Campagnes

Déroulé d’une campagne

Le CNES organise des campagnes « ballons Â» rĂ©gulières en France et Ă  l’étranger. Une mission impliquant un ballon stratosphĂ©rique est en effet moins coĂ»teuse et plus rapide Ă  mettre en Ĺ“uvre qu’une mission satellitaire. Reste que les campagnes de lâchers sont des opĂ©rations complexes qui s’étalent parfois sur plusieurs semaines.

Campagne ballon Stratéole 2 aux Seychelles
Les ballonniers du CNES lors du lâcher d’un ballon pressurisé de la campagne Stratéole-2 aux Seychelles en 2021 © CNES/SABLON Igor, 2021

Préparation

Les missions sous ballon prĂ©voient une ou plusieurs campagnes de plusieurs semaines, qui elles-mĂŞmes comprennent plusieurs vols. Ces campagnes se prĂ©parent pendant des mois. Car au-delĂ  des problĂ©matiques scientifiques et d’ingĂ©nierie, il s’agit de gĂ©rer la logistique : demandes d’autorisations auprès des pays qui seront survolĂ©s par les ballons, envoi et installation de dizaines de tonnes de matĂ©riel sur la base des lâchers… Pour les vols de courtes durĂ©es, c’est mĂŞme un vĂ©ritable centre de contrĂ´le, d’oĂą sont opĂ©rĂ©s les ballons, qui est installĂ© temporairement sur le site de lâcher.

 

Le vol, lâcher et suivi

Un vol commence par le lâcher, phase la plus délicate pour les volumineux ballons stratosphériques ouverts. Il s’agit en effet de mettre en position verticale un équipage de près de 300 m de long et pesant plusieurs tonnes, en évitant que l’enveloppe ou la nacelle ne subisse la moindre avarie. Plusieurs opérateurs, entraînés, sont nécessaires pour effectuer cette opération.

Ensuite, qu’ils soient lâchés pour quelques heures ou pour quelques mois, les ballons restent sous la surveillance continue d’opérateurs situés dans un centre de contrôle, au sol. Ils sont en communication permanente avec le véhicule, par liaison radio et via des constellations satellite, pour garantir les objectifs scientifiques de la mission, ainsi que pour assurer la sécurité et la sauvegarde des personnes et installations survolées. Ils connaissent la localisation du ballon en temps réel et peuvent la transmettre aux autorités aériennes lors de traversés de couloirs aériens.

Les opĂ©rateurs sont Ă©galement en charge de son pilotage. Car mĂŞme s’il est conçu pour dĂ©river dans les vents, le ballon doit parfois ĂŞtre « dirigĂ© Â», c’est-Ă -dire soit remontĂ©, soit descendu. Par exemple lors du passage du jour Ă  la nuit, quand la baisse des tempĂ©ratures fait perdre de l’altitude aux ballons ouverts. Pour modifier l’altitude du ballon, deux manĹ“uvres sont possibles :

  • Le dĂ©lestage, c’est-Ă -dire le largage de petites billes d’acier pour allĂ©ger le ballon et lui permettre de remonter.
  • Le dĂ©gazage d’une partie de l’hĂ©lium, via l’ouverture d’un petit clapet situĂ© en haut de l’enveloppe, qui permet de le faire descendre.

 

Séparation et récupération

Les Ă©quipes du CNES et de l’agence spatiale canadienne rĂ©cupèrent les diffĂ©rents systèmes du BSO Transat, qui a atterri sur l’Ile de Baffin au Canada : nacelle scientifique, nacelle de servitude et enveloppe.

Une fois la mission achevĂ©e, les ballonniers commandent le dĂ©crochage de la chaĂ®ne de vol. Elle redescend sur Terre sous un ou plusieurs parachutes, et atterrit Ă  environ 5 m/s, Ă  l’endroit voulu : une zone isolĂ©e pour des questions de sĂ©curitĂ©, mais Ă©galement facile d’accès pour pouvoir rĂ©cupĂ©rer les nacelles avec les instruments scientifiques et les diffĂ©rents Ă©quipements.

Ces éléments sont alors rapportés à la base de lâcher puis remis en configuration, réparés pour être réutilisés, parfois pour plusieurs vols dans la même campagne.

L’enveloppe, elle, est déchirée au moment du largage de la nacelle. Elle se vide et retombe au sol en chute libre, à une vitesse avoisinant les 20 m/s. Dans la plupart des cas, l’enveloppe est elle aussi récupérée, puis traitée dans des déchetteries agréées.

Récupération de la nacelle Transat
Les équipes du CNES et de l’agence spatiale canadienne récupèrent les différents systèmes du BSO Transat, qui a atterri sur l’Ile de Baffin au Canada : nacelle scientifique, nacelle de servitude et enveloppe © CNES/BRAY Nicolas, 2024

Les ballonniers du CNES sont parmi les seuls au monde (avec les ballonniers indiens) Ă  utiliser la technique du ballon auxiliaire pour le lâcher des BSO : ils utilisent un second ballon qui, dans les premiers instants du dĂ©collage, soulève lĂ©gèrement la nacelle du sol, Ă©vitant ainsi qu’elle ne s’abĂ®me. Le ballon auxiliaire est ensuite rapidement lâchĂ©, alors mĂŞme que l’enveloppe principale n’est pas Ă  la verticale de la nacelle. Une autre mĂ©thode est d’utiliser une grue pour maintenir la nacelle dĂ©collĂ©e du sol, et de la libĂ©rer lorsque le BSO est Ă  la verticale.

Lâcher des ballons et envol nacelle Transat
Le ballon auxiliaire (à gauche) est relié à la nacelle scientifique au moment du lâcher. Ce BSO est celui de la campagne TRANSAT, ici à la base d’Esrange à Kiruna en Suède © CNES/PRODIGIMA/GABORIAUD Romain, 2024

Les bases de lancement

Les lâchers de ballons se font depuis des bases dédiées.

En France métropolitaine, la base d’Aire-sur-l’Adour (Landes) accueille l’activité ballons du CNES depuis 1964. Depuis 2007 toutefois, l’urbanisation grandissante aux alentours de la base empêche le lancement des ballons dits lourds (emportant plus de 4 kg). Le CNES choisit alors de la consacrer à l’exploitation des ballons légers, pour des vols technologiques, des projets étudiants, mais surtout pour les recherches liées à l’étude de l’atmosphère (gaz à effet de serre, particules, vapeur d’eau…).

Une quarantaine de ballons légers y sont ainsi encore opérés chaque année, notamment dans le cadre du projet AirCore ou du projet Atmosfer (lâchers en 2024 et 2025).

La base d’Aire-sur l’Adour accueille également les équipes opérationnelles qui mettent au point les stratégies de lancement, et s’entraînent aux opérations de lâchers.

Pour les ballons lourds, le CNES utilise principalement trois bases :

  • La base de Timmins au Canada. Cette base a Ă©tĂ© créée dans les annĂ©es 2010, en collaboration avec l’agence spatiale canadienne, pour opĂ©rer des vols de BSO Ă  une latitude moyenne (Timmins est Ă  la mĂŞme latitude que Lille).
  • La base arctique d’Esrange Ă  Kiruna en Suède (partenariat avec l’agence spatiale suĂ©doise).
  • La base de Palmas de Tocantins au BrĂ©sil, qui sera opĂ©rationnelle Ă  partir de fin 2026, en partenariat avec l’agence spatiale brĂ©silienne.


Avec ces 3 sites, le CNES peut opĂ©rer Ă  diffĂ©rentes latitudes : 10° au sud de l’Équateur pour Palmas de Tocantins, 48° nord pour Timmins et 67° nord pour Kiruna. Cela signifie, pour les scientifiques, de pouvoir mener leurs expĂ©riences dans des milieux atmosphĂ©riques qui prĂ©sentent des caractĂ©ristiques diffĂ©rentes.

Chacun de ces sites bénéficie également d’un environnement favorable, entouré de vastes espaces peu habités mais accessibles, pour faciliter la récupération du matériel.

Le CNES a pu également utiliser la base d’Alice Spring, en Australie, pour le besoin de mission dans l’hémisphère Sud.

Les campagnes en cours

Objectifs

StratĂ©ole-2, portĂ© par la France (CNES, CNRS) avec la participation de chercheurs internationaux, est un programme d’observation de la dynamique de l’atmosphère au-dessus de l’équateur terrestre. Objectif : Ă©tudier les mĂ©canismes qui se jouent dans cette zone, autour de 20 km d’altitude. Les scientifiques manquent en effet de donnĂ©es sur cette rĂ©gion, difficile d’accès pour des observations depuis le sol ou satellitaires. Le programme repose sur l’utilisation de ballons pressurisĂ©s de 11 Ă  13 m de diamètre, capables de voler jusqu’à 3 mois Ă  cette altitude et de survoler toute la ceinture tropicale, portĂ©s par les vents.
 

Les campagnes 

Le programme StratĂ©ole-2 s’appuie sur trois campagnes de lâchers depuis les Seychelles (OcĂ©an Indien) : 

  • Pendant l’hiver 2019-2020, 8 ballons ont Ă©tĂ© lâchĂ©s. Cette campagne a fait office de validation.
  • D’octobre Ă  dĂ©cembre 2021, 17 BPS ont dĂ©rivĂ© Ă  19 km au-dessus des Tropiques pendant presque 2 annĂ©es cumulĂ©es.
  • Pendant l’hiver 2025-2026, 22 ballons doivent ĂŞtre lancĂ©s.
     

Au service de la mĂ©tĂ©orologie : certaines mesures (tempĂ©rature, pression, vent) ont Ă©tĂ© transmises en temps quasi-rĂ©el Ă  l’Organisation MĂ©tĂ©orologique Mondiale (OMM) pour optimiser les prĂ©visions mĂ©tĂ©orologiques sous les tropiques.

Au service du climat : les donnĂ©es rĂ©coltĂ©es pendant des mois par ces flottilles de ballons sont intĂ©grĂ©es dans les modèles climatiques, pour les affiner et soulever certaines incertitudes.

Les mesures précises - et fréquentes - des instruments embarqués ont aussi permis d’étudier les ondes atmosphériques (ondes mécaniques à très haute fréquence) qui forcent la dynamique de la stratosphère. Ainsi que les convections profondes, ces orages violents qui montent très haut, transperçant la tropopause jusqu’à la stratosphère.
 

Partenaires 

CNRS, MĂ©tĂ©o-France (France), NSF (agence de moyens), LASP,  NOAA,  NorthWest Research Associates, Scripps Institution of Oceanography (USA), NARL (Inde), UniversitĂ© d’AdĂ©laĂŻde (Australie), CNR-ISAC (Italie)
 

Liens utiles

Stratéole-2
 

Contact

Responsable mission Stratéole-2
Stéphanie VENEL
Courriel : stephanie.venel at cnes.fr

Objectifs

Depuis 2014, le CNES met en œuvre des campagnes régulières de BSO sur la base de Timmins (Ontario, Canada), pour adresser des projets scientifiques spécifiques. Très souvent, ceux-ci traitent de la chimie de l’atmosphère. Mais il peut aussi s’agir d’astronomie ou de démonstration technologique.
 

Les campagnes

Dans le cadre de la campagne Strato-Science 2025 par exemple, le CNES, en partenariat avec l’agence spatiale canadienne, a ainsi mis en Ĺ“uvre le lâcher de quatre BSO : 

  • Le vol AIRCORE emportant un Ă©chantillonneur atmosphĂ©rique haute rĂ©solution (voir AIRCORE ci-dessous).
  • Le vol CASOLBA rĂ©pondant Ă  2 objectifs principaux : l’étalonnage de cellules solaires (projet CASOLBA CNES/ESA) montĂ©es sur un plateau inclinable de plus d’1 m2 et la mesure du taux d’hydrogène dans la stratosphère et la mĂ©sosphère (projet OSAS-B de l’agence spatiale allemande, DLR).
  • Le vol BVEX, embarquant notamment un radiotĂ©lescope de 0,9 m de diamètre. Ce vol n’a toutefois pas pu atteindre l’altitude voulue.
  • Le vol Lowstrat, Ă©quipĂ© de diffĂ©rents instruments pour mesurer les aĂ©rosols et caractĂ©riser les nuages.
     
Contact

Chef de mission
Stéphane LOUVEL
Courriel : stephane.louvel at cnes.fr

Le plateau de cellules solaires CASOLBA intégré dans sa nacelle
Le plateau de cellules solaires CASOLBA intégré dans sa nacelle © Stéphane Louvel, CNES, 2025

Objectifs 

AIRCORE est un dispositif d’échantillonnage d’air embarqué sous ballon, qui, depuis 2014, réalise des profils verticaux des concentrations de gaz à effet de serre. Ces données permettent de mieux comprendre les échanges de ces gaz le long de la colonne d’air et d’évaluer les modèles informatiques de transport atmosphérique.

AIRCORE a Ă©tĂ© dĂ©veloppĂ© en 2013/2014 par le Laboratoire de MĂ©tĂ©orologie Dynamique sur une idĂ©e d’un scientifique amĂ©ricain (Peter Tans, NOAA) en deux versions : AIRCORE HR destinĂ© Ă  ĂŞtre larguĂ© depuis un BSO et une version lĂ©gère, AIRCORE light qui fonctionne avec un BLD.

En 2025, AIRCORE a aussi permis de calibrer les satellites MicroCarb et IASI-NG grâce à l’intercomparaison des mesures des 2 systèmes.
 

Les campagnes

L’instrument AIRCORE est transporté via un ballon stratosphérique jusqu’à 35 km d’altitude, puis lâché sous parachute. Lors de sa redescente, il se remplit d’air par différence de pression. Une fois au sol, il est récupéré le plus rapidement possible - avant que les gaz ne se mélangent sous l’effet de la diffusion moléculaire - et son contenu analysé en laboratoire.

Depuis 2019, des lâchers sont régulièrement opérés depuis trois sites en France, à Traisnou (45), Reims (51) et depuis la base du CNES à Aire sur Adour, à hauteur de un vol mensuel (deux par mois pendant la phase de calibration des satellites IASI-NG et MicroCarb).

Ce fonctionnement en réseau a valu à AIRCORE d’être labellisé par le CNRS, et d’intégrer l’infrastructure de recherche ICOS, dédiée à la mesure des flux et des concentrations en CO2, méthane et oxyde nitreux.

Les données sont distribuées via la base AERIS.
 

Liens utiles

ICOS

AIRCORE
 

Contacts

PI, Laboratoire de MĂ©tĂ©orologie Dynamique/IPSL, CNRS
Cyril CREVOISIER
Courriel : cyril.crevoisier at lmd.ipsl.fr

Responsable du centre de lancement de ballons d’Aire-sur-l’Adour
Laurent TESSARIOL
Courriel : laurent.tessariol at cnes.fr

Lâcher par un BLD d’un dispositif d’échantillonnage d’air AIRCORE dans sa version légère
Lâcher par un BLD d’un dispositif d’échantillonnage d’air AIRCORE dans sa version légère © CNES/PRODIGIMA/GABORIAUD Romain, 2021

Les campagnes historiques

Objectif

EUSO Ballon (pour Extreme Universe Space Observatory) est une mission exploratoire, dont l’objectif est de valider la technique de la fluorescence pour dĂ©tecter les gerbes de particules gĂ©nĂ©rĂ©es par les rayons cosmiques de très haute Ă©nergie, Ă  leur arrivĂ©e sur Terre. Elle vise aussi Ă  explorer la technique de dĂ©tection de gerbes de neutrinos montantes issues du limbe terrestre et de rayons cosmiques quasi horizontaux, par la dĂ©tection de rayonnement Cherenkov.
 

Les campagnes

Un prototype d’instrument optique a ainsi été testé sous ballons, lors de trois vols.

Le 1er s’est dĂ©roulĂ© en aoĂ»t 2014 depuis la base de Timmins, au Canada. Le tĂ©lescope, embarquĂ© sous un BSO de 400 000 m3, a Ă©voluĂ© toute une nuit Ă  une altitude de 38 km. L’instrument a observĂ© la lumière UV provenant notamment de gerbes atmosphĂ©riques, simulĂ©es par des flashers et un laser embarquĂ©s dans un hĂ©licoptère volant sous le BSO.

Les 2e et 3e lâchers (EUSO-SBP et EUSO-SBP2) ont Ă©tĂ© effectuĂ©s depuis Wanaka en Nouvelle-ZĂ©lande, en 2017, non plus avec un BSO mais avec un ballon ULDB (Ultra Long Duration Balloon), aussi appelĂ© SPB (Super Pressure Balloon), dĂ©veloppĂ© par la NASA.

Lors du dernier vol, les modules de photo-dĂ©tection du tĂ©lescope Ă  fluorescence ont montrĂ© des performances conformes aux attentes, et une efficacitĂ© de dĂ©tection jamais rĂ©alisĂ©e auparavant, supĂ©rieure Ă  30 % en mode de comptage de photons uniques. Mais le vol, qui devait durer 100 jours, s’est achevĂ© dès la seconde nuit (fuite d’hĂ©lium).

Un nouveau lancer (EUSO-SPB3) est en cours de réflexion.
 

Organisation

EUSO-Ballon a Ă©tĂ© financĂ©e par le CNES, en collaboration avec plusieurs laboratoires français et Ă©trangers. Le CNES qui a Ă©galement conçu en partie la nacelle Ă©tanche fixĂ©e sous le BSO.
 

Partenaires

CNRS (France), Université de Tübingen (Allemagne), INFN (Italie), UNAM (Mexique), Universités d’Alcala et de Madrid (Espagne), Institut Riken (Japon), Université de Chicago (USA), NCNR (Pologne), NASA
 

Contact 

Responsable Thématique Astronomie, Astrophysique du CNES
Philippe LAUDET
Courriel : philippe.laudet at cnes.fr

La nacelle EUSO Ballon récupérée et hélitreuillée
La nacelle EUSO Ballon récupérée et hélitreuillée pour être ramenée à la base de lancement de Timmins (Canada) © CNES/, 2014

Objectif

PILOT (Instrument PolarisĂ© pour l’observation Ă  grande Longueur d’Onde du milieu interstellaire TĂ©nu) est une mission scientifique d’astrophysique, menĂ©e par le CNES et l'IRAP entre 2015 et 2017.

Objectif : mesurer l'Ă©mission polarisĂ©e submillimĂ©trique des poussières interstellaires grâce Ă  un tĂ©lescope placĂ© entre 30 et 40 km d’altitude sous un ballon. Le rayonnement observĂ© (240 microns de longueur d’onde) n’atteint en effet pas la surface terrestre, bloquĂ© par les nuages.
 

Les campagnes

Trois campagnes d’observation ont eu lieu : en 2015 et 2019 Ă  Timmins au Canada pour observer les rĂ©gions du ciel visibles depuis l’hĂ©misphère nord, et en 2018 Ă  Alice Springs en Australie, qui prĂ©sente un ciel diffĂ©rent. Ce vol a atteint 40 km d’altitude et a durĂ© plus de 33 heures.

Le télescope de 520 kg a été embarqué sous un ballon stratosphérique ouvert de 800 000 m3.
 

Résultats

La mission a permis de mesurer l’intensitĂ© et la polarisation du rayonnement des minuscules grains prĂ©sents dans le milieu interstellaire galactique, et leurs propriĂ©tĂ©s magnĂ©tiques – ces particules s’orientant naturellement selon les lignes du champ magnĂ©tique de la galaxie. PILOT a ainsi notamment permis de rĂ©aliser des cartes du champ magnĂ©tique de notre galaxie.
 

Organisation

Le CNES a assuré le financement, la maîtrise d'ouvrage ainsi que le développement de la nacelle. L’IRAP est responsable du développement de l’instrument, avec le support du CNES.

Autres partenaires : CNRS, CEA, La Sapienza de l'UniversitĂ© de Rome (Italie), UniversitĂ© de Cardiff (Pays de Galles)
 

Liens utiles

Instrument scientifique PILOT de L'IRAP
 

Contacts

Responsable Thématique Astronomie, Astrophysique du CNES
Philippe LAUDET
Courriel : philippe.laudet at cnes.fr

La nacelle PILOT Ă  Alice Springs
La nacelle PILOT en préparation à la base de lancement de ballons d’Alice Springs © CNES/OMP/IRAP/UT3/CNRS/Sébastien CHASTANET, 2017

Objectif

Le projet franco-américain CONCORDIAS-2010 vise à mieux comprendre le climat de l’Antarctique, région particulièrement sensible au dérèglement climatique, et notamment la diminution hivernale de la couche d’ozone stratosphérique polaire.
 

Les campagnes

18 ballons stratosphĂ©riques de longue durĂ©e ont Ă©tĂ© lâchĂ©s depuis la base amĂ©ricaine de Mac Murdo, en septembre et octobre 2010. Ils ont survolĂ© l’Antarctique pendant plusieurs semaines voire mois, Ă  une altitude constante de 20 km. Ă€ bord de leur nacelle : plusieurs capteurs dĂ©veloppĂ©s spĂ©cifiquement pour l’analyse en continu de la concentration en ozone ou des mĂ©canismes de formation des nuages dans la stratosphère.

De plus, de petites sondes (dropsondes) embarquées et lâchées à des moments précis ont recueilli des données sur les vents et l’humidité, tout au long de leur descente sous parachute. Les mesures de ces sondes ont par ailleurs été comparées, pour validation des traitements, à celles prises aux mêmes moments par l’instrument IASI développé par le CNES et embarqué, lui, sur un satellite.
 

Liens utiles

LMD polytechnique

Objectif 

FIREBall (Faint Intergalactic Redshifted Emission Balloon) est une expérience franco-américaine conçue pour détecter la très faible émission de la matière intergalactique, à l’aide d’un télescope (1m d’ouverture) et d’un spectrographe d’absorption dans l’ultraviolet.
 

Les campagnes

Les instruments ont Ă©tĂ© embarquĂ©s sous BSO lors de quatre vols en 2007, 2009, 2018 et 2023 (au Texas et au Nouveau-Mexique, USA). D’importantes modifications ont Ă©tĂ© apportĂ©es Ă  la nacelle et Ă  l’instrument, Ă  la suite des deux premiers lâchers, pour amĂ©liorer la sensibilitĂ© du dispositif. La matière intergalactique, du gaz principalement, Ă©tant extrĂŞmement peu dense.
 

Organisation

Le projet FIREBall est pilotĂ© par le CALTECH (California Institute of Technology, UniversitĂ© privĂ©e amĂ©ricaine), les vols Ă©tant quant Ă  eux assurĂ©s par la NASA. Les partenaires français sont le Laboratoire d’Astrophysique de Marseille, qui possède une grande expertise dans le domaine de l’astronomie UV sous ballon, et le CNES, expert dans le domaine des nacelles pointĂ©es.

L’équipe CNES est responsable de la fourniture de la nacelle pointée, et le LAM, du spectrographe complet.
 

Liens utiles

TechPort
 

Contacts

Chef de projet, CNES
Nicolas BRAY
Courriel : nicolas.bray at cnes.fr

Responsable de la thématique Sciences de l’Univers
Olivier LAMARLE
Courriel : olivier.lamarle at cnes.fr

Le saviez-vous ?

Un trou de moins d’un millimètre sur un ballon Stratéole-2 diminue la durée de vol d’un mois.