Satellites

Trois types de systèmes satellitaires œuvrent pour le programme Cospas-Sarsat.

 

Satellites LEO (Low Earth Orbit)

Les satellites en orbite terrestre basse altitude (dits LEO pour Low Earth Orbit), Ă  savoir entre 800 et 1 000 km, sont Ă  la base du programme et ont Ă©tĂ© lancĂ©s les premiers Ă  partir de 1982, permettant dès cette annĂ©e-lĂ  de sauver des vies. Ils forment le système LEOSAR. Les instruments embarquĂ©s (SAR Processor : SARP) calculent et enregistrent la position des balises de dĂ©tresse en utilisant les techniques de traitement Doppler dont la performance dĂ©pend de la qualitĂ© d’une horloge bord ultra stable et d’une balise de datation situĂ©e Ă  Toulouse. Les donnĂ©es calculĂ©es sont immĂ©diatement transmises et rĂ©pĂ©tĂ©es en boucle de manière continue vers les stations de rĂ©ception sol (LEOLUTs).

La pĂ©riode de rĂ©volution d’un satellites LEO autour du globe est d’environ 100 minutes : du fait de son altitude faible, un seul satellite LEO ne peut couvrir l’ensemble de la surface terrestre en un tour. Il se dĂ©cale donc d’une rĂ©volution Ă  la suivante et parcourt ainsi un cycle rĂ©gulier permettant d’assurer une couverture mondiale. Plus il y a de satellites LEOSAR en orbite, plus rapidement une alerte sera transmise au sol. Le système est conçu de telle sorte que 4 satellites LEOSAR judicieusement rĂ©partis permettent d’assurer les performances de la mission.

Depuis le dĂ©but du programme, la France via le CNES, le Canada ainsi que la Russie ont fourni les diffĂ©rents instruments SARP qui ont Ă©tĂ© embarquĂ©s en tant que passagers sur divers satellites d’observation scientifiques ou de mĂ©tĂ©orologie russes, amĂ©ricains (NOAA) ou europĂ©en (EUMETSAT).  Sur les 4 satellites LEO encore opĂ©rationnels, les 3 amĂ©ricains devraient voir leur service arrĂŞtĂ© en 2025.

 

Satellites MEO (Medium Earth Orbit)

Depuis le début des années 2000, et avec la généralisation des constellations de satellites de navigation GNSS (Global Navigation Satellite System) dont le plus connu est le GPS, le programme Cospas-Sarsat développe le système MEOSAR, basé sur des satellites orbitant à une altitude intermédiaire aux environ de 20 000 km (MEO pour Medium Earth Orbit) couplés à des stations sol adaptées (MEOLUTs).

Le principe a d’abord Ă©tĂ© validĂ© Ă  l’aide de la constellation GPS, puis très rapidement l’Europe a contribuĂ© au programme via sa composante SAR Galileo. La Russie (via GLONASS) et depuis peu la Chine (via BEIDOU) sont aussi des contributeurs en devenir.

Ce système, qui va remplacer le système LEOSAR une fois l’ensemble du segment sol mondial (MEOLUTs et MCCs) mis Ă  niveau, apporte un niveau de fiabilitĂ© et de performances remarquable : dĂ©tection instantanĂ©e d’une dĂ©tresse, redondance accrue des points de collecte, meilleure prĂ©cision de localisation.

Contrairement au LEOSAR oĂą la position est calculĂ©e Ă  bord, c’est la MEOLUT qui assure la performance de localisation Ă  partir du signal rĂ©pĂ©tĂ© Ă  bord. La mesure Doppler reste le principe de base : la MEOLUT doit collecter Ă  un instant donnĂ© les signaux Ă©mis par un maximum de satellites en visibilitĂ© et dont elle connaĂ®t la position via leurs Ă©phĂ©mĂ©rides. Pour cela, elle doit de manière simultanĂ©e « pointer » autant de satellites que possible et au minimum 4, de prĂ©fĂ©rence 6 pour une meilleure performance. Pour cela, il peut donc ĂŞtre nĂ©cessaire de mettre en Ĺ“uvre jusqu’à 6 paraboles qui suivent chacune un satellite.

Une autre technologie existe, qui a Ă©tĂ© dĂ©veloppĂ©e par les Ă©quipes du CNES en coopĂ©ration avec Thales Alenia Space : il s’agit d’une antenne « active », constituĂ©e d’une sĂ©rie d’antennes Ă©lĂ©mentaires fixes et d’une chaine de traitement qui reconstitue de manière numĂ©rique l’équivalent de dizaines de paraboles. Cette MEOLUT dans sa version industrielle est opĂ©rationnelle depuis fin 2018 sur le site du CNES Ă  Toulouse. Depuis, elle a Ă©galement Ă©tĂ© dĂ©ployĂ©e sur l’île de la RĂ©union et sur d’autre sites dans le monde. Plus compacte, elle est simple Ă  maintenir et permet de dĂ©tecter des balises situĂ©es dans un rayon d’au moins 3000 km autour d’elle.

 

Satellites GEO (Geostationary Earth Orbit)

Les satellites gĂ©ostationnaires (GEO) qui orbitent Ă  36 000 km d’altitude couvrent une surface plus importante et viennent en complĂ©ment du système LEOSAR. Cependant leur position fixe par rapport Ă  un point au sol ne leur permet pas d’utiliser l'effet Doppler pour le calcul de position. Ce sont de simples rĂ©pĂ©teurs : ils sont donc utiles, couplĂ©s Ă  une mesure LEO, pour confirmer un code balise et Ă©ventuellement une position si la balise de dĂ©tresse est Ă©quipĂ©e d’un rĂ©cepteur GNSS et qu’elle transmet sa position dans le message Ă©mis.
Les différents répéteurs GEO forment le système GEOSAR. Ils sont embarqués en tant que passagers de satellites à grande durée de vie destinées en général à la météorologie. Ils sont opérés par la NOAA (USA), par l’ISRO (Inde), par la Russie ou par l’Europe via EUMETSAT (satellites MSG (METOSAT Second Generation) et bientôt MTG (METOSAT Third Generation)).

Le CNES assure ponctuellement un support à EUMETSAT pour la validation en vol des nouveaux répéteurs GEOSAR ou pour des expertises en cas d’anomalie.

Schéma des 3 catégories de satellites du système Cospas-Sarsat
Les 3 catégories de satellites du système Cospas-Sarsat : LEOSAR (Low Earth Orbit), MEOSAR (Medium Earth Orbit) et GEOSAR (Geostationary Earth Orbit) © Cospas-Sarsat