Le Big Bang

  • Dossier

  • Univers

Modifié le 08 décembre 2025

Phénomènes cosmiques liés à la théorie du Big Bang
Différents phénomènes cosmiques pourraient fournir des preuves sur la théorie du Big Bang © ESA/Science Office

L’Univers est né il y a 13,8 milliards d’années suivant la théorie du Big Bang. C’est aujourd’hui le scénario le plus crédible, aux yeux des scientifiques. Mais des mystères persistent.

 

Faire-part cosmique

Le Big Bang (expression anglaise signifiant « gros boum Â») est le nom donnĂ© Ă  la naissance de l’Univers il y a 13,8 milliards d’annĂ©es. Retour sur ces premiers instants.

Représentation de l’origine de l’Univers
Représentation de la naissance de l’Univers © ESO/M. Kornmesser

3 minutes phénoménales

Selon la thĂ©orie du Big Bang, Ă  sa naissance, l'Univers est plus petit qu’une tĂŞte d’épingle. Et sa densitĂ©, sa pression, sa chaleur y sont infinies. Difficile d’imaginer l’énergie prĂ©sente Ă  cet instant. C’est d’ailleurs impossible Ă  reproduire dans nos laboratoires aujourd’hui !

Puis, en une infime fraction de seconde, il « enfle Â» de manière extraordinaire. Et des particules Ă©lĂ©mentaires (plus petites que l’atome) apparaissent : Ă©lectrons, protons, neutrons et photons…

Ensuite, au cours des 3 minutes suivantes, alors que l’Univers continue de se dilater, et par consĂ©quent de se refroidir, les premiers noyaux atomiques (hĂ©lium principalement) se forment par la combinaison des protons et des neutrons. 

 

Un grand coup de flash

L’expansion se poursuit, la chute du thermomètre aussi. 380 000 ans après le Big Bang, il passe sous les 3 000°C (la température actuelle de l’Univers est de -271°C). Les conditions sont alors réunies pour que les premiers atomes apparaissent - hydrogène et hélium. En effet, les électrons sont désormais assez ralentis pour fusionner avec les noyaux atomiques. C’est l’apparition de la matière, telle qu’on la connaît.

Quant aux photons, les particules qui « portent Â» la lumière et qui Ă©taient jusqu’alors piĂ©gĂ©s dans cette soupe cosmique, ils peuvent soudain circuler : l’Univers s’allume. Mais c’est un flash de courte durĂ©e. L’Univers redevient sombre, car les Ă©toiles et les galaxies n’existent pas encore.

 

Et bien après, les étoiles

Les premières Ă©toiles s’allument des millions d’annĂ©es après le Big Bang… Les rĂ©actions chimiques qui se dĂ©roulent dans leur noyau crĂ©ent de nouveaux atomes comme l’azote ou le carbone. Et la force d'attraction gravitationnelle (qui attire tous les corps entre eux) modèle peu Ă  peu la structure de l’Univers : les Ă©toiles se regroupent en galaxies, qui se regroupent elles mĂŞme en amas voire en super-amas de galaxies… 

L'Univers moins d’un milliard d’années après le Big Bang
Vue d’artiste de ce que pouvait être l’Univers moins d’un milliard d’années après le Big Bang © ESO/M. Kornmesser

Une théorie moquée

La thĂ©orie du Big Bang, apparue dans les annĂ©es 1920, bouscule l’idĂ©e alors dominante d’un Univers statique. MĂŞme un certain Albert Einstein pensait alors que l’Univers Ă©tait fixe (il a ensuite changĂ© d’avis) !

En 1922, un mathĂ©maticien russe, Alexander Friedmann, suggère en effet que l’Univers est en expansion, qu’il enfle. Cette idĂ©e est dĂ©montrĂ©e mathĂ©matiquement en 1927 par un savant belge, Georges LemaĂ®tre. Elle est Ă©galement dĂ©montrĂ©e par les travaux de l’astronome amĂ©ricain Edwin Hubble : il se base sur l’observation de galaxies qui prouvent qu’elles s’éloignent les unes des autres du fait de la dilatation de l’Univers. 

Et en 1931, Georges LemaĂ®tre thĂ©orise l’idĂ©e du Big Bang : selon lui, si l’Univers est en train de s’étendre, c’est qu’il a dĂ» par le passĂ© ĂŞtre plus petit et plus dense, ĂŞtre un point unique. Mais sa thĂ©orie met plusieurs annĂ©es Ă  se faire accepter par la plupart des scientifiques. 

Un grand boum ironique

L’expression « Big Bang Â» est inventĂ©e en 1949 par un astrophysicien britannique, Fred Hoyle. Il souhaite se moquer de la thĂ©orie de Georges LemaĂ®tre en parlant de « grand boum Â». L’expression est finalement restĂ©e !

Un scénario crédible

Aujourd’hui, le Big Bang est la thĂ©orie la plus solide, celle qui colle le mieux aux observations menĂ©es par les scientifiques, depuis le sol ou depuis l’espace. Et aucune dĂ©couverte n’a pu la dĂ©truire.  

 

Des satellites comme témoins

De nombreuses missions satellite ont été et sont encore menées pour collecter des informations sur l’histoire de notre cosmos. Le télescope américain James Webb, par exemple, qui tente (entre autres) de capter la lumière des premières étoiles et galaxies. Ou le satellite européen EUCLID, qui permet de regarder plus précisément l’expansion de l’Univers. Toutes les données ainsi recueillies permettent de valider la théorie du Big Bang.

Une preuve venue du fond des âges 

Autre preuve : le fond diffus cosmologique. Il s’agit de la première lumière de l’Univers, survenue, tel un coup de flash, 380 000 ans après le Big Bang. Cette lumière subsiste aujourd’hui sous la forme d’un rayonnement uniforme d’ondes radio. Comme un bruit de fond, prĂ©sent partout dans le cosmos.

ThĂ©orisĂ© Ă  la fin des annĂ©es 40, ce rayonnement « fossile Â» a Ă©tĂ© dĂ©tectĂ© par hasard en 1965 par 2 physiciens amĂ©ricains, alors qu’ils travaillaient sur une nouvelle antenne radio (ce qui leur a valu le prix Nobel de physique). Cette première lumière a mĂŞme Ă©té « photographiĂ©e Â» entre 2009 et 2013 par le satellite europĂ©en Planck

Fond diffus cosmologique mesuré par Planck après le Big Bang
Le fond diffus cosmologique : le satellite Planck a mesuré avec une grande précision les variations minimes de température de ce rayonnement fossile apparu juste après le Big Bang © ESA/Planck Collaboration

Mystères…

Des inconnues demeurent dans la thĂ©orie du Big Bang. Qu’est-ce qui l’a provoquĂ© ? Qu’y avait-il avant ? Y avait-il mĂŞme seulement un avant ?

De plus, ce que l’on sait des tous premiers instants, n’a jamais Ă©tĂ© observĂ©, prouvĂ©. Ce ne sont que des hypothèses scientifiques. Il est en effet impossible de reproduire un Big Bang miniature, de reconstituer les premiers instants de l’Univers, mĂŞme dans le plus perfectionnĂ© des laboratoires. Pour l’instant. 

Et après ?

Plusieurs thĂ©ories existent sur le devenir de notre Univers. Qui ne sont pour l’heure que des spĂ©culations. Et attention spoiler : cela n’est jamais une fin très heureuse… Mais rassurez-vous, cela n’est pas prĂ©vu avant des dizaines de milliards d’annĂ©es.

Voici les 3 principales :

  • La mort thermique (Big Freeze)

L’Univers continue son expansion, toujours à la même vitesse, de manière constante. Indéfiniment. La matière et les rayonnements se diluent et se dispersent, petit à petit.

  • L’effondrement terminal (Big Crunch)

C’est le Big Bang, mais Ă  l’envers ! Dans ce scĂ©nario, la gravitĂ© gagne le combat contre l’expansion. Cela provoque la contraction de l’Univers qui devient compact, tous les astres se contractent en un point unique. 

  • La grande dĂ©chirure (Big Rip)

Ce scĂ©nario prĂ©voit que l’accĂ©lĂ©ration de l’expansion va encore croĂ®tre, jusqu’à surpasser toutes les autres forces, qui maintiennent la cohĂ©sion de la matière. L’Univers se dĂ©chire : les galaxies, les Ă©toiles, les planètes... Toute la matière est dĂ©truite, jusqu’au moindre petit atome.

 

Quizz 

Et nous, dans tout cela ? Les humains sont apparus plus de 13 milliards d’annĂ©es après le Big Bang. Ă€ l’échelle de l’Univers, nous sommes des nouveaux-nĂ©s !

Mais quand s’est formé notre Système solaire (le Soleil et son cortège de planètes, dont notre Terre) ?

Vous aimez les contenus du CNES ? Suivez-nous sur Instagram

Continuez votre exploration