Les satellites

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Modifié le 08 décembre 2025

Vue d’artiste du satellite de télécommunications Eutelsat Quantum (ESA, Eutelsat et Airbus). Il a été lancé en 2021 depuis le Centre spatial guyanais à Kourou.
Vue d’artiste du satellite de télécommunications Eutelsat Quantum (ESA, Eutelsat et Airbus) © Airbus

Les satellites artificiels sont des milliers Ă  nous survoler chaque jour. Pour communiquer, se dĂ©placer, ou prĂ©voir la mĂ©tĂ©o, ils sont devenus indispensables dans nos quotidiens. 

De Spoutnik au haut débit Internet, l’histoire des satellites

Il y a Ă  peine 70 ans, seule la Lune tournait autour de la Terre. Aujourd’hui, ce sont plus de 7 500 satellites actifs (chiffres 2023) qui nous survolent. Le premier Ă  avoir Ă©tĂ© mis en orbite est le cĂ©lĂ©brissime Spoutnik, lancĂ© le 4 octobre 1957 par l’URSS. Pas plus grosse qu'un ballon de basket, cette sphère d’aluminium est restĂ©e trois mois en orbite terrestre. En novembre 1965, le satellite français AstĂ©rix est Ă  son tour placĂ© sur orbite faisant de la France le troisième pays Ă  envoyer un satellite dans l’espace, après l’URSS et Ă‰tats-Unis ! Cocorico ! Ces objets artificiels sont peu Ă  peu devenus indispensables dans notre quotidien : tĂ©lĂ©communications, navigation ou encore mĂ©tĂ©o… 

Le satellite soviétique Spoutnik a été mis en orbite par la fusée R-7. Il faisait le tour de la Terre en environ 98 minutes.
Le satellite soviétique Spoutnik a été mis en orbite par la fusée R-7, il faisait le tour de la Terre en environ 98 minutes © Agence France-Presse/TASS

Ă€ chaque satellite sa mission

Nous utilisons les satellites pour des objectifs très divers : communiquer, observer la Terre et l’Univers ou encore pour nous indiquer notre chemin !

Communiquer

Internet Ă  l’échelle mondiale, accès Ă  toutes les chaĂ®nes TV du globe, radio ou encore tĂ©lĂ©phonie mobile… Ces missions sont assurĂ©es par des satellites de tĂ©lĂ©communications. Certains sont placĂ©s en orbite gĂ©ostationnaire Ă  36 000 km d’altitude de la Terre. A cette altitude, les satellites survolent toujours la mĂŞme zone de la Terre. ConsĂ©quence : pas besoin de dĂ©placer l’antenne pour capter leurs signaux. Depuis cette orbite, un petit nombre de satellites de tĂ©lĂ©communications suffisent Ă  couvrir l’intĂ©gralitĂ© du globe.

D’autres satellites se situent sur l’orbite terrestre basse entre 160 Ă  1 000 km d’altitude, le dĂ©lai de transmission des signaux y est - logiquement - plus court (jusqu’à 50 fois). Mais pour garantir une bonne couverture de la Terre, ils doivent fonctionner « en groupe Â», en constellations, comme Globalstar et Iridium.

Il existe aussi des mĂ©ga-constellations. On parle lĂ  de milliers voire de dizaines de milliers de satellites, utilisĂ©s pour permettre un dĂ©bit Internet toujours plus haut : Starlink de SpaceX, le projet chinois Guowang ou encore le plus modeste OneWeb europĂ©en (618 satellites). Mais une telle « colonisation » de l’orbite basse pose de nombreuses questions en termes de pollution de l’orbite terrestre.

Le satellite de télécommunication Alphasat (ici au Centre Spatial de Toulouse) se trouve en orbite géostationnaire. En 2013 (lancement), il était le plus gros satellite européen de télécommunication jamais construit (6,6 tonnes).
Le satellite de télécommunication Alphasat (ici au Centre Spatial de Toulouse) se trouve en orbite géostationnaire. En 2013 (lancement), il était le plus gros satellite européen de télécommunication jamais construit (6,6 tonnes) © CNES/GRIMAULT Emmanuel, 2013

Faire de la science

Les satellites sont d’excellents outils lorsqu’il s’agit d’étudier notre planète. Ils sont plus d’un millier à observer et mesurer la Terre, depuis l’orbite basse. C’est le cas des satellites scientifiques Sentinel, du programme européen Copernicus, qui collectent des données sur les océans, les terres ou encore l'atmosphère.

Les satellites scientifiques tournent aussi parfois le dos à la Terre, pour étudier l’Univers. L’européen Gaia par exemple, situé à 1,5 million de km de la Terre, qui cartographie la Galaxie ou Euclid, satellite de l’agence spatiale européenne (ESA), lancé en 2023 pour approfondir nos connaissances sur l’expansion de l’Univers. D’autres satellites explorent également notre Système solaire. Par exemple, la sonde Juice a été lancée en 2023 vers Jupiter pour étudier la planètes et ses lunes.

Sonde ou satellite ?

On appelle « sonde Â» un engin envoyĂ© pour Ă©tudier l’espace qui ne se place pas nĂ©cessairement en orbite, contrairement au satellite. 

Image du télescope spatial Euclid : gros plan sur la nébuleuse M78 située à 1 600 années-lumière, où naissent de nombreuses étoiles.
Image du télescope spatial Euclid : gros plan sur la nébuleuse M78 située à 1 600 années-lumière, où naissent de nombreuses étoiles © ESA/Euclid/Euclid Consortium/NASA, image processing by J.-C. Cuillandre (CEA Paris-Saclay), G. Anselmi

Guider 

« Prenez la première Ă  droite… Â» Les satellites de navigation permettent de se localiser, Ă  tout instant sur l’ensemble du globe. Ces boussoles spatiales sont situĂ©es Ă  environ 20 000 km d’altitude. On les appelle des systèmes GNSS (GĂ©olocalisation et Navigation par un Système Satellites). Cette technologie est omniprĂ©sente dans notre sociĂ©tĂ© (et pas que pour prendre la route pour aller chez mamie), que ce soit pour des usages civils (navigation des vĂ©hicules routiers, aĂ©riens ou maritimes, agriculture de prĂ©cision etc) ou militaires. Aujourd’hui, plusieurs systèmes GNSS cohabitent : le système europĂ©en Galileo, l’amĂ©ricain GPS, le rĂ©seau russe GLONASS, ou le COMPASS chinois. 

Intégration de 4 satellites Galileo (Centre spatial Guyanais, 2018).
Intégration de 4 satellites Galileo (Centre spatial Guyanais, 2018) © CNES/ESA/Arianespace/Optique Vidéo CSG/P Baudon, 2018

DĂ©fendre 

Les satellites sont aussi utilisĂ©s par les armĂ©es. Par exemple, les satellites de reconnaissance, ont pour mission de cartographier des territoires pour connaĂ®tre la position de certaines infrastructures. Ils utilisent des radars pour voir Ă  travers les nuages, et mĂŞme pendant la nuit. Les armĂ©es se servent Ă©galement de satellites de navigation, c’est d’ailleurs pour rĂ©pondre Ă  des objectifs militaires que ce système de positionnement a vu le jour aux Etats-Unis.

De quoi est constituĂ© un satellite ? 

Les satellites ont des objectifs variĂ©s. Chacun possède donc une physionomie spĂ©cifique pour rĂ©pondre Ă  sa mission. Un satellite se composent de 2 parties : la plateforme et la charge utile.

  • La plateforme (ou bus) fournit les ressources nĂ©cessaires au satellite pour fonctionner. Elle rĂ©unit des Ă©lĂ©ments, appelĂ©s servitudes, qui assurent la navigation, la propulsion (avec les rĂ©servoirs et moteurs-fusĂ©es) et les communications avec la Terre.
  • La charge utile, c'est en quelque sorte le passager Ă  bord. Ce sont les instruments nĂ©cessaires Ă  la rĂ©alisation de la mission. Appareil de prise de vue, imageur radar, altimètre, tĂ©lescope… tout dĂ©pend de la mission !
Couplage de l’instrument du satellite MicroCarb sur une maquette de la plate-forme (Myriade) avant des tests.
Couplage de l’instrument du satellite MicroCarb sur une maquette de la plate-forme (Myriade) avant des tests © CNES/Airbus DS/LANCELOT Frédéric, 2022

Pour fonctionner, le satellite utilise sa propre Ă©nergie, qu’il produit avec des panneaux solaires. En fonction de la rĂ©gion de l’espace oĂą le satellite gravite, ils seront plus ou moins grands : ceux de Juice par exemple, sonde d’exploration de Jupiter, font 27 m de long : plus grands qu’un terrain de tennis ! A 2 milliards de km du Soleil en effet, la lumière reçue est 25 fois plus faible que sur Terre.

Les matĂ©riaux et la structure des satellites ont Ă©tĂ© pensĂ©s pour rĂ©sister aux dangers qui les guettent dans l’espace : les dĂ©bris ou micro mĂ©tĂ©orites qui peuvent endommager les satellites, les grands Ă©carts de tempĂ©ratures.

Vie et mort d’un satellite 

La durĂ©e de vie des engins satellitaires varie en fonction de leur mission, entre 5 et 15 ans en moyenne. Celle-ci s’achève lorsqu’ils ont Ă©puisĂ© le carburant (appelĂ© ergol), qui leur permet de se maintenir sur leur orbite. Alors, les ingĂ©nieurs sur Terre peuvent choisir de les envoyer plus loin dans l’espace (en orbite de rebut ou orbite cimetière), ou de les diriger vers l’atmosphère terrestre pour qu’ils y soient dĂ©sintĂ©grĂ©s, en toute sĂ©curitĂ© (la dĂ©sorbitation). Mais avant sa disparition, un satellite peut rester de nombreuses annĂ©es Ă  errer dans le vide. Actuellement, près de 5 000 satellites en orbite sont inactifs, contre 7 000 actifs. Cette situation pose des questions en termes de sĂ©curitĂ© et de respect de l’environnement spatial. 

Des règles ont donc Ă©tĂ© Ă©tablies. La France, par exemple, a adoptĂ© en 2008 la Loi relatives aux OpĂ©rations Spatiales (LOS) imposant aux constructeurs et opĂ©rateurs de rendre leurs satellites les plus « inoffensifs Â» possibles. Ils doivent par exemple vider complètement les rĂ©serves d’énergies des satellites devenus inactifs pour limiter le risque d’explosion, et donc la prolifĂ©ration des dĂ©bris spatiaux.

L’avenir en riquiqui ? 

Envoyer un satellite dans l’espace coĂ»te cher, très cher. Le coĂ»t est Ă  peu près proportionnel Ă  la masse de l’objet : en 2014, l'envoi d’un kilogramme coĂ»tait entre 8 000 et 12 000€. Ainsi, faire des satellites plus lĂ©gers est devenu un enjeu important. La miniaturisation des satellites passe par l’utilisation de composants plus lĂ©gers, et moins volumineux. Les panneaux solaires de dernière gĂ©nĂ©ration par exemple ont des rendements supĂ©rieurs aux prĂ©cĂ©dents ce qui permet de rĂ©duire leur taille. Grâce aux progrès technologiques, on sait aujourd’hui fabriquer des picosatellites, infĂ©rieurs Ă  1 kg. Et mĂŞme des femtosatellites, qui pèsent moins de 100 g. NĂ©anmoins, c’est encore très compliquĂ© aujourd’hui de produire des satellites performants infĂ©rieurs Ă  100 kg. 

Les microsatellites (entre 60 et 200 kg maximum) et les nanosatellites (moins de 60 kg) rĂ©pondent aujourd’hui Ă  divers objectifs comme l’étude du climat ou l’amĂ©lioration des communications. Des exemples ? Le satellite français MicroCarb, dĂ©diĂ© Ă  la mesure du dioxyde de carbone (CO2), pèse 180 kg. Les 25 nanosatellites de la constellation française KinĂ©is, consacrĂ©e Ă  l’internet des objets, pèsent chacun moins de 30kg.

Un nanosatellite Kineis en fabrication.
Un nanosatellite Kineis en fabrication © CNES/GRIMAULT Emmanuel, 2024

Quizz

Les satellites sont souvent recouverts d’une sorte de couverture jaune/orange. A quoi sert-elle ?

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