Nancy Grace Roman en détails

Contexte

L’énergie sombre et la matière noire sont considérées comme jouant un rôle déterminant dans l’organisation et l’évolution de l’Univers, dont elles sont les principales composantes. L’énergie noire expliquerait en particulier l’accélération de l’expansion de l’Univers. Mais la nature et les impacts de la matière noire et de l’énergie sombre restent mal connus, car ils sont uniquement déduits des effets indirects de ces éléments observables sur les astres et les galaxies.

L’existence de mondes habitables ailleurs dans l’Univers est une question sĂ©culaire portĂ©e par les sciences depuis l’antiquitĂ© : existe-t-il des systèmes planĂ©taires capables d’abriter des formes de vie, voire possĂ©dant des planètes semblables Ă  la Terre ? Une partie de la rĂ©ponse pourrait ĂŞtre apportĂ©e par l’observation directe des exoplanètes de la Galaxie. Pour l’instant, la très grande majoritĂ© des exoplanètes recensĂ©es n’ont jamais Ă©tĂ© observĂ©es directement en raison de la luminositĂ© de leur Ă©toile hĂ´te. En effet, leur prĂ©sence est le plus souvent dĂ©celĂ©e par la mĂ©thode du transit planĂ©taire, qui rĂ©vèle la prĂ©sence d’une planète en repĂ©rant l’ombre que celle-ci projette sur l’astre lorsqu’elle passe devant son Ă©toile. Mais cette mĂ©thode ne rĂ©vèle que les planètes les plus grosses et relativement Ă©loignĂ©es de leur soleil. AppliquĂ©e Ă  notre Système solaire, elle raterait la plupart de ses planètes.

Grâce aux instruments toujours plus performants, en particulier dans l’infrarouge, les tĂ©lescopes troisième gĂ©nĂ©ration tels que Roman sont aussi capables d’observer des phĂ©nomènes et des objets lointains, rares ou Ă©phĂ©mères (explosions de supernovae, trous noirs en formation, planètes errantes…), dĂ©livrant des informations inĂ©dites sur les Ă©lĂ©ments qui composent l’Univers et leur Ă©volution. 

Objectifs

  • Étudier la matière noire et l’énergie sombre

  • Recenser et caractĂ©riser les exoplanètes 

  • Cartographier l’Univers

Comprendre énergie et matière noire

En observant longuement, de façon prĂ©cise et systĂ©matique de vastes pans de l’Univers, Roman estimera très finement la position et la forme de centaines de millions de galaxies, mais aussi des corps et matĂ©riaux prĂ©sents dans les espaces intergalactiques, dressant une carte en trois dimensions de leur distribution dans l’Univers. Il prĂ©cisera ainsi la quantitĂ© et la nature des matières – ordinaire et sombres â€“ Ă  l’œuvre dans l’organisation du cosmos et la façon dont ces Ă©lĂ©ments interagissent entre eux. Ces donnĂ©es contribueront Ă  perfectionner les modèles Ă©tudiant la vitesse d’expansion de l’Univers, ainsi que la prĂ©sence et la quantitĂ© d’énergie sombre en jeu dans les diffĂ©rentes Ă©tapes de ce processus. 

L’un des enjeux consiste à tester la théorie d’Einstein appelée « constante cosmologique », qui prédisait l’existence de l’énergie noire dont l’attraction maintiendrait entre eux les objets cosmiques. L’objectif est de déterminer si cette énergie noire est présente en quantité stable depuis la naissance de l’Univers ou si elle grossirait, repoussant plus fort et plus vite l’espace.

En étudiant la vitesse à laquelle les galaxies se sont formées et structurées, Roman tentera aussi d’évaluer la nature de la matière noire. Si elle est composée de particules lourdes et lentes, les éléments ont dû s’agglomérer rapidement. Si au contraire elle est faite de particules légères et mobiles, le processus a dû être plus long, et donner naissance à des structures plus étirées.

Rechercher les exoplanètes habitables

Roman combine la détection de microlentilles gravitationnelles et les observations coronographiques afin de détecter parmi les nouvelles exoplanètes identifiées celles situées dans la zone habitable de leur étoile, c’est-à-dire à une distance compatible avec l’existence d’eau liquide à leur surface.

Le phénomène de lentille gravitationnelle se produit lorsqu’une étoile s’aligne avec une planète. L’espace-temps étant déformé par la masse des objets, la lumière de l’étoile lointaine est déviée autour d’un objet à proximité. Celui-ci agit alors comme une loupe déformante qui augmente soudainement l’éclat de l’étoile située en arrière-plan. Grâce à sa vison large et profonde, le télescope va scruter le centre de notre Galaxie, surveillant la lumière de centaines de millions d’étoiles pour détecter ainsi la présence de planète, évaluer leur masse et leur distance à l’étoile.

Couplée au WFI, cette technique facilitera la détection de petites planètes telluriques situées dans la zone habitable et possédant des caractéristiques proches de celles de la Terre.

Amas de galaxies Abell S1063 dans la constellation de la Grue, prise par le télescope spatial James Webb
© ESA/Webb, NASA & CSA, H. Atek, M. Zamani

NGRST embarque Ă©galement un coronographe expĂ©rimental (Coronograph Instrument) de nouvelle gĂ©nĂ©ration afin d’éclipser la lumière d’une Ă©toile pour laisser apparaĂ®tre celles Ă©mises par les planètes qui l’entourent. Avec ce coronographe capable de corriger les dĂ©fauts optiques, l’imagerie directe d’exoplanètes 100 millions de fois moins lumineuses que leur Ă©toile hĂ´te est possible, avec une prĂ©cision 100 Ă  1 000 fois supĂ©rieure Ă  celle des coronographes spatiaux actuels. Le tĂ©lescope pourra Ă©galement rĂ©aliser des images polarisĂ©es des disques de gaz et de poussières entourant les Ă©toiles jeunes. De quoi livrer aux astronomes des informations prĂ©cieuses sur la composition et la texture des disques protoplanĂ©taires, berceau des planètes. Ces performances uniques du coronographe permettront de dĂ©tecter des corps moins lumineux que les exoplanètes dĂ©couvertes jusqu’alors, et en particulier des planètes froides semblables Ă  Jupiter. 

Enfin, un mode spectroscopie analysera sur une large gamme d’énergie (du visible au proche infrarouge) l’intensitĂ© de la lumière Ă©mise par certaines exoplanètes lors de leur transit, afin d’identifier la prĂ©sence et la composition de leur atmosphère. 

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