Publié le 23 mars 2026

CLS : 40 ans de satellites au service de la planète

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Créé par le CNES et l'Ifremer, CLS a transformé la collecte de données environnementales par satellite. La présidente du groupe, Stéphanie Limouzin, revient sur cette aventure.

© CLS

« Toute l’histoire de CLS (Collecte et Localisation Satellites) est issue d’Argos », rappelle Stéphanie Limouzin, présidente de la société. En 1986, le CNES et l’Ifremer créent CLS pour exploiter le système Argos de localisation et de collecte de données sur l’environnement. « À l’époque, il n’y avait pas de GPS. Une technologie qui permettait de géolocaliser un mobile (bateau, bouée, animal) équipé d’une balise et de transmettre des données par satellite, c’était assez révolutionnaire », retrace-t-elle. 

L’entreprise recueille les informations émises, les met en forme et les diffuse aux utilisateurs. Dans les années 1990, l’altimétrie satellitaire révolutionne la compréhension de la dynamique océanique. CLS joue alors un rôle clé dans le traitement des données collectées par le satellite franco-américain Topex/Poséidon

Bateau de pêche surveillé grâce à CLS
Un bateau de pêche suveillé par CLS. © CLS

Stéphanie Limouzin déroule l’historique du groupe qu’elle a rejoint en 2009, après une première expérience dans la société de conseil Alcimed. « Avant d’intégrer CLS, j’ai eu l’occasion de travailler sur la valorisation des brevets et des innovations générées par le CNES vers l’industrie. » Sa formation d’ingénieure agronome ne la prédestinait pourtant pas à travailler dans le spatial. 

Chez CLS, elle intègre puis dirige l’équipe Océanographie spatiale, chapeaute le service Énergie, et gravit les échelons jusqu’à être nommée présidente en 2025. « Quand j’ai débuté, près de 80 % de notre activité était dédiée à des programmes portés par le CNES autour de l’altimétrie, se souvient-elle. Nous travaillions au quotidien sur la réception, la calibration et la production de ces données, afin de publier des courbes et des cartes montrant l’évolution du niveau moyen des mers. » 

« Comprendre, protéger la planète et gérer durablement ses ressources »

Le programme européen d’observation de la Terre Copernicus marque un tournant. À partir des mesures altimétriques collectées par les satellites Sentinel, CLS développe des solutions de surveillance de l’environnement et du climat, et des outils d’aide à la décision pour l’adaptation. « En donnant à ces informations satellitaires une valeur sociétale, économique et environnementale, nous avons contribué à démocratiser l’usage du spatial et à montrer qu’il peut servir à tout le monde », souligne-t-elle. Avec la mission SWOT (Surface Water and Ocean Topography ou topographie des eaux de surface et des océans), le regard des satellites scientifiques sur les lacs, rivières, réservoirs et océans gagne encore en précision. En 2024, Kinéis, fruit d’une collaboration CNES-CLS, déploie la première constellation européenne dédiée aux objets connectés. Les 25 nanosatellites viennent enrichir le système Argos et renforcer la veille environnementale à l’échelle mondiale. 

Notre boussole, c’est de comprendre et de protéger la planète tout en gérant durablement les ressources.

Stéphanie Limouzin

  • Présidente de la société CLS

Mesurer les variations de température et de courants des océans, surveiller les glaces de l’Arctique, suivre les migrations animales, prévenir les risques naturels, détecter les pollutions marines… « Toutes ces applications pour étudier la planète, mieux connaître la biodiversité, le comportement des animaux et leur interaction avec le changement climatique, ont été permises grâce à Argos. » 

En dix-sept ans chez CLS, Stéphanie Limouzin a suivi des étapes charnières pour la communauté scientifique : « J’ai le sentiment de faire partie d’une aventure collective pour protéger notre planète depuis l’espace. »

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Cette actualité est la version longue d'un article paru dans le numéro 100 de CNESMAG.

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