Pléiades en détails
Contexte
L’observation de la Terre par satellite répond à des besoins civils et militaires : c’est notamment un enjeu majeur dans l’étude et la surveillance du climat et de la défense. Ainsi, dès la fin des années 1970, le CNES met en place le programme de télédétection par satellites Spot (1986 -2002), enrichi par la suite par le système Pléiades, qui prend naissance, sur le papier, en 2002.
Le projet Pléiades vise à compléter la capacité d’observation des satellites Spot dont la résolution est inférieure à trois mètres.
Les premières images Pléiades sont livrées en janvier 2012, avec une résolution spatiale de 70 cm.
Le système Pléiades a été développé dans le cadre du programme dual Orféo, mené en coopération avec l’agence spatiale italienne (ASI). Il vise à doter la France et l’Italie de moyens d’observation basés à la fois sur de l’imagerie optique (Pléiades) et radar (COSMO-SkyMed, 4 satellites radar développés et opérés par l’Italie).
Objectifs
L’objectif de Pléiades est de fournir des images en couleur et en haute résolution (50 cm après traitement au sol), de n’importe quel point de la Terre en moins de 24 heures, pour répondre à des besoins civils (institutionnels, scientifiques, commerciaux… ) et de défense.
Le système se base sur une paire de satellites optiques agiles. L’objectif de l’instrument peut ainsi pointer à la fois au niveau de la trajectoire du satellite mais également sur les côtés, de « biais ». Cela rend le système plus réactif, et minimise les éventuels conflits de programmation entre tous les usagers - qui pourraient avoir besoin d’utiliser les satellites au même moment.
Cette agilité permet aussi de fournir des images en stéréo d’une zone, avec un seul passage de satellite.
Un chiffre : le système Pléiades permet d’acquérir, chaque jour, jusqu’à 1300 images.
Le saviez-vous ?
Au secours ! Les deux satellites Pléiades ont été mobilisés juste après les inondations dans le Var pour fournir des images et des cartes détaillées aux secours.
Les satellites Pléiades peuvent être mobilisés en urgence dans le cadre de la Charte Espace et Catastrophes Majeures. Cette charte a été créée en 2000 par les agences spatiales française et européenne. Dix-sept pays en sont signataires, s’engageant à mobiliser leurs satellites pour photographier au plus vite la zone où s’est produite une catastrophe (séisme, inondation, explosion d’usine… ) afin d’aider les secours.
Déroulé de la mission
Le premier satellite, Pléiades-1A a été lancé par une fusée Soyouz le 17 décembre 2011 du Centre spatial guyanais. Après la phase de recette en vol, pour vérifier la bonne santé du satellite et les performances de l’instrument, la distribution commerciale des clichés a débuté en juin 2012.
Son jumeau, Pléiades-1B, a décollé de Kourou un an plus tard, le 2 décembre 2012, également à bord d’un lanceur Soyouz. Le système est devenu pleinement opérationnel en 2013 après la phase de recette en vol.
Le CNES est le maître d’œuvre de l’ensemble du système. Il a confié la maîtrise d’œuvre du segment spatial à EADS Astrium Satellites (aujourd’hui Airbus DS). Le développement de l’instrument optique a été confié à Alcatel Space devenu Thales Alenias Space.
Les produits Pléiades (civils) sont distribués par Airbus DS.
Par ailleurs, le programme Pléiades a été développé par la France en coopération avec d’autres pays européens.
À l’origine, une coopération franco-italienne
Pléiades a été développé dans le cadre du programme Orféo, né de l’accord de Turin, signé en 2001 entre la France et l’Italie. L’objectif est de mettre en œuvre une capacité d'observation utilisant des capteurs optiques et radar, ainsi que le cadre dans lequel s’exerce ce système à usage dual. Le protocole d'accord définit un scénario global de coopération dans les 2 domaines. Il prévoit à ce titre un accès de l'Italie aux satellites Hélios 2 et SPOT 5, ainsi que la conception, le développement et l'exploitation d'un nouveau système dual ORFEO, dérivé des projets Pléiades pour la haute résolution et Cosmo-Skymed pour la composante radar.
Des coopérations multiples à l’échelle de l’Europe
En accord avec les directives gouvernementales et en respectant les contraintes de l'accord franco-italien, des coopérations sont également mises en place avec quatre autres pays européens. En retour de leur participation, les pays coopérants reçoivent un droit à la programmation et à l'accès à l'archive du système :
- Avec la Suède : qui participe à hauteur de 3% du coût du système.
- Avec la Belgique (4%) : France et Belgique coopéraient déjà dans le cadre du programme Spot.
- Avec l'Espagne (3%) : ce pays développe par ailleurs ses propres moyens de réception et de traitement des images.
- Avec l'Autriche (1%).
Actualités du projet