Publié le 08 juin 2026

Des outils puissants pour préserver l'océan et les côtes : Space4Ocean a un an

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Utiliser les satellites pour faire face à l’impact du changement climatique sur les océans : un an après sa création, le consortium Space4Ocean Alliance ambitionne de déployer des outils décisifs.

© CNES/ Fred Lancelot

À l’heure où les océans deviennent le reflet du changement climatique, la surveillance et la préservation des aires marines s’est imposée comme l’une des priorités stratégiques. Pour relever ce défi, les satellites – qui observent déjà nos immenses étendues bleues – doivent se transformer en partenaires actifs des communautés côtières, en traduisant leurs données brutes en outils concrets de gestion et d’adaptation. 

Fort de cette conviction partagée, décideurs et spécialistes des secteurs spatial et maritime ont officialisé, lors de la troisième Conférence des Nations Unies sur les Océans (UNOC), la création de l’alliance Space4Ocean en juin 2025.

Sylvia Sylvander, responsable du développement des usages maritimes et outre-mer au sein de l’équipe Connect by CNES et référente CNES au sein de l’alliance, résume le besoin qui a conduit à la création de ce consortium : « Le spatial apporte déjà énormément d’informations précieuses, mais le maillon qui manquait était une coordination durable des efforts entre acteurs du spatial et du maritime. Nous voulions transformer ces données en outils concrets et opérationnels au service des pays les plus exposés. » 

L’ambition n’est donc pas seulement de collecter et partager des images depuis l’espace, mais de les convertir en solutions opérationnelles, capables d’aider les collectivités locales et pays insulaires à anticiper, protéger et gérer leurs territoires marins et littoraux. « Notre objectif est de nous appuyer non seulement sur des services déjà opérationnels pour apporter une première réponse, mais également de développer des solutions en adéquation avec les besoins émergents », poursuit Sylvia Sylvander.

Un an d’avancées concrètes

Dès le début, l’alliance a structuré son travail autour de deux groupes : l’un dédié à la mise à disposition de services opérationnels, l’autre, chargé d’identifier les manques des missions spatiales actuelles. La diffusion d’un formulaire en ligne auprès de pays partenaires et de dizaines de fournisseurs de services va désormais permettre de dresser une liste précise de services déjà opérationnels ou en cours d'achèvement.

Des données et services sont d’ores et déjà disponibles, notamment via le Copernicus Marine Service, par exemple pour surveiller l’état de santé des océans grâce aux données des satellites Sentinel. Le développement et la démonstration de services aval permettront de fournir des outils plus adaptés au besoin des utilisateurs visés par l’Alliance.

Parallèlement, afin d'assurer la continuité et la transparence des actions entreprises, la gouvernance de l’alliance s’est renforcée. La Charte adoptée à Oslo a été modifiée pour clarifier les rôles des membres et du secrétariat permanent, initialement porté par le CNES et désormais confié au bureau des affaires spatiales de l’ONU (UNOOSA).

Des données satellites pour mesurer des impacts réels

Les données spatiales permettent d’ores et déjà de cartographier de nombreux phénomènes ; elles vont désormais devenir de véritables accélérateurs de décision, parfaitement alignés avec les objectifs de Space4Ocean. 

Dans les îles de Saint‑Pierre‑et‑Miquelon, certaines zones littorales sont menacées de submersion par la montée des eaux. La modélisation d’un jumeau numérique de l’archipel, alimenté par les données de la mission SWOT et par des modèles de circulation océanique, permettra de se projeter dans le futur et d’anticiper les actions à mener pour faire face à la montée des eaux.

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Autre exemple marquant : dans les Antilles, un algorithme analyse quotidiennement les images Sentinel‑2 pour repérer les arrivées massives d’algues sargasses – des plantes aquatiques invasives dont la décomposition a des conséquences nocives sur la santé humaine et sur l’environnement – avant qu’elles ne s’échouent sur les côtes. Les données spatiales permettent l’établissement de bulletins prévisionnels, rendant possible l’alerte des populations et des actions ciblées de nettoyage. 

Nous cherchons à fournir aux États les moyens fiables d’agir. Les outils que nous mettons à disposition sont des aides précieuses à la décision, qui permettront de traduire l’information en action concrète.

Sylvia Sylvander

  • Référente CNES au sein de l’alliance Space4Ocean

Les défis identifiés et la feuille de route 2026‑2028

Aujourd’hui, plusieurs défis restent encore à relever. Par exemple, le coût de certaines licences freine encore les pays les plus modestes, d’où la volonté de nouer des partenariats pour trouver des capacités de financement afin de subventionner ces accès. Enfin, les pays utilisateurs expriment un besoin de formation, l’Alliance assurera ainsi un transfert de compétences.

Qui compose Space4Ocean ?

Sur le plan organisationnel, l’alliance regroupe aujourd’hui 31 membres, dont des acteurs de poids : le CNES, qui pilote les groupes de travail ; l’agence spatiale norvégienne, très impliquée sur les problématiques de pêche illicite ; l’UNOOSA, qui assure la continuité administrative ; le gouvernement de Monaco, moteur sur la cartographie des services ; la Maldives Space Research Organization, porte‑voix des petites îles du Pacifique ; ainsi que l’UNESCO‑IOC, l’ESA et Mercator Ocean.

Les objectifs à moyen terme sont clairs. D’ici 2027, plusieurs services pilotes sur les sujets les plus critiques de l’Alliance (détection et suivi de pollutions, pêche illicite, surveillance des aires marines protégées, connaissance et suivi de la bande côtière) seront déployés dans plusieurs pays cible. Une feuille de route sera discutée et entérinée par le prochain Comité de pilotage qui se tient à Vienne le 11 juin 2026. 

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Un futur où le satellite inspire l’action

Un an après sa création, l’alliance Space4Ocean a déjà prouvé que les données provenant de l’espace peuvent devenir de véritables leviers d’action. En rapprochant le savoir‑faire du spatial aux besoins concrets des communautés côtières, elle va offrir aux décideurs des outils précis, rapides et accessibles. 

Le défi suivant consiste à généraliser ces services, à les rendre disponibles à tous les acteurs qui en exprimeront la demande et à poursuivre une ambition forte : que chaque vision du haut de l’orbite se traduise en une décision éclairée sur le terrain, pour un océan plus sain et une planète plus résiliente.

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