Satellites électriques

Modifié le 27 juin 2025

Des techniques innovantes pour la propulsion des satellites

Photographie d'un satellite à propulsion électrique
Photographie d'un satellite à propulsion électrique © Roscosmos

Depuis 1994, le CNES accompagne les industriels français pour dĂ©velopper des propulseurs plasmiques Ă  effet Hall de nouvelle gĂ©nĂ©ration. Un axe technologique, Ă©conomique et mature qui permet de rĂ©duire significativement la masse nĂ©cessaire Ă  la mise Ă  poste des satellites !

Informations essentielles

MissionCréer une nouvelle génération de satellites n’utilisant que la propulsion électrique pour la mise et le maintien à poste
Domaine CNESTransverse
Date de débutCréation du projet « satellites à propulsion électrique » en 2015, 1er vol orbital en juin 2017 avec le satellite Eutelsat 172B
PartenairesSafran Aircraft Engines, ESA, CNRS, Thales Alenia Space, Airbus Defense & Space
LieuOrbite terrestre
DuréeIndéterminée
Statut du projetEn exploitation

Chiffres clés

  • 30

    % : gain de masse des satellites par rapport aux propulsions chimiques

  • 15

    à 25 km/s : vitesse des ions éjectés par les propulseurs à effet Hall, ce qui fournit la poussée

  • 1000

    à 8000 s : gamme d’impulsions spécifiques des propulseurs à effet Hall

  • 10

    fois plus petit, son réservoir

Dates clés

  • 1er juin 2017 : Lancement de Eutelsat 172B, premier satellite utilisant la propulsion par effet Hall
  • 2000 : Le CNES accompagne Safran pour le dĂ©veloppement des propulseurs Ă  effet Hall
  • 1994 : Le CNES s’implique dans le dĂ©veloppement des satellites Ă©lectriques Ă  effet Hall
  • 1990 : Emergence des moteurs plasmiques Ă  effet Hall

 

Le projet en bref

Depuis la fin des annĂ©es 1990, un nouveau type de propulsion fait son apparition en orbite : plutĂ´t que d’embarquer des rĂ©servoirs d’ergols chimiques lourds et dangereux, les moteurs plasmiques embarquent une petite quantitĂ© de gaz inerte (gĂ©nĂ©ralement du xĂ©non) expulsĂ© par effet Hall grâce Ă  l’énergie Ă©lectrique issue des panneaux solaires du satellite. Plus efficaces, les moteurs plasmiques Ă  effet Hall ont le potentiel d’économiser plusieurs tonnes sur un satellite de communication (ou d’augmenter significativement sa charge utile) tout en supprimant les contraintes opĂ©rationnelles liĂ©es aux ergols chimiques (manipulation, corrosion). En contrepartie, ils gĂ©nèrent moins de poussĂ©e.

Dès 1994, le CNES s’implique dans le développement des satellites électriques à travers les projets français STENTOR puis le projet européen Alphabus/Alphasat. Fort de cette expérience, le CNES accompagne Safran dès le début des années 2000 pour le développement d’une gamme de propulseurs (PPS 1350 puis PPS 5000). Les moteurs à effet Hall sont initialement utilisés pour le maintien à poste des satellites, mais grâce à la recherche et au développement de propulseurs plus puissants et de plateformes adaptées, il est possible de concevoir des satellites « tout électriques » qui utilisent cette technologie pour le transfert vers l’orbite géostationnaire puis le maintien en position durant plus d’une décennie d’opérations.

 

RĂ´le du CNES dans le projet

Ă€ travers un Programme Investissements d’Avenir (PIA), des subventions pour Charges de Service Publics (SCSP) et la contribution française aux programmes ARTES de l’ESA , le CNES est pilote pour la mise en place de ces nouvelles applications et le transfert de technologie entre la recherche et les industriels : la France dispose d’un leadership Ă  travers les groupes Safran (propulsion), Airbus DS et Thales Alenia Space ayant permis l’adaptation d’une plateforme de satellites existante (Eurostar 3000EOR) et la crĂ©ation des nouvelles gĂ©nĂ©rations Space-busNEO, EurostarNEO, Space Inspire et OneSat.

La première démonstration d’un satellite « tout électrique » directement issu de ces programmes a été concrétisée avec le satellite Eutelsat 172B, qui a décollé de Kourou le 1er juin 2017. Équipé de nouveaux propulseurs plasmiques à effet Hall de forte puissance sur une plateforme Eurostar E3000 (Airbus-DS), il ne pesait à son lancement que 3,5 tonnes, soit un gain de masse de plus de 30% sur les satellites de charge utile équivalente, autorisant ainsi son emport sur Ariane 5 en position « basse », avec à la clé d’importantes économies au lancement. La mise à poste d’Eutelsat 172B s’est faite en un temps record (4 mois contre 6 à 7 mois pour les satellites concurrents américains). Il est opérationnel depuis mi-novembre 2017. Le premier satellite basé sur la plateforme SpacebusNEO a été lancé le 17 janvier 2020 (Konnect) et celui basé sur la plateforme EurostarNéo (Hotbird 13F) le 14 octobre 2022.

 

Contact CNES

Chef du projet PĂ©gase 
Christian DUPUY
Courriel : christian.dupuy at cnes.fr