La mission Epsilon est le nom de la mission de l’astronaute française Sophie Adenot à bord de la Station spatiale internationale (ISS), qui a débuté dans l'espace le 13 février 2026. Il s’agit du premier vol vers la Station d’un spationaute (astronaute français) depuis 2021 et la mission Alpha de Thomas Pesquet. Sophie Adenot est également la seconde femme de nationalité française à se rendre à bord de l’ISS, 25 ans après Claudie Haigneré.
Informations essentielles
| Mission | Premier séjour de Sophie Adenot à bord de la Station spatiale internationale |
| Domaine CNES | Sciences |
| Date de début | 13 février 2026 |
| Partenaires | ESA, NASA, JAXA, ASC, Roscosmos |
| Lieu | Station spatiale internationale (ISS) |
| Durée | 9 mois |
| Statut du projet | En développement |
Chiffres clés
-
200
Nombre total d’expériences auxquelles Sophie Adenot prendra part au cours de son séjour dans la Station spatiale internationale (estimations)
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10
Nombre d’expériences françaises qui seront réalisées par Sophie Adenot et suivies par le Cadmos, service du CNES à Toulouse
Dates clés
- 14 février 2026 : arrivée de Sophie Adenot à bord de l'ISS
- 13 février 2026 : départ de Sophie Adenot vers l’ISS à bord d’une capsule Crew Dragon (Crew-12)
- 20 juin 2025 : annonce au Salon du Bourget du nom de la mission, du patch et des expériences françaises auxquelles Sophie Adenot prendra part dans l’ISS
Le projet en bref
Sophie Adenot a décollé en février 2026 pour une mission de 9 mois à bord de la Station spatiale internationale, d’où elle mènera une série d’expériences scientifiques.
Parmi les expériences européennes, l’ensemble des expériences françaises seront directement suivies par le Cadmos (Centre d’Aide au Développement des Activités en Micropesanteur et des Opérations Spatiales) au CNES.
Plusieurs types d’expériences seront menées par Sophie au cours de sa mission. Certaines ont pour objectif d’approfondir les connaissances et la recherche dans de nombreux domaines, comme la physiologie, l’une des expertises historiques du Cadmos. D’autres serviront à éprouver de nouvelles technologies afin de préparer le futur, en particulier les explorations habitées vers la Lune ou Mars. Enfin, une expérience éducative, ChlorISS, sera menée par Sophie. L’objectif de celle-ci est de faire découvrir le secteur spatial à des jeunes de manière ludique, et de les inciter à se tourner vers des carrières scientifiques.
Nom et écusson de la mission Epsilon
Choisi par Sophie Adenot, le nom Epsilon (le « e » grec) incarne l’essence des petites contributions qui ont pourtant un impact. En mathématiques, ε désigne en effet une petite quantité, tout comme le rôle d’un astronaute dans l’immensité d’un vol spatial. En astronomie, il représente la cinquième étoile la plus brillante d’une constellation.
Le patch de la mission comporte de nombreux points, symbolisant ces petits riens. Il comprend aussi un colibri, l’un des plus petits oiseaux de la Terre, essentiel dans les écosystèmes pour la pollinisation de nombreuses plantes. Trois points de couleur rappellent le drapeau français et représentent la Terre, la Lune et Mars. Enfin, l'étoile filante rappelle de manière poétique que les rêves nous maintiennent en vie.
Rôle du CNES dans le projet
Pour la mission Epsilon, au titre de la contribution française du CNES, le Cadmos (Centre d’Aide au Développement des Activités en Micropesanteur et des Opérations Spatiales) a préparé de nouvelles expériences scientifiques, technologiques et éducatives. À travers ce programme, le CNES cherche notamment à apporter des améliorations au laboratoire de pointe qu’est la Station spatiale internationale, afin que les scientifiques puissent avoir les meilleurs outils pour continuer de faire progresser la science depuis l’espace, pour la Terre. Il s’agit également de soutenir la recherche scientifique française et les avancées technologiques dans la perspective de l’exploration du Système solaire et des missions spatiales habitées lointaines.
Epsilon : les expériences françaises de Sophie Adenot
Le CNES, c'est l'agence spatiale française et le CADMOS, c'est le centre du CNES qui est en charge de la préparation du développement d'expériences et de son suivi opérationnel ici dans le centre de contrôle des expériences en impesanteur que l'on envoie soit dans l'ISS soit dans nos vols paraboliques.
L'objectif initial des expériences scientifiques que l'on prépare, c'est pour répondre à un besoin scientifique spatial, mais la plupart ont des applications terrestres.
On en a notamment avec la mission EPSILON, qui tourne autour de la santé, de la médecine, également de l'hygiène publique.
On a aussi la sensibilisation à l'environnement et l'intérêt pour les jeunes envers le spatial, mais surtout les sciences et les carrières scientifiques.
Donc c'est une combinaison d'inspiration et d'innovation.
Le but des expériences MatISS et MultISS, c'est d'étudier la biocontamination qui se trouve dans l'atmosphère de l'ISS, mais aussi sur les parois.
Sur Terre, en fait, ce qu'on va pouvoir étudier, c'est les résultats de ces expérimentations.
On s'intéresse à la biocontamination, pour développer plusieurs choses.
Des matériaux innovants, c'est le but de MatISS.
Et dans cet outil qui peut paraître relativement simple, on a ici quatre fenêtres dans lesquelles il y a des capteurs qui s'appellent les micro-MatISS.
Et ce sont des petits bijoux de technologie qui vont être capables de capter les bactéries qui traversent l'atmosphère de l'ISS.
C'est pour ça qu'on a des petites fenêtres ici qui permettent à l'air de circuler.
Et au passage, dans les micro-MatISS, les bactéries vont être piégées.
Pour MultISS, on a un instrument qui est un instrument d'optique.
C'est donc un imageur.
C'est un super appareil photo qui va illuminer une scène dans le domaine multispectral.
Alors multispectral, ça veut dire qu'on va illuminer dans le domaine visible, dans le domaine infrarouge et dans le domaine ultraviolet.
Et cette association de longueurs d'onde ou de couleurs qui ne sont pas toutes visibles pour l’œil humain, permet d'imager la surface et de comprendre finalement quelle est la contamination qui est à la surface.
Une fois qu'on a la cartographie, on peut aller spécifiquement viser un point en particulier pour faire ce qu'on appelle un spectre et déterminer quelle est la bactérie ou quelle est la contamination précisément.
Application typique, les salles propres.
Voilà ce qu'on appelle les salles propres pour développer des satellites par exemple.
Et ça peut être aussi dans le domaine de la chirurgie ou de la médecine, d'un point de vue général.
Alors EchoFinder, c'est une expérience liée à l'échographie.
Actuellement dans l'ISS, on a un échographes téléopéré qui permet de faire des échographies, mais avec un expert qui contrôle l'écographe depuis le sol et qui guide l'astronaute pour positionner la sonde.
Nous, on a développé un système qui s'appelle EchoFinder qui va un peu plus loin dans l'autonomie pour les astronautes, notamment pour l'exploration lointaine de l'espace.
Typiquement vers la Lune ou vers Mars où les délais de communication empêchent de faire de la téléopération.
Donc, on a développé un système de réalité augmentée et d'intelligence artificielle.
La réalité augmentée à base de QR cube comme ça qui permettent à une caméra sur une tablette de reconnaître une référence sur le corps humain.
Et ensuite, on a un autre QR cube sur la sonde échographique qui va permettre de sauvegarder la position de la sonde quand on prend une échographie.
Donc on va faire cette opération au sol et une fois dans l'espace, les astronautes devront retrouver la position de l'organe.
Et avec l'intelligence artificielle, on va pouvoir détecter automatiquement s'il y a des organes en dessous de la sonde.
L'expérience EchoBones va consister à imager les os de l'astronaute en utilisant des techniques d'échographie.
Donc nous, à l'inverse des autres expériences, on va faire uniquement des mesures pré-vol et des mesures post‑vol.
On n'aura pas de mesure pendant la mission.
Pourquoi on va imager les os ?
En fait, tout être vivant sur Terre a son corps qui s'habitua aux contraintes environnementales.
Le problème, lorsqu'on fait des missions spatiales, on a cette action de la gravité qui est beaucoup présente.
Et donc, l'os est moins sollicité, les muscles sont moins sollicités.
Donc l'os se détruit en permanence et se reconstruit en permanence.
Par exemple, quand les astronautes reviennent au sol ou alors s’ils partent vers des missions martiennes, lorsqu'ils arrivent sur le sol martien, ils ont des os beaucoup moins costauds et ils peuvent se faire des fractures sur le sol martien.
Je travaille actuellement sur une expérience qui s'appelle PhysioTool et son objectif, c'est de comprendre le fonctionnement du corps, le déconditionnement du corps lorsque l'on est arrachés à l'attraction terrestre.
Lorsqu’on est loin de la Terre fonctionne de la même façon et c'est des choses qu'on a du mal à comprendre aujourd'hui.
C’est vraiment un spectre large, on va mesurer beaucoup de choses : l’activité du cœur avec un ECG, même musculaire au niveau de la jambe, du dos, on va avoir la respiration aussi avec des capteurs thoraciques ici et au niveau de l'abdomen.
On va avoir aussi la pression artérielle avec un petit boitier au niveau du doigt, avec un petit capteur de saturation en oxygène.
Donc c'est essentiel aujourd'hui de bien comprendre ce qui se passe pour pouvoir le corriger, pour pouvoir avoir des contre‑mesures efficaces.
Le projet EuroSuit vise à monter dans la station spatiale internationale un premier prototype non fonctionnel de combinaison intravéhiculaire.
Le but à bord de la station pour ces tests ergonomiques, c'est vraiment de démontrer que le design est compatible avec un enfilage seul en deux minutes.
L'idée, c'est d'avoir un objet qui est voué à assurer la sécurité de l'astronaute dans des situations, type incendie, dépressurisation, atmosphères toxiques.
On imagine cette combinaison utilisée bien plus tard dans l'exploration lunaire et martienne.
La combinaison sur laquelle on travaille ne permettra pas de sortir dans l'espace.
C'est vraiment dédié à ces activités intravéiculaires, à l'intérieur d'un habitat.
L’expérience éducative qui sera menée à la fois par Sophie à bord de l'ISS et par des milliers de classes sur Terre, elle consiste en une comparaison de la germination et de la croissance des plantes entre la micropesanteur à bord de l’ISS et la gravité terrestre sur Terre.
Pour ça, on envoie des graines dans l'espace.
On va les faire pousser également sur Terre et comparer en fait, est‑ce qu'elles vont pousser de la même manière ou pas.
À bord de l'ISS, le matériel consiste en une boîte dans laquelle ont été insérées 12 boîtes de Petri contenant chacune des graines.
L'expérience va durer 10 jours, au jour 0, il s'agira pour Sophie Adenot d'irriguer les plantes.
Après ça, pendant 5 jours, les graines pourront germer.
Dans les classes, l'idée sera de commencer par réaliser la boîte.
À l’intérieur de ces boîtes, il faudra venir déposer un papier éponge pour absorber l'eau par‑dessus laquelle du papier de germination ou du papier filtre.
Une fois que les graines seront déposées, qu'est‑ce qu'il faudra faire ?
Prélever le bon volume d'eau et venir imbiber le papier de germination de ce volume d'eau.
Et on déroule exactement le même protocole que dans l'ISS, à savoir, 5 jours avec la lumière d'un côté, 5 jours avec la lumière d'un autre côté et une prise de photo le plus souvent possible pour pouvoir comparer de manière fine les résultats.
Contact CNES
Chef de projet de la mission Epsilon au CNES
Rémi CANTON
Courriel : remi.canton at cnes.fr