Publié le 28 septembre 2026

Dans son voyage vers Jupiter, Juice fait un nouveau passage à proximité de la Terre

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La sonde tire parti de la gravité terrestre pour affiner sa trajectoire et atteindre Jupiter sans encombre en 2031. Ses instruments ont été allumés à des fins scientifiques.

Cet article est partiellement issu d’une actualité de l’ESA (en anglais). 

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C’est une nouvelle étape dans le long voyage de Juice vers Jupiter et ses lunes. La sonde de l'Agence spatiale européenne (ESA), pour laquelle le CNES a contribué, effectue ce 28 septembre un nouveau passage au-dessus de la Terre. Les équipes au sol ont pour mission de guider Juice à proximité de notre planète afin de modifier sa vitesse et sa trajectoire dans son voyage. 

Depuis son lancement en avril 2023 depuis le Centre spatial guyanais, la sonde a déjà été guidée deux fois. D’abord lors d’un survol de la Lune et de la Terre (une manœuvre de « freinage » destinée à permettre à Juice de prendre un raccourci vers Jupiter en passant par Vénus), puis lors d’un survol de Vénus (qui a modifié son orbite et lui a donné un petit coup de pouce). De telles manœuvres sont appelées « assistance gravitationnelle » : les équipes au sol se servent de la gravité d’une planète pour accélérer, ralentir ou dévier la sonde sans consommer de carburant. L’interaction qui a lieu aujourd’hui prépare Juice à un dernier survol de la Terre en janvier 2029, la plaçant sur une trajectoire optimale pour atteindre Jupiter en juillet 2031.

© CNES/nůn {design & arts graphiques}, 2023

Utiliser la gravité pour économiser du carburant

Mais pourquoi ne pas simplement voler tout droit vers Jupiter, puis freiner brusquement une fois sur place ? Cette stratégie aurait permis un gain de temps significatif, mais elle aurait également nécessité une fusée gigantesque et une quantité inimaginable de carburant pour atteindre la vitesse suffisante pour le voyage, puis empêcher Juice de passer à côté de Jupiter.

En tirant parti des planètes et de leur gravité (ici la Terre, à la Lune et à Vénus), Juice prend de la vitesse et ajuste sa trajectoire exactement comme il le faut – presque sans rien dépenser. Ainsi, la sonde aura encore une grande quantité de carburant dans ses réservoirs pour se mettre en orbite autour de Jupiter en 2031, puis autour de la lune géante Ganymède en 2034.

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Bonus scientifique

Lors de ce survol, Juice doit passer à « seulement » 8640 km de la Terre. Aussi, tout comme lors du survol Lune-Terre de 2024, les dix instruments scientifiques de la sonde ont été mis en service le 23 septembre pour collecter des données sur la Terre et la Lune jusqu’au 3 octobre. Cela donne aux équipes chargées des instruments une excellente occasion de calibrer leurs instruments et de préparer leurs outils d’analyse des données.

L'un des aspects scientifiques intéressants de ce survol est le passage prolongé de Juice dans la queue du champ magnétique terrestre. La sonde devrait ainsi obtenir de précieuses mesures de champ magnétique, qui pourraient ensuite être combinées avec les données de la mission euro-chinoise Smile.

Dans un même temps, la caméra de navigation de Juice – qui aidera à terme la sonde à manœuvrer autour des lunes de Jupiter – en profitera pour se tourner vers l’horizon de notre propre Lune. Les images qu’elle prendra permettront de tester une nouvelle technique visant à améliorer la précision de sa navigation optique. Enfin, les deux caméras de surveillance embarquées de Juice doivent prendre des photos tout au long du survol.

Le rôle du CNES dans la mission Juice

Le CNES participe au financement du projet Juice à la fois travers sa contribution au programme scientifique obligatoire de l'ESA et directement, via la contribution française aux instruments du satellite. 

L’agence spatiale française est responsable des fournitures françaises et assure, pour tous les participants français (CNRS, Universités), la maîtrise d'ouvrage de la contribution française à JUICE. À ce titre, le CNES :

  • Finance les contributions des laboratoires français
  • A supervisé les développements des contributions françaises
  • A fourni un support si nécessaire aux laboratoires pour l’assurance qualité, la mécanique, la thermique l'expertise en composants...
  • Gère l'interface avec l’ESA pour les aspects techniques programmatiques
  • Et enfin finance les activités scientifiques françaises.
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