Publié le 01 mai 2026

Expérience ChlorISS : comment envoie-t-on des graines dans l’espace ?

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À bord de l’ISS, Sophie Adenot va mener une expérience éducative au cours de laquelle elle va faire pousser des plantes. Les graines l’ont rejointe le 14 avril. Découvre comment elles sont arrivées.

© CNES/LACAILLE Mélissandre/TOURNIER Mathilde, 2026

ChlorISS : l’aventure botanique de Sophie Adenot et de 260 000 jeunes

Durant sa mission spatiale Epsilon, en 2026, l’astronaute française de l’ESA, Sophie Adenot, nous embarque dans une aventure botanique. Accompagnée par 260 000 élèves sur Terre, elle observera la pousse de deux plantes, le mizuna et l’arabette des dames. Dans l’espace comme dans les classes, le protocole est globalement le même et les élèves pourront comparer leurs observations avec celles de Sophie Adenot. Cela leur permettra d’entrevoir les bases d’un raisonnement scientifique : poser des hypothèses, analyser des données et émettre des résultats qui vont confirmer ou non les hypothèses.

Tout au long de l’expérience, le CNES, accompagné de Soso l’astronaute et sa petite plante Mimi, te permettra de comprendre pourquoi les plantes sont peut-être les meilleures amies des astronautes.

En savoir plus sur l’expérience ChlorISS

Besoin d’envoyer un colis ? Sur Terre, c’est plutôt simple : on emballe le pli, on le protège dans un carton et le service postal se charge de l’envoyer vers sa destination – par camion, par avion ou par bateau. Pour acheminer l’expérience ChlorISS réalisée par Sophie Adenot, l'astronaute française de l'ESA, vers la Station Spatiale Internationale, c’est un petit peu la même chose… en légèrement plus compliqué. Derrière l’envoi de simples graines se cache toute une opération millimétrée, depuis leur préparation sur Terre jusqu’à leur arrivée dans ce laboratoire unique autour de notre planète !

Tout commence en laboratoire, où les scientifiques sélectionnent les graines et les préparent soigneusement. Elles sont nettoyées, séchées, puis intégrées dans des boîtes prêtes à l’emploi pour les expériences. L’ensemble est ensuite emballé dans des conteneurs standards utilisés à bord de la Station spatiale internationale (comme pour les colis postaux, il en existe de plusieurs tailles), puis rangé dans le vaisseau cargo (comme un gros cylindre qui sert de ravitailleur de l’espace). À l’intérieur, tout est organisé de manière très méthodique : les sacs sont attachés aux parois avec des sangles, répartis pour équilibrer les masses et rangés selon l’ordre dans lequel ils devront être sortis. 

Une fois chargées, les graines n’attendent généralement que quelques jours à quelques semaines avant le lancement, même si elles peuvent avoir été conservées plus longtemps auparavant dans des conditions parfaitement contrôlées.

Un trajet de deux à trois jours

Le jour du lancement, le cargo est placé au sommet d’une fusée. Le décollage est très rapide et en quelques minutes, l’ensemble atteint la vitesse nécessaire pour rester en orbite autour de la Terre. Le cargo se sépare alors de la fusée et déploie ses panneaux solaires. Commence un trajet de deux à trois jours pour rejoindre l’ISS, avec plusieurs corrections de trajectoire pour s’aligner parfaitement avec elle.

À l’approche de la Station, le vaisseau ralentit et se positionne à quelques mètres d’elle. Contrairement à d’autres capsules, le cargo Cygnus ne s’amarre pas automatiquement. Ce sont les astronautes qui prennent le relais en utilisant le bras robotique Canadarm2, une sorte de grande pince articulée. Il va leur servir pour attraper le vaisseau en vol et le guider jusqu’à un point de fixation sur la Station. Une fois en place, le vaisseau est solidement attaché et des vérifications sont effectuées pour s’assurer qu’il n’y a aucune fuite. La pression est ensuite équilibrée entre le cargo et la Station, ce qui permet d’ouvrir la trappe en toute sécurité.

Le déchargement peut alors commencer. À l’intérieur, tout est resté parfaitement en place grâce aux fixations, et les astronautes récupèrent les conteneurs un par un. En micropesanteur, les objets flottent, ce qui facilite les déplacements, mais demande aussi beaucoup d’organisation pour ne rien perdre. 

Une fois le cargo vidé, il est rempli de déchets et détaché de l’ISS. Il termine son voyage en rentrant dans l’atmosphère terrestre, où il se désintègre entièrement. 

© CNES/LACAILLE Mélissandre/TOURNIER Mathilde, 2026

À suivre...

Voir l'épisode 1 de Soso & Mimi

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