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Modifié le 08 décembre 2025

Star Wars, épisode IV, un nouvel espoir
Star Wars, épisode IV, un nouvel espoir © 20th Century Fox.

Espace et cinĂ©ma partagent beaucoup : le mĂŞme siècle d'essor, le mĂŞme besoin de se nourrir de nouvelles technologies, la mĂŞme invitation au voyage, la mĂŞme capacitĂ© Ă  crĂ©er de puissants souvenirs collectifs. Pas Ă©tonnant avec tout cela que des films spatiaux aient Ă©tĂ© produits partout et tout le temps.

 

La Lune en noir et blanc

Le tout dĂ©but du cinĂ©ma peut ĂŞtre rĂ©sumĂ© en 2 images fortes, aux intentions et Ă  l’imaginaire bien diffĂ©rents : d’un cĂ´tĂ© un train qui rentre dans une gare Ă  La Ciotat, image impressionnante et documentaire des frères Lumières, de l’autre une lune au visage humain qui reçoit une fusĂ©e dans l’œil. Cette féérie signĂ©e MĂ©liès est depuis associĂ©e au dĂ©but du cinĂ©ma de fiction et de dĂ©paysement. En 1902, ce Voyage dans la lune, très librement inspirĂ© de Jules Verne, est donc le premier film spatial de l’histoire du cinĂ©ma. TournĂ© dans le studio du rĂ©alisateur Ă  Montreuil, le film est composĂ© de plusieurs scènes nous invitant aux prĂ©paratifs, Ă  l’arrivĂ©e sur la lune, Ă  la rencontre avec ses habitants et au retour triomphal sur Terre. Pas la peine de chercher dans ce film un regard scientifique ou l’anticipation surrĂ©elle d’un voyage spatial. Pour MĂ©liès, la Lune est, comme le fond des ocĂ©ans ou les lointains continents, un parfait dĂ©cor de cinĂ©ma oĂą l’on peut raconter d’incroyables d’aventures, peu importe la vraisemblance. 

Image du film « Le Voyage dans la Lune » de Georges Méliès
Image du film « Le Voyage dans la Lune » de Georges Méliès © Le voyage dans la lune/Georges Méliès/1902.

Mais les choses changent vite. En 1929, alors que le cinĂ©ma allemand connaĂ®t un de ses âges d’or, Fritz Lang sort sur les Ă©crans sa Femme sur la Lune. Si la destination est la mĂŞme, le parti pris est très diffĂ©rent. Fritz Lang veut lui aussi proposer un film d’aventure mais il prend la question du voyage extra-terrestre très au sĂ©rieux. Grâce au travail d’un conseiller scientifique, Hermann Oberth, le film est un tĂ©moignage de l'Ă©tat des connaissances Ă  la fin des annĂ©es 20 : la fusĂ©e repose sur 4 pieds, le dĂ©collage se fait dans une grande piscine… La lĂ©gende raconte que c’est dans ce film qu'apparaĂ®t pour la première fois le compte Ă  rebours. Pour renforcer le suspens au moment du dĂ©collage, Fritz Lang a l’idĂ©e de mettre des intertitres avec des numĂ©ros de 6 Ă  1. Cette idĂ©e est depuis devenue une norme cinĂ©matographique mais aussi une rĂ©alitĂ© scientifique puisque les dĂ©collages des fusĂ©es et navettes sont toujours prĂ©cĂ©dĂ©s de comptes Ă  rebours.

 

DĂ©part imminent : de « Planète interdite Â» à « 2001, l’OdyssĂ©e de l’espace Â»

Dans les annĂ©es 1950 et 1960, la course aux Ă©toiles bat son plein. Russes et AmĂ©ricains enchainent les premières fois et comptent les points : premier chien dans l’espace, premier homme, première femme, premier tour de la Lune, premier pas sur la Lune... Mais la course est intense Ă©galement dans les salles de cinĂ©ma. Ces deux dĂ©cennies sont sĂ»rement les plus prolifiques en films spatiaux. Si les studios hollywoodiens ont une incontestable longueur d’avance, le cinĂ©ma russe propose aussi plusieurs voyages fictionnels dans l’espace avec notamment les films du rĂ©alisateur Pavel Klouchantsev, comme La planète des tempĂŞtes. CĂ´tĂ© amĂ©ricain, 2 des films les plus importants de cette pĂ©riode sont Destination Moon et Planète interdite, le premier film qui intègre de la musique Ă©lectronique en guise de bande originale. Stanley Kubrick dans son film culte 2001, l'OdyssĂ©e de l’espace prend le contrepied en filmant des valses de vaisseaux spatiaux sur la musique de Strauss. Ce film devient rapidement la rĂ©fĂ©rence du film spatial : Ă  la fois sĂ©rieux scientifiquement et ouvert Ă  toutes les interprĂ©tations, film d’aventure, film intime, film d’auteur et nouvelle rĂ©fĂ©rence en matière d’effets spĂ©ciaux. 

Si Hollywood produit plusieurs films se déroulant sur la Lune dans les années 1967, 1968, 1969… tout s'arrête brusquement au moment où Apollo 11 s’y pose réellement. La réalité a rattrapé la fiction et l'éclipse.

Scène de « 2001, l'Odyssée de l'espace » réalisée par Stanley Kubrick
Scène de « 2001, L'Odyssée de l'espace » réalisée par Stanley Kubrick © 2001, l'Odyssée de l’espace/MGM/1968.

Star Wars et Star Trek : vers l’infini et au-delĂ 

Si les agences spatiales arrivent Ă  envoyer des humains sur la Lune, le cinĂ©ma doit viser plus loin ! Dans les annĂ©es 70 apparaissent les 2 grandes sagas spatiales qui continuent d’alimenter nos Ă©crans et nos imaginaires : Star Trek (d’abord Ă  la tĂ©lĂ©vision puis au cinĂ©ma en 1979) et Star Wars (en 1977). Dans les 2 cas, l’exploration se fait bien loin de notre Système solaire. L’espace Ă©tant infini, les scĂ©naristes peuvent libĂ©rer leur imagination et nous proposer autant de planètes, de systèmes stellaires ou de galaxies qu’ils le souhaitent. C’est d’ailleurs la promesse dès le gĂ©nĂ©rique de Star Trek ou la voix off nous annonce que la mission du vaisseau Entreprise est d’« explorer de nouveaux mondes Ă©tranges et au mĂ©pris du danger, avancer vers l’inconnu Â».

Si 2001, l’OdyssĂ©e de l’espace profitait du voyage spatial pour interroger notre rapport Ă  l’innovation et Ă  la technologie (notamment Ă  l’intelligence artificielle), Star Wars brouille les pistes en mĂ©langeant les rĂ©fĂ©rences classiques de la science-fiction (robot, laser, vaisseau…) Ă  des rĂ©fĂ©rences plus anciennes (samouraĂŻ japonais, chevalier europĂ©en, cowboy amĂ©ricain…). Les 2 sagas « Star Â» ont surtout imposĂ© une autre image, une autre mĂ©taphore… celle de la marine. Capitaines, vaisseaux, pirates, canons, sabres, abordages… le lexique tĂ©moigne de ce rapprochement. On retrouve cette mĂŞme idĂ©e, un peu partout par la suite, du dessin animĂ© Albator Ă  la saga Alien dont le premier Ă©pisode sort Ă©galement Ă  la fin des annĂ©es 70.

Le vaisseau USS Enterprise de la série Star Trek
Le vaisseau USS Enterprise © Star Trek, The Original Series/CBS via Getty Images/1965.

Dans l’espace, personne ne vous entendra… crier, rire, pleurer

Contrairement Ă  d’autres genres cinĂ©matographiques, la science-fiction spatiale a rĂ©ussi Ă  survivre Ă  toutes les modes et Ă  toutes les Ă©poques et chaque annĂ©e sortent sur nos Ă©crans plusieurs films qui se dĂ©roulent hors de notre planète. Et on peut schĂ©matiquement les classer en 2 grandes catĂ©gories : les films qui se dĂ©roulent dans notre Système solaire - souvent les plus crĂ©dibles - et ceux qui inventent des mondes nouveaux. Mais cette catĂ©gorisation « astronomique Â» n’interdit aucun genre cinĂ©matographique. Dans l’espace, on a pu voir des comĂ©dies (Un ticket pour l’espace), des films d’horreur (Event horizon), des films de super hĂ©ros (Les gardiens de la galaxie), des films d’aventure (ValĂ©rian), des fresques Ă©cologiques (Avatar), des rĂ©flexions mĂ©taphysiques et mĂ©lancoliques (Solaris), des films d’auteur (High Life), des dessins animĂ©s (Fly me to the moon), des reconstitutions historiques (Apollo 13 ou Les figures de l’ombre), un James Bond (Moonraker) et mĂŞme des films Ă©rotiques (Barbarella).

Nous sommes tombés d’accord avec les Russes, les Américains et les Chinois. C’est désormais certain… c’est impossible de marcher sur le Soleil... Tout cet argent dépensé. Tous ces hommes, ces femmes, ces animaux morts pour rien. Ces ptites souris, ptits chats, ptits chevaux... C’est ça la recherche spatiale. Des joies, des déceptions...

Le colonel Beaulieu et le professeur Sormeaux

  • Un ticket pour l'espace (2006)

Mais aujourd’hui, le genre le plus reprĂ©sentĂ© au cinĂ©ma est surement le film martien. En effet, si la Lune reste encore et toujours une destination prisĂ©e des scĂ©naristes, Mars attire particulièrement les camĂ©ras. Ce regain de production martienne n’est pas sans rappeler le pic des productions lunaires Ă  l’approche de l’alunissage d’Apollo 11. LĂ  aussi, le cinĂ©ma surfe sur les modes et l’actualitĂ© et tente de conserver une longueur d’avance. Au milieu de plusieurs sĂ©ries (notamment l’excellente sĂ©rie française Missions), d’une grosse production russe (Captivity), Seul sur Mars est surement l’un des films les plus marquants de cette pĂ©riode. Le film prend au sĂ©rieux la question de la survie des astronautes sur la planète rouge et le hĂ©ros, incarnĂ© par Matt Damon, doit faire preuve de beaucoup d’ingĂ©niositĂ© et de compĂ©tences scientifiques pour survivre dans ce milieu hostile. Le film reprend un autre motif rĂ©gulier des films spatiaux : la solitude des voyageurs. 

Visuel de la série « For All Mankind »
Visuel de la série « For All Mankind » © For All Mankind/Apple TV/2019.

Espace en séries

L'apparition des plateformes vidĂ©o n’a aucunement stoppĂ© les productions spatiales. Au contraire, il semble presque impossible pour une plateforme d’exister sans une ou plusieurs sĂ©ries se dĂ©roulant dans l’espace. Disney+ surfe sur sa franchise aux Ĺ“ufs d’or Star Wars et en propose rĂ©gulièrement des variations en sĂ©rie (The Mandalorian, Le livre de Boba Fett, Obi-Wann Kenobi…). De son cĂ´tĂ© Netflix, après son remake de Perdu dans l’espace, a proposĂ© une sĂ©rie assez sĂ©rieuse sur la conquĂŞte de Mars (Away) et une comĂ©die caustique sur le lien entre armĂ©e et agence spatiale (Space force). Les Français ne sont pas en reste puisque OCS a produit et diffusĂ© 3 saisons de Missions et Canal+ deux saisons de OVNI(s) ou il est question du Groupe d'Ă©tudes des phĂ©nomènes aĂ©rospatiaux non identifiĂ©s (GEPAN), structure ayant rĂ©ellement existĂ© dans les annĂ©es 70 et 80 et existant toujours avec un nouveau nom au sein du CNES, le GEIPAN. Mais l'une des sĂ©ries spatiales les plus marquantes est au catalogue d’Appel TV : For all minkind. Son scĂ©nario est basĂ© sur une uchronie : que se serait-il passĂ© si les Russes avaient marchĂ© en premier sur la Lune ? Sans spoiler la sĂ©rie, les scĂ©naristes imaginent Ă  partir de lĂ , une histoire bien diffĂ©rente avec une course Ă  l’espace sans cesse attisĂ©e par les conflits terrestres. 

Interstellar et Gravity : la physique fiction

En 2013 et 2014 sortent sur les Ă©crans 2 grands films spatiaux ambitieux : Gravity et Interstellar. Si les films sont très diffĂ©rents dans la forme et dans le fond, ils ont plusieurs points communs importants. Pour commencer, le personnage principal lutte, survie, affronte les Ă©lĂ©ments, pour une raison intime… retrouver son enfant restĂ© sur Terre. Au-delĂ  de ces 2 films, c’est l’un des thèmes rĂ©currents des films spatiaux. Un peu comme Ulysse, dans le sonnet de Joachim du Bellay, qui après son long voyage est heureux de vivre entre ses parents, le voyageur spatial est obsĂ©dĂ© par l’idĂ©e de rĂ©unir sa famille. Dans Ad Astra, Brat Pitt va retrouver son père Ă  proximitĂ© de Saturne, dans la sĂ©rie The First Sean Penn doit rĂ©gler des problèmes avec sa fille avant de dĂ©coller pour Mars, Bruce Willis se sacrifie sur un astĂ©roĂŻde pour sauver son gendre dans Armageddon et dans Proxima Eva Green, astronaute Ă  l'entraĂ®nement, se dĂ©tache difficilement de sa fille… Au cinĂ©ma, les longs voyages dans l’espace rĂ©sonnent souvent avec ces questionnements intimes parce qu’à l’autre bout de la voie lactĂ©e comme sur Terre, les humains sont toujours animĂ©s par les mĂŞmes sentiments. 

Scène du film Interstellar avec les astronautes à bord du vaisseau spatial
Scène du film « Interstellar » © Interstellar/Warner bros./2014.

Gravity et Interstellar partagent aussi quelque chose de plus rare au cinĂ©ma : un intĂ©rĂŞt pour les lois de la physique. Car si la science-fiction nous abreuve continuellement de concepts scientifiques, la plupart du temps elle ne s’intĂ©resse pas vraiment aux questions scientifiques qu’elle Ă©voque. Gravity et Interstellar, si. A l’image d’un manège, Gravity a l’ambition de nous faire ressentir la gravitĂ© ou plutĂ´t son absence (via l’apesanteur auquel est soumise son hĂ©roĂŻne). La gravitation est Ă©galement très prĂ©sente et très citĂ©e dans Interstellar ou les discussions comme l’intrigue tournent autour de nombreux phĂ©nomènes physiques comme le trou noir, les hypothĂ©tiques trous de verre, la relativitĂ© gĂ©nĂ©rale… Bien entendu, ces films ne sont pas des Ĺ“uvres de vulgarisation et rien n’est vraiment expliquĂ© mais ils contribuent Ă  nous familiariser avec le vocabulaire scientifique et spatial. Grâce au cinĂ©ma et aux dessins animĂ©s, tout le monde a dĂ©jĂ  entendu parler de trou noir, de vide intersidĂ©rale, de quantique, de mĂ©tĂ©orite…

 

Notre sĂ©lection : les films les plus connus sur le thème de l’espace

  • Le voyage dans la lune de Georges MĂ©liès, 1902
  • La femme sur la Lune de Fritz Lang, 1929
  • 2001, l’odyssĂ©e de l’espace de Stanley Kubrick, 1969
  • Star wars, un nouvel espoir de Georges Lucas 1977
  • Star trek, le film de Robert Wise, 1979
  • Alien, le 8e passage de Ridley Scoot, 1979
  • Apollo 13 de Ron Howard, 1995
  • Star Wars, la Menace fantĂ´me de Georges Lucas, 1999
  • Un ticket pour l’espace de Eric Lartigau, 2005
  • Avatar de James Cameron, 2009
  • Gravity de Alfonso CuarĂłn, 2013
  • Interstellar de Christopher Nolan, 2014
  • Les Figures de l'ombre de ThĂ©odore Melfi, 2016
  • Star Wars, l’ascension de Skywalker de J.J. Abrams, 2019
  • Proxima de Alice Winocour, 2019

Quizz

Comment s’appelle l’ordinateur de bord dans le film 2001, l’Odyssée de l’espace ?

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