Les étoiles filantes

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Modifié le 08 décembre 2025

Aurores polaires et étoile filante
Aurores polaires et étoile filante sur la base de lancement d’Esrange, en Suède © N. Melville CC BY-NC-SA 2.0

Les Ă©toiles filantes nous Ă©merveillent depuis des millĂ©naires, filant comme des bolides dans le ciel. Mais de quoi s’agit-il rĂ©ellement ? Petit guide pour briller devant vos proches lors de la prochaine observation nocturne ! 

Grains supersoniques

Le terme « Ă©toile filante Â» est le nom populaire de ce phĂ©nomène moins romantiquement appelĂ© mĂ©tĂ©ore. Il ne s’agit pas d’étoiles mais des traĂ®nĂ©es lumineuses laissĂ©es par des poussières ou des petits cailloux (de la taille d’un grain de sable). En revanche, on peut assurĂ©ment dire que ces particules sont filantes : elles voyagent Ă  environ 30 kilomètres par seconde. Elles mettraient moins d'une seconde pour traverser Paris ! Ainsi, lorsqu’elles atteignent l’atmosphère de la Terre, elles s’échauffent Ă  cause du frottement des molĂ©cules de l’air. Cela gĂ©nère un gaz très chaud et lumineux qu’on appelle plasma. C’est ce plasma qui laisse une trainĂ©e lumineuse visible dans le ciel, appelĂ©e donc mĂ©tĂ©ore ou Ă©toile filante.

Les plus petits grains disparaissent très rapidement, vers 80 km d’altitude. Les plus gros en revanche, de la taille d’une noisette, ne sont pas totalement dĂ©truits lors de la traversĂ©e de l’atmosphère. Ils peuvent atteindre la surface. Ils prennent alors le nom de mĂ©tĂ©orites. Selon les scientifiques, il en tombe chaque annĂ©e 5 200 tonnes (l’équivalent de près de 300 conteneurs maritimes).  

Le saviez-vous ?

« Bolide Â» est le nom donnĂ© aux mĂ©tĂ©ores très brillants (plus que la planète VĂ©nus). Quant aux grains et poussières, on les appelle parfois des mĂ©tĂ©oroĂŻdes, nom gĂ©nĂ©rique donnĂ© aux petits corps du Système solaire, qui font quelques millimètres voire quelques fractions de millimètres.

Poussières de comètes

Mais d’oĂą proviennent ces petits corps ? Il s’agit en fait de rĂ©sidus de comètes. En effet, une comète, constituĂ©e de roches et de glaces, perd une partie de sa matière, sous forme de poussières, lorsque la chaleur du Soleil transforme ses glaces en gaz. Ce sont ces poussières Ă©jectĂ©es du noyau de la comète qui deviennent des Ă©toiles filantes, lorsqu’elles se retrouvent dans notre atmosphère.

Les poussières relâchĂ©es par une comète restent pour la plupart le long de son orbite. Si celle-ci croise l’orbite de la Terre, cela provoque une vĂ©ritable pluie d’étoiles filantes (ou essaim) dans notre ciel. 

Ainsi, la Terre croise et recroise ces traĂ®nĂ©es de poussières laissĂ©es par les comètes, alors que la planète se trouve au mĂŞme endroit dans sa boucle autour du Soleil. Soit au mĂŞme moment de l’annĂ©e. C’est pourquoi certaines pluies d’étoiles filantes se produisent chaque annĂ©e Ă  peu près Ă  la mĂŞme pĂ©riode. Les PersĂ©ides par exemples, qui sont les poussières de la comète Swift-Tuttle, croisent la trajectoire de la Terre tous les ans, autour du 11 aoĂ»t. 

Pluie de météores dans le désert chilien
Une pluie d’étoiles filantes baptisée Eta Aquarides capturée depuis le Chili début mai. Les 2 points très lumineux les plus bas sont les planètes Vénus (en bas) et Jupiter © ESO/P. Horalek

Le saviez-vous ?

Lors d’une pluie de mĂ©tĂ©oroĂŻdes, ceux-ci suivent tous la mĂŞme trajectoire, celle de l’orbite de la comète dont ils sont issus. Ils semblent donc tous venir d’un mĂŞme point dans le ciel, le radiant. C’est ce qui donne son nom Ă  l’essaim : depuis l’hĂ©misphère nord par exemple, les PersĂ©ides semblent provenir d’un point situĂ© dans la constellation de PersĂ©e ! Autre exemple : l’essaim des GĂ©minides semblant sortir de la constellation des GĂ©meaux.

Petit guide de l’observateur

Pour observer des Ă©toiles filantes, mieux vaut attendre la pluie ! Une pluie d’étoiles filantes ! 

En France, chaque annĂ©e, les PersĂ©ides sont l’occasion idĂ©ale : cet essaim est riche en mĂ©tĂ©oroĂŻdes (ce qui signifie donc potentiellement plus d’étoiles filantes Ă  apercevoir) et se produit au mois d’aoĂ»t, quand les nuits sont plus longues et les tempĂ©ratures plus clĂ©mentes. Et que l’on peut se coucher tard car ce sont les vacances !

Mais des pluies d’étoiles filantes, il y en a toute l’annĂ©e. On en compte plusieurs dizaines : les LĂ©onides (poussières de la comète Tempel-Tuttle) en novembre, les Orionides en octobre (dĂ©bris de la comète de Halley), ou encore les Lyrides en avril (associĂ©s Ă  la comète C/1861 G1 Thatcher).

Ensuite, pour apercevoir une Ă©toile filante, il faut essayer de ne pas quitter le ciel des yeux : elle traverse le ciel tellement vite qu’il suffit de dĂ©tourner le regard une seconde pour la manquer ! Patience et persĂ©vĂ©rance ! 

 

Un vœu très ancien

Les Ă©toiles filantes sont des phĂ©nomènes lumineux naturels. Elles nourrissent pourtant mythes et croyances depuis toujours. Quelques exemples :

  • Dans la mythologique grecque, la pluie d’étoiles filantes des PersĂ©ides aurait Ă©tĂ© créée par les Dieux pour honorer le hĂ©ros PersĂ©e.
  • Alors que dans la religion catholique, cet essaim qui croise l’orbite terrestre en aoĂ»t est associĂ© Ă  la mort de Saint-Laurent, exĂ©cutĂ© le 10 aoĂ»t 250 après J.C. Les mĂ©tĂ©ores seraient ses « larmes Â».
  • Dans la mythologie nordique, les Ă©toiles filantes reprĂ©sentent l’âme des guerriers morts au combat.
  • En France, selon la tradition, un vĹ“u formulĂ© après une Ă©toile filante a toutes les chances d’être exaucĂ© ! Cette lĂ©gende proviendrait des Grecs anciens : ils pensaient que les Dieux provoquaient les mĂ©tĂ©ores lorsqu’ils se penchaient vers la Terre. C’était le signe qu’ils Ă©taient Ă  l’écoute des humains, donc le moment idĂ©al pour faire un vĹ“u !
Un météore filant dans le ciel
Un météore filant dans le ciel étasunien lors des Perséides 2021 © NASA / Bill Ingalls

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Quizz

Les pluies d’étoiles filantes ont leur Ă©chelle ! Les scientifiques mesurent l’intensitĂ© d’un essaim, c’est-Ă -dire sa richesse en mĂ©tĂ©ores, Ă  l’aide d’un chiffre : le ZHR (Zenithal Hourly Rate ou Taux Horaire ZĂ©nithal -THZ). Il donne le nombre maximal d’étoiles filantes qu’un observateur pourrait voir en une heure, passant juste au-dessus de sa tĂŞte, et sous un ciel totalement transparent.

Quel est le ZHR des Perséides, visibles au mois d’août ?

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