Lanceur

Pour emporter la charge utile jusqu’à sa position en orbite, Ariane 5 était constituée de deux composites distincts qui prenaient le relais successivement pendant le lancement.

Vue éclatée d’Ariane 5 ECA
Vue éclatée d’Ariane 5 ECA © Arianespace, 2015

Étage composite inférieur

L’étage infĂ©rieur comportait :

  • deux Étages d’AccĂ©lĂ©ration Ă  Propulsion solide (EAP), aussi appelĂ©s boosters ou propulseurs d’appoint. Chacun mesurait 31,6 mètres de haut et 3 mètres de diamètre, pour 37 tonnes Ă  vide, plus 240 tonnes de propergol solide. Ils dĂ©livraient 7 000 kN (700 tonnes) de poussĂ©e dans le vide, soit un peu plus de 90 % de la poussĂ©e totale du lanceur au dĂ©collage. Après 2 minutes et 10 secondes de combustion, ils se sĂ©paraient du corps central Ă  60 km d'altitude, au-dessus de l’Atlantique.
  • Un Ă‰tage central Ă  Propulsion Cryotechnique (EPC), utilisant des ergols cryotechniques, associant de l'hydrogène et de l’oxygène liquides. Avec ses 30 mètres de haut, il pesait 12,5 tonnes Ă  vide et Ă©tait rempli de 174 tonnes : 149 tonnes d’oxygène liquide au-dessus, et 25 tonnes d’hydrogène liquide en dessous. Il fonctionnait pendant 9 minutes, jusqu’à sa sĂ©paration de l’étage supĂ©rieur vers 145 km d’altitude. Le moteur Vulcain qui l’équipait avait Ă©tĂ© conçu par Snecma Moteurs, et pesait 1 650 kg, tout en Ă©tant 20 fois plus puissant que le moteur qui Ă©quipait Ariane 4. Le moteur Vulcain 2 Ă©tait une version amĂ©liorĂ©e de Vulcain, conçue pour Ariane 5 ECA. Le gain de performance ainsi obtenu Ă©tait de 20 % supplĂ©mentaires, pour 1 390 kN (139 tonnes) de poussĂ©e dans le vide.
Transfert d’un EAP d’Ariane 5, ainsi que l’étage central EPC et son moteur Vulcain 2
À gauche : transfert d’un EAP d’Ariane 5, à droite : L’étage central EPC et son moteur Vulcain 2, dans le bâtiment d’intégration lanceur (BIL) © ESA/CNES/Arianespace/Optique vidéo du CSG, S. Martin, 2017, ESA/CNES/Arianespace/Optique vidéo du CSG, JM. Guillon, 2011

Étage composite supérieur

Le composite supérieur se séparait de l’étage central vers 145 kilomètres d’altitude, pour donner à la charge utile la vitesse nécessaire à l’injection en orbite de transfert géostationnaire. Il comportait le seul étage à ne pas être allumé lors du décollage, et qui dépendait de la version du lanceur.

Case Ă  Ă©quipements : elle contenait l’ordinateur de bord, le cerveau qui assurait le pilotage automatique d’Ariane 5. Elle lui permettait de garder en mĂ©moire toutes les instructions nĂ©cessaires au vol : elle contrĂ´lait et adaptait la position du lanceur, commandait l'extinction des moteurs, la sĂ©paration des Ă©tages, etc. Pour cela, la case Ă  Ă©quipements contenait les instruments de tĂ©lĂ©mesure qui surveillaient plus de 1 500 paramètres, y compris les antennes et Ă©metteurs qui servaient Ă  recevoir et Ă©mettre vers les stations radio au sol. Au niveau structurel, elle servait Ă©galement Ă  fixer la coiffe et la structure porteuse SYLDA (ou la structure SPELTRA seule, dans les premières versions).

Étage supĂ©rieur :

  • pour Ariane 5 ECA, l’Étage SupĂ©rieur Cryotechnique (ESC) : le moteur HM-7B, Ă©tait une Ă©volution des moteurs HM-7 qui ont propulsĂ© les derniers Ă©tages de toute la famille Ariane depuis Ariane 1. Il a Ă©tĂ© dĂ©veloppĂ© lors du programme d’évolution Ariane 5 Plus pour la nouvelle version ECA. Comme moteur Vulcain 2 du corps central, il utilisait l’hydrogène et de l’oxygène liquides. Il fonctionnait jusqu’à 15 minutes et 45 secondes pour fournir 67 kN (6,7 tonnes) de poussĂ©e dans le vide.
  • pour les versions gĂ©nĂ©riques d’Ariane 5 et sa version ES, l’Étage Ă  Propergols Stockables (EPS) : le moteur Aestus dĂ©veloppĂ© pour Ariane 5 utilisait la combustion d’un mĂ©lange de mono-mĂ©thyl-hydrazine et de peroxyde d’azote liquides. Il Ă©tait beaucoup moins puissant que le HM-7B avec 29 kN (2,9 tonnes) de poussĂ©e dans le vide, mais avait la particularitĂ© d’être rĂ©allumable pour libĂ©rer les satellites Ă  diffĂ©rentes orbites et se dĂ©sorbiter pour retomber sur Terre.
Erection de la case à équipements au BIL, l’étage supérieur cryotechnique de type A (ESC-A) et son moteur HM-7B pour Ariane 5 ECA
À gauche : érection de la case à équipements au BIL, à droite : l’étage supérieur cryotechnique de type A (ESC-A) et son moteur HM-7B pour Ariane 5 ECA © ESA/CNES/Arianespace/Service optique vidéo du CSG, P. Baudon, 2017, ESA/CNES/Arianespace/Service optique vidéo du CSG, 2006

Charge utile

Structure porteuse : lorsque plusieurs satellites Ă©taient installĂ©s au sommet d’Ariane 5, plusieurs structures porteuses Ă©taient disponibles pour les maintenir en place jusqu’à leur orbite.

  • la première utilisĂ©e Ă©tait SPELTRA (Structure Porteuse Externe pour Lancements Triples Ariane) pour les trois premiers lancements d’Ariane 5. Elle se situait entre la case Ă  Ă©quipements et la coiffe. Elle contenait un satellite et une coiffe courte permettait de protĂ©ger le satellite supĂ©rieur.
  • la structure porteuse ensuite employĂ©e en Ă©tait une version allĂ©gĂ©e appelĂ©e SYLDA (SYstème de Lancement Double Ariane) : un satellite Ă©tait posĂ© dessus, l’autre installĂ© Ă  l’intĂ©rieur, et une coiffe longue la recouvrait complètement jusqu’à la case Ă  Ă©quipements. Ses dimensions Ă©taient de 4,6 mètres de diamètre pour une hauteur entre 4,9 et 7,0 mètres selon la taille de la charge utile. Pour libĂ©rer le satellite qu'elle contenait, le SYLDA Ă©tait entourĂ© par un cordeau de dĂ©coupe pyrotechnique, et de ressorts qui la poussaient de façon parfaitement parallèle Ă  la trajectoire.
  • dans certains cas, la plateforme ASAP (Ariane Structure for Auxiliary Payloads) pouvaient ĂŞtre utilisĂ©e pour embarquer jusqu'Ă  8 microsatellites. Lorsqu’Ariane 5 ES devait lancer les satellites europĂ©ens Galileo, elle pouvait ĂŞtre Ă©quipĂ©e d’un dispenseur encore diffĂ©rent pour pouvoir emporter 4 satellites simultanĂ©ment.

Coiffe : La coiffe d’Ariane 5 Ă©tait constituĂ©e de 2 demi-coquilles. Son rĂ´le Ă©tait Ă  la fois protecteur pour la charge utile, et aĂ©rodynamique pour le lanceur. Ses dimensions Ă©taient de 5,4 mètres de diamètre pour une hauteur de 12 mètres dans sa version courte, et 17 mètres dans sa version longue. Sa structure Ă©tait un composite en « sandwich nida Â», avec une âme en nid d’abeille d’aluminium recouverte de deux peaux de carbone.

L’utilisation de l’extension ACY (Adaptateur CYlindrique) permettait d’obtenir des configurations offrant des volumes plus importants pour les charges utiles (maximum +1,5 mètre).
Après 3 minutes de vol et Ă  environ 120 km d’altitude, l’atmosphère est beaucoup moins dense et permettait de se sĂ©parer de la coiffe, dès que possible pour allĂ©ger l’étage supĂ©rieur de plus de 2 tonnes : la coiffe Ă©tait sĂ©parĂ©e en deux par un double système pyrotechnique pour libĂ©rer les deux demi-coques et les Ă©loigner de la trajectoire du lanceur.

La structure porteuse Sylda pour les lancements doubles, la coiffe d’Ariane 5 ES dans le bâtiment d’assemblage final
À gauche : la structure porteuse Sylda pour les lancements doubles, à droite : La coiffe d’Ariane 5 ES dans le bâtiment d’assemblage final © ESA/CNES/Arianespace/Service optique vidéo du CSG, JM. Guillon, 2009, ESA/CNES/Arianespace/Service optique vidéo du CSG, S. Martin, 2018

Les différentes versions d’Ariane 5

LanceurAriane 5 G Ariane 5 G+ Ariane 5 GS Ariane 5 ECA (2018)Ariane 5 ES ATV
HauteurJusqu'Ă  52 mJusqu'Ă  52 mJusqu'Ă  47 mJusqu'Ă  52 mJusqu'Ă  53 m
Masse au décollage746 t746 t750 t780 t775 t
Masse de la charge utile pour lancement simple6,9 t (GTO1)6,9 t (GTO1)6,5 t (GTO1)10,8 t (GTO1)Jusqu'Ă  21 t (sur orbite basse Ă  300 km d'altitude
Masse de la charge utile pour lancement double5,9 t (GTO1)-6 t (GTO1)10 t (GTO1)-
MoteurVulcainVulcainVulcainVulcain 2Vulcain 2
Etage supérieurEPS2 avec moteur AestusEPS2 avec moteur AestusEPS2 avec moteur AestusESC-A (Etage Supérieur Cryotechnique) avec moteur HM-7BEPS2 avec moteur Aestus
Autres modifications-Amélioration des performances de l'EPS2Amélioration des performances de l'EPS2 et des EAP3Amélioration des performances des EAP3Adaptation du VEB (Vehicule Equipment Bay) pour l'ATV
1er lancement4 juin 1996 (échec)2 mars 200411 août 200511 décembre 2002 (échec)9 mars 2008
Nombre de lancements*1636848

* Chiffres au 1er octobre 2023
1 - GTO : Geostationary Transfert Orbit, orbite de transfert gĂ©ostationnaire
2 - EPS : Etage Ă  Propergols Stockables
3 - EAP : Etages d'AccĂ©lĂ©ration Ă  Poudre
 

 

Pour aller plus loin

Pour une prĂ©sentation visuelle des caractĂ©ristiques d’Ariane 5, consultez le PDF « Ariane 5 en chiffres Â» tĂ©lĂ©chargeable depuis la page Ressources.

Vous voulez savoir comment fonctionne une fusĂ©e ? Consultez notre dossier :

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