Les stations orbitales

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Modifié le 08 décembre 2025

Illustration de la future station internationale Gateway
Vue d’artiste de la future station internationale Gateway qui orbitera autour de la Lune © NASA

La Station spatiale internationale est certainement la plus célèbre des stations orbitales, mais elle n’est pas la seule. Leur développement accompagne l’exploration spatiale humaine, depuis l’orbite terrestre jusqu’à la Lune.

Une station spatiale, pour quoi faire ?

Une station spatiale, ou orbitale, est une installation en orbite autour d’un astre, la Terre jusqu’à présent. Elle est conçue pour être habitée durablement par des astronautes. Une station est un moyen pour l’humain d’accéder à l’espace, et de s’y installer.

Aujourd’hui deux stations spatiales sont en activitĂ© autour de notre planète :

  • La Station spatiale internationale (ISS), habitĂ©e depuis 1998.
  • La station chinoise Tiangong, dont l’assemblage s’est achevĂ©e en 2022 et qui pourrait ĂŞtre agrandie dans les annĂ©es Ă  venir.
Photo réelle de deux astronautes pendant une sortie extravéhiculaire à l'extérieur de l'ISS
Photo réelle de deux astronautes pendant une sortie extravéhiculaire à l'extérieur de l'ISS © NASA

Objectif n°1 : faire de la science spatiale ! 

L’humain, pour explorer l’espace, que ce soit l’orbite terrestre, la Lune ou Mars, doit accumuler les connaissances sur ces milieux. Les stations spatiales servent ainsi à mener des expériences dans des conditions que l’on ne retrouve pas sur Terre, notamment quand les effets de la gravité ne se font plus sentir. Eh oui, le rôle principal d’un astronaute dans l’ISS aujourd’hui est de mener des expériences en physique, en mécanique, en biologie, en physiologie… Beaucoup d’études s’intéressent aux conséquences de l’espace sur le corps et sur le cerveau humains.

Les stations sont aussi des plateforme logistiques, dans le cadre d’explorations plus lointaines, comme le sera prochainement la Lunar Gateway, la future station en orbite autour de la Lune. Elle servira notamment de relais pour les cargos et les humains, pour les télécommunications entre la Lune et la Terre. Et peut-être même, dans un second temps, de station-service pour les cargos et les atterrisseurs.

Aujourd’hui, avec les progrès dans les domaines de l’intelligence artificielle et de la robotique, certains pays envisagent des stations orbitales entièrement robotisĂ©es, oĂą les expĂ©riences pourraient ĂŞtre automatisĂ©es et/ou tĂ©lĂ©commandĂ©es depuis la Terre. Mais la mise en Ĺ“uvre de telles technologies reste encore très complexe. Et cela priverait la science spatiale d’un de ses sujets de recherche les plus prĂ©cieux : l’humain ! 

La Station spatiale internationale

L’ISS est la plus grande station en activitĂ© : 110 m de long, 75 m de large, et un espace habitable pour les astronautes de 400 m3 (un peu moins de deux piscines olympiques). 2500 m2 de panneaux solaires fournissent l’électricitĂ©. Il faut imaginer un Ă©norme lego de plus de 400 tonnes, constituĂ© de dizaines de modules dont l’assemblage a durĂ© 13 ans, entre 1998 et 2011. Le coĂ»t de sa construction est estimĂ© Ă  150 milliards d’euros.

L’ISS prise en photo par Thomas Pesquet
L’ISS prise en photo par Thomas Pesquet, depuis le vaisseau Crew Dragon (2021) © Thomas Pesquet
  • 360-400 km

    Altitude

  • 27 600 km/h

    Vitesse

  • 90 min

    Temps nécessaire pour réaliser un tour de la Terre

  • 16

    Nombre de levers et couchers de soleil par jour

Un laboratoire unique au monde

L’ISS est avant tout un laboratoire oĂą sont rĂ©alisĂ©es des expĂ©riences en micropesanteur. On y Ă©tudie le comportement des fluides ou de nouveaux matĂ©riaux. Et bien-sĂ»r, les effets de l’absence de pesanteur sur le corps humain. Les astronautes Ă  bord se prĂŞtent Ă  des Ă©tudes physiologiques, sur leurs muscles, leur vision, leur squelette… Ces donnĂ©es servent Ă  la fois la mĂ©decine terrestre et Ă  la prĂ©paration des futures missions habitĂ©es, sur la Lune notamment.

Expérience Pilote à bord de l'ISS
Lors de ses missions Proxima (2016) et Alpha (2021), Thomas Pesquet a réalisé une centaine d’expériences dont 19 pour le CNES. Ici, l’expérience de neuroscience Pilote © ESA/NASA/T.Pesquet, 2021

Un exemple de coopération internationale

La Station spatiale internationale est cogĂ©rĂ©e par les agences spatiales amĂ©ricaine, russe, europĂ©enne, canadienne et japonaise. Ce sont 15 pays (11 pays en Europe + les 4 prĂ©cĂ©dents) qui financent son dĂ©veloppement. Pas tous Ă  la mĂŞme hauteur toutefois. Les plus gros investisseurs sont la NASA et la Russie. L’Europe participe, elle, Ă  8,3% de sonf financement. L’ISS est occupĂ©e en permanence par 6 ou 7 astronautes de diverses nationalitĂ©s. Durant leur sĂ©jour, ils rĂ©alisent des expĂ©riences scientifiques et techniques et entretiennent la station. 

Attention aux idées reçues !

A 400 km d’altitude, la force d'attraction gravitationnelle de la Terre est quasiment la mĂŞme qu’à sa surface (90%). Si les astronautes « volent Â» dans l'ISS, c’est dĂ» au fait que dans la station, en orbite, les effets de la gravitĂ© sont annulĂ©s, compensĂ©s par la force centrifuge engendrĂ©e par la rotation de l’ISS autour de la Terre Ă  28 000 km/h. On parle de micropesanteur, d'apesanteur ou encore d'impesanteur. Les occupants y sont comme en chute libre permanente.

L’après ISS ?

L’ISS va être exploitée a minima jusqu’à 2030. Certains modules pourraient être ensuite utilisés par des sociétés privées, mais l’ensemble sera désassemblé et désorbité en grande partie. Pour autant, la fin de l’ISS ne signifie pas la fin de la présence de l’humain en orbite basse, accessible désormais au secteur privé. Des entreprises vendent ainsi des séjours dans l’ISS – et bientôt dans d’autres stations – aux agences spatiales, à des structures de recherche scientifique ou technologique. Voire à de très (très) riches touristes.

Par exemple, Airbus et l’entreprise américaine Voyager Space travaillent sur une petite station, le projet StarLab, qui pourrait accueillir des scientifiques, des astronautes... Car oui, l’orbite basse intéressera toujours les chercheur(euses) pour étudier les effets de la micropesanteur sur le corps humain, sur le long terme.

Les « ancêtres » : Saliout, Skylab et Mir

Saliout 1, la première station de l’histoire, est lancĂ©e par les SoviĂ©tiques en 1971. Elle permet d’accueillir 3 cosmonautes, dans 100 m3 habitable (contre 400 mpour l’ISS), dans un unique module tout en longueur. Elle sera suivie par 8 autres exemplaires. La dernière, Saliout 7, lancĂ©e en 1982, a Ă©tĂ© exploitĂ©e jusqu’en 1986. Elle restera en orbite jusque sa rentrĂ©e dans l’atmosphère en 1991. 

Station spatiale russe Mir
La station russe MIR en 1997, alors totalement assemblée © NASA

Le premier astronaute français

Le premier séjour d’un astronaute français dans l’espace a eu lieu dans une station Saliout. C’était Jean-Loup Chrétien, en 1982.

La première station spatiale amĂ©ricaine est, elle, mise en orbite en 1973 : Skylab, le « laboratoire du ciel Â». Elle est construite Ă  partir du troisième Ă©tage de la fusĂ©e amĂ©ricaine Saturn V, auquel ont Ă©tĂ© ajoutĂ©s des panneaux solaires. Elle sera occupĂ©e par 3 fois, lors de sĂ©jours de un Ă  quasiment trois mois. Skylab s’est dĂ©truite lors de sa rentrĂ©e dans l’atmosphère en 1979.

Puis en 1986, l’URSS change de catĂ©gorie avec la station MIR, la première station orbitale formĂ©e de plusieurs modules, 7 au total. MIR est exploitĂ©e pendant 15 ans, jusqu’en 2001. Les Ă©tudes qui y sont menĂ©es portent, entre autres, sur l’observation de la Terre et la mĂ©tĂ©orologie. MIR est aussi vue aujourd’hui comme un symbole de la fin de la Guerre Froide entre les USA et l’URSS. 11 amĂ©ricains y sĂ©journeront entre 1995 et 1998. Sans compter plusieurs europĂ©ens dont 5 Français : Jean-Loup ChrĂ©tien en 1988, Michel Tognini en 1992, Jean-Pierre HaignerĂ© l’annĂ©e suivante, Claudie HaignerĂ© en 1996 et LĂ©opold Eyharts en 1998.

Les stations, stars de cinéma

2001, L'OdyssĂ©e de l’Espace (1968), Contact (1997), Gravity (2013), Ad Astra (2019) ou encore I.S.S (2024) : les stations spatiales, rĂ©elles ou imaginĂ©es, servent souvent de cadre aux films de science-fiction. Il s’agit bien sĂ»r de dĂ©cors… mais pas toujours ! Le film russe The Challenge (2021) a Ă©tĂ© tournĂ© en partie dans l’ISS, la vraie, louĂ©e pour l’occasion. Et Tom Cruise projetterait lui aussi d’y tourner quelques scènes d’un prochain long-mĂ©trage… 

Gateway, station avec vue sur mers… lunaires

La Lunar Gateway (« la Gateway Â» pour les intimes) sera bientĂ´t (peut-ĂŞtre) la première station en orbite autour de la Lune. Elle est dĂ©veloppĂ©e par la NASA dans le cadre du programme Artemis, en coopĂ©ration avec d’autres agences spatiales : europĂ©enne (ESA), canadienne, japonaise et Ă©miratie. L’ESA, fortement impliquĂ©e, et avec le support de l’industrie europĂ©enne (française et italienne principalement), fournira 2 des 4 modules : le module International Habitation (I-HAB) et le module Esprit, qui servira principalement de rĂ©servoir de carburant.

Illustration de la station spatiale Gateway
La Gateway servira de base pour préparer les expériences menées à la surface de la Lune. Elle offrira également un point de vue exceptionnel sur l’Univers © NASA /Alberto Bertolin, Bradley Reynolds

Une petite station et une grande orbite

La Lunar Gateway, composĂ©e de 4 modules, sera environ 10 fois plus petite que l’ISS. Elle Ă©voluera autour de la Lune, non pas sur une orbite circulaire, mais sur une orbite dite « de halo Â», c’est-Ă -dire très allongĂ©e, très Ă©tirĂ©e et oĂą la Lune ne se trouve pas « au milieu Â». Ainsi, elle survolera le pĂ´le nord lunaire Ă  environ 3 000 km d’altitude, contre 70 000 km pour le pĂ´le sud ! La raison principale : elle sera visible en permanence de la Terre, donc sans coupure de communication. De plus, elle survolera plus longtemps le pĂ´le sud, une zone oĂą l’on envisage d’implanter une base lunaire car on y trouve de l’eau sous forme de glace.
 

Une station lunaire, pour quoi faire ?

La Gateway ne sera occupĂ©e qu’un mois par an environ. Elle servira de relais entre la Terre et la Lune, les Ă©quipages se rendant d’abord sur la station, avant de rejoindre le sol lunaire Ă  bord d’un atterrisseur. Elle assurera aussi des fonctions « logistiques Â», comme relais pour les cargos, les humains, les tĂ©lĂ©communications avec la Terre. Et plus tard, pourquoi pas comme station-service pour les cargos et les atterrisseurs !

A 400 000 km de la Terre, elle servira Ă©galement de laboratoire, oĂą pourront ĂŞtre menĂ©es des expĂ©riences dans des conditions environnementales diffĂ©rentes de l’orbite terrestre. En effet, la Lune, loin du champ magnĂ©tique terrestre, sans atmosphère, n’est pas protĂ©gĂ©e des rayonnements du Soleil et des radiations de l’Univers. Des conditions idĂ©ales pour prĂ©parer le retour de l’humain sur la Lune, voire vers Mars. 

Quizz

Saliout signifie en russe feux d’artifice. Mais savez-vous ce que veut dire le mot MIR ?

Plusieurs réponses possibles

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