La plateforme SEED et ses projets

DĂ©sormais, tous les projets menĂ©s dans le cadre de Nanolab Academy utilisent une mĂŞme plateforme nanosatellite hĂ©ritĂ©e des dĂ©veloppements R&T qui ont Ă©tĂ© faits au CNES, en particulier pour construire le satellite EyeSat. Ă€ partir de cet Ă©lĂ©ment de base fourni par le CNES qui intègre Ă©galement un logiciel de vol basique, les Ă©quipes constituĂ©es au sein des centres spatiaux universitaires construisent leur propres nanosatellite en ajoutant leurs charges utiles et en s’appropriant les aspects « système Â» liĂ©s Ă  la mission, Ă  la gestion et au contrĂ´le du satellite. Cette solution technique commune permet aussi aux diffĂ©rents projets d’échanger entre eux et facilite le support technique du CNES.

 

Les projets en cours reposant sur SEED

5 projets sont actuellement dĂ©veloppĂ©s sur ce socle commun : NIMPH (CSUT), ESUS (CSE Centrale), NANONAASC (CSU Nouvelle Aquitaine), IONSAT (CSE Polytechnique) et NICECUBE (CSU CĂ´te d’azur).

 

NIMPH

NIMPH (Nanosatellite to Investigate Microwave Photonics Hardware) est un projet de cubesat 3U du Centre Spatial Universitaire de Toulouse (CSUT). Il est développé en phase finale par l’Université de Toulouse, l’INP-N7 et le LAAS-CNRS. Sa mission a pour principal objectif de démontrer la fiabilité d’un système utilisant des technologies opto-micro-ondes fibrées dans des satellites de télécommunications. Le nanosatellite opérera sur une orbite héliosynchrone à une altitude de 580 km pour une durée minimum de 2 ans.

Il embarque deux charges utiles matĂ©rielles :

  • EDMON (Erbium Doped fibers MONitoring) : charge utile principale qui comprend les composants optiques et l’électronique de contrĂ´le et de mesure associĂ©s. Trois fibres optiques amplificatrices dopĂ©es Er sont mesurĂ©es en gain et en bruit, afin de comparer leur tenue aux radiations. Le dĂ©fi majeur est de pouvoir reproduire dans l’espace un système de mesure fiable, qui rende compte des dĂ©gradations des amplificateurs fibrĂ©s en fonction de la dose de radiations reçue. L’expĂ©rience permet aussi d’étudier le comportement de certains composants photoniques comme des lasers Ă  semiconducteur, des photodiodes, des commutateurs MOEMS, qui ont rarement eu l’occasion d’être utilisĂ©s en milieu spatial.
  • ThingSat : charge utile secondaire du Centre Spatial de Grenoble (CSUG) qui propose une station LoRaWAN fonctionnant sur les frĂ©quences autour de 868 MHz. Elle permet, d’une part, de caractĂ©riser les communications longue distance utilisant les modulations LoRa/LR-FHSS Ă  faible consommation d’énergie, destinĂ©es aux services IoT par satellite bidirectionnels (SatIoT) et aux rĂ©seaux mondiaux par satellite Ă  faible consommation (LPGAN). Une expĂ©rience complĂ©mentaire consiste Ă  utiliser des algorithmes d’apprentissage machine pour la dĂ©tection d’anomalies dans la correction d’attitude du cubesat.

Le nanosatellite utilise pour ses communications principales une bande de frĂ©quence radioamateur (434 MHz). Il proposera donc un service de « boĂ®te postale Â» aux radioamateurs du monde entier qui pourront l’utiliser pour Ă©changer des donnĂ©es.

 

ESUS

ESUS est un nanosatellite au format CubeSat 3U développé au sein du Centre Spatial de CentraleSupélec pour les CubeSats (CS3), dans le cadre du programme Nanolab Academy du CNES. Conçu et réalisé par des étudiants-ingénieurs, ESUS vise à démontrer la faisabilité de missions scientifiques embarquées sur de petits satellites à bas coût.

Le satellite embarquera deux charges utiles principales :

  • NUAGES : une camĂ©ra optique associĂ©e Ă  une intelligence artificielle embarquĂ©e, capable de dĂ©tecter automatiquement la prĂ©sence de nuages dans les images capturĂ©es depuis l’espace. Cette IA sĂ©lectionne uniquement les images pertinentes Ă  transmettre Ă  la station sol, optimisant ainsi l’usage de la bande passante, ressource limitĂ©e en orbite. Cette approche illustre l’intĂ©rĂŞt d’un traitement local des donnĂ©es Ă  bord du satellite.
  • FIDES : un interfĂ©romètre optique dĂ©veloppĂ© par le laboratoire XLIM (UniversitĂ© de Limoges), conçu pour valider une mĂ©thode innovante d’interfĂ©romĂ©trie temporelle. Cette technologie vise Ă  mesurer le diamètre apparent du Soleil avec prĂ©cision, et pourrait Ă©galement ouvrir la voie Ă  de nouvelles applications en observation de la Terre ou en analyse atmosphĂ©rique.


NANONAASC

Le nanosatellite est développé par le Centre spatial universitaire de Nouvelle-Aquitaine avec des étudiants de l’ENSAM Bordeaux, de Bordeaux INP EINSERB-MATMECA, de l’ISAE-ENSMA et de l’ESTIA. Il embarquera notamment l’expérience scientifique SCOOP qui vise à étudier le comportement du CO2 supercritique en microgravité, afin de mieux comprendre ce fluide et ses propriétés physiques. Il intègrera également une batterie LTO destinée à valider la technologie de batterie lithium-titanate dans l’espace.

Les autres charges utiles sont ICARE, une voile aérodynamique déployée en fin de vie du satellite pour accélérer sa désorbitation et réduire les déchets dans l’espace, et ELIOT, un module de communication IoT depuis l’espace. Le lancement est prévu dans le courant de l’année 2025.

 

IONSAT

Le cubesat 6U développé par le Centre Spatial Etudiant de Polytechnique (CSEP) vise à démontrer la faisabilité du maintien à poste d'un nanosatellite en orbite terrestre très basse (VLEO). Pour ce faire, le satellite est équipé d'un moteur électrique à l'iode, stocké à bord à l'état solide pour une simplification du système de propulsion.

Les deux principales mesures effectuées à bord du satellite sont la caractérisation de l'impact de l'iode sur l'efficacité du générateur solaire, et la mesure locale de la densité d'oxygène atomique dans l'atmosphère.

Le satellite sera déployé en orbite SSO, à une altitude de 500-550 km. Après une phase de descente active pour éviter le trafic de l'orbite d'injection, et une descente passive en mode aérofreinage pour optimiser l'ergol, le satellite effectuera des mises à poste en VLEO.

 

NICECUBE

Il s’agit d’un cubesat 3U dĂ©veloppĂ© au sein du Centre spatial Ă©tudiant de la CĂ´te d’Azur. Il a pour objectif technologique de dĂ©montrer la transmission de donnĂ©es numĂ©riques du satellite vers le sol au moyen d’un lien optique. Le principe retenu est celui d’un faisceau laser depuis le sol vers le satellite, modulĂ© par un rĂ©trorĂ©flecteur transmettre les donnĂ©es puis retournĂ© vers une station optique au sol. Au-delĂ  de cette dĂ©monstration technologique, le nanosatellite assurera une mission scientifique consistant Ă  Ă©valuer le niveau de pollution de l’air au sol.

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