Orbiteur

L’orbiteur Rosetta

Rosetta était une sonde interplanétaire dont l’objectif principal était le rendez-vous avec la comète 67P/Churyumov-Gerasimenko. Afin d’étudier le noyau de la comète, ainsi que le gaz et la poussière éjectés par le noyau lorsque la comète s’approche du Soleil, Rosetta emportait une suite de onze instruments à bord de l’orbiteur ainsi qu’un atterrisseur, Philae, équipé de dix instruments supplémentaires qui ont réalisé des mesures en surface.

Les instruments de l’orbiteur combinaient les techniques de télédétection, telles que des caméras et des mesures de radio science, avec des systèmes de détection directe, tels que des analyseurs de poussière et de particules.

Les instruments ont été fournis grâce à une collaboration entre les instituts scientifiques des États membres de l’ESA et des États-Unis. Des responsables des différents pays, européens et américains, ont dirigé les collaborations financées par les pays.

La sonde Rosetta en cours d’intégration chez Thales Alenia Space
La sonde Rosetta en cours d’intégration chez Thales Alenia Space © CNES/ESA/Arianespace/CSG Service Optique, 2004
Schéma montrant la localisation des instruments de l'orbiteur Rosetta
Schéma montrant la localisation des instruments de l'orbiteur Rosetta © ESA

Instruments de l’orbiteur

  • ALICE (États-Unis) Spectromètre Imageur Ultraviolet
    Principal investigateur : Southwest Research Institute (Boulder, Colorado, Etats-Unis)
    • ALICE a caractĂ©risĂ© la composition du noyau et de la chevelure (coma), ainsi que le couplage noyau/coma de la comète. Cela a Ă©tĂ© fait par l’observation des Ă©lĂ©ments spectraux dans l’ultraviolet extrĂŞme et lointain (EUV/FUV), de 70 Ă  205 nanomètres. ALICE a fait des mesures des abondances des gaz nobles dans la coma, le bilan atomique dans la coma, et les abondances des ions majeurs dans la queue et dans la rĂ©gion oĂą les particules du vent solaire interagissent avec l’ionosphère de la comète. ALICE a dĂ©terminĂ© le taux de production, la variabilitĂ©, et la structure du gaz d’H2O et CO, et CO2 entourant le noyau ainsi que les propriĂ©tĂ©s dans l’ultraviolet lointain (FUV) des grains solides de la coma.
  • CONSERT (France) Comet Nucleus Sounding Experiment by Radio wave Transmission
    Principal investigateur : Institut de PlanĂ©tologie et d'Astrophysique de Grenoble (Grenoble, France)
    • CONSERT a rĂ©alisĂ© la tomographie du noyau de la comète. CONSERT fonctionnait comme un transpondeur domaine temps entre Philae une fois posĂ© Ă  la surface de la comète et l’orbiteur qui tournait autour de celle-ci. Un signal radio passait du composant de l’instrument en orbite au composant Ă  la surface de la comète et Ă©tait immĂ©diatement renvoyĂ© Ă  sa source. La variation du dĂ©lai de propagation lorsque l’onde radio passait Ă  travers les diffĂ©rentes parties du noyau de la comète Ă©tait utilisĂ©e pour dĂ©terminer les propriĂ©tĂ©s diĂ©lectriques du matĂ©riau et la structure interne du noyau.
  • COSIMA (Allemagne) Cometary Secondary Ion Mass Analyser
    Principal investigateur : Max-Planck-Institut fĂĽr Sonnensystemforschung (Katlenburg-Lindau, Allemagne)
    • COSIMA Ă©tait un spectromètre de masse Ă  ions secondaires Ă©quipĂ© d’un collecteur de poussière, d’un canon Ă  ions primaires et d’un microscope optique pour la caractĂ©risation de cibles. La poussière de l’environnement proche de la comète Ă©tait collectĂ©e sur une cible. La cible Ă©tait ensuite dĂ©placĂ©e sous le microscope oĂą les positions des particules de poussière sont dĂ©terminĂ©es. Les particules de poussière comĂ©taire Ă©taient bombardĂ©es d’impulsions d’ions indium par le canon Ă  ions primaires. Les ions secondaires rĂ©sultants Ă©taient extraits et dirigĂ©s dans le spectromètre de masse Ă  temps de vol. Ils ont fourni la composition Ă©lĂ©mentaire et isotopique des grains de poussière comĂ©taire.
  • GIADA (Italie) Grain Impact Analyser and Dust Accumulator
    Principal investigateur : UniversitĂ  degli Studi di Napoli "Parthenope" (Naples, Italie)
    • GIADA a mesurĂ© la vitesse, la taille et le moment des particules de poussière (supĂ©rieures en taille Ă  15 micromètres et en masse Ă  10-10 g) collectĂ©es dans la coma de la comète grâce Ă  un système de dĂ©tection optique des grains et reçues sur un capteur mĂ©canique d’impact des grains. Cinq microbalances ont Ă©tĂ© utilisĂ©es pour mesurer la quantitĂ© de poussière collectĂ©e lorsque la sonde escortait la comète.
  • MIDAS (Autriche) Micro-Imaging Dust Analysis System
    Principal investigateur : Institut fĂĽr Weltraumforschung (Graz, Autriche)
    • MIDAS Ă©tait prĂ©vu pour l’analyse micro-texturale et statistique des particules de poussière comĂ©taire. L’instrument Ă©tait fondĂ© sur la technique de microscopie des forces atomiques AFM. Cette technique, sous les conditions qui prĂ©valaient dans l’environnement de l’orbiteur Rosetta, a permis l’analyse texturale (structures fines en 3 dimensions jusqu’à la rĂ©solution spatiale de 4 nm) et des statistiques sur les populations de grains de poussière (forme, taille et quantitĂ©s).
  • MIRO (États-Unis) Microwave Instrument for the Rosetta Orbiter
    Principal investigateur : Jet Propulsion Laboratory (Pasadena, Californie, Etats-Unis)
    • MIRO Ă©tait composĂ© d’un rĂ©cepteur mĂ©langeur d’ondes millimĂ©triques (1,6 µm) et d’un rĂ©cepteur hĂ©tĂ©rodyne submillimĂ©trique (0,5 µm). Le rĂ©cepteur d’ondes submillimĂ©triques fournissait Ă  la fois le continuum bande large et les donnĂ©es spectroscopiques haute rĂ©solution, alors que le rĂ©cepteur d’ondes millimĂ©triques fournissait seulement les donnĂ©es du continuum. MIRO a mesurĂ© la tempĂ©rature Ă  la surface de la comète, permettant l’estimation des propriĂ©tĂ©s thermiques et Ă©lectriques de la surface. De plus, la partie spectromètre de MIRO a permis la mesure des quantitĂ©s d’eau, de monoxyde de carbone, d’ammoniac, et de mĂ©thanol dans la coma de la comète.
  • OSIRIS (Allemagne) Optical, Spectroscopic, and Infrared Remote Imaging System
    Principal investigateur : Max-Planck-Institut fĂĽr Sonnensystemforschung (Katlenburg-Lindau, Allemagne)
    • OSIRIS Ă©tait un système de camĂ©ra dual fonctionnant dans les longueurs d’ondes du visible, proche infrarouge et proche ultraviolet (250 - 1000 µm) pour caractĂ©riser la forme, le volume et l’état rotationnel du noyau. OSIRIS Ă©tait constituĂ© de deux systèmes de camĂ©ras indĂ©pendantes partageant une Ă©lectronique commune. La camĂ©ra Ă  champ Ă©troit Ă©tait conçue pour produire des images Ă  haute rĂ©solution spatiale du noyau de la comète. La camĂ©ra grand champ avait un champ de vue large et un fort rejet de lumières parasites pour faire des images de la poussière et des gaz directement au-dessus de la surface du noyau de la comète. Chaque camĂ©ra Ă©tait Ă©quipĂ©e d’une roue Ă  filtres pour permettre une sĂ©lection des longueurs d’onde des images selon les objectifs pointĂ©s.
  • ROSINA (Suisse) Rosetta Orbiter Spectrometer for Ion and Neutral Analysis
    Principal investigateur : Universität Bern (Suisse)
    • ROSINA a dĂ©terminĂ© la composition molĂ©culaire, Ă©lĂ©mentaire et isotopique du matĂ©riau volatil de la coma ainsi que la densitĂ©, la vitesse et la tempĂ©rature du gaz comĂ©taire. ROSINA Ă©tait constituĂ© d’un spectromètre de masse Ă  focalisation double, d’un spectromètre de masse Ă  temps de vol de type rĂ©flectron et de 2 jauges de pression.
  • RPC (Suède) Rosetta Plasma Consortium
    Principaux investigateurs : Institutet för rymdfysik (Kiruna, Suède), Southwest Research Institute (San Antonio, Texas, Etats-Unis), Institutet för rymdfysik (Uppsala, Suède), Technische Universität (Braunschweig, Allemagne), Laboratoire de Physique et Chimie de l'Environnement et de l'Espace (OrlĂ©ans, France), Imperial College of Science, Technology and Medicine (London, Royaume-Uni)
    • RPC Ă©tait un ensemble de cinq instruments partageant une Ă©lectronique et une interface de donnĂ©es communes avec l’orbiteur Rosetta. Les instruments RPC Ă©taient conçus pour faire des mesures complĂ©mentaires de l’environnement plasma d’ions et d’électrons autour de la comète 67P Churyumov-Gerasimenko. 

      Liste des instruments RPC :

    • ICA : Ion Composition Analyser, analyseur de composition des ions (Suède)
    • IES : Ion and Electron Sensor, capteur d’ions et d’électrons (États-Unis)
    • LAP : Langmuir Probe, sonde de Langmuir (Suède)
    • MAG : Fluxgate Magnetometer, magnĂ©tomètre Ă  saturation de flux (Allemagne)
    • MIP : Mutual Impedance Probe, sonde d’impĂ©dance mutuelle (France)
    • PUI : Plasma Interface Unit, unitĂ© d’interface plasma (Royaume-Uni)
  • RSI (Allemagne) Radio Science Investigation
    Principal investigateur : Rheinisches Institut fĂĽr Umweltforschung an der Universität zu Köln (RIU-PF) (Cologne, Allemagne)
    • RSI utilisait le système de communication que la sonde Rosetta utilisait pour communiquer avec les stations de rĂ©ception sur Terre. Aussi bien les liens unidirectionnels que bidirectionnels pouvaient ĂŞtre utilisĂ©s pour les opĂ©rations. Dans le cas unidirectionnel, un signal Ă©tait gĂ©nĂ©rĂ© par un oscillateur ultra-stable Ă  bord de la sonde qui Ă©tait reçu sur Terre pour analyse. Dans le cas bidirectionnel, un signal transmis depuis la station sol Ă©tait renvoyĂ© sur Terre par la sonde. Dans les deux cas, le lien vers la Terre pouvait ĂŞtre rĂ©alisĂ© aussi bien en bande X qu’à la fois en bande X et en bande S. RSI a Ă©tudiĂ© les dĂ©calages de frĂ©quences non dispersifs (Doppler classique) et dispersifs (dus Ă  la propagation dans un milieu ionisĂ©), la puissance et la polarisation du signal des ondes portantes radio. Les variations de ces paramètres ont donnĂ© des informations sur le dĂ©placement de la sonde, les forces perturbatrices agissant sur la sonde et le milieu dans lequel s’effectuait la propagation.
  • VIRTIS (Italie) Visible and Infrared Thermal Imaging Spectrometer
    Principal investigateur : Istituto di Astrofisica e Planetologia Spaziali (Rome, Italie)
    • VIRTIS Ă©tait un spectromètre imageur qui combinait trois canaux de donnĂ©es en un instrument. Deux des canaux de donnĂ©es Ă©taient conçus pour rĂ©aliser une cartographie spectrale (220 - 5060 µm). Le troisième canal Ă©tait consacrĂ© Ă  la spectroscopie (2 - 5 µm). VIRTIS a dĂ©tectĂ©, caractĂ©risĂ© et cartographiĂ© les bandes spectrales typiques des minĂ©raux et des molĂ©cules Ă©mises par les composants de la surface du noyau et par les matĂ©riaux dispersĂ©s dans la coma.