MicroCarb en détails

Contexte

Alors que le changement climatique reprĂ©sente un dĂ©fi environnemental majeur du monde contemporain, il est essentiel de pouvoir quantifier, Ă  l’échelle planĂ©taire, les sources et puits de CO2, le principal gaz Ă  effet de serre. Or, Ă  ce jour, il est difficile d’en mesurer les quantitĂ©s absorbĂ©es ou Ă©mises dans l’atmosphère par manque d’observations dans certaines rĂ©gions du globe. 

Les flux annuels globaux de CO2 reprĂ©sentent 200 gigatonnes de carbone. Les Ă©missions liĂ©es Ă  l'activitĂ© humaine, dites anthropiques, ajoutent environ 10 gigatonnes Ă  la balance naturelle. Ce surplus est, pour moitiĂ©, absorbĂ© par la vĂ©gĂ©tation, les sols et les ocĂ©ans, l'autre moitiĂ© entraĂ®nant une augmentation de la concentration atmosphĂ©rique en gaz Ă  effet de serre. Première mission europĂ©enne dĂ©diĂ©e au suivi des flux de carbone, MicroCarb permettra de comprendre comment agissent ces puits de carbone et apportera des informations indispensables Ă  la connaissance des origines et des impacts du changement climatique. 

PilotĂ© par le CNES dans le cadre du Programme d’investissements d’avenir, ce programme fait l’objet d’une coopĂ©ration avec l’agence spatiale du Royaume-Uni (United Kingdom Space Agency – UKSA), avec l’appui de l’Union europĂ©enne. 

Intégration de microcarb en salle blanche CST
Intégration de microcarb en salle blanche CST © CNES/GRIMAULT Emmanuel, 2024

Objectifs

  • Mesurer la concentration atmosphĂ©rique du CO2

  • Mieux comprendre les flux de carbone

  • Identifier les paramètres qui contrĂ´lent ces flux

  • Valider les modèles de cycle de vie du carbone

Le but de la mission est d’établir des cartes de concentration de CO2 afin d’en dĂ©duire les flux de carbone entre les zones Ă©tudiĂ©es, d’un point de vue statique, au cours des saisons (en fonction du cycle vĂ©gĂ©tal mais Ă©galement de la variation de tempĂ©rature des ocĂ©ans) et dans le temps plus long (prise en compte du changement climatique). 

Pourquoi procĂ©der ainsi ? Parce que les flux, qui reflètent la circulation de CO2 entre les zones, ne sont pas directement mesurables. MicroCarb va donc mesurer la concentration de CO2 dans la colonne d’atmosphère au-dessus du pixel au sol visĂ© (de l’ordre de 4,5 x 9 km²), avec une prĂ©cision Ă©levĂ©e, de l’ordre de 1 ppm. Pour cela, l’instrument mesurera le spectre atmosphĂ©rique dans le domaine du proche infrarouge, qui est la bande de longueur d’onde dans laquelle on peut observer la signature de la molĂ©cule de CO2, en analysant le rayonnement solaire rĂ©flĂ©chi par la Terre le long de la trace au sol du satellite (terres Ă©mergĂ©es, mers, cibles fixes). Ces mesures seront converties en concentrations de CO2, Ă  partir desquelles les flux pourront ĂŞtre calculĂ©s. MicroCarb effectuera Ă©galement des mesures dans la bande de longueur d’ondes caractĂ©ristique de l’O2, nĂ©cessaire pour obtenir la part relative du CO2 par rapport Ă  la colonne d’air totale.

MicroCarb est une mission d’échantillonnage, c’est-à-dire qu’elle n’assure une couverture en chaque point du globe qu’au terme d’un cycle de 25 jours, mais que ses données alimenteront un modèle à 4 dimensions (3 dimensions spatiales et une temporelle).

Par ailleurs, MicroCarb doit prĂ©figurer un système opĂ©rationnel futur apte Ă  assurer un suivi global et prĂ©cis des Ă©missions fossiles. La comprĂ©hension du cycle du carbone peut enfin nous aider Ă  prĂ©voir son Ă©volution en fonction des diffĂ©rents scĂ©narios climatiques. 

Image satellite de régions d’intérêt
Mode exploratoire « City » : Zoom au-dessus de régions d’intérêt © CNES

Déroulé du projet

Le lancement de MicroCarb est prévu dans le courant de l’année 2025, depuis le Centre Spatial Guyanais à Kourou, en tant que passager auxiliaire sur un lanceur européen Vega C.

L’orbite retenue pour l’atteinte des objectifs scientifiques est une orbite héliosynchrone d’altitude 650 km, afin d’optimiser le flux solaire reçu et l’homogénéité de la couverture globale à l’horizon de la semaine.

 

Organisation

Le projet MicroCarb est pilotĂ© par le CNES en partenariat Ă©troit avec les laboratoires de l'Institut Pierre-Simon Laplace, en particulier le LSCE (Laboratoire des sciences du climat et de l’environnement), unitĂ© mixte de recherche du CNRS et du CEA, et le LMD (Laboratoire de mĂ©tĂ©orologie dynamique). Il fait l’objet d’une coopĂ©ration avec l’UKSA (agence spatiale du Royaume-Uni) et mobilise des industriels français et europĂ©ens, ainsi que des laboratoires et industriels britanniques. 

Le programme est financé dans le cadre du Programme d’investissements d’avenir du gouvernement français, ainsi que de la subvention pour charges de service public reçue par le CNES. L’UKSA a financé en partie l’instrument et son intégration à la plateforme. Enfin, dans le cadre du programme H2020 / IOD-IOV, l’Union européenne contribue également via l’ESA (déploiement du centre de mission chez EUMETSAT et lancement sur Vega C).

 

ResponsabilitĂ©s                                                        

Le CNES est responsable :

  • de la maitrise d’œuvre du système et du satellite,
  • de la garantie des performances mission de mesure de concentration,
  • des Ă©volutions de la composante sol de commande et contrĂ´le,
  • de la spĂ©cification et du dĂ©veloppement du segment sol de mission (contrĂ´le de l’instrument, traitement des donnĂ©es)
  • des interfaces avec le lanceur,
  • des opĂ©rations et de l’exploitation du système.

Airbus Defence & Space a assuré le développement de l’instrument.


Les activitĂ©s scientifiques sont coordonnĂ©es par un groupe de mission MicroCarb composĂ© de :

  • Un chercheur principal (PI), responsable scientifique de la mission MicroCarb, François-Marie BrĂ©on, appartenant au CEA/LSCE-IPSL. Il assume la responsabilitĂ© scientifique du projet et prĂ©side le groupe mission.
  • Un groupe de scientifiques reprĂ©sentants de la communautĂ© utilisatrice. Il est composĂ©, en plus du PI du LSCE, de reprĂ©sentants du LMD, du CESBIO, du CNRM, du GSMA, du LISA, de MONARIS, et du LSCE ainsi que de reprĂ©sentants de University of Leicester, University of Edinburgh et du National Physics Laboratory cĂ´tĂ© Royaume-Uni.

Les laboratoires scientifiques ont en charge les développements algorithmiques d’une partie des chaînes de traitement, et l’exploitation scientifique de la mission

Actualités du projet