PLATO en détails
Contexte
LâhumanitĂ© a dĂ©jĂ dĂ©couvert plusieurs milliers de planĂštes autour dâautres Ă©toiles que le Soleil, et leur nombre augmente pratiquement tous les jours (Exoplanet.eu).
Ces planĂštes montrent une grande diversitĂ© en termes dâorbites, de tailles, de masse et de types de planĂštes.
Plusieurs techniques sont utilisées pour détecter ces exoplanÚtes :
- La spectroscopie avec les vitesses radiales
- La photométrie avec les transits planétaires
- Lâimagerie directe avec des techniques de coronographie
- Et dâautres mĂ©thodes moins usitĂ©es
Câest pour le moment la mĂ©thode des transits planĂ©taires qui a apportĂ© la majeure partie des dĂ©couvertes dâexoplanĂštes. Alors que la premiĂšre planĂšte extrasolaire a Ă©tĂ© dĂ©couverte par Michel Mayor et Didier Quelloz en 1995 en utilisant la mĂ©thode des vitesses radiales depuis lâobservatoire de Haute Provence, la mĂ©thode des transits planĂ©taires a Ă©tĂ© utilisĂ©e pour la premiĂšre fois avec succĂšs dĂšs 2009 grĂące Ă la mission spatiale CoRoT.
PLATO combinera ces 2 mĂ©thodes de dĂ©tection dâexoplanĂštes : la mĂ©thode de transits planĂ©taires sera assurĂ©e grĂące au satellite PLATO lui-mĂȘme ; elle sera complĂ©tĂ©e par la mesure de vitesses radiales grĂące Ă un rĂ©seau de tĂ©lescopes sol dĂ©diĂ©.
Objectifs
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Détecter des planÚtes dans la zone habitable de leurs étoiles
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Détecter des planÚtes telluriques, glacées ou géantes et obtenir des informations sur leur évolution
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Identifier des planĂštes susceptibles dâavoir une atmosphĂšre
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DĂ©couvrir des systĂšmes planĂ©taires autour dâĂ©toiles binaires exoplanĂ©taires
Les objectifs scientifiques primaires de PLATO sont les suivants :
- DĂ©tection d'un grand nombre de planĂštes extrasolaires orbitant dans la zone habitable d'Ă©toiles naines de la sĂ©quence principale (classe de luminositĂ© V) de types K7 Ă F5, et d'Ă©toiles sous-gĂ©antes (classe de luminositĂ© IV) de mĂȘmes types spectraux, magnitudes visuelle Mv < 11, et dĂ©termination de leur masse, rayon (et donc densitĂ©) de maniĂšre Ă Ă©valuer leur habitabilitĂ©.
- DĂ©tection et caractĂ©risation de centaines dâexoplanĂštes telluriques, glacĂ©es ou gĂ©antes gazeuses, incluant lâarchitecture de leurs systĂšmes planĂ©taires et leur Ă©volution dans le temps
- DĂ©tection dâatmosphĂšre sur les planĂštes orbitant autour des Ă©toiles les plus brillantes (Mv < 8.5). Ces cibles seront cataloguĂ©es et adressĂ©es Ă dâautres missions ou tĂ©lescopes (JWST, E-ELT ou ARIEL) pour analyser leur atmosphĂšre par spectrophotomĂ©trie.
En plus de la mission principale, PLATO détectera également :
- Des planÚtes orbitant dans la zone habitable de naines rouges de la séquence principale (classe de luminosité V) de types K8 à M9 (Mv < 13).
- Dâautres exoplanĂštes orbitant autour dâĂ©toiles naines de la sĂ©quence principale (classe de luminositĂ© V) de types K7 Ă F5, et d'Ă©toiles sous-gĂ©antes (classe de luminositĂ© IV) de mĂȘmes types spectraux, moins lumineuses (magnitudes visuelle Mv < 11).
Ces objectifs, pour la mission, pourront ĂȘtre atteint par :
- La détection de planÚtes et détermination de leur rayon avec une précision de 3% par la méthode du transit.
- La détermination de leur masse avec une précision supérieure à 10% à partir de la mesure des vitesses radiales effectuées par des télescopes sol. En outre, cette méthode permettra de confirmer les détections faites par la méthode des transits depuis le satellite PLATO.
- La dĂ©termination de la masse, du rayon et de lâĂąge de leur Ă©toile hĂŽte avec une prĂ©cision de 10% par astĂ©rosismologie (Ă©tude des modes de vibration des Ă©toiles) depuis le satellite PLATO.
En plus des objectifs scientifiques, de PLATO, le tĂ©lescope pourra ĂȘtre utilisĂ© pour satisfaire Ă de nombreux autres thĂšmes scientifiques complĂ©mentaires (programme CS pour Complementary Science) sur la base dâun programmeâŻÂ«âŻinvitĂ©âŻÂ» appelĂ© GO (Guest Observer). 8% du temps dâutilisation sera proposĂ© sur la base dâappels dâoffres scientifiques pour dâautres thĂšmes tels que par exemple :
- La découverte de systÚmes planétaires autour d'étoiles binaires.
- La détection de satellites naturels (lunes) et d'anneaux autour d'exoplanÚtes, de comÚtes, de planÚtes gravitant autour d'étoiles jeunes ou anciennes.
- LâĂ©tude astĂ©rosismologique de gĂ©antes rouges, d'amas stellaires, d'Ă©toiles binaires, variables et de magnĂ©tars (Ă©toiles Ă©mettant un intense champ magnĂ©tique), etc.
Le saviez-vous ?
Une Ă©toile de type F5 a pour masse 1,33 fois celle du Soleil (1,33 Mâ). Son rayon est de 1,47 Râ (rayon solaire) et sa luminositĂ© atteint 3,63 Lâ (LuminositĂ© solaire). Sa tempĂ©rature effective est dâenviron 6550 K (Kelvin).
Une Ă©toile de type K7 a quant Ă elle une masse de 0,64 Mâ, un rayon de 0,63 Râ et une luminositĂ© de 0,10 Lâ. Sa tempĂ©rature effective est dâenviron 4100 K.
Rappelons que le Soleil est une Ă©toile naine (jaune) de type spectral G2 (dont la tempĂ©rature effective est dâenviron 5770 K).
Le saviez-vous ?
Une Ă©toile sous-gĂ©ante est une Ă©toile qui arrive en fin de vie, avant d'Ă©voluer vers le stade d'une gĂ©ante rouge. Pour un mĂȘme type spectral et donc une mĂȘme tempĂ©rature effective, une Ă©toile sous-gĂ©ante, plus grande qu'une Ă©toile naine, rayonne donc plus de part sa plus grande surface. Elle est donc plus brillante.
Le saviez-vous ?
La magnitude visuelle, notĂ©e mv ou directement V, est la magnitude apparente dans la bande spectrale V qui correspond le mieux Ă la sensibilitĂ© de l'Ćil. La magnitude apparente est une mesure de la luminositĂ© d'un astre vu depuis la Terre en formulation logarithmique. L'Ă©chelle des magnitudes fait que chaque augmentation d'une unitĂ© correspond Ă une diminution de luminositĂ© d'un facteur de 2,5. A titre d'exemple, la limite de sensibilitĂ© de l'Ćil humain correspond Ă un astre de magnitude 6, le Soleil, trĂšs brillant, a une magnitude de -26,7.
Déroulé du projet
PLATO sera lancĂ© en dĂ©cembre 2026 Ă bord dâAriane 62, pour une insertion en orbite directe autour du second point de Lagrange (L2) du systĂšme Soleil-Terre que le satellite atteindra au bout de 30 jours. La masse du satellite est de lâordre de 2 100 kg.
Etant donnĂ© que la ligne de visĂ©e des tĂ©lescopes et orientĂ©e vers le zĂ©nith et sachant qu'ils ne doivent pas ĂȘtre exposĂ©s au Soleil, la stratĂ©gie de lancement inclut une orbite basse circulaire de parking (câest-Ă -dire une orbite transitoire avant son orbite finale). De plus, l'Ă©tage supĂ©rieur d'Ariane 62 permettra une rotation du satellite autour de son axe longitudinal (mode "barbecue" afin de rĂ©partir uniformĂ©ment la chaleur reçue). Ceci permettra de pouvoir procĂ©der au lancement Ă tout moment Ă l'exception de fenĂȘtres d'exclusion de maniĂšre Ă Ă©viter les Ă©clipses de Lune et de Terre.
L'orbite sĂ©lectionnĂ©e Ă L2 est de type Lissajous large-amplitude (873 000 km x 611 000 km max) dont la forme et le paramĂštres dĂ©pendront de la date de lancement. Le maintien du satellite sur cette orbite sera assurĂ© par des manĆuvres effectuĂ©es tous les 28 jours environ commandĂ©es depuis le centre d'opĂ©ration mission de l'ESA (Mission Operation Center - MOC â) basĂ© Ă l'ESOC (European Space Operation Center) Ă Darmstadt en Allemagne.
Ce point L2 est situĂ© Ă 1,5 millions de km de la Terre, sur l'axe Soleil â Terre et en opposition par rapport au Soleil. Il a Ă©tĂ© choisi car la tempĂ©rature et le niveau de radiations y sont stables. La charge utile (tĂ©lescopes) et protĂ©gĂ©e du Soleil par un bouclier recouvert cotĂ© Soleil de panneaux solaire, donc exposĂ© en permanence au flux de rayonnement solaire. Les antennes sont en permanence pointĂ©es vers la Terre sans manĆuvre particuliĂšre. Les orbites sans Ă©clipse y sont possibles. Vu de la position du satellite, le Soleil, la Terre et la Lune sont tous localisĂ©s dans un angle solide relativement petit (câest-Ă -dire dans une mĂȘme direction et occupant une rĂ©gion restreinte du ciel, depuis le point de vue du satellite). Une trĂšs grande portion du ciel est ainsi observable en continu.
Arrivé en L2, la mission débutera par une phase de recette en vol ("commissionning") destinée à une vérification fonctionnelle et des performances du satellite et de son module charge utile (PLM) incluant sa calibration, phase qui devrait durer environ 3 mois avant d'entamer la phase opérationnelle.
Cette phase opérationnelle aura une durée nominale de 4 ans, suivie d'une possible extension à 4 ans et 3 mois (durée de vie minimale du satellite), sachant que le satellite aura à bord des consommables lui permettant d'opérer pendant 10 ans minimum.
En orbite autour de la Terre, le satellite PLATO tournera de 90° autour de son axe de pointage (LoS â Line of Sight) tous les 3 mois pour garder une bonne orientation de son bouclier solaire, protĂ©geant le PLM et exposant les panneaux solaires vers le Soleil.
Organisation
Organisation générale
La mission PLATO est développée conjointement par l'ESA et le consortium mission PLATO (PLATO Mission Consortium, PMC). L'organisation générale est la suivante :
LâESA a la responsabilitĂ© globale de la mission PLATO. Elle est responsable de la fourniture du satellite, du centre des opĂ©rations de la mission (Mission Operation Center, MOC, Ă lâESOC), du centre des opĂ©rations scientifiques (Science Operation Center, SOC, Ă lâESAC) et du lancement. Le dĂ©veloppement du satellite est rĂ©alisĂ© en maĂźtrise dâĆuvre industrielle.
Le PLATO Mission Consortium (PMC) est un consortium scientifique européen financé par les agences nationales. Sa responsabilité globale (PMC Lead) est assurée par un(e) représentant du DLR (Institute of Planetary Research), qui a le titre de chercheur(se) principal (PI) de la mission.
Dans le consortium PLATO, on compte à ce jour plus de 800 acteurs scientifiques répartis dans 89 institutions scientifiques de 28 pays, répartis au PMC, au PMC board, au PLATO Data Center (PDC), au PLATO Payload (PP) et au PLATO Science Management (PSM).
Contributions françaises
La contribution française est dĂ©veloppĂ©e sous la responsabilitĂ© du CNES, en partenariat avec les laboratoires. Le LAM (Laboratoire d'Astrophysique de Marseille) assure la coordination de lâĂ©quipe scientifique française au sein du consortium europĂ©en.
Neuf laboratoires reçoivent un financement du CNES, à savoir :
- IRFU : Institut de Recherche sur les lois Fondamentales de lâUnivers (CEA/Saclay)
- IAP : Institut dâAstrophysique de Paris UMR (Sorbonne UniversitĂ©/CNRS-INSU)
- IAS : Institut dâAstrophysique Spatiale UMR (UniversitĂ© Paris-Sud 11 / CNRS-INSU)
- IPAG : Institut de PlanĂ©tologie et dâAstrophysique de Grenoble UMR (UniversitĂ© Grenoble Alpes /CNRS-INSU)
- IRAP : Institut de Recherche en Astrophysique et Planétologie (Université Toulouse 3-Paul Sabatier / CNRS-INSU)
- LAM : Laboratoire dâAstrophysique de Marseille (Aix-Marseille UniversitĂ©/CNRS-INSU)
- LIRA (ex-LESIA) : Laboratoire dâinstrumentation et de recherche en astrophysique UMR (UniversitĂ© Pierre & Marie Curie de Paris / UniversitĂ© Paris-Diderot / CNRS-INSU)
- LUPM : Laboratoire Univers et Particule de Montpellier (Université Montpellier 2/CNRS-IN2P3)
- OCA : Observatoire de la CĂŽte dâAzur (UniversitĂ© CĂŽte dâAzur/CNRS-INSU)