Theia, les surfaces continentales à portée de clic

Cartographie de la forêt bolivienne par le satellite Biomass
La forêt bolivienne imagée par Biomass. Ce satellite cartographie les forêts afin d’estimer les quantités de carbone qui y sont stockées © ESA

Theia est le pôle de données liées aux surfaces continentales. Sa mission est de faciliter l’accès aux données environnementales et de fédérer à l’échelle nationale les expertises scientifiques dans ce domaine. Le but est d’améliorer nos connaissances et ainsi soutenir le développement d’applications, issues de la recherche, utiles aux politiques publiques pour gérer durablement leurs territoires.

Les surfaces continentales (en opposition aux océans) sont des zones très hétérogènes qui peuvent être abordées via cinq grands domaines d’expertise : 

  • La cryosphère (neige et glaciers)
  • La végétation, les forêts, les sols et les agrosystèmes
  • Les eaux continentales
  • L’occupation des terres (espaces urbains, forestiers, littoraux, semi-naturels, et occupation des sols)
  • L’imagerie et la radiométrie : élaboration de méthodes innovantes pour traiter les données de télédétection


Theia se structure ainsi autour de cinq consortiums d’expertises scientifiques (voir onglet - Organisation).

Theia poursuit quatre objectifs : 

  • Développer et promouvoir l’utilisation des données liées aux surfaces continentales par toutes les communautés (scientifiques, académiques et acteurs publics)
  • Développer des produits à valeur ajoutée et des services de traitement innovants
  • Animer et fédérer un réseau d’acteurs engagés dans le suivi et la gestion des enjeux environnementaux aux échelles locale et globale
  • Participer à la formation scientifique, méthodologique et technique des communautés


Les moyens de production des jeux de données collectées par le pôle Theia sont nombreux et divers : satellites, drones, avions, campagnes de terrain, donnant lieu à des types de données variées : images optiques, interférogrammes, courbes de températures, images radar, données lidar…

Theia est une composante de l’Infrastructure de recherche Data Terra.

Trishna, SWOT et les autres

Les satellites apportent une contribution essentielle dans la mesure et l’observation des surfaces continentales. On peut citer le satellite franco-américain SWOT qui mesure depuis 2022 les niveaux des lacs et des rivières, le satellite européen Biomass qui cartographie les forêts tropicales et équatoriales, ou encore le satellite franco-indien Trishna embarquant un imageur thermique. Ce dernier visualisera la température des surfaces continentales avec une précision de 0,3 °C. Des données qui rejoindront à leur tour le portail Theia.

Vue d'artiste du satellite Trishna en orbite autour de la Terre
Le satellite franco-indien Trishna a pour but d'observer dans le domaine thermique toutes les surfaces continentales : parcelles agricoles, prairies, forêts, milieux urbains… © CNES/ill./REGY Michel, 2021

Organisation

Theia a été créé fin 2012 par un ensemble d’établissements publics français impliqués dans l’observation de la Terre et les sciences de l’environnement. Ils sont aujourd’hui dix, engagés dans une convention, renouvelée tous les 5 ans : le CNES, Météo France, l’Onera, l’IRD, la Cirad, le CNRS, l’Inrae, le CEA, l’IGN et le Cerema.

Theia se structure ainsi autour de cinq consortiums d’expertise scientifiques, répondant aux cinq grands domaines concernés par l’étude des surfaces continentales. Différentes spécialités se distinguent au sein de chacun des consortiums. Par exemple, le consortium imagerie et radiométrie réunit des experts en réflectance de surface, en température de surface et en imagerie 3D. 

Le pôle se structure également autour d’un réseau d’animation régionale thématique (ART) pour soutenir les échanges entre les scientifiques et les utilisateurs, et d’un réseau de quatre centres de données d’observation et de services (CDOS), à Toulouse, Montpellier, Marseille et Grenoble. Ces CDOS fournissent des prestations techniques et des services mutualisés (amélioration des images optiques avec détection des nuages et correction atmosphérique, archivage sur le long terme…), pour que les utilisateurs puissent se les approprier et les exploiter au mieux.

La gouvernance du pôle est assurée par trois instances : un bureau exécutif (15 membres), un comité directeur composé de représentants de chacune des institutions signataires et un conseil scientifique (une vingtaine de membres) qui représente les grands domaines d’expertise.

Chiffres clés

  • 5

    consortiums d’expertises scientifiques

  • 4

    centres de données

Contact

  • Isabelle Solheilhavoup

    Cheffe de projet CNES pour le pôle Theia

Actualités du projet