Assemblage et lancement

Le lancement d’Ariane 5 s’effectuait en Guyane à Kourou, au Centre Spatial Guyanais (CSG) du CNES. Pour traverser l’Atlantique, les éléments d’Ariane 5 fabriqués à travers toute l’Europe étaient réunis aux ports du Havre, de Rotterdam et de Brême. Ils étaient ensuite embarqués en containers à bord de deux bateaux, le MN Toucan et le MN Colibri. Arrivés en Guyane au port de Pariacabo, des camions acheminaient les parties vers le CSG en convoi exceptionnel. Pour des raisons de sécurité, les activités d’Ariane 5 étaient réparties entre différentes infrastructures sur plus de 2 000 hectares (21 km²) sur les 69 000 hectares du CSG. Voici les bâtiments importants par lesquels passaient les éléments d’Ariane 5 avant le lancement.

 

Préparation des propulseurs d’appoint

Assemblage des segments des boosters et chargement de leur propergol solide : 

  • Usine de Propergol de Guyane (UPG, visite virtuelle) : sur une Ă©tendue de 300 hectares, 40 bâtiments se rĂ©partissaient la fabrication et le chargement en propergol solide des segments centraux S2 et arrières S3 des Étages d'AccĂ©lĂ©ration Ă  Propulsion solide (le segment avant S1 Ă©tait prĂ©alablement rempli en Italie).
  • Bâtiment d’IntĂ©gration des Propulseurs (BIP, visite virtuelle) : les trois segments des propulseurs d’appoint Ă©taient assemblĂ©s et Ă©quipĂ©s de leur système de pilotage, des systèmes Ă©lectriques et pyrotechniques, et du système d’attache leur permettant de maintenir le corps central d’Ariane 5.
  • Bâtiment de Stockage des Etages (BSE, visite virtuelle) : ce bâtiment servait Ă  stocker en toute sĂ©curitĂ© jusqu’à 4 Etages d’AccĂ©lĂ©ration Ă  Propulsion solide, chacun rempli de 240 tonnes de propergol solide. Il permettait d’avoir une avance sur la production, et de fonctionner Ă  flux tendu pour ne pas interfĂ©rer sur le calendrier des lancements.
Un booster quitte le bâtiment de stockage
Un booster quitte le bâtiment de stockage des étages BSE vers le bâtiment d’intégration du lanceur BIL © ESA/CNES/Arianespace/Service optique vidéo du CSG, 2006

Charge utile

PrĂ©paration des satellites et chargement de leur carburant. Ensembles de prĂ©paration des charges utiles (EPCU, visite virtuelle) : les satellites Ă©taient prĂ©parĂ©s pour leur intĂ©gration sous la coiffe, et chargĂ©s en carburant. Le bâtiment 5S comprenait 3 ailes distinctes, reliĂ©es par des corridors de transfert entre les salles de prĂ©paration et de remplissage :

  • S5A : opĂ©rations de remplissage des petits satellites (4 tonnes de capacitĂ©).
  • S5B : peut accueillir des satellites Ă  la fois en cours d’intĂ©gration ou de remplissage (10 tonnes de capacitĂ©).
  • S5C : 700 m2 de salles blanches pour la prĂ©paration des plusieurs satellites en mĂŞme temps, dans les standards de qualitĂ© et de sĂ©curitĂ©.
EPCU, préparation de l’ATV 2 Johannes Kepler
EPCU, préparation de l’ATV 2 Johannes Kepler © CNES/ESA/Arianespace/Philippe Baudon, 2010

Campagne de lancement

IntĂ©gration, vĂ©rification et transport du lanceur (environ 30 jours ouvrĂ©s) :

  • Bâtiment d’IntĂ©gration Lanceur (BIL,  visite virtuelle) : les diffĂ©rentes parties d’Ariane 5 en provenance d’Europe Ă©taient assemblĂ©es Ă  la verticale dans ce bâtiment de 58m de haut : l’étage principal cryotechnique, la case Ă  Ă©quipements, et l’étage supĂ©rieur. Y Ă©taient ajoutĂ©s les deux Ă©tages d’accĂ©lĂ©ration Ă  propulsion solide en provenance du bâtiment de stockage des Ă©tages BSE. Le lanceur Ă©tait ainsi montĂ© sur une table de lancement de 25 mètres par 20 et un mât ombilical de 58 mètres de haut, qui permettaient de le soutenir et de le transporter sur des rails par un camion. L’opĂ©ration durait environ 2 semaines, après quoi Ariane 5 Ă©tait tractĂ©e Ă  1,3 km de lĂ  au bâtiment d’assemblage final.
  • Bâtiment d’Assemblage Final (BAF, visite virtuelle) : c’est dans ce bâtiment climatisĂ© de 90 mètres de haut qu’avait lieu l’intĂ©gration de la charge utile. La coiffe contenant les satellites Ă©tait posĂ©e au sommet du lanceur, qui après environ une semaine de prĂ©parations et vĂ©rifications Ă©tait prĂŞt pour rejoindre son pas de tir. Le remplissage de l'hĂ©lium avait lieu 22 heures avant le lancement. Mais le remplissage des ergols cryogĂ©niques avait lieu au dernier moment au pas de tir, en raison de leur tempĂ©rature qui doit ĂŞtre maintenue Ă  -183°C pour le dioxygène liquide, et -253°C pour l’hydrogène liquide.
  • Ensemble de Lancement Ariane 3 (ELA-3, visite virtuelle) : 8 heures avant le dĂ©collage, le lanceur Ă©tait amenĂ© du bâtiment d’assemblage final Ă  la zone de lancement 3 (ZL3) : l’ensemble table/lanceur pesait environ 1 800 tonnes et roulait Ă  4 km/h jusqu’à l’ensemble de lancement. Le pas de tir ELA-3 Ă©tait constituĂ© d’une tour mĂ©tallique dite « tour Cazes Â» jouant le rĂ´le de paravent. Le remplissage des ergols liquides (oxygène et hydrogène) commençait par l’étage central EPC, et se poursuivait avec l’étage supĂ©rieur cryotechnique ESC. Les deux duraient 5 heures au total. Ă€ distance se trouvait un château d’eau de 80 mètres de haut et 1 500 m3. Au moment du dĂ©collage, 30 m3 d’eau par seconde Ă©taient dĂ©versĂ©s pour protĂ©ger la table de lancement du choc thermique et sonore. Il permettait Ă©galement d’alourdir les gaz et de refroidir les trois dĂ©flecteurs de jets (un pour l’étage principal et 2 pour les EAP) qui canalisaient les gaz et les flammes pour les Ă©vacuer Ă  distance.
Ariane 5 lorsque son intégration est terminée dans le BIL, Ariane 5 en sortant du BAF
À gauche : Ariane 5 lorsque son intégration est terminée dans le BIL, à droite : En sortant du BAF, Ariane 5 est prête pour le lancement et est transférée vers son pas de tir © ESA/CNES/Arianespace/Service optique vidéo du CSG, S. Martin, 2015, ESA/CNES/Arianespace/Service optique vidéo du CSG, P. Baudon
Ariane 5 est transportée du Bâtiment d’assemblage final jusqu’à son pas de tir ELA-3
Ariane 5 est transportée du Bâtiment d’assemblage final jusqu’à son pas de tir ELA-3. La pas de tir de Vega est visible en haut à droite © ESA, Stéphane Corvaja

Lancement

Suivi de la mission :

  • centre de lancement n°3 (CDL3, visite virtuelle) : c’est ici qu’Arianespace assurait le suivi de la campagne de lancement, de l’assemblage au dĂ©collage. Deux salles de contrĂ´le permettaient de mener simultanĂ©ment 2 campagnes de lancement d’Ariane 5 : la salle 2 assurait les opĂ©rations au Bâtiment d’IntĂ©gration Lanceur BIL, puis la salle 1 prenait le relais jusqu’à la zone de lancement 3. Le CDL3 Ă©tait situĂ© Ă  2,5 km du pas de tir ELA-3.
  • centre technique, avec notamment le bâtiment Jupiter 2 (visite virtuelle) : depuis la salle Jupiter, le centre de contrĂ´le recevait toutes les donnĂ©es sur le fonctionnement d’Ariane 5, sa vitesse et sa trajectoire.
  • stations de localisation et de tĂ©lĂ©mesure : après le lancement, les stations dites « en aval Â» prenaient le relais au-dessus de l’Atlantique et de l’Afrique pour transmettre au CSG les informations envoyĂ©es par Ariane 5. La station Galliot de Kourou (visite virtuelle), sur la corne sud de la Montagne des Pères Ă©tait la première sur sa trajectoire, aussi bien vers l’est que vers le nord.
La salle de contrĂ´le Jupiter 2, antenne de la station Galliot
À gauche : La salle de contrôle Jupiter 2, à droite : Antenne de la station Galliot, décollage d’Ariane 5 ECA le 11 septembre 2014 © ESA/CNES/Arianespace/Service optique vidéo du CSG, P. Baudon, 2017, ESA/CNES/Arianespace/Service optique vidéo du CSG, P. Baudon, 2014

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