MERLIN en détails

Contexte

Le projet Merlin est nĂ© de la volontĂ© commune franco-allemande de dĂ©velopper un satellite innovant dĂ©diĂ© au climat et Ă  la surveillance des gaz Ă  effet de serre. Cette mission a pour objectif la mesure et la restitution des flux de mĂ©thane (CH4) contenus dans l'atmosphère, Ă  l'Ă©chelle planĂ©taire.

Le méthane (CH4) est le deuxième gaz à effet de serre après le dioxyde de carbone (CO2). Les principales sources anthropiques de CH4 sont les émissions provenant de la production d’énergie, les décharges, le traitement des déchets, les bovins, les rizières, et la combustion incomplète de la biomasse. Il existe également d’importantes sources naturelles de CH4 provenant des zones humides notamment. Ainsi, ce gaz contribue de façon significative au réchauffement du climat de la Terre.

La compréhension du cycle du méthane est encore très largement imparfaite, y compris à l’échelle planétaire en ce qui concerne la quantification des différents types d’émissions. L’objectif de Merlin est d’améliorer cette situation en apportant des données de méthane sur toute la Terre.

La mission Merlin se base sur un petit satellite qui mesurera les colonnes de mĂ©thane atmosphĂ©rique Ă  l'Ă©chelle mondiale. La composante spatiale de la mission est constituĂ©e d'une nouvelle plateforme de la sĂ©rie Myriade Evolutions pour des satellites de 400 kg, dĂ©veloppĂ©e sous le contrĂ´le du CNES, et du premier Lidar (Light Detecting And Ranging) IPDA (Integrated Path Differential Absorption) dĂ©veloppĂ© sous la responsabilitĂ© de l’agence spatiale allemande (DLR). 

Objectifs

  • AmĂ©liorer le calcul des flux de mĂ©thane

  • Couvrir toute la surface du globe

  • Surveiller des zones sensibles comme la fonte du pergĂ©lisol en Arctique ou les gisements d’hydrates de mĂ©thane sur les plateaux continentaux ocĂ©aniques

Le principal objectif scientifique est de fournir des données essentielles à l’amélioration significative des calculs de flux de méthane (CH4).

Aujourd’hui, l’estimation des émissions de méthane peut se faire soit par des mesures directes de flux et des inventaires d’émissions (approche montante), soit par l’inversion d’observations atmosphériques de méthane à l’aide d’un modèle de chimie-transport (approche descendante). Cette seconde approche s’appuie sur les réseaux d’observations de surface (très précises mais inégalement réparties) et sur les reconstructions existantes de colonnes de méthane par télédétection spatiale passive.

Même si ces méthodes passives amènent un grand nombre de données supplémentaires pour comprendre l’estimation du cycle du méthane, elles demeurent peu précises, sujettes aux biais (exemple aérosols) et de grandes zones d’importance pour le cycle du méthane restent très peu observées (hautes latitudes, zones nuageuses).

 

Le Lidar CH4 : un instrument prĂ©cis, une couverture mondiale

L’instrument actif Lidar CH4 de Merlin permettra de fournir des données plus précises que les instruments passifs actuels. En effet, la faible empreinte au sol, de l’ordre de 100 m, et l’absence de biais dus à la présence de couche de particules dans l’atmosphère, devraient permettre de reconstruire une colonne de méthane même en situation météorologique complexe.

Par ailleurs, Merlin sera en capacitĂ© d’apporter des donnĂ©es notamment sur des zones clefs pour le cycle du mĂ©thane, qui ne sont Ă  l’heure actuelle pas ou peu couvertes : l’Arctique, l’Eurasie, et les zones tropicales des diffĂ©rents continents.

Un réchauffement de la planète, en particulier dans les régions boréales, pourrait favoriser la fonte du pergélisol qui contient des quantités importantes de méthane. Il existe aussi des gisements d’hydrates de méthane sur les plateaux continentaux océaniques qui pourraient être vulnérables au réchauffement des océans. Autre exemple d’importance, la modification du régime des précipitations tropicales ou boréales, associée à l’évolution du climat, pourrait fortement affecter les émissions de méthane des zones inondées, qui constituent, à travers le développement de bactéries favorisant la décomposition de la matière organique, la première source de méthane à l’échelle planétaire.

Le développement et la mise en œuvre d’un système d’observation et de suivi pour la détection des émissions de CH4 dans ces zones vulnérables a donc une grande importance scientifique. Le Lidar CH4 Merlin se veut le démonstrateur d’une réponse pertinente à ces enjeux scientifiques majeurs.

Illustration d'artiste du satellite Merlin
Vue d’artiste du satellite Merlin et son Lidar © CNES / DUCROS David, 2016

Déroulé du projet

Ce projet franco-allemand a été initié en 2010 mais a subi un décalage important lié à la spatialisation de la technologie du laser de l’instrument. La livraison de l’instrument est prévue mi 2028 pour un lancement fin 2029. D’ici là, la plate-forme, assemblée en 2023 est en stockage et régulièrement vérifiée.

 

Organisation

La mission Merlin rĂ©unit les participants suivants :

  • Le CNES (Centre National d’Études Spatiales), l’agence spatiale française
  • Le DLR, le Centre AĂ©rospatial Allemand
  • Des laboratoires français et allemands
  • Des acteurs de l’industrie française et de l’industrie allemande


Les engagements du CNES et du DLR dans le cadre du projet Merlin sont les suivants :

Le CNES, en sa qualitĂ© de maĂ®tre d’œuvre du système et du satellite :

  • Dirige les activitĂ©s système et satellite, parmi lesquelles la dĂ©finition de l’architecture du système et la conception du satellite autour d’une plateforme Myriade Evolutions.
  • Est responsable du segment sol de contrĂ´le (CGS) du satellite.
  • Est responsable du dĂ©veloppement du centre de traitement des donnĂ©es ainsi que des chaĂ®nes opĂ©rationnelles de niveaux 0, 2 et 3.


Le DLR, en sa qualitĂ© de maĂ®tre d’œuvre de la charge utile :

  • Dirige les activitĂ©s liĂ©es au dĂ©veloppement de la charge utile Lidar IPDA.
  • Est responsable du centre d’exploitation de la charge utile (PLOC).
  • Est responsable du dĂ©veloppement de la chaĂ®ne opĂ©rationnelle de niveau 1.


Un Groupe Consultatif Scientifique, co-prĂ©sidĂ© par deux PI (un français, un allemand), est composĂ© des principaux spĂ©cialistes des aspects scientifiques du projet et conseille sur :

  • La formulation des objectifs dĂ©taillĂ©s de la mission scientifique et de leur traduction en exigences d’observation et de conception du système.
  • La dĂ©finition des Ă©tudes scientifiques afin de dĂ©montrer les intĂ©rĂŞts scientifiques de la mission.
  • La dĂ©finition des mĂ©thodes de traitement et la dĂ©finition des produits scientifiques.
  • Le support en traitement sol, y compris l’accès aux donnĂ©es et la fourniture de donnĂ©es.
  • L’étalonnage de la charge utile au sol et en vol.
  • Le choix des mĂ©thodes et la prĂ©cision de validation gĂ©ophysique.
  • L'Ă©laboration d’un plan de management scientifique conjoint portant sur le traitement et l’exploitation des donnĂ©es.

 

Autres participants

Le CNES a confié la maîtrise d’œuvre du satellite à Airbus Defence and Space France Toulouse. Ainsi, ses responsabilités consistent en la conception, le développement et la validation de la plateforme d’une part, et l'ingénierie, l’intégration, les essais, la vérification et la validation du satellite, incluant son transport jusqu’à la base de lancement et la campagne de lancement, d’autre part.

Airbus Defence and Space GmbH est le maître d’œuvre industriel chargé du développement de l’instrument Lidar IPDA de Merlin et du développement des composantes sol impliquant une participation allemande. Il coordonne les travaux de tous les sous-traitants.

L’organisation de l’équipe projet industriel chargée du développement du segment sol de contrôle repose sur un consortium dirigé par la société de services informatiques Atos.

Le développement du segment sol mission sera confié à un industriel après appel d’offres, sur la base des entrées du CNES, du DLR et des laboratoires scientifiques franco-allemands associés.

En effet, les laboratoires français et allemands sont impliqués dans diverses activités du projet Merlin telles que le développement d’un simulateur de données numériques, la contribution au document de description des algorithmes scientifiques, la caractérisation spectroscopique de la raie du méthane, la participation à la définition des méthodes et des campagnes de validation et d'étalonnage en orbite.

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