Satellites

Un système de positionnement global comme Galileo ne pourrait fonctionner sans un réseau complet de stations au sol, coordonnées entre elles. Une partie de ces dernières contrôlent directement la constellation de satellites (le centre de contrôle et les stations de suivi et télémétrie des satellites TT&C), tandis qu’une autre partie évalue et corrige les performances du système de positionnement (le centre de mission, les stations de mesure GSS et le réseau de transmission des données ULS).

 

Les satellites Galileo

La constellation de positionnement Galileo progresse depuis l’envoi des premiers satellites FOC - Final Operational Capability – en 2014 et l’ouverture des services en dĂ©cembre 2016. Fin 2024 la constellation est constituĂ©e de 25 (27 prĂ©vus en 2025) satellites FOC actifs en orbite circulaire MEO (Medium Earth Orbit) Ă  23 222km d’altitude en moyenne. Les satellites seront rĂ©partis Ă  terme en 3 plans d’orbite dĂ©calĂ©s composĂ©s de 8 satellites nominaux + 2 satellites de rechange, tous actifs, pour couvrir l’ensemble du globe. 
Chacun des satellites diffuse en continu son identité, l’heure précise de son horloge atomique et sa position dans la constellation.

Les satellites ont pu être envoyés par paires depuis Kourou sur Soyouz, ou par groupes de quatre unités grâce à Ariane 5 ES. Le premier vol d’Ariane 6 (configuration 62) au service de Galileo aura lieu avec une paire de satellites à partir de 2025.

Un satellite Galileo FOC de première gĂ©nĂ©ration (Ă  partir de 2014) pèse 730 kg et mesure presque 15 m de long une fois ses deux panneaux solaires dĂ©ployĂ©s. Ils sont conçus pour fonctionner au moins 12 ans en orbite et ont Ă©tĂ© assemblĂ©s Ă  BrĂŞme (Allemagne) par l’entreprise OHB, tandis que la charge utile a Ă©tĂ© assemblĂ©e au Royaume Uni par Surrey Satellites Technologies Ltd. Outre les systèmes de bord, le « cĹ“ur Â» de ces vaisseaux est constituĂ© de quatre horloges atomiques de très haute prĂ©cision. Il s’agit d’un fonctionnement redondant, destinĂ© Ă  assurer la fiabilitĂ© et la durĂ©e de vie du service et pour Ă©viter d’éventuelles pannes ou erreurs : un satellite n’a besoin que d’une seule horloge active pour fonctionner. 

Les horloges de Galileo sont extraordinairement prĂ©cises :

  • 2 horloges atomiques Ă  Maser hydrogène passif (PHM – Passive Hydrogène Maser) fonctionnent en stimulant un rĂ©servoir d’hydrogène super-refroidi Ă  une frĂ©quence prĂ©cise. Il s’agit du système le plus prĂ©cis en fonction, toutes constellations de positionnement confondues, avec une dĂ©rive estimĂ©e en moyenne Ă  une seconde tous les 3 millions d’annĂ©es.
  • 2 horloges atomiques au Rubidium (RAFS – Rubidium Atomic Frequency Standard) qui utilisent l’état de transition du Rubidium-87 Ă  6,8 GHz pour mesurer le temps. L’une des deux horloges au Rubidium peut Ă  tout moment prendre le relais d’un Maser hydrogène.

Enfin, une antenne Ă©met les signaux de navigation sur les diffĂ©rentes bandes de frĂ©quences utilisĂ©es par les services de Galileo :

  • E1 (1559-1591MHz)
  • E5a et E5b (1164-1214MHz)
  • E6 (1260-1300MHz)
Illustration des bandes de fréquence utilisées par GPS, GLONASS et Galileo
Bandes de fréquence utilisées par GPS, GLONASS et Galileo © ESA

Le futur de Galileo

La pĂ©rennisation de Galileo est dĂ©jĂ  assurĂ©e : 6 satellites supplĂ©mentaires de première gĂ©nĂ©ration sont dĂ©jĂ  fabriquĂ©s et prĂŞts Ă  ĂŞtre mis sur orbite pour maintenir la constellation et gĂ©rer la transition vers la seconde gĂ©nĂ©ration du système qui dĂ©butera Ă  la fin de la dĂ©cennie 2020-2030. 

La deuxième gĂ©nĂ©ration de satellites est dĂ©jĂ  en fabrication : l’ESA a signĂ© en 2019 deux contrats pour produire un lot de 12 satellites de seconde gĂ©nĂ©ration. Utilisant pour la première fois la propulsion Ă©lectrique et hĂ©bergeant une antenne de navigation amĂ©liorĂ©e, leurs charges utiles entièrement numĂ©riques sont conçues pour ĂŞtre facilement reconfigurĂ©es en orbite, ce qui leur permettra de rĂ©pondre activement aux besoins Ă©volutifs des utilisateurs grâce Ă  de nouveaux signaux et services.

Les nouvelles technologies embarquées comprennent la propulsion électrique pour manœuvrer les satellites depuis l'orbite basse sur laquelle ils seront lancés jusqu'aux orbites opérationnelles finales, ce qui permet de lancer deux satellites ensemble malgré leur masse accrue. Des liaisons inter-satellites permettront de vérifier régulièrement leurs performances et de réduire leur dépendance à l'égard de la disponibilité des installations au sol. Les satellites seront également dotés d'une antenne de navigation plus puissante et de cinq horloges atomiques embarquées plus précises.

Lorsque les premiers d’entre eux seront en orbite en 2027, ils seront d’abord programmĂ©s pour transmettre les signaux actuels afin de garantir la continuitĂ© du service. Et puis, dans 7 Ă  10 ans, une fois dĂ©ployĂ©s en nombre suffisant, ils transmettront aussi de nouveaux signaux innovants pour rĂ©pondre aux futurs besoins de l’Europe.

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