Publié le 13 mai 2026

Astronaute d’un jour : vers la finale et au-delà !

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Pour sa première édition nationale, ce projet éducatif du CNES sous forme de sélection d’astronautes a rassemblé plus de 2 000 collégiens. 100 se sont hissés en finale. Une aventure hors du commun.

Participants de la finale Astronaute d'un jour poussant leur cri d'équipe.
© CNES/OLLIER Alexandre, 2026

« Allez, allez ! » Dans le gymnase du CREPS de Toulouse résonnent des cris d’encouragement. Avec leurs chasubles vertes, Augustin, Irène, Émilie, Lucas et Millie s’encouragent, se donnent des conseils. À tour de rôle, chacun d’eux doit manier un fauteuil roulant et être le plus rapide à déposer un objet sur un plot. Ils ne se connaissaient pas quelques heures plus tôt, mais se sont retrouvés dans la même équipe pour tenter de remporter la finale nationale du défi Astronaute d'un jour. « On vient de villes très différentes, témoigne Augustin, mais on a été soudés dès le départ. »

Une équipe en pleine concertation lors de la finale Astronaute d'un jour.
© CNES/OLLIER Alexandre, 2026

Tous les cinq font partie des 80 collégiens retenus, sur plus de 2 000 participants au départ, à l’issue de trois tours d’épreuves théoriques faits de tests logiques, d’énigmes scientifiques et de défis linguistiques. Ils doivent désormais unir leur destin dans le tour ultime, la finale« astrosportive », pour tenter de décrocher le graal : la découverte de l’impesanteur grâce dans l’Airbus Zero-G de Novespace. 

Irène, qui vient de Strasbourg, ne savait pas trop à quoi s’attendre en arrivant à Toulouse avec quatre autres élèves de son collège et Vivien, son professeur de technologie. « Dans le livret que le CNES nous a remis, ça faisait un peu peur, admet-elle. Il fallait s’entraîner. » Mais juste après les épreuves, ce qu’elle retient surtout, ce sont les amitiés qu’elle s’est forgée en un rien de temps avec les autres membres de son équipe, baptisée Vers l’ISS. « Si on gagne, ce serait hyper stylé. Mais si on perd, on gardera nos bons échanges. On s’entend super bien et on va rester en contact ! » 

« Profiter au maximum »

Même constat pour Noélie, Gustave, Noah, Marco et Suzanne, regroupés devant le gymnase dans l’attente des résultats. « On est en train de créer un groupe WhatsApp pour garder contact », expliquent-ils. Leur nom d’équipe, Les Solaires, est tombé comme une évidence : « On respirait tous la vitalité », explique Gustave. Leur cri d’équipe, « Un, deux, trois, vive le Soleil ! », a résonné un peu plus fort que tous les autres. Pourtant, il a d’abord fallu briser la glace, ce qui n’est pas évident quand on a 14 ans. « Pour notre toute première épreuve, on s’est retrouvé attachés à quelqu’un qu’on ne connaissait pas. Il a fallu apprendre à faire connaissance ! » Puis ils se sont rapidement prêtés au jeu. « On a tout fait pour être les meilleurs, mais on a surtout profité un maximum ! »

L'équipe Les Solaire pousse son cri d'équipe.
© CNES/OLLIER Alexandre, 2026

Un défi pédagogique sous forme de sélection d’astronaute

Lors de sa dernière sélection d’astronautes, en 2022, l’Agence spatiale européenne (ESA) a reçu 22 500 candidatures. Au terme d’un long processus, 17 candidats ont été retenus, dont la Française Sophie Adenot. Sur le même principe, et pour susciter des vocations scientifiques et spatiales, le CNES a lancé Astronaute d’un jour, un défi mêlant épreuves théoriques, sportives et esprit de coopération, pour les élèves de 4e de France métropolitaine. Après une épreuve pilote dans trois académies en 2025, le CNES a lancé cette année la première édition nationale du projet. Rendez-vous dans deux ans (année scolaire 2027-2028) pour la prochaine édition !

« Envie de découvrir »

Dans une logique d’inclusion, 20 jeunes en situation de handicap étaient invités à la finale et ont été intégrés aux 80 jeunes sélectionnés après les épreuves théoriques. Luna a saisi l’opportunité lorsque son établissement scolaire, le Cesdda de Toulouse, le lui a proposé. « L’espace, je ne connais pas vraiment, mais j’avais envie de découvrir. Je fais aussi beaucoup de sport. » Sourde de naissance, elle n’éprouvait cependant pas d’appréhension pour communiquer avec son équipe avant les épreuves. « On peut passer par du mime, mais je sais aussi oraliser car je suis née dans une famille entendante. » Elle a tout donné sportivement, quittant les épreuves avec quelques courbatures. Et si son équipe n’a pas atteint le haut du classement, elle s’est révélée particulièrement à l’aise à l’épreuve de « l’amarrage spatial », une sorte de boccia (équivalent de la pétanque aux Jeux paralympiques).

Portrait de Luna, candidate à la finale Astronaute d'un jour.
© CNES/OLLIER Alexandre, 2026

« Des sourires, des souvenirs et des rêves »

À la fin, seuls 30 jeunes ont été distingués sur 100 – parmi lesquels l’équipe des Solaires, désignée Coup de cœur du jury pour leur engagement. Mais tous ont marqué les adultes présents par leur engagement et leur état d’esprit. « Cela m’a étonnée de voir à quel point les participants étaient curieux, enjoués et motivés, témoigne Élodie Tran, de l’équipe d’organisation du CNES. Ça fait vraiment plaisir de voir que ce sur quoi on travaille a du sens et génère des sourires, des souvenirs et des rêves. » 

D’autant qu’au-delà du prix final, le CNES avait prévu diverses surprises tout au long de la finale pour rendre cette journée inoubliable à tous les participants : la présence du champion de tennis de table paralympique Lucas Didier, membre du jury, l’aventure spatiale de l’astronaute polonais Slawosz Uznanski-Wisniewski, un message d’encouragement d’Arnaud Prost, astronaute de réserve français et un autre de… Sophie Adenot, depuis la Station spatiale internationale. « Ils ont eu l’air particulièrement touchés par son message, témoigne Damien de Seze, chef de projet Astronaute d’un jour au CNES. Et l’avantage, c’est qu’ils avaient bien appris à connaître la Station tout au long des épreuves théoriques. Ils ont dû y trouver quelque chose de familier ! » De quoi démontrer à tous les finalistes que d’un projet pédagogique aux étoiles, et d’un rêve à la réalité, l’espace n’est pas si grand.

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