Solar Orbiter en détails

Contexte

Depuis le dĂ©but des annĂ©es 1990, 3 missions scientifiques europĂ©ennes Ulysses, SOHO et Cluster ont fait de nombreuses dĂ©couvertes Ă©tonnantes sur le Soleil, et comment ses tempĂŞtes affectent la Terre. NĂ©anmoins, les scientifiques ne peuvent toujours pas prĂ©dire le comportement turbulent de notre Ă©toile. 

Se rapprocher du Soleil pour Ă©tudier son atmosphère et l’observer avec une rĂ©solution jamais atteinte jusqu’ici : tel est l’objectif de Solar Orbiter, une mission de l’ESA avec une forte participation de la NASA. Avec Ă  la clĂ©, la possibilitĂ© de percer les secrets du vent solaire. 

Représentation schématique de l’héliosphère
Représentation schématique de l’héliosphère. L'héliosphère est une immense bulle magnétique qui contient notre système solaire, le vent solaire et le champ magnétique solaire. L'héliopause marque la frontière entre l'héliosphère et le gaz interstellaire © ESA

Objectifs

  • DĂ©terminer les propriĂ©tĂ©s de l’hĂ©liosphère proche du Soleil

  • Surveiller les dĂ©tails fins de l’atmosphère magnĂ©tisĂ©e du Soleil

  • Identifier les liens entre la surface, l’hĂ©liosphère interne et la couronne solaire

  • CaractĂ©riser les rĂ©gions polaires et la couronne Ă©quatoriale du Soleil depuis les hautes latitudes

Solar Orbiter rĂ©pondra aux grandes questions scientifiques concernant le système solaire afin de nous aider Ă  comprendre comment notre Ă©toile crĂ©e et contrĂ´le l’hĂ©liosphère, la gigantesque bulle de plasma qui entoure l’ensemble du système solaire et en influence les planètes. 

Solar Orbiter se concentre sur quatre domaines d'Ă©tudes principaux :

  • Le vent solaire et le champ magnĂ©tique de la couronne
  • Les Ă©vĂ©nements solaires soudains et leurs effets
  • Les Ă©ruptions solaires et les particules Ă©nergĂ©tiques qu’elles produisent
  • La gĂ©nĂ©ration du champ magnĂ©tique du Soleil
     

Les objectifs scientifiques de Solar Orbiter sont de :

  • DĂ©terminer in-situ les propriĂ©tĂ©s et la dynamique du plasma, des champs Ă©lectrique et magnĂ©tique, et des particules dans l'hĂ©liosphère proche du Soleil ;
  • Surveiller les dĂ©tails fins de l'atmosphère magnĂ©tisĂ©e du Soleil ;
  • Identifier les liens entre activitĂ© Ă  la surface du Soleil et l'Ă©volution rĂ©sultante de la couronne et de l'hĂ©liosphère interne, en utilisant les passages en quasi co-rotation solaire ;
  • Observer et caractĂ©riser les rĂ©gions polaires et la couronne Ă©quatoriale du Soleil depuis les hautes latitudes.
Premières images du Soleil prises par Solar Orbiter en juin 2020
Premières images de Solar Orbiter en juin 2020 © Solar Orbiter/EUI Team; PHI Team/ESA & NASA

Déroulé du projet

Le satellite Solar Orbiter a quitté la Terre le 10 février 2020, à bord d’un lanceur Atlas V 411 depuis Cape Canevaral (États Unis). Solar Orbiter s’approchera à une distance de l’ordre de 60 rayons solaires, soit quelques 42 millions de km. Des conditions d’observation privilégiées pour observer notre astre avec une combinaison inégalée d’instruments et analyser finement son atmosphère.

Pour rĂ©colter toutes ces donnĂ©es, Solar Orbiter combinera deux types de mesures : des mesures in situ, effectuĂ©es dans l’environnement immĂ©diat du satellite, et des observations Ă  distance.

 

Croisière et assistances gravitationnelles

Après le lancement, Solar Orbiter a commencĂ© son voyage vers le Soleil qui a dĂ©marrĂ© par une phase de croisière d’une durĂ©e approximative de 1,8 ans. Pendant ce temps, le satellite a utilisĂ© une sĂ©rie d'assistances gravitationnelles de VĂ©nus et de la Terre, ce qui a amenĂ© Solar Orbiter sur une orbite solaire elliptique d'une pĂ©riode d'environ 180 jours, depuis laquelle il a pu commencer sa mission scientifique. 

La recette en vol du satellite et de la charge utile a été réalisée pendant les 3 mois suivant le lancement. Depuis, les instruments in-situ sont opérés en permanence, tandis que les instruments de télédétection sont opérés sur quelques fenêtres seulement, pour des besoins de caractérisation et étalonnage. Lors de son insertion sur l'orbite nominale en novembre 2021, les instruments de télédétection ont fait des mesures à chaque passage au périhélie, qui en fin de mission sera à 0,28 UA du Soleil. Pour rappel une Unité Astronomique (UA) correspond à la distance Terre - Soleil qui est de 150 millions de km environ.

Le saviez-vous ?

Le site de l'ESA propose l’outil "Where is Solar Orbiter?" permettant de voir où se trouve le satellite à un instant donné.

Accéder

Le satellite s’approchera du Soleil tous les 6 mois environ. Au plus près, c'est-à-dire au périhélie, Solar Orbiter restera positionné au-dessus de la même région de l'atmosphère pendant que le Soleil tourne sur son axe. De la même façon que les satellites géostationnaires météorologiques ou de télécommunication survolent le même point de la surface de la Terre, le satellite sera quasiment en co-rotation avec le Soleil pendant quelques jours. Solar Orbiter est donc capable d'observer la création de tempêtes dans l'atmosphère solaire.

La trajectoire de Solar Orbiter passera de façon répétitive près de Vénus et l’assistance gravitationnelle de la planète sera utilisée pour élever l’inclinaison de l’orbite du satellite. Ceci permettra aux instruments d’observer les régions polaires du Soleil pour la première fois. Après 10,5 ans, Solar Orbiter verra les pôles depuis des latitudes supérieures à 33°, à comparer avec les 7° au mieux depuis la Terre.

La mission est contrôlée depuis l'ESOC (European Space Operations Centre), situé à Darmstadt en Allemagne. Les opérations scientifiques sont gérées depuis l'ESAC (European Space Astronomy Centre) à Madrid, en Espagne.

 

Organisation

La mission Solar Orbiter appartient au programme Cosmic Vision 2015-2025 de l’ESA. DĂ©veloppĂ© par AIRBUS Defence and Space (Royaume Uni) sous maĂ®trise d’ouvrage ESA, le satellite Solar Orbiter a Ă©tĂ© lancĂ© par la NASA. 

L’ESA est responsable de l’approvisionnement du satellite, de l’instrument SPICE, du senseur SIS de l’instrument EPD, du développement du segment sol (sauf les segments sol des instruments), des opérations. AIRBUS Defence & Space est responsable de la fourniture du satellite sous contrat ESA et a mis en place une équipe industrielle dans toute l’Europe.

La NASA est responsable du lancement, de la fourniture de l’instrument SoLOHI et du senseur HIS de l’instrument SWA et diverses contributions à d’autres instruments.

Quant Ă  la France, elle a participĂ© notamment Ă  la fabrication de 6 des 10 instruments de Solar Orbiter. Le CNES contribue au financement de la mission Solar Orbiter Ă  travers sa contribution obligatoire au programme de l'ESA et directement Ă  travers le programme national pour les instruments et sa participation au centre MEDOC. 

Le CNES Ă©tait garant des fournitures françaises. Il a financĂ© et supervisĂ© l’ensemble des dĂ©veloppements, il Ă©tait maĂ®tre d’ouvrage de la contribution française, dĂ©veloppĂ©e en partenariat avec les laboratoires du CNRS et du CEA, de l’Observatoire de Paris-PSL, d’universitĂ©s et d’écoles. 

L’instrument RPW a été conçu et réalisé par un consortium international comprenant des laboratoires français, tchèque, autrichien et suédois.

Le CNES assure la maîtrise d’œuvre, l’intégration, les essais et la livraison de l’instrument RPW à l’ESA et il apporte un soutien technique aux autres laboratoires impliqués.

Le LESIA (devenu le LIRA en 2025) est responsable scientifique de l’instrument, Milan Maksimovic est le chercheur principal.

En France, en plus du LIRA (ex-LESIA) et du CNES, d’autres laboratoires du CNRS sont impliquĂ©s comme le LPC2E (Laboratoire de Physique et Chimie de l’environnement et de l’Espace Ă  OrlĂ©ans et le LPP (Laboratoire de Physique des Plasmas). 

L’instrument RPW est composĂ© de 3 sous-ensembles : le boĂ®tier Ă©lectronique (Main Electronix Box, MEB), sous responsabilitĂ© du LESIA (maintenant LIRA), qui a Ă©tĂ© livrĂ© Ă  l’ESA en juin 2017, le magnĂ©tomètre (Search Coil Magnetometer, SCM), sous responsabilitĂ© du LPC2E, qui a Ă©tĂ© livrĂ© en janvier 2018 et les antennes Ă©lectriques, approvisionnĂ©es par le CNES auprès de STELLAR SCIENTIFIC LLC (Berkeley, USA), qui sont venues complĂ©ter la livraison de RPW en juin 2018.

Les laboratoires du CNRS impliqués ont bénéficié d’un soutien financier du CNES depuis le début du projet.

Solar Orbiter est commandé depuis l'ESOC en Allemagne. Là les expérimentateurs Solar Orbiter affichent, sur les écrans d'ordinateur de leurs stations de travail, les images et mesures produites par leurs instruments.

 

Participations soutenues par le CNES

La participation scientifique française soutenue par le CNES peut ĂŞtre rĂ©sumĂ©e comme suit :

  • IAS : FrĂ©dĂ©ric Auchère (PI SPICE, Co-I EUI et Co-I PHI).
  • LAM : P. Lamy (CO-II METIS),
  • LIRA (ex-LESIA): M. Maksimovic (PI RPW), N Vilmer (Co-I STIX).
  • CEA : A-S. BRUN (Co-I STIX)
  • IRAP : Ph. Louarn (Co-PI expĂ©rience SWA).
  • LPC2E : M. Kretzschmar  (Co'I RPW/SCM).
  • LPP : M. Berthomier (CoI SWA/EAS), Th. Chust (Co-I RPW/TNR).