Satellite et instruments

Satellite

Le satellite CoRoT Ă©tait constituĂ© :

  • D’une plateforme PROTEUS (Plateforme Reconfigurable pour l'Observation, pour les TĂ©lĂ©communications et les Usages Scientifiques). Cette plateforme a Ă©tĂ© conçue pour des satellites de masse d'environ 500 kg placĂ©s en orbite basse (entre 600 et 1500 km). CoRoT Ă©tait la troisième mission utilisant cette plate-forme et le segment de contrĂ´le gĂ©nĂ©rique associĂ©, après Jason-1 et CALIPSO.
  • D’une charge utile qui Ă©tait composĂ©e d'un tĂ©lescope (collecteur afocal Ă  2 miroirs hors d'axe), d'une camĂ©ra grand champ fonctionnant dans le visible, d'une case Ă  Ă©quipement (Ă©lectroniques analogiques et numĂ©riques) et d'un logiciel de vol en charge des traitements de photomĂ©trie d'ouverture et de la fourniture Ă  la plateforme de donnĂ©es d'Ă©cartomĂ©trie (mode de pointage fin).


Principales caractĂ©ristiques :

  • Masse : 630 kg au lancement
  • Masse Charge Utile : 300 kg
  • Longueur : 4100 mm
  • Diamètre : 1984 mm
  • Puissance Ă©lectrique : 530 W
  • PrĂ©cision du pointage : 0,5 arcsec
  • TĂ©lĂ©mesure : 1,5 Gbit/jour
  • MĂ©moire de masse : 2 Gbit
  • Delta V : 90 m/s
  • DurĂ©e de la mission : 2,5 ans


ModalitĂ©s d’observation :

  • Pendant les phases d'observation, alternativement de 20 et 150 jours, le satellite Ă©tait stabilisĂ© 3 axes avec un pointage astĂ©rocentrique. La position des Ă©toiles sur les dĂ©tecteurs Ă©tait alors garantie Ă  mieux que 0.5 arcsec (0.2 pixel). La partie du satellite chargĂ©e de la sismologie stellaire (la "voie sismologie") fournissait des mesures très prĂ©cises de la position des Ă©toiles, appelĂ©es "donnĂ©es d’écartomĂ©trie", alimentant le système de contrĂ´le d'attitude. La consigne de visĂ©e et la programmation de l'instrument Ă©taient Ă©laborĂ©es par le Centre de Mission, tandis que le Centre de ContrĂ´le effectuait la manĹ“uvre de pointage et amenait le système de contrĂ´le d'attitude dans le mode de pointage fin.
  • Le choix de l'ascension droite orbitale (12.5°) a Ă©tĂ© fait Ă  l'issue d'une campagne prĂ©paratoire d'observations au sol : on a visĂ© sur la voĂ»te cĂ©leste Ă  6 h 50 en hiver et 18 h 50 en Ă©tĂ©. Le baffle de l'instrument permettant de se rapprocher lĂ©gèrement de la direction du limbe terrestre, il Ă©tait possible de dĂ©pointer le satellite Ă  l'intĂ©rieur d'un cĂ´ne de 10° de rayon. Lorsqu'on projette ce cĂ´ne sur le ciel, on obtient les 2 yeux de CoRoT, domaine Ă  l'intĂ©rieur duquel ont Ă©tĂ© sĂ©lectionnĂ©s les champs d'Ă©toiles observĂ©s.
  • Une lĂ©gère mise en dĂ©rive de l'orbite, dans le cadre des opĂ©rations de maintien Ă  poste (correction d'inclinaison), a permis d'Ă©tendre la zone observĂ©e et de rapprocher les champs observĂ©s du centre de l'Ĺ“il, lĂ  oĂą le niveau de lumière parasite Ă©tait le plus faible. La performance instrumentale a ainsi Ă©tĂ© optimisĂ©e.
  • Vu du satellite en configuration de pointage inertiel, le mouvement apparent du soleil Ă©tait une rotation de 1° par jour. Pour garantir un niveau de charge correct des batteries, les panneaux solaires Ă©taient orientĂ©s tous les 14 jours.

Plateforme

La plateforme PROTEUS, en position ouverte sur laquelle a été construit le satellite CoRoT, en cours d’intégration
La plateforme PROTEUS, en position ouverte sur laquelle a été construit le satellite CoRoT, en cours d’intégration © CNES

Le SCAO (Système de Contrôle d'Attitude et d'Orientation) de la plateforme PROTEUS était conçu autour d'une unité de mesure gyro-stellaire utilisant 2 star trackers et 3 gyroscopes 2-axes. En mode nominal, l'attitude était maintenue par 4 roues à réaction, désaturées par magnéto-coupleurs. Le système de propulsion (hydrazine) permettait une impulsion totale de 120 m/s pour les manœuvres de mise et de maintien à poste.

La performance de stabilitĂ© de pointage (180 secondes d'arc 0-crĂŞte sur chaque axe) Ă©tait insuffisante pour la mission CoRoT. Les chaĂ®nes fonctionnelles SCAO et CC devaient ĂŞtre adaptĂ©es :

  • Utilisation des donnĂ©es d'Ă©cartomĂ©trie instrument pendant les phases d'observation scientifique (en remplacement des donnĂ©es STA).
  • Introduction d'un mode Mission spĂ©cifique pour ces phases d'observation.


La gestion bord était centralisée, construite autour d'un microprocesseur 31750 (redondé) et d'un bus de communication MIL-STD-1553 pour l'interface avec la charge utile. Une mémoire de masse 2 Gbits permettait le stockage des données à bord. Les télémesures et les télécommandes utilisaient le standard CCSDS. Le débit brut en bande S était de 730 kbits/s.

Les chaînes fonctionnelles électrique et thermique bénéficiaient du remplacement de la batterie NiCd par une batterie LiIon. Cette nouvelle configuration de la plate-forme était compatible de l'augmentation du temps de convergence vers le mode SHM (inerties élevées) et des spécifications de mission CoRoT imposant 150 jours d'observation continue, sans manœuvre de rotation du satellite.

Le CNES était maître d'œuvre de la plate-forme. Thales Alenia Space Industries était architecte industriel. Il assurait l'intégration de la plate-forme.

La plateforme PROTEUS, en position fermée sur laquelle a été construit le satellite CoRoT, en cours d’intégration
La plateforme PROTEUS, en position fermée sur laquelle a été construit le satellite CoRoT, en cours d’intégration © CNES/Thales Alenia Space

Charge utile

La charge utile Ă©tait composĂ©e des Ă©lĂ©ments suivants :

 

Le télescope, développé sous la responsabilité du LAM

Il comprenait :

  • Un collecteur afocal, constituĂ© de deux miroirs paraboliques hors d'axe (diamètre de la pupille de sortie : 27 cm). Compact, d'une grande stabilitĂ© thermique, le collecteur afocal bĂ©nĂ©ficiait des technologies les plus rĂ©centes mises en Ĺ“uvre dans le domaine de l'observation spatiale.
  • Un baffle externe cylindrique, destinĂ© Ă  stopper la lumière parasite terrestre, importante en orbite basse. Le coefficient d'attĂ©nuation moyen atteint 10-13 dans une direction d'observation Ă  20° du limbe. Le flux rĂ©siduel au niveau du plan focal Ă©tait infĂ©rieur Ă  quelques photons/pixel/seconde.
  • Un obturateur, destinĂ© Ă  protĂ©ger l'instrument pendant les opĂ©rations de lancement et utilisĂ© contre l'Ă©blouissement solaire en phase d'acquisition initiale. Il Ă©tait ouvert en cours de recette en vol, après rĂ©alisation des Ă©talonnages d'obscuritĂ©. Il restait ouvert par la suite.

 

La caméra, développée sous la responsabilité du LESIA (devenu le LIRA en 2025)

Elle comprenait :

  • Le bloc focal (BF), portant les 4 matrices CCD de 2048 x 4096 pixels. Les CCD travaillaient en mode MPP et Ă©taient rĂ©gulĂ©s autour de -40°C, rĂ©duisant le niveau d'obscuritĂ© Ă  une valeur très faible (1 e-/pixel/s). La technologie utilisĂ©e (dĂ©tecteurs EEV de 13.5 µm Ă  transfert de trame, amincis, Ă©clairĂ©s par l'arrière) n'avait jamais volĂ© en orbite avant CoRoT. Le CNES Ă©tait responsable de leur approvisionnement et du programme d'Ă©valuation associĂ©.
  • L'objectif dioptrique (OD), destinĂ© Ă  focaliser la lumière incidente (f=1200 mm), ainsi qu'Ă  corriger les aberrations gĂ©omĂ©triques introduites par l'afocal. Le corps de l'objectif dioptrique Ă©tait en titane et constituĂ© de 6 barillets porte-lentilles.
  • Deux boĂ®tiers Ă©lectroniques de proximitĂ© (EP).
  • Un blindage supportant les EP.
  • Les Ă©lĂ©ments de contrĂ´le thermique du bloc focal, qui assuraient une stabilitĂ© en tempĂ©rature des CCD meilleure que 0.015 degrĂ©s (0-crĂŞte) sur l'orbite. Cette performance permettait de tenir les spĂ©cifications de bruits alĂ©atoires. Pour tenir les spĂ©cifications sur les postes pĂ©riodiques, il Ă©tait nĂ©cessaire d'Ă©talonner la rĂ©ponse thermique du bloc focal. Les corrections au sol imposaient de connaĂ®tre la courbe de tempĂ©rature du CCD avec une prĂ©cision de 0.005°C.

Les taches étoiles de la voie sismologie étaient étalées sur environ 400 pixels, avec un temps d'intégration égal à 1s.

Un prisme, permettant d'obtenir une image en couleur, Ă©tait installĂ© devant les dĂ©tecteurs de la voie exoplanètes. Il permettait, pour les Ă©toiles les plus brillantes, de faire la diffĂ©rence entre activitĂ© stellaire et transits planĂ©taires. Le temps d'intĂ©gration Ă©tait Ă©gal Ă  32 s. Les taches Ă©toiles Ă©taient plus petites (80 pixels en moyenne), car focalisĂ©es.

 

La case à équipements, développée sous la responsabilité du LESIA

Elle comprenait :

  • Une structure porteuse Ă  4 panneaux.
  • Les Ă©lĂ©ments de contrĂ´le thermique. La partie supĂ©rieure de la case (alvĂ©ole externe) Ă©tait dotĂ©e d'un système de rĂ©gulation thermique fine. Les Ă©lĂ©ments thermiquement sensibles : Ă©lectronique vidĂ©o et tĂ©lĂ©mĂ©tries analogiques, y Ă©taient regroupĂ©s. Les boĂ®tiers correspondants Ă©taient posĂ©s sur des rĂ©partiteurs thermiques en aluminium (masse : 25 kg), reliĂ©s Ă  des radiateurs. Ils Ă©taient maintenus Ă  une tempĂ©rature rĂ©gulĂ©e de façon passive, par inertie thermique, à ± 0.15°C sur l'orbite. La partie infĂ©rieure de la case n'assurait qu'une rĂ©gulation à ± 4°C.
  • Les Ă©lectroniques de traitement scientifique, constituĂ©s, pour chacune des deux chaĂ®nes, d'un boĂ®tier de contrĂ´le camĂ©ra (BCC), d'un extracteur (BEX) et d'un processeur de vol (DPU).
  • Les boĂ®tiers Ă©lectroniques de servitude, constituĂ©s de deux boĂ®tiers BS1 (acquisition des tĂ©lĂ©mĂ©tries analogiques instrument) et d'un boĂ®tier BS2 (synchronisation, contrĂ´le thermique fin, commande du dispositif d'Ă©clairement).
  • Deux convertisseurs d'alimentation. Le BCVCAM alimentait l'ensemble analogique (EP, BCC). Le BCVETN alimentait l'ensemble de traitement numĂ©rique (BEX, DPU).

Les données issues de la caméra étaient traitées par deux chaînes photométriques indépendantes, comportant chacune une voie sismologie et une voie exoplanètes. On associait une voie à un CCD. Fonctionnellement, une chaîne couvrait la moitié du champ d'étoiles observé par CoRoT.

Les senseurs d'étoiles de la plate-forme étaient portés par la case à équipement (mur latéral). Ils étaient fonctionnellement rattachés à la chaîne fonctionnelle SCAO de PROTEUS. Leur fourniture était sous la responsabilité du contractant satellite.

 

Un logiciel de vol développé sous la responsabilité du LESIA

Il s'agissait du logiciel embarqué, qui réalisait les traitements scientifiques bord des voies sismologie et exoplanètes (calcul des courbes de lumière). Le logiciel était en mémoire des deux DPU, formant 2 chaînes photométriques indépendantes. Il utilisait les mesures de barycentre de deux cibles des voies sismologie pour effectuer les calculs d'écartométrie. En mode pointage fin (mode mission), l'information écartométrique était fournie à la plate-forme pour le contrôle d'attitude.

Les données scientifiques étaient transmises à la mémoire de masse de la plate-forme par le bus MIL-STD-1553, tandis que les données d'écartométrie étaient mises à disposition, chaque seconde, au travers d'un lien série OBDH. À tout moment, dans le cas d'informations transmises invalides, la plate-forme pouvait basculer sur l'un ou l'autre des 2 DPU (redondance chaude), améliorant ainsi la disponibilité de la mission, cruciale pour CoRoT.

Pour aller plus loin

Pour en savoir plus sur les caractĂ©ristiques de la mission CoRoT, consultez le PDF « StratĂ©gie d’observation Â» tĂ©lĂ©chargeable depuis la page Ressources.