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Résultats clés

  • DĂ©tections de galaxies lointaines dans deux amas de galaxies

  • Observations prĂ©cises des structures internes et externes de 6 galaxies proches

  • 1 naine brune solitaire et 6 objets solitaires de masses planĂ©taires observĂ©s dans l’amas d’étoiles ÏƒOrionis

Détections de galaxies lointaines dans deux amas de galaxies

Le programme Early Release Observations (ERO) a pour but de dĂ©montrer les capacitĂ©s d’Euclid dans divers champs de recherche.

Euclid a par exemple dĂ©montrĂ© sa capacitĂ© Ă  dĂ©tecter des galaxies trĂšs lointaines, Ă  haut redshift, dans deux champs centrĂ©s autour de deux amas de galaxies (Abell 2390 et Abell2764) qui par leur masse et celle de la matiĂšre noire qu’ils abritent, produisent des effets de lentilles gravitationnelles grossissant et dĂ©formant les galaxies en arriĂšre-plan.

En utilisant Ă  la fois l’instrument visible VIS et l’instrument infrarouge NISP d’Euclid, les astronomes ont pu produire un catalogue photomĂ©trique pour 500 000 sources, 250 000 pour chacun des deux champs centrĂ©s sur les deux amas. 30 galaxies de type Lyman-break situĂ©es Ă  un redhift z>6 ont Ă©tĂ© repĂ©rĂ©es par Euclid dans ces champs.

Normalement, les photons ultraviolets (longueur d’onde < 91,2 nm) Ă©mis par une galaxie finissent par ĂȘtre absorbĂ©s par l’hydrogĂšne Ă©ventuellement prĂ©sent sur la ligne de visĂ©e (limite de Lyman), les rendant invisibles dans cette gamme d’ultraviolets (Lyman break). Cependant, l’expansion de l’Univers rougit les galaxies (redshift) par effet Doppler, si bien que les galaxies trĂšs lointaines deviennent invisibles non plus en ultraviolet mais dans le domaine visible. Il est alors nĂ©cessaire d’utiliser un instrument infrarouge, comme NISP, pour les dĂ©tecter. Une source visible avec NISP mais invisible avec VIS est probablement une galaxie de type Lyman-break.

En analysant les dĂ©formations des galaxies d’arriĂšre-plan par les lentilles gravitationnelles fortes (dĂ©formations en cercles ou arcs, ou images multiples de galaxies bien identifiĂ©es) et faibles (dĂ©formations mineures dĂ©tectables de façon statistique sur un grand nombre de sources) produites par diffĂ©rentes portions de l’amas Abell 2390, dans les observations d’Euclid, les astronomes ont pu dĂ©montrer que le tĂ©lescope spatial permet d’obtenir une meilleure estimation de la masse d’un amas de galaxies qu’auparavant.

Euclid a également montré sa capacité à détecter des amas de galaxies à des redshifts z>0,6.

L’analyse de la lumiĂšre intra-amas, traçant les interactions entre les galaxies d’un amas de galaxies, permet de retracer l’évolution de celui-ci et de cartographier la distribution de matiĂšre noire au sein de l’amas. Les observations d’Abell 2390 et Abell 2764 ont montrĂ© que le satellite Euclid rendait possible une comprĂ©hension plus prĂ©cise de ces deux points que ce que permettaient ses prĂ©dĂ©cesseurs.

Photographie infrarouge en couleurs reprĂ©sentatives de l’amas de galaxies Abell 2390
Photographie infrarouge en couleurs reprĂ©sentatives de l’amas de galaxies Abell 2390 par l’instrument NISP d’Euclid. Les assignations des couleurs de l’image aux bandes photomĂ©triques infrarouges sont les suivantes : rouge – bande HE, vert – bande YE © H. Atek et al., Astronomy & Astrophysics, 2024

Le saviez-vous ?

L’expansion de l’Univers Ă©tire l’espace entre les galaxies. En ne bougeant pas beaucoup par rapport Ă  l’espace, les galaxies sont repoussĂ©es loin de nous d’autant plus vite qu’elles sont Ă©loignĂ©es. L’effet Doppler rougit les galaxies qui s’éloignent de nous (l’extrĂȘme majoritĂ©), et bleuit le petit nombre de galaxies proches qui se rapprochent de la Voie LactĂ©e par attraction gravitationnelle, comme la galaxie d’AndromĂšde.

Comme l’Univers repousse les galaxies loin de nous, les distances que l’on mesure Ă  partir de la lumiĂšre qu’elles ont Ă©mise il y a des milliards d’annĂ©es sont bien en-deçà de leurs distances rĂ©elles au moment prĂ©sent (elles ont Ă©tĂ© dĂ©placĂ©es par l’expansion de l’Univers depuis qu’elles ont Ă©mis la lumiĂšre que l’on en reçoit). Il y a donc une distance apparente et une distance rĂ©elle pour chaque galaxie.

Pour rĂ©soudre ce problĂšme, les cosmologistes prĂ©fĂšrent juger de la distance d’une galaxie en considĂ©rant Ă  quel point elles sont rougies par l’effet Doppler, en mesurant ce qu’on appelle leur redshift.

Pour en savoir plus :

A preview of the Euclid era through a galaxy cluster magnifying lens, H. Atek et al., Astronomy & Astrophysics, 2024

 

Observations précises des structures internes et externes de 6 galaxies proches

Des observations de 6 galaxies proches (de 0,5 Megaparsecs Ă  8,8 Megaparsecs) ont Ă©tĂ© effectuĂ©es par Euclid dans le cadre du programme Early Release Observations. Les cibles de cette observation de dĂ©monstration de capacitĂ©s sont 3 galaxies naines (Holmberg II, IC 10 et NGC 6822) et 3 galaxies spirales (IC 342, NGC 2403 et NGC 6744). Ces observations dĂ©montrent qu’Euclid est capable d’étudier prĂ©cisĂ©ment les populations d’étoiles et d’amas globulaires Ă  l’intĂ©rieur des galaxies proches.

Les observations ont montrĂ© qu’aprĂšs avoir isolĂ© les informations des galaxies observĂ©es des Ă©toiles de la Voie LactĂ©e en avant-plan et des galaxies en arriĂšre-plan, il est possible, avec les donnĂ©es photomĂ©triques prĂ©cises fournies par Euclid, de dĂ©mĂȘler les populations d’étoiles dans la galaxie observĂ©e entre jeunes Ă©toiles, gĂ©antes de la branche asymptotiques et gĂ©antes de la branche des gĂ©antes rouges.

RĂ©partitions spatiales des populations d’étoiles
RĂ©partitions spatiales des populations d’étoiles jeunes (en bleu), d’étoiles gĂ©antes de la branche asymptotique (en vert) et des Ă©toiles gĂ©antes rouges (en rouge), cartographiĂ©es par Euclid dans la galaxie naine IC10 (Ă  gauche) et la galaxie spirale IC © L. K. Hunt et al., Astronomy & Astrophysics, 2024

Une Ă©tude focalisĂ©e sur la galaxie spirale NGC 6744 a Ă©galement permis de retrouver l’ensemble de ses amas globulaires et galaxies naines satellites connues, et de rĂ©vĂ©ler la prĂ©sence d’une nouvelle galaxie naine sphĂ©roĂŻde satellite, situĂ©e au bout de l’un de ses bras spiraux. De potentiels nouveaux amas globulaires sont apparus dans les donnĂ©es obtenues de la galaxie spirale NGC 2403.

Ces observations montrent bien qu’Euclid permet d’aller plus loin que ce qu’il Ă©tait dĂ©jĂ  possible de faire avec ses prĂ©dĂ©cesseurs en matiĂšre d’étude approfondie des structures internes et externes des galaxies proches.

Photographie infrarouge en couleurs représentatives de la galaxie spirale NGC 6744
Photographie infrarouge en couleurs reprĂ©sentatives de la galaxie spirale NGC 6744 par l’instrument NISP d’Euclid. Les assignations des couleurs de l’image aux bandes photomĂ©triques infrarouges sont les suivantes : rouge – bande HE, vert – bande YE © L. K. Hunt et al., Astronomy & Astrophysics, 2024
Photographie en lumiÚre visible inversée de la galaxie NGC 2403
Photographie en lumiĂšre visible inversĂ©e de la galaxie NGC 2403 par l’instrument VIS d’Euclid. Sont repĂ©rĂ©s par des ronds rouges les amas globulaires dĂ©jĂ  connus de cette galaxie. Les carrĂ©s rouges indiquent la position des candidats amas globulaires © L. K. Hunt et al., Astronomy & Astrophysics, 2024

Ces observations font partie du programme Early Release Observations (ERO).

Pour en savoir plus :

Deep anatomy of nearby galaxies, L. K. Hunt et al., Astronomy & Astrophysics, 2024

 

Une naine brune solitaire et 6 objets solitaires de masses planĂ©taires observĂ©s dans l’amas d’étoiles ÏƒOrionis

Des planĂštes sans Ă©toiles ont Ă©tĂ© dĂ©couvertes dans de jeunes amas d’étoiles : ont-elles Ă©tĂ© Ă©jectĂ©es de leurs systĂšmes ou bien se sont-elles formĂ©es comme des Ă©toiles ?

C’est Ă  cette question qu’Euclid pourrait rĂ©pondre. En ce sens, des observations de dĂ©monstration de capacitĂ©s ont Ă©tĂ© effectuĂ©es dans la rĂ©gion autour de l’amas d’étoiles σOrionis ĂągĂ© de 1 Ă  5 millions d’annĂ©es et la fameuse nĂ©buleuse de la tĂȘte de cheval. 7 objets solitaires de masse sub-stellaire (1 naine brune de classe M5,5 et objets de masses planĂ©taires de classes spectrales L0,5 Ă  L4,5) dĂ©jĂ  connus ont Ă©tĂ© observĂ©s afin d’affiner la fonction de masse initiale (IMF) des Ă©toiles jusqu’à des masses bien plus petites que prĂ©cĂ©demment. L’IMF permet de savoir combien d’étoiles de chaque catĂ©gorie de masse sont censĂ©es se former dans un amas d’étoiles. Euclid permet d’étendre cette fonction jusqu’à des masses d’objets aussi petites que 4 fois la masse de Jupiter. D’aprĂšs les donnĂ©es obtenues, il ne semble pas y avoir de rupture dans la distribution entre les objets de classe naine brune et les corps planĂ©taires de quelques masses de Jupiter.

En tout, 5 observations de dĂ©monstrations de ce type sont prĂ©vues dans les rĂ©gions suivantes : 

  • L’amas d’étoiles NGC1333 dans la constellation de PersĂ©e,
  • La nĂ©buleuse Barnard 30,
  • La nĂ©buleuse Barnard 33 et l’amas d’étoiles NGC2023, partie de σOrionis (la zone Ă©tudiĂ©e dans la publication dĂ©crite ici),
  • Les zones obscures de la nĂ©buleuse Messier 78,
  • Une zone comportant plusieurs nĂ©buleuses obscures dans la rĂ©gion du Taureau.

Ces observations font partie du programme Early Release Observations (ERO).

La rĂ©gion de 0,58 degÂČ autour de la nĂ©buleuse de la tĂȘte de cheval
La rĂ©gion de 0,58 degÂČ autour de la nĂ©buleuse de la tĂȘte de cheval (Barnard 33) et l’amas d’étoiles σOrionis observĂ©e par Euclid, comportant une zone Ă  forte extinction/rougissement par la poussiĂšre interstellaire (Ă  gauche) et une zone Ă  faible © E. L. MartĂ­n et al., Astronomy & Astrophysics, 2024
NomR.A. [hh mm ss,ss]Dec [deg mm ss,s]Classe spectrale
S Ori 2805 39 23,19-02 46 55,8M5.5
S Ori 5205 40 09,20-02 26 32,0L0.5
S Ori 6005 39 37,50-02 30 42,0L2.0
S Ori 6205 39 42,05-02 30 31,6L4.0
S Ori 05401705 40 17,34-02 36 22,6L3.5
S Ori 05400005 40 00,04-02 40 33,1L2.0
S Ori 05403705 40 37,82-02 40 01,1L4.5
Images de l’objet de masse planĂ©taire S Ori 52
Images de l’objet de masse planĂ©taire S Ori 52, obtenues par Euclid dans les bandes photomĂ©triques infrarouge IE, YE, JE et HE © E. L. MartĂ­n et al., Astronomy & Astrophysics, 2024

Pour aller plus loin

Pour en savoir plus sur les objectifs scientifiques et les mĂ©thodes de mesure d’Euclid, consultez les PDF « Explications scientifiques » et « MĂ©thodes de mesure »tĂ©lĂ©chargeables depuis la page Ressources.