Image satellite de la banlieue Sud-Ouest de Paris

Ile-de-France - La banlieue Sud-Ouest de Paris, entre recompositions urbaines et conservatismes

SituĂ© dans un mĂ©andre de la Seine dominĂ© en rive droite par des plateaux Ă©levĂ©s et boisĂ©s (forĂŞts, parcs), le sud du dĂ©partement des Hauts-de-Seine est un espace très convoitĂ© du fait de la qualitĂ© de son cadre de vie, de son patrimoine historique, de ses amĂ©nitĂ©s et de sa proximitĂ© avec l’ouest de Paris et Versailles. Toujours dominĂ© par la Droite, ce territoire cherche Ă  attirer des activitĂ©s dynamiques, une population aisĂ©e et Ă  conserver un riche patrimoine. L'ancienne citadelle ouvrière des usines Renault de Boulogne-Billancourt est, ainsi, devenue un Ă©co-quartier, et Issy, autrefois mairie de Gauche, s'est engagĂ©e dans l’accueil des sièges sociaux et les services de haut niveau. Cette montĂ©e en gamme s'inscrit dans le phĂ©nomène de mĂ©tropolisation : le Sud-Ouest parisien apparaĂ®t ainsi comme un laboratoire des Ă©volutions rĂ©centes de la ville.

Image satellite de la banlieue Sud-Ouest de Paris
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Légende de l’image

Cette image a été prise par un satellite Pléiades le 21/07/2013. Il s’agit d’une image en couleurs naturelles, de résolution native à 0,70m, ré-échantillonnée à 0,5m.

Pour cette Ă©tude cas quatre zones sont prĂ©sentĂ©es dans la partie "zooms d'Ă©tudes". L'image ci-contre montre la banlieue Sud-Ouest de Paris avec leurs localisations :

Présentation de l’image globale

Le sud des Hauts de Seine : un espace urbain d’exception, riche et attractif en mutation

Un méandre de la Seine et ses îles

Nous voyons sur l’image le grand méandre d’un fleuve, la Seine, qui coule après avoir traversé Paris vers le nord. Ce territoire est partagé entre plusieurs communes aisées ou en voie de gentrification.

Dans l’angle nord-est se trouve Paris, plus particulièrement le beau XVIème arrondissement et le Bois de Boulogne, qui appartient Ă  la ville de Paris.  On reconnaĂ®t facilement le massif stade du Parc des Princes et la cĂ©sure du boulevard pĂ©riphĂ©rique qui sĂ©pare Paris de sa banlieue. En rive droite du mĂ©andre se trouve l’importante ville de Boulogne – 120 000 hab., 19 300 hab./km² - cernĂ©e par la Seine avec au nord et au centre le beau Boulogne et au sud le quartier de Billancourt et l’ile Seguin, qui fut le fief de la RĂ©gie Renault.

Sur la rive droite se trouvent successivement d’est en ouest Issy-les-Moulineaux (68 000 hab, 16 000 hab/ km²), attenante à Paris, et la longue ile Saint-Germain, Meudon (45 000 hab, 4 500 hab/km²) entre la Seine et la forêt de Meudon, Sèvres (24 000 hab, 6 000 hab/km²) dont la vallée est empruntée par la « voie royale » qui mène à Versailles et à son château (hors image), Saint-Cloud (30 200 ha, 3 900 hab/km²) et son vaste parc, puis enfin Suresnes (48 600 hab., 12 800 hab. /km²) avec le début de l’île de Puteaux.

L’image satellite montre bien le cadre spĂ©cifique de cet espace : ici, la Seine fait une boucle, elle ne divise pas le territoire : elle en est l’unitĂ©. TraversĂ© par de nombreux ponts, le fleuve devient trait d’union et participe de l’identitĂ©. Ces rives, longtemps dĂ©volues aux activitĂ©s industrielles, sont reconquises par les investisseurs immobiliers. Les Ă®les - Saint Germain, Seguin et de Puteaux - connaissent une Ă©volution similaire.

 

Une vallĂ©e dominĂ©e en rive gauche par des plateaux : les Hauts-de-Seine

En revanche, la topographie est marquée par un fort contraste. Constituée d’une succession de hautes terrasses fluviales, la rive droite est relativement plane avec des dénivelés d’une douzaine de mètres et une partie du lit majeur de la Seine pu être soumise aux inondations, comme celle de 1910.

En revanche, la rive sud se caractĂ©rise par des reliefs : on passe d’une altitude d’environ 30 mètres au bord de la Seine Ă  178 mètres sur les hauteurs de Meudon et 160 m au Parc de Saint-Cloud. Ces pentes, parfois abruptes, sont parcoures par des rus. Celui d’Arthelon sĂ©pare les collines de Meudon et de Clamart et est enterrĂ©, tout comme le rĂ» de Marivel qui draine la vallĂ©e de Sèvres. Ces pentes peuvent parfois localement occasionner des contraintes comme en tĂ©moignent les difficultĂ©s rencontrĂ©es lors des pĂ©riodes de gel, de verglas ou de neige par les automobilistes empruntant la longue montĂ©e de la N118 entre le pont de Sèvres et le plateau de la forĂŞt de Meudon.

 

Hauts plateaux, forêts domaniales et héritages royaux, princiers et aristocratiques

Mais ces pentes sont surtout un formidable balcon sur Paris et ces Hauts de Seine. Elles sont très recherchées au plan résidentiel pour les vues que tels sites topographiques permettent. Ces hauteurs eurent aussi dans leur temps leurs fonctions militaires, comme en témoigne encore le Mont Valérien, dans l’angle nord de l’image.

En dehors du Bois de Boulogne (846 ha.) créé au XIXème siècle, cet espace se caractérise par la présence de grandes forêts domaniales, historiquement héritée, très présentes sur les hauteurs. On trouve ainsi au sud l’importante forêt de Meudon (1 100 ha.), puis la pointe orientale de la forêt de Fausses-Reposes (616 ha.) entre Sèvres et Ville d’Avay mais qui s’étend jusqu’à Versailles et au Chesnay (hors image) et, enfin, le grand parc de Saint-Cloud (480 ha.). L’existence de ces forêts doit tout à la présence royale, puisqu’elles servaient de territoire de chasse au Roi et à la cour, alors que le Parc de Saint Cloud est lié à un achat foncier en 1577 de Catherine de Médicis. De nombreux et vastes domaines nobiliaires furent constitués, mais ont aujourd’hui disparu.

Ces forêts sont aujourd’hui des zones protégées gérées par l’ONF (Office Nationale des Forêts) pour Meudon et la forêt de Fausses-Reposes ou par le Centre des Monuments nationaux, pour le domaine de Saint Cloud. Ces vastes espaces sont, avec le Bois de Boulogne, des « poumons verts » pour la capitale et sa banlieue qui attirent des millions de randonneurs ou promeneurs chaque année. On peut parfois y surprendre renards ou dains, alors que l’exploitation des forêts par l’ONF (cf. opération de coupe et de régénération) se heurte parfois aux populations résidentes. Elles sont complétées par les hippodromes de Longchamp et d’Auteuil en bordure du Bois de Boulogne ou par les golfs très huppés de Paris et de Saint-Cloud, bien visibles dans le quart nord-ouest de l’image.

Cette tradition royale et nobiliaire se traduit aussi par la présence d’un important patrimoine foncier, immobilier ou culturel comme l’Observatoire de Paris à Meudon, la Manufacture Royale et le CIEP à Sèvres ou le Domaine national de Saint-Cloud (musée…). S’y ajoutent aussi d’importants héritages privés (cf. musée départemental Albert Kahn à Boulogne en bord de Seine…)

 

Cadre de vie, amĂ©nitĂ©s rĂ©sidentielles et sĂ©grĂ©gation sociale et rĂ©sidentielle :

Ce cadre exceptionnel à l’échelle de l’agglomération parisienne et la présence de ce riche patrimoine et de ces infrastructures se traduisent par le prix élevé du foncier et de l’immobilier. Nous sommes là dans un espace en continuité avec les Beaux Quartiers de l’Ouest parisien. S’il existe encore quelques îlots d’habitat social collectif (quartier du Pont de Sèvres à Boulogne, Meudon-le-Forêts, centre de Sèvres…), les mutations actuelles tendent à chasser de ce territoire résidentiel les catégories populaires et les couches moyennes salariées.

Cette situation ne laisse guère de doutes sur les catĂ©gories sociales qui rĂ©sident dans ces villes. Ce sont essentiellement des cadres et des professions intellectuelles supĂ©rieurs : elles reprĂ©sentent 44% des mĂ©nages de Saint Cloud, 52 % Ă  Issy-les-Moulineaux.  Les revenus moyens et les niveaux de vie et de consommation sont Ă©levĂ©s : le revenu mĂ©dian de Saint-Cloud est le double de la moyenne nationale.

Ces catĂ©gories sociales travaillent Ă  Paris ou Ă  La DĂ©fense, qui se situe juste au nord de Suresnes dans l’angle nord-ouest de l’image, sur les communes de Puteaux et Courbevoie.  Mais aussi dans l’espace couvert par l’image du fait de la prĂ©sence de nombreux sièges sociaux tels ceux de Renault, Alcatel-Lucent, Huawei, Vallourec Ă  Boulogne-Billancourt, Microsoft et Cisco Ă  Issy-les-Moulineaux, Dassault Ă  Saint-Cloud… Les collectivitĂ©s territoriales, notamment la CommunautĂ© d’agglomĂ©ration Grand Paris Seine Ouest, encouragent l’implantation des ces entreprises Ă  haute valeur ajoutĂ©e afin de dynamiser leur Ă©conomie et attirer des populations aisĂ©es.

 

Un espace régional en profondes mutations fonctionnelles et immobilières

Cet espace fut à la fin du XIXème siècle et au début du XXème siècle un des berceaux historiques des industries automobiles (Renault à Billancourt), mécaniques et aéronautiques (St Cloud, Suresnes). Sur cette image, la Seine apparaît comme l’axe structurant des aménagements des deux rives. Elle exerce un véritable tropisme pour les activités économiques et les nouveaux immeubles d’habitations. Plus on se rapproche de la Seine, plus le coût de l’immobilier augmente. Cela représente une rupture avec le passé industriel où la Seine représentait une forme de repoussoir, le fleuve étant parcouru par des navires dégageant une odeur déplaisante. A cette époque, les quais servaient à la fois de ports de déchargement et aux activités manufacturières.

Mais les mutations du système productif se sont traduites ces dernières décennies par de profondes transformations sociales, fonctionnelles et immobilières, comme en témoignent encore aujourd’hui sur l’image les mutations du grand quadrilatère en rive gauche et de l’île Séguin. Le centre du département des Hauts-de-Seine connaît d’importantes transformations depuis plus de trente ans, sous l’effet de politiques municipales ambitieuses et de la métropolisation.

D’anciennes places fortes ouvrières – Sèvres eut ainsi trois maires communistes entre 1945 et 1983 du fait de la présence de nombreux ouvriers de Renault - sont ainsi devenues des territoires tournés vers les fonctions territorialement les plus discriminantes (sièges d’entreprise, laboratoires de recherche) et les activités à haute valeur ajoutée (touristiques, culturelles).

La multiplication des sièges d’entreprise se traduit dans le paysage par la multiplication des immeubles de bureaux et des tours sur les bords de Seine comme on peut le voir sur le « Trapèze » à Boulogne Billancourt, le long de la vallée de la Seine de Meudon à Suresnes ou le long de la ligne C du RER à Issy-les-Moulineaux. On assiste aussi à la multiplication des opérations résidentielles de haut de gamme pour des clientèles aisées. Cette nouvelle attractivité fait pour partie de l’ombre au quartier de la Défense et on assiste à une nouvelle concurrence entre ces deux pôles majeurs de l’Ouest francilien.

Dans le cadre des projets du Grand Paris Express, cet espace sera relié, à partir de 2024, à la fois au quartier d’affaires parisien et au nouveau centre que doit devenir Villejuif. D’ailleurs, ces villes sont intégrées à la Métropole du Grand Paris, qui est née en 2016.

Zooms d’étude

Zoom 1. Les mutations urbaines et immobilières des usines Renault-Billancourt

Cette image couvre le versant sud du grand méandre de la Seine, un territoire qui fut très longtemps historiquement marqué par la fonction industrielle productive, les ateliers et usines et une forte présence ouvrière. Aujourd’hui, cette image témoigne des profondes mutations en cours. On distingue parfaitement sur Boulogne Billancourt les quartiers en cours de rénovation ou de réhabilitation.

Au contact entre Boulogne, Sèvres et Meudon, l’entreprise Renault occupaient une emprise de 31,5 ha, dont 11,5 ha  sur l’île Seguin. On trouvait dans ce très vaste ensemble le siège social, des ateliers et sĂ©vices techniques et, surtout, une importante usine de montage qui arrĂŞte ses activitĂ©s au dĂ©but des annĂ©es 1980. Le quartier du Trapèze, l’île Seguin et le quartier du Pont de Sèvres connaissent depuis de grands bouleversements. Mais comme c’était lĂ  une des plus importantes emprises foncières d’un seul tenant au centre de l’agglomĂ©ration parisienne, son amĂ©nagement connu de multiples rebondissements du fait des enjeux politiques, fonciers, urbains et symboliques dont elle Ă©tait porteuse et du fait aussi de nombreuses rivalitĂ©s entre Ă©lus locaux, rĂ©gionaux et nationaux.

Zone d’aménagement concerté pilotée par la SPL (Société Publique Locale) et certifié éco-quartier en 2013, cet espace a aujourd’hui pour ambition de promouvoir une autre politique de la ville, grâce aux circulations douces (pistes cyclables, voies piétonnes) et grâce à ses transports en commun (métro automatique à partir de 2024).

Sur cette image, les travaux sont encore en cours, notamment dans le quartier du Trapèze. Par ailleurs, la Seine Musicale, une salle de spectacle de plus de 6 000 places, inaugurĂ©e en 2017 et situĂ©e Ă  l’extrĂ©mitĂ© de l’île vers el Pont de Sèvres, n’est pas encore construite. La dimension culturelle est très prĂ©sente dans ce projet : mĂ©diathèque, lycĂ©e, Ă©coles ont, aussi vu le jour. Pour rĂ©aliser ces bâtiments, les promoteurs ont fait appel Ă  des « starchitectes » comme Jean Nouvel (Tour Horizons) ou Shigeru Ban (Seine musicale).

Quelques Ă©lĂ©ments du passĂ© industriel de ces quartiers subsistent nĂ©anmoins : le pont DaydĂ© menant Ă  l’ancienne usine Renault et quelques façades. Le patrimoine industriel a Ă©tĂ© en grande partie dĂ©truit mais le souvenir de la citadelle ouvrière ne pouvait ĂŞtre complètement effacĂ© de l’espace urbain. Boulogne-Billancourt a une longue histoire industrielle. Sous la RĂ©volution, l’île de Boulogne Ă©tait, dĂ©jĂ , le lieu d’activitĂ©s prĂ©industrielles avec les tanneries du chimiste Seguin.

En cours de rénovation, la « dalle du Pont de Sèvres » sur Boulogne à l’entrée du Pont de Sèvres n’est encore pas visible sur l’image car les travaux réalisés l’ont été après 2017. Cet ensemble d’immeubles, construits sur dalle dans les années 1970 était, en partie, vétuste et s’intégrait mal à la nouvelle politique de la ville et à l’image que voulait se donner la municipalité. Sa rénovation paraissait donc nécessaire afin d’attirer investisseurs et catégories sociales plus aisées.

Engagé par le précédent maire, Jean-Pierre Fourcade, ce vaste projet urbain a été poursuivi par son successeur, Pierre-Christophe Baguet, également Président de Grand Paris Seine Ouest. Bénéficiant d’une même coloration politique, il a pu être mené rapidement à bien, pour un espace de cette envergure, malgré de nombreuses péripéties (abandon du projet d’une fondation d’art par François Pinault en 2005, qui sera finalement réalisée en 2021). Ainsi, une partie de l’île Seguin a été vendue pour un euro symbolique par le Conseil départemental des Hauts-de-Seine.

Zoom 2. Les mutations d’Issy-les-Moulineaux

Le quartier longeant le boulevard périphérique à Issy-les-Moulineaux a été, en partie, traité dans la notice sur Paris. C’est un quartier en perpétuelle évolution, tout comme celui vu précédemment. Si on compare cette image avec celle de la notice sur Paris, on peut se rendre compte des nombreuses constructions qui ont été achevées depuis.

On distingue parfaitement un ensemble de nouveaux immeubles d’habitation construits sur un modèle architectural semblable de part et d’autre de la départementale longeant la Seine. On retrouve de nombreux sièges et immeubles de bureaux de groupes internationaux (Bouygues, Safran, Microsoft, Cisco…) aux architectures innovantes et ambitieuses, tout au long de la ligne C du RER. Cet ensemble est comme un reflet des constructions de la rive droite.

Quant Ă  l’île Saint-Germain, au centre de l’image, elle reste, en partie, consacrĂ©e Ă  des activitĂ©s qui lui sont traditionnelles : habitations et immeubles de bureaux Ă  l’ouest, et loisirs (poney-club, promenades, chapiteaux) Ă  l’est.

Cette politique est le reflet des ambitions du maire d’Issy-les-Moulineaux depuis 1980 : AndrĂ© Santini. Tirant profit de sa faconde et de son carnet d’adresses, il a pu aussi compter sur les autres Ă©lus de son dĂ©partement, ancrĂ©s Ă  droite. Il a rĂ©ussi Ă  transformer considĂ©rablement sa ville, comme en tĂ©moigne l’image et en faire, comme Boulogne-Billancourt, un prolongement de Paris.

Zoom 3. Des espaces sanctuarisĂ©s et amĂ©nagĂ©s des symboles de l’Ouest parisien : le Parc de Saint-Cloud

Sur cette image, la banlieue traditionnelle de l’Ouest parisien, faite de maisons individuelles, côtoie une ancienne résidence royale, et même impériale. Située sur les hauteurs de la Seine, Saint-Cloud – tout comme Meudon - accueille les vestiges d’un château et de son parc sur son territoire. L’extension de la ville est donc limitée. Le relief est une autre contrainte. L’aménagement est rendu difficile du fait de la pente.

Pourtant, l’urbanisation est ancienne comme le montre l’image. On peut ainsi observer au nord du domaine, un espace formant un triangle parsemé de maisons de grandes tailles, disposant, toutes, d’un grand jardin, et de quelques immeubles de standing. C’est le quartier du Parc de Montretout. Une véritable Gated Community avant l’heure, un domaine fermé aux regards des non-résidents. Depuis le Second empire, s’y côtoient des personnalités politiques et des artistes.

Au nord de cette résidence fermée, on peut deviner le sillon de la voie ferrée Paris- Saint-Lazare – Versailles, dont l’ouverture au milieu du XIXème siècle expliqua largement l’urbanisation des coteaux. Ainsi, même si c’est un espace protégé, c’est aussi un espace parcouru comme le prouvent la présence de l’A13, des voies sur berges et d’infrastructures telles que le fameux tunnel de Saint-Cloud. L’ancienneté de ces aménagements n’a pas été un frein au développement du caractère cossu de Saint-Cloud.

Quant aux activitĂ©s Ă©conomiques, la ville est rĂ©solument tournĂ©e vers les services et les fonctions dĂ©cisionnelles. En tant qu’adhĂ©rente de la communautĂ© d’agglomĂ©ration POLD (Paris Ouest La DĂ©fense), elle est en concurrence avec Issy et Boulogne-Billancourt. Comme on peut voir sur l’image, les sièges des entreprises clodoaldiennes se situent sur la rive de la Seine. Dans les annĂ©es 1970, Ă  proximitĂ© de l’autoroute de Normandie, Ă  l’entrĂ©e du tunnel de Saint Cloud, un vaste ensemble de bureaux fut Ă©difiĂ© : « les bureaux de la colline ». On les devine parfaitement sur l’image, ils contrastent considĂ©rablement avec l’architecture de la ville.

Très proches du Domaine national de Saint Cloud, de nombreux aménagements ont été construits à une époque où le souci de préserver le patrimoine passait derrière les intérêts économiques. Le domaine reste un lieu de villégiature dominical mais aussi un espace pour les manifestations culturelles (Rock en Seine, expositions, festival de danse).

Zoom 4. Le Bois de Boulogne : entre beaux quartiers parisiens du XVIème arrondissement et communes huppĂ©es des Hauts-de-Seine

Le sud du Bois de Boulogne apparaĂ®t sur l’image satellite. Deux hippodromes se dĂ©tachent : celui de Longchamp Ă  gauche et, plus petit, celui d’Auteuil. La prĂ©sence de quartiers huppĂ©s et l’espace disponible expliquent la prĂ©sence des champs de course. Si la course hippique n’est plus que rarement le rendez-vous des classes aisĂ©es, seulement lors des Grands Prix, cette activitĂ© jouit encore d’un certain prestige. Les investisseurs aisĂ©s restent nombreux dans ce domaine.

Plus au nord, on peut distinguer une piscine : c’est celle du Lagardère Paris Racing, un club privĂ© rĂ©servĂ© aux grandes fortunes et aux cĂ©lĂ©britĂ©s. La prĂ©sence de la « Croix Catelan », comme l’appellent les habituĂ©s, renforce le caractère privilĂ©giĂ© de l’Ouest parisien. Il existe d’autres clubs « selects » comme le Polo club de Paris, au nord de Longchamp, ou le Cercle du Bois de Boulogne (tir) qui n’est pas visible sur l’image.

Le Bois de Boulogne, réaménagé sous le Second Empire, accueille de nombreuses activités comme le jardin des serres d’Auteuil, que l’on devine tout en bas du zoom, à côté du Stade Roland-Garros, lieu prisé par la bourgeoisie, et le jardin de Bagatelles, au nord de Longchamp. Tous les jours, des joggeurs parcourent les allées boisées du bois et y rencontrent, souvent, des prostitués, rares manifestations de pauvreté dans cet Ouest privilégié.

Image complémentaire

Image réalisée le 29 mars 2019 par un satellite Pleiades. Il s’agit d’une image en couleur naturelle, de résolution native à 0,70m, ré-échantillonnée à 0,5m

D’autres ressources

Site GĂ©oimage :


Autres ressources :

  • Laurent CarrouĂ©, La France. Mutations des systèmes productifs, coll. U, Armand Colin, Paris, 2013
  • Laurent CarrouĂ©, « Ile-de-France » (chap.1) in La France des 13 rĂ©gions, coll. U, Armand Colin, Paris, 2017
  • Tangui Pennec, GĂ©opolitique d’une « banlieue bleue ». Les Hauts-de-Seine dans le Grand Paris : un essai d’analyse gĂ©opolitique locale, Thèse de doctorat de gĂ©ographie mention gĂ©opolitique, UniversitĂ© Paris VIII-Saint-Denis, 2017
  • Philippe Subra, Le Grand Paris. GĂ©opolitique d’une ville mondiale, coll. Perspectives gĂ©opolitiques, Armand Colin, Paris, 2012
  • INSEE, 2019, Dossier complet des communes Ă©tudiĂ©es. CommunautĂ© d’agglomĂ©ration Grand Paris Seine Ouest

Auteur

Grégoire Gueilhers, professeur agrégé, Lycée la Bruyère de Versailles

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