Ariane 5 en détails

Contexte

Ariane 5 Ă©tait, en 2023, la dernière hĂ©ritière du programme Ariane dĂ©butĂ© Ă  la fin des annĂ©es 70 pour garantir l’indĂ©pendance spatiale de l’Europe. Pour suivre l’augmentation du poids des satellites, elle avait doublĂ© sa capacitĂ© d’emport par rapport Ă  Ariane 4.

Décollage d'Ariane 5 ES emportant 4 satellites Galileo
Ariane 5 ES emportant 4 satellites Galileo © ESA/Stephane Corvaja, 2016

Objectifs

  • Garantir l’indĂ©pendance spatiale de l’Europe

  • Rendre l’Europe compĂ©titive sur le marchĂ© commercial

  • Avoir un lanceur lourd

  • Avoir l’un des lanceurs les plus fiables au monde

L’objectif d’Ariane 5 Ă©tait double : continuer de garantir l’indĂ©pendance spatiale de l’Europe, et ĂŞtre compĂ©titive sur le marchĂ© commercial. Pour cela, Ariane 5 Ă©tait un lanceur lourd capable de lancer simultanĂ©ment deux satellites de pratiquement 5 tonnes chacun. Sa version ES Ă©tait Ă©galement capable de lancer le vaisseau de ravitaillement ATV vers la Station Spatiale Internationale, ou encore 4 satellites de gĂ©olocalisation Galileo. Ces lancements multiples en font l’un des lanceurs les plus compĂ©titifs, et son histoire en a fait l’un des plus fiables au monde. Ariane 5 n’a connu que 2 Ă©checs complets et 2 partiels pour 117 tirs toutes versions confondues.

En 2020, une seule version Ă©tait commercialisĂ©e : par rapport aux 4,9 tonnes de charge utile d’Ariane 4 en orbite de transfert gĂ©ostationnaire, Ariane 5 ECA pouvait embarquer le double Ă  son bord, avec 10 tonnes en gĂ©ostationnaire pour un lancement double, et 10,8 tonnes pour un lancement simple.

Ariane 5 se caractĂ©risait donc par sa polyvalence en Ă©tant capable d’emporter sur les diffĂ©rentes orbites terrestres tout type de charge utile, des petits satellites de moins d’une tonne aux charges les plus lourdes de 20 tonnes, et mĂŞme un peu plus de 6 tonnes aux points Lagrange Terre/Lune et Terre/Soleil (comme ce fut le cas avec les tĂ©lescopes Herschel et Planck).

Ă€ partir de 2024, la nouvelle version d’Ariane est Ariane 6. Les versions Ariane 62 et 64 assureront respectivement le rĂ´le de lanceur intermĂ©diaire et de lanceur lourd. Cette modularitĂ© garantira Ă  l’Europe des lancements encore plus compĂ©titifs, avec une baisse des coĂ»ts de production de 40% par rapport Ă  Ariane 5 et le passage d'une capacitĂ© de 6 Ă  7 lancements par an Ă  11. 

Schéma de configuration des différentes versions d’Ariane 5
© ESA/D. Ducros

Déroulé du projet

Ariane 5 a Ă©tĂ© conçue de façon Ă  pouvoir Ă©voluer en permanence, en fonction des besoins du marchĂ© et des innovations techniques. Deux programmes d’évolution distincts, Ariane 5 Evolution (lancĂ© en 1995) et Ariane 5 Plus (1998) ont ainsi donnĂ© naissance Ă  de nouvelles versions du lanceur, avec des gains de performance pour les lancements en orbite de transfert gĂ©ostationnaire.

Le premier programme Ariane 5 Evolution concernait l’amélioration des performances des composants inférieurs (Vulcain 2, un moteur plus puissant pour l’étage cryotechnique de Ariane 5 ECA, et l’allègement de la structure des deux propulseurs d’appoint). Le deuxième programme Ariane 5 Plus portait quant à lui sur la puissance et la polyvalence de l’étage supérieur (moteur HM-7B pour Ariane 5 ECA).

Depuis son premier lancement en 1996, Ariane 5 a ainsi connu 5 versions avec diffĂ©rentes Ă©volutions :

  • G (gĂ©nĂ©rique) : la version gĂ©nĂ©rique d’Ariane 5, commercialisĂ©e pour 13 lancements entre 1996 et 2003.
  • ECA : commercialisĂ©e entre 2002 et 2023, elle bĂ©nĂ©ficiait par rapport Ă  Ariane 5G d’une amĂ©lioration de ses deux Ă©tages. Avec 84 lancements Ă  son actif en dĂ©cembre 2023, Ariane 5 ECA Ă©tait la dernière et unique version commercialisĂ©e depuis la fin d’Ariane 4 en 2003 et d’Ariane 5 ES en juillet 2018.
  • G+ : parallèlement Ă  la version ECA, il s’agissait d’une nouvelle amĂ©lioration de la version G et de sa fiabilitĂ© suite Ă  l’échec de V517, le vol inaugural de la version ECA. CommercialisĂ©e pour 3 lancements rĂ©ussis en 2004.
  • GS : amĂ©lioration de la version G+ pour tenir compte des Ă©volutions de ECA. Version commercialisĂ©e pour 6 lancements entre 2005 et 2009.
  • ES (Evolution Storable) : version renforcĂ©e créée en 2008 pour le lancement des cargos europĂ©ens de ravitaillement ATV vers la Station Spatiale Internationale. Suite au retrait de l’ATV en 2014, Ariane 5 ES a ensuite Ă©tĂ© utilisĂ©e jusqu’en 2018 pour accĂ©lĂ©rer le dĂ©ploiement de la constellation des satellites Galileo par groupe de 4.
  • ME (Midlife Evolution) : version initialement prĂ©vue pour 2017-2018, mais annulĂ©e pour ĂŞtre remplacĂ©e par Ariane 6. Elle prĂ©voyait une forte augmentation de sa performance en passant de 10 tonnes de charge utile en gĂ©ostationnaire Ă  12 tonnes. Le nouvel Ă©tage supĂ©rieur devait remplacer le moteur HM-7B par un moteur Vinci, plus puissant et rĂ©allumable, qui Ă©quipe Ariane 6

Le dernier lancement d’Ariane 5 a eu lieu le 5 juillet 2023. 

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Historique des différentes versions d’Ariane 5, avec 117 lancements entre 1996 et 2023
Historique des différentes versions d’Ariane 5, avec 117 lancements entre 1996 et 2023 © ESA

Organisation

L’ESA Ă©tait le maĂ®tre d’ouvrage d’Ariane 5, et se chargeait du dĂ©veloppement. Ă€ ce titre, l'ESA votait les budgets, contrĂ´lait la bonne marche du projet, suivait le coĂ»t Ă  l’achèvement, s’assurait du respect des dĂ©lais, etc. Le financement du programme Ă©tait assurĂ© par 10 pays europĂ©ens, sous la coordination de l’ESA, bailleur de fonds. L’ESA rĂ©unissait tous les 2 Ă  3 mois un comitĂ© de programme qui dĂ©cidait des grandes orientations de la filière. Jusqu'en 2007, le CNES maĂ®tre d’œuvre du programme agissait comme bras droit opĂ©rationnel de l’ESA.

Le lancement et sa préparation avaient lieu au Centre Spatial Guyanais (CSG) au nord-ouest de la ville de Kourou. Le site appartient au CNES, qui le gère en tant qu’opérateur pour l’agence spatiale européenne.

Via la Direction des Lanceurs, le CNES assurait la direction technique et financière du programme, et était responsable de la qualification du lanceur. Depuis 2005, la restructuration du secteur spatial a conduit le CNES à se rapprocher de la maîtrise d’ouvrage de l’ESA et à lui apporter son soutien. La mise en place d’équipes communes ESA/CNES a été réalisée pour piloter l’industrie.

Les compĂ©tences des Ă©quipes de la Direction du Transport Spatial du CNES sont mises Ă  profit sur diffĂ©rents plans :

  • Technique
  • Management de projet
  • ContrĂ´le de gestion
  • Suivi de contrats
  • Assurance qualitĂ© et sĂ»retĂ© de fonctionnement

Mais interviennent aussi dans le cadre de la Loi sur les Opérations Spatiales, afin de garantir la sécurité des biens et des personnes.

L’opérateur Arianespace, filiale d’ArianeGroup, assurait la commercialisation d’Ariane 5 et des autres lanceurs auprès des clients, et s’assurait du bon déroulement du contrat. Entre l’arrivée du lanceur sur le site et le lancement, la campagne de lancement (intégration et préparation) durait environ 30 jours ouvrés.

Actualités du projet