaque ».

Ă€ travers la collaboration internationale AIDA (Asteroid Impact and Deflection Assessment), dont l’un des deux coordinateurs est français, les agences spatiales souhaitent alors mettre au point une technique de protection dans l’éventualitĂ© oĂą un gĂ©ocroiseur menacerait de s'Ă©craser sur la Terre. Parmi les mĂ©thodes envisagĂ©es, la technique de l’impact cinĂ©tique consistant Ă  modifier la trajectoire de l'astĂ©roĂŻde en provoquant une collision avec un engin spatial a Ă©tĂ© retenue comme la plus mature et la moins coĂ»teuse. 

Pour tester cette approche, la NASA a effectué le 26 septembre 2022 une collision de son impacteur DART (Double Asteroid Redirection Test) avec Dimorphos, la lune de l’astéroïde binaire Didymos situé à 11 millions de kilomètres de la Terre, afin de modifier sa période orbitale et évaluer la faisabilité d’une déviation. Percutée à la vitesse de 6 km/s, Dimorphos a freiné sa course autour de son corps principal de 33 minutes (ou 2,67 mm/s). Cet essai a été l’occasion de prouver expérimentalement la capacité à dévier la course d’un astéroïde. L’efficacité de la déviation, qui dépend de la masse encore non mesurée de l’astéroïde, reste à vérifier.

La mission Hera de l’ESA a maintenant pour objectif de se rendre sur place pour observer les conséquences de l’impact et étudier les caractéristiques géophysiques de l’astéroïde double. C’est en particulier la quantité de mouvement transmise à Dimorphos qui importe car elle reflète l’efficacité de la déviation. Seule une partie de l’énergie de DART a été transférée à Dimorphos sous la forme d’un changement de trajectoire, le reste a servi à pulvériser une partie de l’astéroïde sous forme d’un panache s’étalant sur plusieurs dizaines de milliers de kilomètres. Les déformations morphologiques de l’astéroïde telles que l’apparition d’un cratère, le soulèvement de rebords, l’amoncellement d’éjectas, voire la déformation totale de l’astéroïde, sont également liées au transfert d’énergie lors du choc. Identifier précisément la façon dont l’énergie apportée par DART s’est transmise à l’astéroïde permettrait de connaître les facteurs susceptibles d’améliorer la technique de défense planétaire.

Hera est la première mission dédiée à l’observation d’une collision programmée et le second rendez-vous avec un astéroïde binaire. Celui-ci s’effectuera seulement quatre années après l’impact. Les variations de structure et les déformations morphologiques seront encore très « fraîches », certaines seront peut-être encore en cours. Les mesurer avec précision permettra de mieux comprendre le processus de collisions à l’origine de l’évolution du Système solaire et des planètes qui le composent. Hera effectuera également, grâce à Juventas l’un de ses deux CubeSats, le premier sondage radar de l’intérieur d’un astéroïde grâce à l’instrument JuRa (IPAG, PI français). Jusqu’alors inconnues, les données ainsi recueillies seront confrontées aux interprétations et modélisations théoriques sur lesquelles repose notre savoir actuel.

Hera relève plusieurs dĂ©fis technologiques : 

  • Naviguer de façon autonome autour d’un astĂ©roĂŻde de faible gravitĂ©. Cette autonomie est cruciale lorsque la distance entre la sonde et la Terre est grande car les commandes d’opĂ©rations depuis un centre de contrĂ´le terrestre mettent parfois trop de temps pour atteindre la sonde, qui est alors incapable de remplir ses objectifs.
  • Une liaison inter-satellite, permettant la communication entre la sonde et ses deux CubeSats, sera une première dans l’espace interplanĂ©taire.
  • L’atterrissage d’un CubeSat sur un si petit corps est un exercice inĂ©dit. Effectuer des opĂ©rations de dynamique du vol de proximitĂ© (jusqu’à 2 km) d’un corps d’environ 150 mètres de diamètre consiste Ă  dĂ©terminer des trajectoires dans un environnement de gravitĂ© extrĂŞmement faible et entachĂ© d’incertitudes (considĂ©rĂ©e comme un million de fois moins Ă©levĂ©e que celle de la Terre). En cela, Hera est aussi une mission de dĂ©monstration technologique.
     

La sonde principale Hera sera pilotée depuis l’ESOC (Allemagne, Darmstadt), les CubeSats embarqués Milani et Juventas seront quant à eux pilotés depuis le CNES (Toulouse) et depuis l’ESEC (Belgique, Redu).

 

RĂ´le du CNES dans le projet

La France fournit la carte réception du radar basse fréquence JuRa, dont le PI Alain Herique appartient à l’IPAG (Grenoble).

Le CNES est en charge des opérations de proximité des CubeSats Juventas et Milani, en terme de pilotage des trajectoires et de programmation des instruments, depuis la séparation du vaisseau mère Hera jusqu’aux atterrissages respectifs sur les astéroïdes. Ces opérations se font en collaboration avec les différents partenaires industriels (SpaceBel, GomSpace, Tyvak) et avec les équipes des instruments des CubeSats (IPAG, ROB, Helsinki Univ, INAF, UNIBO).

 

Contacts CNES

Cheffe de projet
Aurélie MOUSSI
Courriel : aurelie.moussi at cnes.fr

Responsable Système 
Pâmini ANNAT
Courriel : pamini.annat at cnes.fr

Responsable thématique Planètes et petits corps du Système Solaire
Francis ROCARD
Courriel : francis.rocard at cnes.fr

Responsable thématique Surveillance de l'Espace
Pascal FAUCHER
Courriel : pascal.faucher at cnes.fr