Satellite

Plateforme

Le CNES a dĂ©veloppĂ© une filière Myriade de microsatellites, constituĂ©e d'Ă©quipements communs.

Cette plateforme est conçue pour des satellites de masse entre 100 et 200 kg au lancement. Son contrôle d'attitude utilise un senseur stellaire, des senseurs solaires, un magnétomètre, des gyromètres, des barreaux magnétiques et des roues à réaction. S'il y a maintien à poste ou un besoin de manœuvres orbitales, celui-ci et celles-ci sont assurés par un système de propulsion utilisant l'hydrazine.

La gestion bord est centralisée, construite autour d'un microprocesseur T805 à 10 MIPS. Une mémoire de masse est disponible pour le stockage des données. Les télémesures et les télécommandes utilisent le standard CCSDS.

Exemple d’une plateforme Myriade avec ses panneaux en position ouverte
Exemple d’une plateforme Myriade avec ses panneaux en position ouverte, avec ici installés les systèmes et instruments du satellite Picard © CNES

La date de lancement Ă©tait contrainte par la nĂ©cessitĂ© d'effectuer les observations pendant la phase ascendante d'activitĂ© solaire (dĂ©marrant en 2010) et par le calendrier de dĂ©veloppement du satellite, ayant conduit Ă  un lancement le 15 juin 2010, en compagnon du satellite SuĂ©dois Prisma, Ă  l'aide d'un lanceur Russo Ukrainien DNEPR opĂ©rĂ© par Kosmotras.

Satellite Picard en cours d’intégration au Centre Spatial de Toulouse
Le satellite Picard en cours d’intégration au Centre Spatial de Toulouse © CNES/H. Piraud, 2009

Charge utile

La charge utile Ă©tait constituĂ©e de 4 instruments :

  • SOVAP (SOlar VAriability Picard) qui mesurait l'irradiance solaire totale.
  • PREMOS (PREcision MOnitor Sensor) qui mesurait l'irradiance spectrale dans quatre domaines spectraux et l'irradiance solaire totale.
  • SODISM (SOlar Diameter Imager and Surface Mapper) qui avait pour objet de :
    • Mesurer le diamètre solaire et la forme du limbe Ă  trois longueurs d'onde dans le continuum photosphĂ©rique en fonction de la latitude hĂ©liographique. Les longueurs d'onde retenues Ă©taient 535, 607, 782 nm dans les domaines spectraux excluant les raies de Fraunhofer.
    • DĂ©tecter les rĂ©gions actives (facules et taches) susceptibles de perturber les mesures au limbe. La longueur d'onde retenue Ă©tait celle de l'Ă©mission du CaII Ă  393 nm qui en outre a Ă©tĂ© utilisĂ©e pour la mesure de la rotation diffĂ©rentielle.
    • Étudier en relation avec PREMOS les effets de l'activitĂ© solaire sur l'irradiance spectrale et l'image du soleil Ă  215 nm.
    • Étudier l'influence des rĂ©gions actives sur le diamètre.
    • Effectuer un sondage profond du soleil.
Schéma de la localisation des systèmes et instruments sur le satellite Picard
Schéma de la localisation des systèmes et instruments sur le satellite Picard © CNES

Les instruments Ă©taient mis en Ĺ“uvre par un ensemble d'Ă©lectronique contenu dans un boĂ®tier appelĂ© PGCU (Picard Gestion Charge Utile) qui contenait toutes les fonctions nĂ©cessaires au fonctionnement des trois instruments : formatage de la tĂ©lĂ©mesure, rĂ©ception des tĂ©lĂ©commandes, système de rĂ©gulation thermique, compression des images, sĂ©quencement des mesures, alimentation basse tension, gestion des sĂ©curitĂ©s...

Schéma en 3D de la charge utile Picard
Schéma en 3D de la charge utile Picard montrant l'encombrement réduit de la charge utile du microsatellite (60x30x40 cm3) et illustrant les instruments SODISM, SOVAP et PREMOS ainsi que le boîtier d'électronique commun © CNES