Instruments

La plateforme du satellite (identique Ă  celle utilisĂ©e pour XMM) hĂ©bergeait quatre charges utiles complĂ©mentaires qui observaient la mĂŞme rĂ©gion du ciel simultanĂ©ment :

  • Deux instruments principaux, un imageur (IBIS) et un spectromètre (SPI)
  • Deux instruments de surveillance, le moniteur de rayons X (JEM-X) et la camĂ©ra de surveillance optique (OMC)


Au moment oĂą l'imageur IBIS fournissait une carte dĂ©taillĂ©e des sources de rayons gamma, SPI Ă©tablissait la spectromĂ©trie de ces rayonnements,  le premier privilĂ©giant la rĂ©solution spatiale, le second la rĂ©solution spectrale. Les deux instruments Ă©taient ainsi parfaitement complĂ©mentaires.

Ces instruments de haute énergie utilisaient la technique du masque codé (une technique également utilisée sur la mission SVOM), car il n’est pas possible de faire converger des ondes de haute intensité (X, gamma) à l’aide de miroirs, comme les télescopes optiques par exemple.

Le JEM-X et l'OMC étaient quant à eux utilisés pour faire la corrélation respectivement entre les domaines des rayonnements dans le X et le visible.

Au moment de son lancement en 2002, INTEGRAL était le premier observatoire spatial capable d’observer simultanément des objets dans les rayons gamma, les rayons X et la lumière visible.

Illustration des 4 instruments d'INTEGRAL
Les 4 instruments d'INTEGRAL observent la même région du ciel en même temps pour identifier plus précisément l'origine des rayonnements gamma © ESA 2002

TĂ©lescope gamma IBIS Imager on Board the INTEGRAL Satellite

IBIS était un télescope gamma à ouverture codée, apte à fournir des images alliant haute résolution angulaire (précision de localisation des sources < 1 minute d'arc), et bonne information spectrale, dans un domaine d'énergie allant de 20 keV à 8 MeV.

IBIS combinait un masque codé et un ensemble de détecteurs gamma, le tout étant protégé des rayonnements parasites, abondant dans l’espace, par des blindages.

Pour couvrir un domaine d’énergie de près de 3 ordres de grandeur, les ingénieurs avaient dû recourir à l'utilisation de deux plans détecteurs, deux mosaïques de détecteurs, capables de mesurer la position du point d’impact et l’énergie déposée par chaque photon croisant la route de l’instrument. Le premier, ISGRI (Integral Soft Gamma-Ray Imager), fonctionnait à basse énergie (20 keV - 1 MeV). Le second, PICsIT (PIxellated CsI Telescope), mesurait les photons de plus haute énergie (150 keV - 8 MeV).

Le masque codé de près d'1 m² était placé 3,1 m au-dessus de cet ensemble, assurant au télescope IBIS une résolution angulaire de 12 minutes d’arc (limite de séparation de deux sources) et une précision dans la localisation de sources brillantes inférieure à la minute d'arc. Le champ de vue était de 20 degrés x 20 degrés à mi-sensibilité, près de quatre fois plus grand que le télescope SIGMA, dont IBIS est l’héritier.

Le saviez-vous ?

ISGRI est le premier détecteur gamma à semi-conducteurs fonctionnant à température ambiante.

L’Institut national d’astrophysique de Rome (IAS) était le maître d’œuvre de l’instrument IBIS. Le SAp (Service d’astrophysique du CEA), a eu la maîtrise d'œuvre d’ISGRI, PICsIT étant sous le contrôle de l'institut TESRE de Bologne.

Chiffres clés
Masse677 kg
Gamme d'énergie20 keV - 10 MeV
Résolution spectrale9 % à 100 keV
Résolution angulaire12 arcmin FWHM
Champ de vue9° x 9° entièrement codé
Surface de détection2600 cm² (CdTe)
3100 cm² (CsI)
Illustration du satellite INTEGRAL
Le satellite a été testé dans une énorme chambre thermique, sous vide, recréant les conditions du vide spatial. (2002) © ESA-A.Van Der Gees

Spectromètre SPI SPectrometer for INTEGRAL

La spécificité du spectromètre SPI tenait à sa haute résolution spectrale pour les rayons gamma, d'à peu près 2 keV, et ce sur une très large bande d'énergie allant de 20 keV à 8 MeV.

Les rayons gamma, situĂ©s dans son champ de vue, Ă©taient interceptĂ©s par le masque installĂ© au sommet du spectromètre. Ce masque, composĂ© de 63 tuiles hexagonales en tungstène, opaques aux radiations et formant un motif spĂ©cifique, filtrait les rayons gamma. Les faisceaux ainsi « filtrĂ©s Â» arrivaient ensuite sur la surface de dĂ©tection (500 cm²), situĂ©e au cĹ“ur de l'instrument.

Grâce au motif bien particulier du masque, une analyse mathématique permettait de retrouver la direction des sources situées dans le champ de vue.

La surface de détection était quant à elle composée de 19 détecteurs en cristaux de germanium, refroidis à 85K de manière mécanique (compresseurs).

Le spectromètre SPI a Ă©tĂ© dĂ©veloppĂ© sous la responsabilitĂ© du CNES, avec des contributions de plusieurs laboratoires français et Ă©trangers. 

Chiffres clés
Masse1230 kg
Hauteur2.8 m
Diamètre1.1 m
Champ de vue16°
Domaine d'énergie20 keV - 8 MeV
Résolution3 keV at 1.33 MeV
Sensibilité3 10E-06 photon / cm².s at 1 MeV
2 10E-05 photon / cm².s at 511 keV

Pour aller plus loin

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