Rencontre avec…
- Orianne Arnould et Ambre Bonnefoi, documentalistes iconographes de la société Photon, en charge de la photothèque du CNES
- Stéphanie Michelot-Luquet, documentaliste audiovisuel responsable de la vidéothèque du CNES
En quelques mots, comment décririez-vous la photothèque et la vidéothèque du CNES ?
O. A. et A. B. : La photothèque du CNES est constituée d'un fonds de 97 000 images, dont 84 000 en haute définition, couvrant les activités spatiales françaises depuis la création de l'établissement. Ces images sont mises à la disposition des salariés du CNES, des industriels du secteur spatial, des institutions ainsi que du grand public. Notre rôle est d’organiser, d’enrichir le fonds photos et d’administrer le site web de la photothèque.
S. M.-L. : La vidéothèque du CNES est un centre de ressources audiovisuelles et sonores, ainsi qu’un lieu de conservation de la mémoire de l'agence spatiale française. L'objectif est de conserver, mais surtout de rendre facilement accessibles et exploitables ces documents.
Pourquoi la photothèque du CNES a-t-elle été créée ?
O. A. et A. B. : Le projet « photothèque du CNES » a été créé en 1984 à l'initiative d'une documentaliste et du photographe interne, avec l'objectif de créer une mémoire du spatial en France. Elle est alors alimentée par les reportages réalisés par le photographe, les « archives » des salariés, mais aussi des recherches auprès d'organismes du secteur.
À qui s'adressent la photothèque et la vidéothèque et quels sont leurs principaux usages ?
O. A. et A. B. : La photothèque ne s'adresse pas qu’aux salariés du CNES ! Ouverte au public, elle s'adresse également aux médias, aux industriels, aux institutions, aux scolaires, ou tout simplement aux passionnés, qui souhaitent découvrir le spatial français.
S. M.-L. : Au départ principalement destiné aux professionnels, le projet de vidéothèque s’ouvre depuis plusieurs années au grand public. Pour préserver cette mémoire et la rendre accessible au plus grand nombre, il était nécessaire de la compiler, de la traiter et de l'organiser.
Quels types de photos et de vidéos peut-on y trouver ?
O. A. et A. B. : Des photos techniques sur les différents projets (intégration de satellites, lanceurs, activités des laboratoires…), des photos d'événements (salons, colloques, visites…), des illustrations sur les projets futurs, des images satellites, des lancements, les autres activités du Centre spatial guyanais… Bref, de quoi montrer toute la diversité des activités du CNES !
S. M.-L. : Des contenus très variés qui reflètent l'ensemble des activités du CNES : satellites, lanceurs, programmes scientifiques, événements, conférences, interviews, reportages, métiers du spatial, sans oublier la vie de l'établissement… Une richesse de contenus à découvrir ! Un carrousel en page d'accueil met en avant les dernières vidéos produites. Et des dossiers thématiques rassemblent les films dont le sujet et/ou les images sont les plus parlants.
Vidéo reportage sur le projet Hermès datant de 1990, disponible sur la vidéothèque du CNES.
Comment les photos mises en valeur dans la photothèque sont-elles sélectionnées ?
O. A. et A. B. : La photothèque est enrichie par les reportages commandés par le CNES, mais également par des photos provenant d'autres organisations (NASA, ESA...) et d'industriels (Airbus, Thales…) avec lesquels le CNES collabore sur de nombreux projets. Les images sont sélectionnées selon plusieurs critères : leur qualité esthétique, leur intérêt informatif et leur pertinence technique. L'objectif est de proposer des visuels à la fois attractifs, représentatifs et adaptés aux différents usages, qu'il s'agisse de communication, de publications ou d'événements.
Quels sont les principaux usages de la vidéothèque ?
S. M.-L. : En premier lieu, les réalisateurs et les producteurs peuvent utiliser nos images pour illustrer leurs films, qu'il s'agisse de productions pour la cible interne ou de documentaires télévisés. La vidéothèque constitue également une véritable source d'information pour les historiens, les sociologues ou encore les étudiants. Les enseignants, de l'école à l'université, peuvent télécharger des films pour illustrer leurs cours. Et bien sûr, chacun peut aussi s'y promener librement et découvrir des vidéos, en alliant plaisir et culture.
Pourquoi est-il important de conserver et de valoriser ce patrimoine audiovisuel ?
S. M.-L. : On peut reprendre l'adage : « Ce qui n'est pas nommé n'existe pas. » Sans nom ni mot pour le désigner, un concept ou un objet reste invisible à notre conscience. Il en va de même pour ces films documents photos ou vidéo. Grâce au traitement documentaire, chaque contenu est identifié, décrit et facilement retrouvable.
Aujourd'hui, la plupart de ces images sont produites au format numérique. Mais les documents plus anciens, sur diapo, bobines ou cassettes, ont pour la grande majorité été numérisés et sont désormais accessibles dans les bases de données de la vidéothèque et de la photothèque.
Présentation institutionnelle du CNES datant de 1984, disponible sur la vidéothèque du CNES.