La planète Jupiter

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Modifié le 04 mai 2026

La panète Jupiter.
La panète Jupiter. © Kevin M. Gill/NASA/JPL-Caltech/SwRI

Jupiter est la plus grosse et la plus massive des planètes du Système solaire. Cette gĂ©ante gazeuse est agitĂ©e de tempĂŞtes toxiques. Mais certaines de ses lunes qui contiennent de l’eau pourraient, pourquoi pas, abriter de la vie. 

Chiffres clés

Distance au Soleil 778 millions de km (5,2 UA)
Volume 1 431 28Ă— 1015 km3 (1321,3 Terres)
Masse1 898,6 Ă— 1024 kg (318 Terres)
Diamètre139 822 km (11 fois celui de la Terre)
Gravité250 % de celle de la Terre
Inclinaison de l’axe de rotation 3,1°
Durée de révolution moins de 12 années terrestres
Durée de rotation moins de 10h
Température-160 °C en moyenne
Nombre de lunes connues95

Jupiter, géante gazeuse

Jupiter tient son nom du roi des dieux dans la mythologie romaine. Il faut dire qu’elle s’impose au milieu des 7 autres planètes de notre Système solaire : elle est la plus grande et la plus massive. Avec ses 13 9822 km de diamètre, Jupiter pourrait contenir plus de 1 300 Terres et elle est 2,5 fois plus massive que la totalitĂ© des autres planètes rĂ©unies. 

  • Une enfance mouvementĂ©e

Cette gĂ©ante trĂ´ne aujourd’hui au cĹ“ur du Système solaire. Ă€ 778 millions de km (5,2 UnitĂ©s Astronomiques - UA) en moyenne du Soleil, elle est la 5e planète la plus distante de notre astre et la première des gĂ©antes gazeuses (Saturne, Uranus, Neptune).

On suppose que Jupiter est en partie responsable de la configuration actuelle du Système solaire. Elle se serait formée bien au-delà du Soleil puis elle aurait migré vers celui-ci avant de faire demi-tour sous l’influence de Saturne avec laquelle elle était entrée en résonance orbitale (c’est-à-dire que les 2 orbites sont liées). Au passage, telle une grosse boule lancée dans le billard planétaire, elle aurait perturbé les régions où vont se former les planètes intérieures, principalement Mars, et provoqué l’élimination d’une grande part de la ceinture principale d’astéroïdes (située entre Mars et Jupiter). En repartant loin du Soleil, Jupiter aurait ainsi fait de la place près du Soleil, permettant la création des planètes telluriques actuelles à partir des débris qu’elle avait laissés sur son passage.

La formation de Jupiter a certainement influencé la formation et l’organisation des autres objets du Système solaire.
La formation de Jupiter a certainement influencé la formation et l’organisation des autres objets du Système solaire. © Getty Image
  • Une boule de gaz et de liquide

Impossible de poser le pied d’un astronaute ou la patte d’un robot sur la surface de Jupiter. Elle n’est pas solide. C’est une grosse boule de gaz composĂ©e majoritairement de dihydrogène (environ 86% de H2), d’un peu d’hĂ©lium (environ 13% de He), de mĂ©thane (0,1% de CH4) et de vapeur d’eau (0,1% de H2O). L’hydrogène composant son Ă©paisse couche d’atmosphère devient liquide puis mĂ©tallique en profondeur. En son centre se trouve un noyau de glace et de roche fondues. 

  • TempĂŞtes toxiques

Avant mĂŞme de s’enfoncer dans cette Ă©paisse couche de gaz, un vaisseau serait pulvĂ©risĂ© par les tempĂŞtes. Les couches supĂ©rieures de l’atmosphère sont balayĂ©es en permanence par des vents très puissants, soufflant souvent Ă  360 km/h. Et comme aucun relief ne les arrĂŞte, les tempĂŞtes tournent sans cesse autour de la planète. Elles peuvent durer des annĂ©es. Ce sont elles qui forment ces jolies bandes de couleurs et les tourbillons blancs. En rĂ©alitĂ©, ces couleurs trahissent la prĂ©sence d’élĂ©ments chimiques tels que du soufre, du phosphore, de l’ammoniac… Et si jamais un vaisseau rĂ©sistait et s’enfonçait vers le centre de la planète, il succomberait aux fortes pressions et aux tempĂ©ratures extrĂŞmes. Car, si le thermomètre enregistre jusqu’à -160°C Ă  sa surface, celle-ci peut atteindre 20 000°C en son cĹ“ur. C’est bien plus qu’à la surface du Soleil !

Quelle tache !

Signe distinctif : une Ă©norme tache rouge posĂ©e Ă  la surface. Il s’agit d’un tourbillon de tempĂŞte, un anticyclone gĂ©ant avec des vents soufflant Ă  environ 400 km/h. Pour comparaison, les ouragans terrestres les plus violents dĂ©passent rarement 300 km/h. Ce tourbillon a Ă©tĂ© repĂ©rĂ© dès les premières observations, il y a plus de 350 ans. Il Ă©tait alors grand comme 3 fois la Terre. Toujours prĂ©sent, il diminue toutefois : il est aujourd’hui 2 fois plus grand que notre planète. Et sa couleur devient plus brunâtre. 

Les jolies bandes blanches, brunes, rouges à la surface de Jupiter sont des nuages agités par les tempêtes. Ils se séparent en bande sous l’effet de la rotation très rapide de Jupiter.
Les jolies bandes blanches, brunes, rouges à la surface de Jupiter sont des nuages agités par les tempêtes. Ils se séparent en bande sous l’effet de la rotation très rapide de Jupiter. © THOMAS THOMOPOULOS/MSSS/SWRI/JPL-CALTECH/NASA

Le système jovien, une véritable attraction

Comme elle est très massive, Jupiter possède une forte attraction gravitationnelle. Elle a donc attirĂ© et maintenu dans son orbite de très nombreux objets. Elle forme un vĂ©ritable système planĂ©taire qui abrite plus de 95 lunes.

  • De l’eau sur les lunes galilĂ©ennes ?

Jupiter attire de nombreux objets dans son orbite. Elle possède ainsi le second plus grand nombre de lunes après Saturne. Quatre de ces lunes sont de la taille d’une planète. Elles sont nommĂ©es d’après l’astronome italien GalilĂ©e, qui les a dĂ©couvertes en 1610. Ces 4 principaux satellites de Jupiter sont :

IO : en activitĂ© volcanique permanente.

Europe : la plus petite des 4, sa surface glacĂ©e est striĂ©e de bandes suggĂ©rant que c’est une banquise qui flotte sur de l’eau liquide. Elle laisse Ă©chapper des geysers d’eau gĂ©ants. 

Ganymède : plus grande lune du Système solaire, elle est aussi le seul satellite naturel dotĂ© d’un champ magnĂ©tique. La glace qui la recouvre pourrait Ă©galement cacher un ocĂ©an d’eau liquide.

Callisto : possède une surface ancienne, glacĂ©e et constellĂ©e de cratère. 

Europe, Ganymède et Callisto, les 3 grandes lunes glacĂ©es, pourraient abriter d’importantes quantitĂ©s d’eau. Les scientifiques cherchent Ă  savoir si ces ocĂ©ans sont « habitables Â», c’est-Ă -dire si la vie pourrait s’y dĂ©velopper.

Jupiter, sa tache rouge, et ses quatre grosses lunes galiléennes Io, Europe, Ganymède et Callisto.
Jupiter, sa tache rouge, et ses quatre grosses lunes galiléennes Io, Europe, Ganymède et Callisto. © NASA/JPL/DLR
  • Des anneaux invisibles

Jupiter aussi possède des anneaux ! Ils sont moins cĂ©lèbres et moins nombreux que ceux de sa voisine Saturne. Ils seraient trois, peu visibles, car constituĂ©s de fines poussières, probablement Ă©jectĂ©es lors d’impacts mĂ©tĂ©oritiques sur les lunes de Jupiter. Dans l’orbite de Jupiter gravitent aussi deux groupes d’astĂ©roĂŻdes, capturĂ©s dans son champ gravitationnel. Ce sont les astĂ©roĂŻdes troyens. 

Un immense aimant

DĂ©cidĂ©ment très agitĂ©e, Jupiter tourne sur elle-mĂŞme Ă  toute vitesse. Une journĂ©e jovienne dure 10 heures. Son ocĂ©an d’hydrogène liquide mĂ©tallique entre donc dans une rotation rapide qui agit comme un aimant gĂ©ant. Ce tourbillon mĂ©tallique crĂ©e un champ magnĂ©tique extrĂŞmement puissant. Le plus fort du Système solaire, 14 fois celui de la Terre. 

Encore Ă  explorer

Plusieurs missions ont survolĂ© Jupiter depuis 1973, mais seules trois sondes ont Ă©tĂ© envoyĂ©es spĂ©cifiquement pour Ă©tudier la gĂ©ante gazeuse et ses satellites : Galileo (2003), Juno (2022) et JUICE (2023). Les premières photos dĂ©taillĂ©es de Jupiter ont Ă©tĂ© prises par les sondes amĂ©ricaines Pioneer 10 et 11, en 1973 et 1974. Mais il a fallu attendre 1995 pour qu’une mission lui soit dĂ©diĂ©e. La sonde amĂ©ricaine Galileo a Ă©tudiĂ© Jupiter et ses lunes jusqu’en 2003. C’est grâce Ă  ses instruments qu’a Ă©tĂ© dĂ©tectĂ©e la prĂ©sence d’eau liquide sous la surface d’Europe mais aussi le champ magnĂ©tique de Ganymède. 

Juno, lancĂ©e en 2011 et arrivĂ©e en orbite en 2016, analyse la composition de l’atmosphère, mesure son champ de gravitĂ© et Ă©tudie la magnĂ©tosphère de la gĂ©ante gazeuse. Objectif : tenter de reconstituer le scĂ©nario de la naissance de Jupiter et son rĂ´le dans la formation du Système solaire. Sa mission a Ă©tĂ© Ă©tendue jusqu’en 2025. 

  • JUICE cherche l’eau des lunes galilĂ©ennes

En 2023, l’agence spatiale europĂ©enne (ESA) a lancĂ© JUICE (Jupiter Icy Moon Explorer) vers Jupiter et ses lunes. La sonde europĂ©enne doit rejoindre l’orbite de Jupiter en 2031. De lĂ , elle observera bien sĂ»r la planète elle-mĂŞme, sa magnĂ©tosphère, ses anneaux et ses multiples satellites. Mais JUICE est surtout la première mission consacrĂ©e aux lunes glacĂ©es de Jupiter. Elle est chargĂ©e de recueillir des donnĂ©es sur Europe, Ganymède et Callisto : structure et composition de surface et Ă©tude de l’exosphère, Ă©paisseur de leur croĂ»te de glace, etc.

Ganymède est la cible de choix. JUICE va se mettre en orbite de cette lune de la taille d’une planète durant 9 mois pour Ă©tudier les premières couches de sa surface et sa magnĂ©tosphère. Les observations de JUICE sur Jupiter et ses grosses lunes glacĂ©es doivent complĂ©ter les connaissances sur la formation du Système solaire, la naissance des planètes et l’émergence de la vie.  

La France et le CNES contribuent à 6 des 10 instruments de la sonde européenne JUICE. La France et le CNES contribuent à 6 des 10 instruments de la sonde européenne JUICE.
La France et le CNES contribuent à 6 des 10 instruments de la sonde européenne JUICE. © NASA/JPL-Caltech/SwRI/MSSS/Kevin M.Gill/VR2Planets, 2023

L’info en plus

Jupiter a du ventre. Comme la plupart des planètes, elle n’est pas ronde. Elle présente un renflement prononcé (+6%) au niveau de son équateur et est aplatie aux pôles. Cela tient principalement à sa rapide vitesse de rotation et à sa composition liquide.

Quizz

IO, Europe, Ganymède et Callisto, les 4 principales lunes de Jupiter ont été découvertes en 1610 par :

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