Webb / MIRI en détails

Contexte

Concentré d’innovation technologique et d’ambition scientifique, le télescope spatial Webb permet de franchir un nouveau cap dans la compréhension de l’Univers. Un programme exceptionnel piloté par la NASA, dans lequel la France a pris toute sa part.

Vue d’artiste du JWST
Vue d’artiste du JWST © NASA GSFC/CIL/Adriana Manrique Gutierrez, 2021
Infographie du télescope Webb
Infographie : Webb, un télescope spatial pour voir l’invisible. Chiffres clés © CNES 2021, atelier de design graphique, CC-BY-NC-SA-3.0 | 2021

Objectifs

  • DĂ©tecter la lumière des premières galaxies

  • Étudier la formation des Ă©toiles et galaxies

  • Étudier l’évolution des systèmes planĂ©taires

  • CaractĂ©riser l’atmosphère des exoplanètes

Webb observe dans le domaine de l’infrarouge avec pour objectifs principaux de :  - dĂ©tecter la lumière des premières Ă©toiles et galaxies apparues après le Big Bang, 

  • Ă©tudier la formation et l’évolution des galaxies, des Ă©toiles et des systèmes planĂ©taires
  • caractĂ©riser l’atmosphère des exoplanètes connues. 


Succédant au télescope spatial Hubble, le télescope spatial James Webb est le plus grand et le plus puissant télescope jamais lancé dans l’espace. Conçu pour répondre aux questions les plus essentielles sur l’Univers, il promet des découvertes révolutionnaires dans tous les domaines de l’astrophysique ainsi que de nouvelles images des objets célestes lointains à couper le souffle.

Webb est équipé de quatre instruments de pointe, dont MIRI (Mid-InfraRed Instrument), développé sous la responsabilité de l’ESA et des agences spatiales nationales par un consortium de laboratoires européens, en collaboration avec le JPL (Jet Propulsion Laboratory) en Californie.

À bord, l’imageur français MIRIM (MIRI iMager), développé par le CEA avec des équipes du CNRS (IAS, LESIA et LAM) et de ses partenaires, sous la responsabilité du CNES.

MIRI est le seul instrument Ă  aller au-delĂ  de 5 micromètres, ce qui le rend capable d’étudier :

  • l’émission d'hydrogène et la recherche des premiers objets lumineux,
  • la formation et l’évolution des premières galaxies dans l'univers (distantes de plus de 12 milliards d’annĂ©es-lumière),
  • l’émission des Ă©lĂ©ments sombres dans les Noyaux Galactiques Actifs,
  • la formation des Ă©toiles et systèmes proto-planĂ©taires,
  • l’évolution des systèmes planĂ©taires, la taille des objets de la Ceinture de Kuiper et les comètes faiblement lumineuses,
  • l’observation des naines brunes et des planètes gĂ©antes,
  • la recherche des conditions favorables Ă  l'apparition de la vie.


NIRCam a pour but de :

  • dĂ©tecter la lumière des premières Ă©toiles, des amas d'Ă©toiles ou des noyaux galactiques,
  • Ă©tudier les galaxies très lointaines vues au cours de leur formation,
  • dĂ©tecter la distorsion de la lumière due Ă  la matière noire,
  • rechercher les supernovae dans les galaxies lointaines,
  • Ă©tudier la population stellaire dans les galaxies proches, les Ă©toiles jeunes dans la Voie LactĂ©e et les objets de la Ceinture de Kuiper dans notre Système Solaire.


NIRSpec a une sensibilitĂ© dans une gamme de longueurs d'ondes qui correspond aux radiations des plus lointaines galaxies et est capable d'observer plus de 100 objets simultanĂ©ment. Les objectifs scientifiques clĂ©s de cet instrument sont :

  • l’étude de la formation des Ă©toiles et des abondances chimiques des galaxies lointaines jeunes,
  • la recherche des structures dans les disques de gaz dans les Noyaux Galactiques Actifs (galaxies très lumineuses et Ă©nergĂ©tiques, observables aux longueurs d'ondes allant des ondes radio aux rayons X),
  • l’étude de la distribution des masses des Ă©toiles dans les amas d'Ă©toiles jeunes.

 

Déroulé du projet

Le 25 dĂ©cembre 2021 Ariane 5 a parfaitement rĂ©ussi sa mission et mis en orbite le tĂ©lescope spatial James Webb de la NASA. Le successeur de Hubble, a dĂ©collĂ© depuis le port spatial europĂ©en de Kourou grâce aux Ă©quipes de l’ESA, du CNES, d’Arianespace et d’ArianeGroup. La campagne de prĂ©paration du lancement a eu lieu sur le site et a durĂ© 55 jours.

Ariane 5 a placĂ© Webb sur une trajectoire qui l’a emmenĂ© directement vers sa destination finale : le second point de Lagrange (L2), une orbite situĂ©e Ă  1,5 millions de km de la Terre, que le tĂ©lescope a atteint 29 jours après son lancement. IntĂ©gralement dĂ©ployĂ© dès son arrivĂ©e Ă  L2, il a allumĂ© et testĂ©   l’ensemble de ses 4 instruments avant d’être opĂ©rationnel le 12 juillet 2022.

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Après le lancement, Webb est passé par une période de recette en vol de 6 mois au cours de laquelle ont été testés tous les sous-systèmes et expériences scientifiques à bord et tous les moyens sol avant de déclarer le télescope opérationnel. MIRI a été le dernier instrument déployé parce qu’en opérant dans l’infrarouge, il a dû refroidir 6 mois pour fonctionner à la température la plus basse du télescope, 7 K. La phase nominale doit durer 5 ans et pourrait être prolongée jusqu’à 10 ans.

Télescope WEBB sur le lanceur Ariane 5
Pose du télescope WEBB sur le lanceur Ariane 5 © CNES / ESA / Ariane Space / Optique Vidéo CSG / P. Baudon, 2021
Illustration du déroulé de la mission
Déroulé de la mission © ESA

Organisation

Grâce à son expertise unique au monde dans le domaine de l’infrarouge moyen, le consortium Miri a confié le développement de l’imageur Mirim à la France. En effet, le CEA a acquis une expertise étendue dans ce domaine avec la réalisation d’Isocam, installé sur le satellite Iso, ou de l’instrument Visir du VLT au Chili.

Mirim a été développé entre 2004 et 2009 sous la responsabilité du CNES, signataire de l'accord MIRI avec l'ESA.
La contribution française est donc assurĂ©e par les quatre entitĂ©s suivantes :

  • le CNES, maĂ®tre d’ouvrage, assure la gestion globale, contrĂ´le et adapte les ressources humaines et le budget français en fonction de l'avancement des dĂ©veloppements et des plannings au niveau de Webb, de MIRI et de MIRIM. En cas de difficultĂ©s techniques sur des sujets spĂ©cifiques, le CNES apporte aussi l’aide de ses experts internes.
  • le CEA, maĂ®tre d’œuvre de Mirim, a jouĂ© un rĂ´le majeur. Le CEA a ainsi conçu l’instrument, rĂ©alisĂ© la structure mĂ©canique et la roue Ă  filtre, puis assemblĂ© et testĂ© l’instrument. Il est aussi en charge du suivi de ses performances scientifiques et a pu – fait unique en Europe – participer aux tests des dĂ©tecteurs aux États-Unis. Il a aussi coordonnĂ© l’implication de tous les partenaires, dont les quatre partenaires français.
  • le LESIA (Laboratoire d'Ă©tudes spatiales et d'instrumentation en astrophysique, Observatoire de Paris-PSL/CNRS/Sorbonne UniversitĂ©/UniversitĂ© de Paris) a dĂ©veloppĂ© un nouveau système de coronographe de type « quatre quadrants ». Cette technologie est envoyĂ©e pour la première fois dans l’espace grâce Ă  Webb.
  • le LAM (Laboratoire d’astrophysique de Marseille, Aix-Marseille UniversitĂ©/CNRS) a rĂ©alisĂ© les tests mĂ©caniques des diffĂ©rents sous-systèmes. Ces tests sont particulièrement importants pour s’assurer que l’instrument rĂ©siste aux vibrations subies au dĂ©collage.


En plus des contributions françaises directes, le banc optique de l'imageur MIRI s'interface avec d'autres Ă©quipements internes dĂ©veloppĂ©s par des laboratoires Ă©trangers :

  • le cryo-mĂ©canisme de la roue porte-filtres (MPIA Heidelberg, Allemagne),
  • les miroirs et prismes optiques (CSL, Belgique),
  • les filtres (Observatoire de Stockholm, Suède),

Et un Ă©quipement externe : le module dĂ©tecteur (JPL, USA).

Comme pour le TĂ©lescope Spatial Hubble, le Flight Dynamics Facility est situĂ© au Goddard Space Flight Center tandis que le Centre d'OpĂ©ration Scientifique est hĂ©bergĂ© par le Space Telescope Science Institute Ă  Baltimore sur la cĂ´te Est amĂ©ricaine. Un centre d'expertise en Europe pour MIRI et un en France pour MIRIM (MICE) participent Ă  l'amĂ©lioration des performances durant la totalitĂ© de la mission.