Rencontre avec...
Frédérique Meyer-Lassalle, sous-directrice Gestion des Talents au CNES
La culture populaire montre souvent le spatial comme un secteur un peu intimidant, constitué essentiellement d’ingénieurs et de scientifiques de haut niveau. Qu’en est-il au CNES ?
À première vue, avec 85 % d’ingénieurs, de scientifiques et de cadres dans ses effectifs, on ne peut pas dire que le CNES contredise ce cliché. Mais ce que cette image ne dit pas, c’est la variété des domaines représentés. Le CNES regroupe une multitude de métiers de tous horizons, qui couvrent toute la chaîne du spatial !
Avez-vous quelques exemples ?
Nous avons des spécialistes de la donnée et de l’image, des experts en optique, en télécommunication, des ingénieurs du génie civil, des ingénieurs sûreté ou environnement, des architectes de systèmes spatiaux, des météorologues pour l’activité ballons ou les lancements… Mais aussi des personnes dont le métier est de piloter des projets complexes ou de mener des négociations internationales, des juristes, des communicants, etc. Il y a beaucoup d’ingénieurs et de cadres, je l’ai dit, mais aussi des techniciens, tous aussi passionnés et essentiels aux missions du CNES.
Peut-on changer de métier quand on travaille au CNES ?
On reste longtemps au CNES : une carrière ici est, pour beaucoup, un parcours de vie pendant lequel les techniques évoluent, parfois radicalement. En travaillant au CNES, il y a de fortes chances pour que vous ne fassiez pas le même métier à 50 ans qu’à 30 ans ! Mais ces évolutions sont accompagnées. 5 % de notre masse salariale est investie dans le développement de compétences. Si vous souhaitez changer complètement d’univers professionnel, c’est possible et, là encore, accompagné. J’en suis d’ailleurs la preuve : avant de m’occuper des talents, j’étais ingénieure en sûreté de fonctionnement.
Dans la culture populaire, les femmes du spatial ont longtemps été cantonnées à des rôles secondaires. Cette sous-représentation est-elle une réalité ?
Nous suivons de très près les recrutements pour favoriser l’égalité, notamment dans les métiers techniques où nous souhaitons dépasser la proportion de femmes diplômées. Pour cela, nous nous investissons dans des associations telles qu’ Elles bougent afin de promouvoir les carrières spatiales auprès des jeunes filles. Nous veillons aussi à rédiger nos offres de manière inclusive et agissons dès le parcours scolaire pour garantir l’égalité des traitements et des chances : dès le stage de troisième, la parité est scrupuleusement respectée !
Comment le CNES travaille-t-il aujourd’hui sur l’attractivité, la diversité des parcours et l’élargissement des profils ?
Les contacts que nous avons avec les jeunes générations nous montrent que l’imaginaire du spatial demeure attractif, et qu’il existe un fort attachement à nos missions. En revanche, la richesse de nos métiers et des parcours que nous proposons reste encore peu connue. C’est ce qui nous motive à participer à de nombreux forums étudiants et à nous investir dans le programme Comètes – porté par la communauté académique de Toulouse – qui vise à répondre aux besoins de la filière spatiale française en développant une offre de formation innovante, adaptée à l’évolution rapide de nos métiers.
Pour aller plus loin
-
Découvrez le nouveau CNESMAG !
Cet entretien est la version longue d'un article paru dans le numéro 100 du magazine CNESMAG. Découvrez-le en ligne !