Les comètes

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Modifié le 08 décembre 2025

La comète Churyumov-Gerasimenko vue par la sonde Rosetta
La comète Churyumov-Gerasimenko capturée par Rosetta en 2015. © ESA/Rosetta/NAVCAM/, 2015

Les comètes sont des petits corps glacés orbitant aux confins de notre Système solaire. Mais lorsqu’elles reviennent vers le Soleil, elles offrent aux scientifiques des données précieuses sur son passé.

C'est quoi une comète ?

Une comète est un petit corps solide constituĂ© de roches et de glaces. On en a aujourd’hui dĂ©tectĂ© moins de 5 000, de formes et d’orbites très irrĂ©gulières. Leur (petite) taille varie de quelques centaines de mètres Ă  quelques dizaines de km de diamètre.

Noyau de la comète de Halley observé par la sonde européenne Giotto en 1986
Noyau de la comète de Halley observé par la sonde européenne Giotto en 1986 © ESA

Une chevelure et 2 queues

Lorsque la comète s’approche du Soleil, la chaleur transforme les glaces en gaz (sublimation), crĂ©ant la chevelure : un halo de gaz et de poussières arrachĂ©es du noyau. Puis ce halo est poussĂ© par le vent solaire (des particules solaires Ă©jectĂ©es Ă  très grande vitesse). Il forme alors 2 queues qui peuvent atteindre des centaines de millions de kilomètres : l’une, courbe, est composĂ©e des poussières Ă©jectĂ©es par la comète. L’autre, plus rectiligne et souvent bleutĂ©e, est faite de gaz ionisĂ©s (chargĂ©s Ă©lectriquement) par la lumière ultraviolette du Soleil.

La comète ne produit pas de lumière (excepté les ions dans sa queue). C’est en fait le reflet du Soleil sur sa chevelure et sa queue qui nous permet de les voir dans le ciel.
 

Pas si propre la glace comĂ©taire

Je vous dĂ©conseille la glace comĂ©taire dans votre verre ! Le noyau est composĂ© de glace d’eau mais aussi d’autres glaces (comme le dioxyde de carbone), de matières organiques et de minĂ©raux. C’est pourquoi elles sont plutĂ´t sombres, et donc difficiles Ă  observer quand elles sont inactives. Certains scientifiques pensent ainsi qu’elles sont Ă  l’origine de diffĂ©rents Ă©lĂ©ments terrestres : atmosphère, eau et premières briques de la vie.

La comète Hale-Bopp capturée par un télescope terrestre
La comète Hale-Bopp capturée par un télescope terrestre en 1997 © ESO/E. Slawik

Comètes, astéroïdes et planètes naines

AstĂ©roĂŻdes et comètes sont ce qu’on appelle les petits corps du Système solaire. Si les comètes sont actives Ă  l’approche du Soleil, les astĂ©roĂŻdes, petits cailloux de roches et de mĂ©taux, sont, eux, inertes. Les scientifiques ont aujourd’hui recensĂ© 1,4 millions de ces petits corps qui orbitent autour de notre Ă©toile, dans diffĂ©rentes rĂ©gions plus ou moins lointaines : la plupart sont des astĂ©roĂŻdes mais il y a Ă©galement 4 500 comètes et 5 planètes naines (corps sphĂ©riques comme les planètes mais pas assez massifs pour avoir fait le mĂ©nage sur leur orbite). Nos connaissances Ă©voluant sans cesse, il faut en effet revoir parfois les dĂ©finitions et crĂ©er de nouvelles catĂ©gories. 

Les différents types d’objets ou phénomènes lumineux qui peuvent être vus dans le ciel © Agence spatiale canadienne

Adresses lointaines

Les comètes orbitent autour du Soleil, aux confins de notre Système solaire. Mais parfois, certaines « changent de cap Â». Elles peuvent quitter notre Système solaire, expulsĂ©es notamment par les perturbations gravitationnelles exercĂ©es par les planètes (Neptune, Jupiter, Saturne...). Ou, au contraire, plonger vers le Soleil oĂą elles s’illuminent.
 

Le nuage d’Oort

Les comètes dites Ă  longue pĂ©riode proviennent du nuage d’Oort : une sorte de bulle englobant le Système solaire, qui commence Ă  20 000 UA pour UnitĂ©s Astronomiques (soit 20 000 fois la distance Terre-Soleil) et s’étend bien au-delĂ . Il est formĂ© de milliards de petits corps glacĂ©s qui deviendront des comètes s’ils tombent vers le Soleil. Dans ce cas, ces comètes se retrouvent sur des orbites très Ă©tirĂ©es : elles peuvent mettre des milliers, voire des millions d’annĂ©es, Ă  boucler leur route autour du Soleil. Ainsi, elles ne passent Ă  proximitĂ© de notre astre (et dans notre champ de vision) que très rarement.
 

Jupiter, Halley et la ceinture de Kuiper

Des comètes voyagent Ă©galement dans une zone du Système solaire plus proche de nous : entre Jupiter et la ceinture de Kuiper situĂ©e Ă  30 fois la distance Terre-Soleil. Ces comètes mettent donc moins de temps pour faire le tour du Soleil (on dit qu’elles ont des pĂ©riodes courtes) : entre 5 et quelques centaines d’annĂ©es. 

Étoiles filantes

Quand l’orbite d’une comète croise celle de la Terre, les poussières de sa chevelure, de la taille d’un grain de sable, sont parfois projetĂ©es dans notre atmosphère : ce sont les Ă©toiles filantes !

Des archives de notre histoire

Le Soleil et les planètes de notre Système solaire se sont formés il y a environ 4,5 milliards d’années à partir de gaz et de poussières. Mais toute cette matière primitive n’a pas été utilisée… Il en est resté les petits corps, dont les comètes formées par l’agglomération de grains de carbone et de glace. Elles sont depuis restées intactes, loin du Soleil, comme figées dans un congélateur.
 

Une exploration spatiale récente

Les comètes sont observĂ©es par les astronomes depuis l’AntiquitĂ©. Mais la première mission spatiale date de 1986, avec le survol par une sonde de la comète de Halley. Ou plutĂ´t 4 sondes : Sakigake (Japon), Vega 1 et 2 (URSS) et la sonde europĂ©enne Giotto qui s’en est approchĂ©e Ă  moins de 600 km.  Depuis, 5 autres comètes ont Ă©tĂ© survolĂ©es, voire visitĂ©es ! 

Entre 2014 et 2016, la sonde europĂ©enne Rosetta s’est mise en orbite autour de la comète Churyumov-Gerasimenko (Chury), rĂ©coltant de très nombreuses donnĂ©es. Rosetta a notamment confirmĂ© que les comètes contenaient de la matière organique. Un petit robot franco-allemand, Philae, s’est mĂŞme posĂ© sur la comète – une première ! – pour analyser directement le matĂ©riau de la surface.

Selfie de Rosetta à 16km de la comète Churyumov-Gerasimenko
Selfie réalisé par la caméra CIVA de Philae, encore à bord de la sonde européenne Rosetta située à 15 km de la comète Chury © CNES/ESA/Rosetta/Philae/CIVA, 2014

Comet Interceptor, une mission sans destination

Cette mission europĂ©enne doit dĂ©coller en 2030 pour Ă©tudier… on ne le sait pas encore. L’idĂ©e est d’envoyer un satellite (Ă©quipĂ© de 2 nanosatellites) en « attente Â» Ă  1,5 million de km de la Terre, prĂŞt Ă  filer vers une Ă©ventuelle comète en provenance direct du nuage d’Oort. Une comète qui ne sera donc pas encore « abĂ®mĂ©e Â» par un passage près du Soleil. 

Des échantillons cométaires étudiés sur Terre

En 2004, la sonde américaine Stardust est passée dans la queue de la comète Wild-2, pour en collecter des poussières. Ces échantillons ont ensuite été rapportés sur Terre. En 2011, cette même sonde a servi à observer la comète Tempel 1 (percutée en 2005 par l’impacteur américain Deep Impact dans le but d’en apprendre plus sur l’intérieur de ce petit corps).

Quizz

La comète de Halley, qui boucle sa rotation autour du Soleil (période) en 76 ans, est passée dans notre ciel en 1986. Elle reviendra en 2061. Mais d’où tient-elle son nom ?

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