Instruments

Altimètre Poseidon

L’itération Poseidon-2 (Jason-1) a été développée par Alcatel Alenia Space (aujourd’hui Thales Alenia Space) à partir de Poseidon-1 qui était à bord du satellite TOPEX/Poseidon. Poseidon-2 a été financé par le CNES.

Poseidon-3 (Jason-2) a été développé par Thales Alenia Space à partir du modèle précédent et a été financé par le CNES. Poseidon-3B a été également développé par Thales Alenia Space mais financé cette fois par EUMETSAT.

 

Caractéristiques techniques

Instrument principal de la mission, Poseidon est un altimètre petit, léger et de faible consommation, il est aussi d'une grande fiabilité. C'est un radar qui émet des ondes à deux fréquences différentes (13.6 et 5.3 GHz, pour permettre la détermination du contenu en électrons de l'atmosphère) et analyse le signal réfléchi par la surface. Le temps de trajet aller-retour de l'onde est estimé très précisément afin de calculer la distance satellite - surface, moyennant quelques corrections.

C’est un altimètre radar de type solid-state. Ce type de radar peut envoyer des pulses d’énergie plus longs et moins coûteux en énergie que la technologie précédente, les radars de type magnétron.

Les domaines de transmission du radar Poseidon (itĂ©rations 2, 3 et 3B) sont :

  • Bande C : centrĂ©e sur 5,3 GHz, largeur 320/100 MHz
  • Bande Ku : centrĂ©e sur 13,575 GHz, largeur 320 MHz


La durée des pulses transmis est de 105,6 µs.

La frĂ©quence de rĂ©pĂ©tition des pulses est de :

  • Pour Poseidon-2 : 300 Hz en bande C et 1800 Hz en bande Ku
  • Pour Poseidon-3 et 3B : frĂ©quence entrelacĂ©e de 2060 Hz entre bande C et bande Ku


Les masses et la consommation des instruments sont :

  • Poseidon-2 : 2x25 kg (2 exemplaires Ă  bord par redondance), 70 W
  • Poseidon-3 : 60 kg, 80 W
  • Poseidon-3B : 70 kg, 78 W
Photographie de l’itération 3B de l’instrument altimétrique Poseidon
Photographie de l’itération 3B de l’instrument altimétrique Poseidon, en cours d’intégration. Il se trouve à bord du satellite Jason-3 © AVISO+

Couplage entre Poseidon-3 et le système DORIS

Poseidon-3 et Poseidon-3B sont couplĂ©s au navigateur DIODE, basĂ© sur le système de positionnement DORIS, afin d'amĂ©liorer notamment l'acquisition de mesures près des cĂ´tes. DIODE (DĂ©termination ImmĂ©diate d'Orbite par Doris EmbarquĂ©) est une famille de programmes de calcul d'orbite embarquĂ© en temps rĂ©el, qui traitent les mesures Doppler Ă©laborĂ©es par un rĂ©cepteur Doris embarquĂ© Ă  bord d'un satellite.

Dans le cadre des projets Jason-2 et Jason-3, il a Ă©tĂ© demandĂ© Ă  Diode de dĂ©livrer aux utilisateurs un "Bulletin gĂ©odĂ©sique" qui fournit des informations nouvelles sur la position du satellite : latitude, longitude et altitude par rapport au gĂ©oĂŻde notamment.

L'altimètre Poseidon-3 a pu bĂ©nĂ©ficier de ces informations dans deux modes de fonctionnement expĂ©rimentaux qui modifient chacun une des principales phases de fonctionnement de l'altimètre. Comme tous les radars, l'altimètre doit d'abord rechercher et accrocher la cible (c'est la phase d'Acquisition), puis il doit la suivre (c'est la phase de Poursuite) :

  • 1er mode : grâce Ă  l'information d'altitude contenue dans le bulletin gĂ©odĂ©sique Diode et transmise Ă  l'altimètre, le premier mode expĂ©rimental permet de rĂ©duire significativement la plage de recherche dans laquelle est attendu l'Ă©cho retour. En rĂ©duisant ainsi le temps de la phase d'Acquisition, Poseidon-3 permet d’augmenter la production de donnĂ©es utiles lors des transitions terre mer et l'amĂ©lioration de l'altimĂ©trie en zone cĂ´tière. La Poursuite du signal utile s'effectue ensuite de façon classique comme sur PosĂ©idon-2 (mais amĂ©liorĂ© pour ĂŞtre plus robuste sur les eaux continentales).
  • 2e mode : ce mode expĂ©rimental modifie la boucle de poursuite. En effet, la distance prĂ©vue de la cible est directement calculĂ©e par l'altimètre, en combinant d'une part l'information d'altitude dĂ©livrĂ©e par Doris/Diode, et d'autre part l'altitude d'un pseudo Modèle NumĂ©rique de Terrain de la trace survolĂ©e par Jason enregistrĂ© dans la mĂ©moire bord de l'altimètre. En fonction de la qualitĂ© de ce pseudo MNT, et des variations naturelles de surface (marĂ©es...), la prĂ©cision du positionnement de l'Ă©cho retour dans la fenĂŞtre de rĂ©ception de l'altimètre est de quelques mètres. L'exploitation combinĂ©e du message Diode et de l'altitude du pseudo MNT permet de piloter directement le positionnement de la fenĂŞtre de rĂ©ception afin d'assurer la poursuite de n'importe quelle cible, indĂ©pendamment de la forme de l'Ă©cho retour. Ainsi ce mode peut s'avĂ©rer très utile pour le tracking de zones d'intĂ©rĂŞt spĂ©cifiques, comme les rivières et les lacs (qui ne sont pas toujours suffisamment bien couverts par les altimètres usuels).


Une prĂ©cision cependant : ces deux modes probatoires sont en cours d'Ă©tude et de mise au point. On attend beaucoup de leur validation Ă  venir, mais en attendant, les modes de fonctionnements validĂ©s sur PosĂ©idon-2 restent les modes opĂ©rationnels de PosĂ©idon-3.

Cette nouvelle fonctionnalitĂ© d'interaction entre l'instrument Doris et l'altimètre Poseidon-3 devrait s'avĂ©rer gagnant-gagnant en permettant, d'une part, d'Ă©tendre les capacitĂ©s de l'altimètre aux zones cĂ´tières et aux eaux continentales ; et d'autre part, d'Ă©largir le spectre des opportunitĂ©s d'embarquement, et contribuer ainsi Ă  augmenter le nombre d'instruments Doris volant sur diffĂ©rentes orbites.

La performance du système DORIS est en effet améliorée par l'augmentation du nombre d'instruments Doris volant sur différentes orbites. En retour, cette "constellation Doris" contribuera à un meilleur positionnement du réseau de balises, permettant une meilleure maîtrise du Système de Référence Terrestre indispensable aux missions altimétriques.

Radiomètre JMR/AMR/AMR-2

Les satellites de la famille Jason emportent un radiomètre microondes. Il est utilisé pour détecter la vapeur d’eau dans l’atmosphère sur la ligne de visée de l’altimètre Poseidon, vers le nadir (à la verticale sous le satellite). Celle-ci est responsable de sur-estimations et de sous-estimations dans les mesures d’altitude par l’altimètre. Les mesures du radiomètre permettent de retirer cette erreur de mesure de l’altimètre.

La mĂŞme complĂ©mentaritĂ© de mesures est utilisĂ©e entre les modèles plus rĂ©cents de l’altimètre Poseidon et du radiomètre AMR Ă  bord des satellites de la gamme Sentinel-6/Jason-CS, Poseidon-4 et AMR-C.

Les radiomètres JMR (Jason Microwave Radiometer), AMR (Advanced Microwave Radiometer), AMR-2 et AMR-C (Advanced Microwave Radiometer for Climate) sont des itérations du même système, prenant comme modèle au départ celui qui se trouvait à bord du satellite TOPEX/Poseidon, le radiomètre TMR (TOPEX Microwave Radiometer).

Les radiomètres de la gamme JMR/AMR prennent des mesures dans 3 canaux de frĂ©quence :

  • Canal 23,8 GHz : dĂ©tecteur principal de vapeur d’eau
  • Canal 34 GHz : permet d’estimer une correction de la mesure de vapeur d’eau en dĂ©tectant les nuages qui ne sont pas sources d’averses
  • Canal 18,7 GHz : permet d’estimer une correction de la mesure de vapeur d’eau en dĂ©tectant l’augmentation de l’émission de la surface de l’eau provoquĂ©e par le vent


Les modèles AMR et AMR-2 sont composĂ©s de deux sous-systèmes :

  • ESA (Electronics Structure Assembly), dĂ©veloppĂ© par le Jet Propulsion Laboratory
  • RSA (Reflector Structure Assembly), dĂ©veloppĂ© par ATK Space Systems
Photographie de l’instrument AMR-2 qui se trouve à bord du satellite Jason-3
Photographie de l’instrument AMR-2 qui se trouve à bord du satellite Jason-3 © NASA/JPL

Pour aller plus loin

Pour plus d'informations sur les instruments Poseidon-4 et AMR-C Ă  bord des satellites Sentinel-6/Jason-CS, consultez la fiche Sentinel-6.

Réflecteur laser LRA

Le réflecteur laser LRA (Laser Retroreflector Array) est installé sous chaque satellite, c’est-à-dire son côté faisant face au nadir. Il se présente sous la forme d’un cône bardé de 8 catadioptres (miroirs en coins de cube), ayant la chacun la capacité de renvoyer un rayon lumineux dans la même direction que le rayon lumineux incident. Cela permet aux stations de suivi au sol de pointer un rayon laser vers le satellite et d’en mesurer la distance en mesurant le temps mis par le rayon laser, renvoyé par le LRA pour revenir à la station émettrice.

En complément des données fournies par les récepteurs des systèmes de positionnement GPS et DORIS à bord, cela permet aux équipes de suivi de connaître précisément la position et l’orbite des satellites Jason à tout moment.

Photographie de l’itération de l’instrument LRA
Photographie de l’itération de l’instrument LRA qui se trouve à bord du satellite Jason-3 © NASA/HTSI

Dosimètre LPT

Ă€ bord des satellites Jason-2 et 3 se trouvent des exemplaires du dosimètre LPT (Light Particle Telescope), dĂ©veloppĂ© par la JAXA. Ses mesures viennent complĂ©ter les mesures de radiations fournies par l’instrument CARMEN, Ă©galement Ă  bord (CARMEN-2 pour Jason-2, CARMEN-3 pour Jason-3).

L’instrument LPT est composĂ© de deux sous-systèmes :

  • LPT-E (E pour Electrical) : Il est installĂ© Ă  l’intĂ©rieur du satellite. Il est chargĂ© de l’alimentation Ă©lectrique de l’instrument.
  • LPT-S (S pour Sensors) : Il est installĂ© Ă  l’extĂ©rieur du satellite et pointe vers le zĂ©nith (Ă  l’opposĂ© des autres instruments). Il est constituĂ© de 4 senseurs comptant chacun un type particulier de particules qui les frappent.


Les données observationnelles fournies par le LPT permettent de connaître l’environnement radiatif dans lequel évolue chaque satellite et ainsi de corriger les erreurs de mesures des autres instruments que ces radiations induisent sur elles.

Photographies des deux sous-systèmes LPT-E (à gauche) et LPT-S (à droite) de l’instrument LPT
Photographies des deux sous-systèmes LPT-E (à gauche) et LPT-S (à droite) de l’instrument LPT qui se trouve à bord du satellite Jason-3 © JAXA

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