Ariel en détails

Contexte

Depuis l'annonce en octobre 1995 de la découverte de 51 Pegasi b, la première planète située hors du Système solaire, la quête de nouvelles exoplanètes n'a jamais cessé. Aujourd'hui, on en compte plus de 5000.

Depuis 1995, ce domaine a suscité l’intérêt d’une très large communauté scientifique et les moyens d’étude au sol et les missions spatiales se sont multipliés. Ariel s’insère dans cet ensemble d’études destinées à dénombrer et caractériser ces exoplanètes.

Ariel (Atmospheric Remote-sensing Infrared Exoplanet Large-survey) est la mission Medium numéro 4 du programme COSMIC VISION de l’ESA qui a pour objectif la caractérisation des atmosphères d’exoplanètes de toutes tailles transitant devant leur étoile.

Frise historique des missions spatiales relatives aux exoplanètes
Historique des missions spatiales relatives aux exoplanètes © ESA
Vidéo décrivant les nombreux systèmes planétaires détectés par les différentes méthodes
De nombreux systèmes planétaires détectés par les différentes méthodes © Ethan Kruse

Objectifs

  • Analyser l’atmosphère de 1000 exoplanètes massives

  • Identifier les processus chimiques Ă  l’œuvre dans ces atmosphères

  • DĂ©terminer l’évolution des systèmes exoplanĂ©taires

  • Évaluer l’impact de l’étoile et de l’environnement planĂ©taire sur les exoplanètes

Des atmosphères à la loupe

En prenant en compte la tempĂ©rature de l'atmosphère et sa composition ainsi que sa densitĂ©, il sera possible de dĂ©duire la composition des cĹ“urs planĂ©taires : planète rocheuse ou gĂ©ante de glace par exemple 

Ainsi, Ariel tentera de rĂ©pondre aux grandes questions scientifiques suivantes :

  • De quoi est composĂ©e l’enveloppe gazeuse de ces exoplanètes ?
  • Comment se forment-elles ?
  • Comment ces planètes et leur atmosphère Ă©voluent-elles au cours du temps?

 

De la météo à très grande distance

Dans certains cas, Ariel pourrait Ă©tudier la dynamique de l'atmosphère, voir s'il y a un point chaud et mesurer la vitesse des vents par exemple. De toutes ces informations, seront ainsi dĂ©duits les processus physiques clĂ©s qui influencent la composition et structure d'une atmosphère planĂ©taire (impacts, radiations, volcanisme…). Il sera mĂŞme possible d’observer les variations journalières et saisonnières de tempĂ©rature, d’identifier les processus chimiques Ă  l’œuvre dans ces atmosphères (thermochimie, photochimie, etc.) et de quantifier les Ă©changes Ă©nergĂ©tiques comme albĂ©do. 

Ariel permettra Ă©galement d’étudier les exoplanètes dans leur globalitĂ© en s’intĂ©ressant Ă  l’évolution du système exoplanĂ©taire et Ă  l’impact de l’étoile et des planètes environnantes sur les caractĂ©ristiques de l’exoplanète. 

 

Déroulé du projet

Ariel est actuellement en phase C, c’est-Ă -dire en phase de confirmation du design. Les premiers modèles sont en cours de dĂ©veloppement : modèle mĂ©canique, modèle ingĂ©nierie, modèle avionique, etc. Ils permettront, en fin de phase C, de dĂ©terminer le design du modèle de vol. Après le lancement en 2029, 3 mois seront dĂ©diĂ©s Ă  la recette en vol, puis 3 mois de plus dĂ©but 2030 pour la vĂ©rification des instruments et la dĂ©monstration des objectifs scientifiques. La durĂ©e prĂ©vue de la mission est de 4 ans, avec la possibilitĂ© d’une prolongation de 2 ans.

Pendant les phases opĂ©rationnelles scientifiques, le taux d’observation attendu est de plus de 85%, ce qui est très Ă©levĂ©. En effet, sur l’orbite L2, peu de manĹ“uvres sont prĂ©vues : des modes survie Ă©ventuels, les manĹ“uvres mensuelles de “maintenance” et les pointages de cibles. Le reste du temps satellite est donc disponible pour les observations scientifiques, y compris les calibrations.

Les contacts avec les stations sol ne dĂ©gradent pas le taux d’observation : l’envoi de tĂ©lĂ©mesure au sol et les observations peuvent en effet se faire en parallèle grâce Ă  un mĂ©canisme d’antenne spĂ©cifique.

En fin de vie, une manœuvre de désorbitage est prévue afin que le satellite ne pollue pas les orbites LEO (orbites basses entre 700 et 1 000 km d’altitude utilisées pour les observations de la Terre) et GEO (36 000km d’altitude, utilisée pour les télécommunications, la météorologie et la défense) et ne retombe pas sur Terre.

Ainsi, le satellite Ariel est en conformitĂ© avec la Loi sur les OpĂ©rations Spatiales afin de limiter les dĂ©bris spatiaux.

 

Organisation

Contributions de l’Agence Spatiale Européenne (ESA)

L’ESA est responsable de la mission Ariel. Plus prĂ©cisĂ©ment, l’ESA prend les responsabilitĂ©s suivantes :

  • DĂ©veloppement du satellite, confiĂ© Ă  ADS France, le maĂ®tre d'Ĺ“uvre industriel
  • Fourniture des dĂ©tecteurs de l'instrument AIRS (contrat avec la sociĂ©tĂ© Teledyne US)
  • DĂ©veloppement du segment sol opĂ©ration (MOC et SOC)
  • Lancement
  • OpĂ©rations satellite
  • Archivage des produits scientifiques et mise Ă  disposition de la communautĂ© scientifique

 

Contributions du consortium Ariel

Le consortium Ariel est chargé de la fourniture à l'ESA de la charge utile incluant les instruments.
Il est également responsable de l’IOSDC (Instrument Operation Science and Data Center) du segment sol scientifique.
L’IOSDC, fournira l’outil de planning mission qui permettra de choisir les cibles et d’optimiser les pointages pour accéder au plus grand nombre de données. Il fournira également à la communauté scientifique (via le SOC) les données de haut niveau (spectres) prêtes pour les analyses scientifiques.

Le consortium Ariel est constituĂ© des membres des laboratoires et agences spatiales contribuant Ă  la mission. Il est dirigĂ© par le RAL (Rutherford Appleton Laboratory, UK) et prĂ©sidĂ© par la PI (Principal Investigator) de cette mission : Giovanna Tinetti de l’University College of London (UCL).

Les pays contributeurs au consortium Ariel et l'ESA se sont engagés sur leurs fournitures respectives au travers d'un accord multilatéral. Ce sont les agences spatiales, signataires de l'accord, qui sont garantes des contributions de leur pays.

Au sein du consortium Ariel, le CNES a la responsabilité de la fourniture de l’instrument AIRS.
La Pologne fournira l’instrument FGS.

 

Contributions françaises

La contribution française est dĂ©veloppĂ©e sous la maĂ®trise d’ouvrage du CNES. Le CNES est garant des fournitures françaises vis-Ă -vis de l’ESA et des autres agences concernĂ©es. Ă€ ce titre :

  • Il finance les contributions françaises des laboratoires,
  • Il finance l’accompagnement scientifique de chercheurs français contribuant Ă  la mission
  • Il supervise les dĂ©veloppements des contributions françaises
  • Il assure l’interface avec l’ESA, ainsi qu’avec les organismes partenaires CNRS-INSU et CEA-AIM, pour les aspects programmatiques.

Le CNES contribue également au financement du projet Ariel à travers sa contribution au programme scientifique obligatoire de l'ESA et sa forte participation au consortium Ariel.

Outre la maîtrise d’ouvrage, le CNES peut apporter à la demande des laboratoires des expertises techniques dans les domaines assurance qualité et ingénierie ou de l’aide au management.
Les laboratoires apportent leur expertise scientifique, leurs ressources humaines et moyens techniques propres (ingénieurs, techniciens, moyens d’essai).

Jean Philippe Beaulieu, de l’Institut d'Astrophysique de Paris (IAP, université Pierre et Marie Curie/CNRS) et Pierre Olivier Lagage du CEA Astrophysique Instrumentation et Modélisation (université Paris Diderot /CEA-Irfu/CNRS) sont Co-PIs de la mission et à ce titre ont un rôle majeur au sein du consortium et de l’équipe scientifique ESA.

  • Le dĂ©partement d’astrophysique du CEA (DAp) est maĂ®tre d’œuvre de l’instrument AIRS.
  • L’IAS est responsable de l’architecture optique, thermique et mĂ©canique de l’instrument et fournira les Ă©lĂ©ments optiques.
  • Le LIRA fournit les moyens de calibration de l’instrument et prend la responsabilitĂ© de cette activitĂ©.
  • L’IAP est impliquĂ© dans des lots de travaux en relation avec le traitement des donnĂ©es.

Tous ces laboratoires sont également activement impliqués dans les activités relatives à la performance mission, au choix des cibles, au traitement des données…

Les laboratoires français participant au consortium Ariel sont les suivants :

  • CEA AIM (Astrophysique Instrumentation et ModĂ©lisation, universitĂ© Paris Diderot /CEA-Irfu/CNRS)
  • IAP (Institut d'Astrophysique de Paris, universitĂ© Pierre et Marie Curie/CNRS)
  • IAS (Institut d'Astrophysique Spatiale, universitĂ© Paris-Sud/CNRS)
  • LIRA (Laboratoire d’Instrumentation et de Recherche en Astrophysique)
  • LAB (Laboratoire d’Astrophysique de Bordeaux, universitĂ© de Bordeaux)
  • LISA (Laboratoire Inter-Universitaire des Systèmes AtmosphĂ©riques, universitĂ© Paris Est Creteil/CNRS)

Actualités du projet