Les trous noirs

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Modifié le 08 décembre 2025

Illustration d’un trou noir
Illustration d’un trou noir, agissant sur la matière qui l’entoure © ESA/XMM-Newton/I. de la Calle

Les scientifiques connaissent de mieux en mieux les milliards de milliards de trous noirs qui jalonnent l’Univers, notamment grâce aux satellites scientifiques. Mais ces « faux trous Â» gardent encore bien des mystères.

 

Des trous qui n’en sont pas

Soyons clairs, un trou noir n’est pas un trou ! Au contraire, il s’agit d’un astre, fait de matière. Un corps tellement massif et compact qu’il piège tout, mĂŞme la lumière. Explications.

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Un peu de physique 

Un trou noir est un corps tellement massif et compact, qu’il empĂŞche mĂŞme la lumière de s’en libĂ©rer. D’oĂą l’adjectif « noir Â». En cause : l’attraction gravitationnelle, cette force exercĂ©e par tous les corps. C’est elle qui fait que lorsque vous lancez une patate en l’air, elle retombe fatalement « vers Â» la Terre, qui l’attire. Pour qu’elle s’échappe de son attraction, il faudrait la lancer Ă  11 km/s (40 000 km/h) ! Plus un corps est massif, et plus sa force d’attraction est grande. Ainsi, depuis la grosse Jupiter, la patate devrait ĂŞtre Ă©jectĂ©e Ă  près de 60 km/s. 

Dans le cadre d’un trou noir, la vitesse nĂ©cessaire pour s’arracher Ă  son attraction est de 300 000 km/s, soit la vitesse de la lumière. La lumière ne peut donc pas s’en Ă©chapper. Petite prĂ©cision : les trous noirs ne sont pas des aspirateurs gĂ©ants capables d’avaler tout l’Univers. Il faut que la matière et les rayonnements soient assez proches pour ĂŞtre attirĂ©s.

Image d’un énorme trou noir au centre d’une galaxie
Image d’un énorme trou noir au centre d’une galaxie, simulée par ordinateur. Les effets de distorsion autour du trou noir sont dus à sa gravité, qui dévie les rayons lumineux © NASA, ESA, and D. Coe, J. Anderson, and R. van der Marel (STScI)

Des étoiles mortes

Un trou noir se crĂ©e après la mort d’une Ă©toile très massive. Quand celle-ci meurt, elle produit une gigantesque explosion : une partie de sa matière est expulsĂ©e mais le reste – le noyau notamment – se concentre sous l’effet de la gravitation en un noyau extrĂŞmement dense, le trou noir. 

 

Des mastodontes de masses très variées

Les trous noirs, encore mĂ©connus, possèdent peu de paramètres : leur vitesse de rotation, leur charge Ă©lectrique, et surtout, leur masse. Celle-ci permet d’en distinguer 3 types : 

  • Trous noirs stellaires

Comme leur nom l’indique, ce sont les restes d’étoiles massives. Ce sont les plus nombreux. Leur masse varie de 10 Ă  20 fois celle de notre Soleil (la masse solaire est souvent utilisĂ©e comme unitĂ©, comme rĂ©fĂ©rence, quand on Ă©voque les astres les plus gros). Le plus « lĂ©ger Â» des trous noirs stellaires connus fait 3,8 masses solaires, soit quand mĂŞme plus de 7 x 10 30 kg.

Leur diamètre peut aller de 10 Ă  plusieurs dizaines de kilomètres.  

  • Trous noirs supermassifs

Les poids lourds ! Leur masse Ă©quivaut Ă  des millions de fois la masse du Soleil. Les plus lourds peuvent mĂŞme peser jusqu’à plusieurs milliards de masses solaires. Eux se cachent au cĹ“ur de la plupart des galaxies. Comme Sagittarius A*, au centre de notre Voie LactĂ©e.

Les scientifiques pensent que ces mastodontes viennent de la fusion de plusieurs trous noirs stellaires. Mais leur origine reste encore mal connue.

  • Trous noirs primordiaux

Des scientifiques pensent qu’il existe aussi de minuscules trous noirs, apparus peu de temps après les dĂ©buts de l’Univers. Ils auraient la mĂŞme masse qu’une planète, mais contenue dans une bille de quelques millimètres ! Ces trous noirs ne sont encore qu’une hypothèse. Ils n’ont jamais Ă©tĂ© dĂ©tectĂ©s. 

L’Univers est peuplĂ© de milliards de milliards de trous noirs. Mais pour les dĂ©couvrir, il faut les rĂ©vĂ©ler.  

 

Des trous noirs partout

On estime que l’Univers est peuplĂ© de milliards de milliards de trous noirs. Logique : certaines des milliards de milliards d’étoiles ont donnĂ© ou vont donner un trou noir stellaire !

On en trouve dans le cĹ“ur de presque toutes les galaxies (trous noirs supermassifs). Mais ces amas d’étoiles abritent aussi des milliers voire des millions de trous noirs stellaires. 

Étant donnĂ©e la force d’attraction d’un trou noir et leur nombre estimĂ© dans le cosmos, il paraĂ®t Ă©vident que ces corps jouent un rĂ´le dans la structuration de notre Univers. C’est pourquoi ils intĂ©ressent tant les scientifiques.  

La chasse est ouverte

Illustration d'un un trou noir
Un trou noir attire la matière d’une étoile ou des nuages de gaz, lorsque ceux-ci s’en approchent trop. Avant d’être engloutie, cette matière forme un disque d’accrétion, en rotation autour du trou noir. (Illustration) © ICRAR

Les trous noirs sont invisibles ! Mais on peut les dĂ©busquer, de manière indirecte, grâce Ă  l’effet qu’ils provoquent sur les corps et la matière, qui les entourent. Voici quelques techniques : 

  • Rayons X

Quand de la matière (étoile, poussières, gaz) s’approche un peu trop près d’un trou noir, elle se fait avalée par ce dernier. Mais avant de finir engloutie, elle forme un disque en rotation autour du trou noir, qu’on appelle disque d’accrétion, et qui se met à briller juste avant d’être avalé. En effet, la matière qui le compose subit des frottements qui l’échauffent, provoquant l’émission de nombreux rayonnements, rayons X notamment. Ces rayons sont détectables par des télescopes dédiés, comme les satellites XMM Newton (ESA) et Chandra (NASA).

L’ESA prépare également Athena, un véritable observatoire spatial pour rayons X. Lancement prévu vers 2037.

  • Allo la Terre ?

La matière absorbĂ©e par un trou noir produit Ă©galement un autre type de rayonnement : des ondes radio. Celles-ci sont dĂ©tectables depuis la surface de la Terre. Ce sont ces ondes que l’Event Horion Telescope (constituĂ© de 7 tĂ©lescopes rĂ©partis autour du monde) a dĂ©tectĂ©es, et grâce auxquelles il a pu produire les toutes premières images d’un trou noir. D’abord l’image de celui situĂ© au centre de la galaxie M87 (2019), puis celle de Sagittarius A* en 2022.

Les 2 seules images de trous noirs
Les 2 seules images de trous noirs : celui au centre de la galaxie M87 à gauche et celui au centre de la Voie lactée à droite © EHT Collaboration
  • Suivre les Ă©toiles

La force gravitationnelle d’un trou noir peut dĂ©vier de leur trajectoire des Ă©toiles qui en sont assez proches. L’étude du mouvement et de la vitesse des Ă©toiles permet donc d’en rĂ©vĂ©ler la prĂ©sence. 

 

Sagittarius A*, notre trou noir 

Comme c’est le cas pour la plupart des galaxies, un trou noir siège au cœur de la nôtre, la Voie lactée. Il s’agit de Sagittarius A*, un trou noir, certes supermassif, mais plutôt léger dans sa catégorie puisqu’il ne pèse que 4 millions de fois la masse de notre Soleil.

Il serait tentant d’y envoyer une sonde pour l’explorer, mais il se situe Ă  27 000 annĂ©es-lumière de la Terre. Autrement dit, une sonde (qui voyagerait Ă  la vitesse de la lumière - ce qui est aujourd’hui impossible) mettrait 27 000 ans pour l’atteindre. Et il faudrait autant de temps pour recevoir ses donnĂ©es ! 

Sagittarius A* n’est pas le seul dans notre galaxie. Elle contient aussi des dizaines de trous noirs stellaires, dont Gaia BH3. Il a été découvert grâce au satellite européen Gaia (d’où son nom). Il se situe à 2 000 années-lumière de la Terre et pèse 33 masses solaires. Il s’agit du trou noir stellaire le plus massif jamais détecté dans la Voie lactée.

Les trous noirs intĂ©ressent les scientifiques et inspirent les auteurs de science-fiction. Un exemple ? Le film Interstellar (2014) qui met en scène Matthew McConaughey et Gargantua, un monstrueux trou noir ! 

Quizz

Le « bord » d’un trou noir (sa limite) porte un nom bien poétique. Lequel ?

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