Publié le 04 novembre 2026

Avec OASIS, le CNES calcule l'empreinte environnementale de ses projets

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Nous acculturons nos chefs de projet à la gestion du CO2. Objectif : calculer l’empreinte environnementale de nos projets pour réduire leurs impacts et atteindre la neutralité carbone d’ici 2050.

Intégration du générateur solaire du satellite MicroCarb en salle blanche au CNES.
© CNES/Adrien RIBET, 2025

Télescope spatial, satellite d’observation de la Terre, rover… Au CNES, l'agence spatiale française, les projets de systèmes spatiaux que nous menons sont développés et exploités grâce à différentes ressources humaines, financières et temporelles. Avec l’outil OASIS, les chefs de projet s’acculturent désormais à une nouvelle ressource, celle de leur coût environnemental.

Comme toute activité humaine, le développement nécessaire à la création et à l’exploitation de systèmes spatiaux est consommateur de ressources naturelles et, de ce fait, a un impact sur l’environnement. OASIS (pour Outil d’Analyse Simplifiée des Impacts environnementaux des Systèmes Orbitaux) offre la possibilité de quantifier les ressources nécessaires au développement d’un projet, de sa première phase de conception jusqu’à son exploitation et sa fin de vie. La mise en place de cet outil, développé et mis en place en interne, s’inscrit dans notre politique environnementale pour l’atteinte de la neutralité carbone d’ici 2050.

« Grâce à OASIS, nous portons notre attention sur le dioxyde de carbone émis, l’eau utilisée, la consommation d’énergie fossile, les matériaux puisés, les dommages aux écosystèmes et ceux sur la santé humaine », explique Éric Lorigny, expert RSE et éthique au CNES, en charge du projet.

Nous pouvons ainsi construire une image globale de l’impact de nos projets en amont de la réalisation de leurs différentes phases afin d’en réduire autant que possible le coût environnemental.

Éric Lorigny

  • Expert RSE et éthique au CNES, en charge du projet OASIS

Des leviers concrets identifiés

Pour réduire l’empreinte environnementale des projets, des leviers concrets ont été identifiés. Par exemple, le choix d’un lanceur adapté à la taille du satellite, ou encore le développement de l’écoconception, à travers l’usage de matériaux ayant un impact moins important sur l’environnement. Une attention particulière est aussi portée sur l’utilisation des moyens d’intégration et de tests tels que les salles blanches, dont la consommation énergétique est élevée. La fréquence des déplacements professionnels, le choix des moyens de transport du matériel ou encore la définition des moyens terrestres et le volume de données à stocker sont autant de leviers identifiés pour lesquels OASIS apporte des indicateurs quantitatifs.

L'interféromètre LISA subit des tests en salle blanche au Centre spatial de Toulouse.
Si les salles blanches sont indispensables pour assembler et tester des satellites dans des conditions d’humidité et de propreté contrôlées, leur consommation électrique est un levier important de diminution de l’impact environnemental d’une mission. © CNES/LANCELOT Frédéric, 2026

L’engagement au cœur de l’outil

Pour mettre en pratique cet outil, Eric peut compter sur les animatrices et les animateurs éco-responsabilité, des salariés donnant de leur temps pour assurer l’accompagnement de leur direction vers des pratiques plus écoresponsables.

Chloé Mamet est l’une d’entre eux. Ingénieure composants électroniques au CNES depuis 2024, elle accompagne les ingénieurs en charge du développement des projets dans le choix de leurs composants en fonction des spécifications requises.

Le spatial est une passion chez moi et pouvoir y allier une composante RSE est une chance que j’ai pu saisir avec OASIS. Cette casquette d’animatrice éco-responsabilité est complémentaire et cohérente avec mon poste, elle me permet, entre autres, d’élargir ma vision des projets du CNES.

Chloé Mamet

  • Ingénieure composant électronique au CNES

En parallèle de son poste, Chloé, comme une dizaine d’animateurs, accompagne les chefs de projet dans la prise en main d’OASIS, afin de réaliser avec eux la première analyse du cycle de vie simplifiée de leur projet.

« Cette première analyse du cycle de vie d’un projet est l’année zéro qui permet de suivre l’évolution de son empreinte environnementale au fur et à mesure de l’avancement du projet et de la mise à jour des données d’entrée dans OASIS, précise Chloé. Réunir l’ensemble des données nécessaires à cette analyse peut être extrêmement chronophage pour les chefs de projet. J’interviens donc pour les aider à entrer les données et prendre en main l’outil. Ils sont ensuite autonomes pour ajuster les données au fur et à mesure de l’avancement de leur projet et ainsi prendre les décisions qui permettront den réduire l’impact. »

Un logiciel simple d’utilisation

Développé par la société Scalian pour le CNES, OASIS reste simple d’utilisation. Une série de questions clés est posée à l’utilisateur, il s’agit de la première étape de l’analyse : « Les données d’entrée ».  L’utilisateur peut ainsi renseigner le maximum d’informations à sa disposition, comme le lieu d’intégration du satellite, le nombre d’heures passées en salle blanche, la masse du satellite et de sa charge utile, la durée d’utilisation du centre de contrôle ou encore le type de lanceur et le nombre de cœurs envisagés pour le traitement des données. En moins d’une heure, le chef ou la cheffe de projet peut connaitre l’empreinte environnementale de son projet.

Exemple de données d’entrée spécifiques à la phase d’assemblage, d’intégration et de tests des satellites, nécessaires au calcul du cycle de vie d’un système orbital avec l’outil OASIS. © CNES, 2026

Une fois les données entrées, le calcul est instantané. Il est réalisé à l’aide d’une base de données composée sur la base du développement d’un satellite d’observation de la Terre de taille moyenne. Il génère des résultats pour chacune des étapes de la vie du projet exprimés à travers 6 paramètres et leurs équivalences. Ainsi, la contribution au changement climatique est exprimée en tonnes de CO2 émis, l’utilisation de ressources fossiles en mégawattheure, l’utilisation de minéraux et métaux en tonnes d’aluminium ou encore la consommation d’eau en m3 d’eau potable.

Exemple de résultats de l’analyse simplifiée des impacts environnementaux d’un système orbital exprimés à travers six paramètres et leurs équivalents grâce à l’outil OASIS. © CNES, 2026

Pour que ces résultats soient les plus concrets possible et exploitable à des fins de sensibilisation, des graphiques sont automatiquement générés ainsi que des comparaisons avec des équivalences du quotidien comme le nombre de piscines olympiques pour les besoins en eau ou le nombre de trajets en avions pour les émissions de CO2.

Exemple de graphique et équivalence concrètes permettant d’exprimer les résultats de l’outil OASIS. © CNES, 2026

« OASIS ne vise cependant pas à réprimer », rappelle Éric Lorigny, « C’est un outil de bilan environnemental permettant aux gestionnaires de projet de satellite, mais pas uniquement, de prendre conscience de leur environnement et de leur impact sur ce dernier. »

Analyse de projets très divers

Si l’outil est conçu pour les systèmes orbitaux, ces capacités d’adaptation, via l’intégration de nouveaux modules, lui permettent d’effectuer l’analyse du cycle de vie d’autres projets. Au CNES, il est donc aussi utilisé pour calculer l’impact des campagnes de lâchers de ballons stratosphériques et bientôt celui des lanceurs grâce à un module en développement.

Afin de sensibiliser nos partenaires nationaux et internationaux et d’aider les étudiants à se former aux démarches d’ingénierie responsable, nous mettons à disposition un certain nombre de licences d’utilisation d’OASIS.

Nous contacter

À terme, le CNES intégrera le CO2 comme ressource budgétisée par projet et par an. Cette évolution permettra d’établir une empreinte environnementale annualisée, de suivre la consommation globale et, au sein de la Direction des systèmes Orbitaux et des Applications, de piloter la décarbonation de l’ensemble des projets.