Pharao, avec précision

Pharao (Projet d’Horloge Ă€ Refroidissement d’Atomes en Orbite) est une horloge atomique ultra-prĂ©cise installĂ©e sur la Station spatiale internationale en 2025. Son objectif est de mesurer le temps avec une extrĂŞme prĂ©cision pour tester certaines prĂ©dictions de la relativitĂ© gĂ©nĂ©rale.

Illustration du module Columbus de l'ESA
Illustration du module Columbus de l'ESA © ESA-D. Ducros

Concept

Grâce aux thĂ©ories d’Albert Einstein, on sait que le temps est relatif. Il s’écoule diffĂ©remment sur Terre et dans l’ISS Ă  400 km d’altitude. Mais cette thĂ©orie n’a pas encore Ă©tĂ© mesurĂ©e avec prĂ©cision. Et c’est lĂ  tout l’objectif de l’horloge atomique Pharao : mesurer le ralentissement du temps avec une exactitude de 10-16, ce qui correspond Ă  une dĂ©rive (un dĂ©calage dans la mesure) de seulement une seconde toutes les 300 millions d’annĂ©es.

Pharao a été fixée à l’extérieur du laboratoire européen Columbus de l’ISS en 2025, par l’intermédiaire du bras robotisé canadien. Elle doit rester ainsi en orbite pendant 30 mois a minima.

Liste des différents équipements assemblés sur ACES
Liste des différents équipements assemblés sur ACES © ESA

Le saviez-vous ?

Pharao est l’élément central de la mission ACES de l’ESA (Atomic Clock Ensemble in Space), qui comprend aussi une autre horloge atomique, SHM (Space hydrogen Maser).

Fonctionnement

Pharao, dĂ©veloppĂ©e et intĂ©grĂ©e au Cadmos, est une horloge atomique : elle se base sur la frĂ©quence du rayonnement Ă©lectromagnĂ©tique Ă©mis par un Ă©lectron lorsqu’il passe d’un niveau d’énergie Ă  un autre, une frĂ©quence immuable, connue et universelle. Selon le système international d’unitĂ©, une seconde correspond ainsi Ă  la durĂ©e de 9 192 631 770 ondulations d’une vibration de l’atome de cĂ©sium.

Aujourd’hui, les horloges atomiques les plus performantes utilisent des atomes de césium, refroidis par laser, comme Pharao. On parle d’horloges à atomes froids. Le froid permet en effet de ralentir drastiquement la vitesse des atomes (qui bougent dans tous les sens), ce qui permet de les observer plus longtemps et donc de les compter avec davantage de précision. Pharao, orbitant à 400 km au-dessus de la Terre, se trouve dans un potentiel gravitationnel différent de celui des horloges terrestres. Autrement dit, cela permet de faire la comparaison avec les horloges au sol. Et donc de vérifier que Pharao bat le temps moins vite dans l’espace que sur Terre.

Pour cela, deux systèmes ont Ă©tĂ© dĂ©veloppĂ©s : un lien par microonde qui communique le temps au sol lorsque l’ISS survole une horloge atomique terrestre, et un lien laser pour dĂ©finir les « tops Â» de synchronisation entre le sol et l’espace.

Après son installation sur l’ISS, une grosse partie des activités du Cadmos a consisté à régler les multiples paramètres (de l’ordre de la centaine) de l’horloge, pour assurer son fonctionnement optimal puis à la surveiller.

Instrument Pharao en test au CST
L’horloge a été en partie testée et intégrée au CNES à Toulouse © CNES/GIRARD Sébastien, 2014

Recherches et applications

Au-delĂ  de la physique fondamentale, le programme Pharao/ACES a des objectifs scientifiques et techniques concrets. Il permettra de valider de nouvelles technologies spatiales et d’affiner les Ă©chelles de temps mondiales. Il sera possible de comparer, avec une prĂ©cision inĂ©galĂ©e, des horloges atomiques terrestres, partout Ă  la surface de la Terre, ce qui aura un impact dans des domaines comme la mĂ©trologie (la science des mesures), la gĂ©odĂ©sie (l’étude des dimensions de la Terre) et la gravimĂ©trie (Ă©tude de la pesanteur).

 

Ressources

 

Partenaires

  • ESA
  • Laboratoire Kastler Brossel (LKB) attachĂ© Ă  l’École normale supĂ©rieure de Paris
  • Le laboratoire des Systèmes de RĂ©fĂ©rence Tempes et Espace (LNE/SYRTE, aujourd’hui Laboratoire Temps et Espace)
  • Bureau International des Poids et Mesures

 

Contacts

Chef de projet CNES
Didier Massonnet
Courriel : Didier.massonet at cnes.fr

Responsable thématique Physique Fondamentale au CNES
Martin Boutelier
Courriel : martin.boutelier at cnes.fr