Publié le 28 juillet 2026

Euclid révèle les quasars les plus anciens de l’Univers

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En détectant 31 quasars parmi les plus anciens jamais observés, le télescope spatial européen Euclid permet de remonter aux premières phases de formation des galaxies et des trous noirs.

Vue d'artiste d'un ancien quasar.
© ESA, 2026

Les quasars figurent parmi les objets plus brillants de l’Univers et leur éclat en fait des balises précieuses pour observer les régions les plus lointaines du cosmos. Dans la vie d’une galaxie, ils correspondent à une phase particulièrement intense. À ce moment-là, une grande quantité de matière est attirée par un trou noir supermassif, libérant une énergie considérable. Le noyau de la galaxie devient alors extrêmement lumineux, parfois davantage que l’ensemble des étoiles qui l’entourent ! 

Toutefois, les quasars les plus anciens restent difficiles à détecter. Ils sont rares et leur lumière, émise aux débuts de l’Univers, est très atténuée lorsqu’elle nous parvient. Elle peut aussi être confondue avec celle d’étoiles plus proches, compliquant leur identification.

Depuis plusieurs décennies, les astronomes tentent de repérer ces objets pour mieux comprendre comment les premières galaxies et les premiers trous noirs se sont formés. Et jusqu’à présent, seules quelques découvertes isolées avaient permis d’en entrevoir les caractéristiques.

Une découverte qui repousse les limites de l’observation

Grâce à ses capacités d’observation en champ large et en infrarouge, Euclid change la donne. Le télescope spatial européen a permis d’identifier 31 nouveaux quasars très anciens, dont certains comptent parmi les plus lointains jamais observés.

Grille représentant 15 des 31 quasars découverts par Euclid.
15 des 31 quasars découverts par Euclid. Il s'agit des points situés au centre de chaque image. © ESA/Euclid/Euclid Consortium/NASA, image processing by the Euclid Science Ground Segment and Antoine Basset (CNES)

Ces objets sont observés tels qu’ils existaient moins de 700 millions d’années après le Big Bang. Leur lumière a parcouru plus de 13 milliards d’années pour nous parvenir, offrant un regard direct sur les premières phases de l’histoire cosmique.

Cette avancée marque un tournant. Là où il a fallu plus d’une décennie pour identifier les premiers quasars à très grande distance, Euclid en a déjà découvert davantage en seulement un an ! Le télescope ne se limite plus aux objets les plus brillants : il permet désormais d’observer une population beaucoup plus large, incluant des quasars plus faibles et plus nombreux.

Le saviez-vous ?

La distance des objets observés par Euclid est mesurée grâce au décalage vers le rouge, un indicateur lié à l’expansion de l’Univers. Plus ce décalage est élevé, plus l’objet est lointain… et plus on remonte dans le temps.

Ces observations apportent de nouvelles informations sur une période clé de l’Univers, notamment l’époque de la réionisation, durant laquelle le cosmos est passé d’un état sombre à un environnement lumineux et structuré. En cartographiant de vastes régions du ciel, Euclid contribue à mieux comprendre la formation des premières structures et l’évolution de l’Univers sous l’influence de la matière noire et de l’énergie noire.

Sur une carte de l'Univers, localisation des 31 quasars découverts par Euclid.
Sur une carte de l'Univers, localisation des 31 quasars découverts par Euclid. © ESA/Euclid/Euclid Consortium/NASA/Planck Collaboration/A. Mellinger; Acknowledgment: Jean-Charles Cuillandre, João Dinis)

Le rôle du CNES dans la mission Euclid

L'objectif de la mission Euclid est d​​e cartographier une grande partie de l'Univers afin de mieux comprendre son évolution et sa structure. Elle cherche notamment à expliquer l'accélération de son expansion, liée à l'énergie noire, et à étudier la répartition de la matière noire. En observant des milliards de galaxies, Euclid permet de retracer l'histoire du cosmos sur plusieurs milliards d'années.

Le CNES participe à cette mission à travers le consortium scientifique, en contribuant au financement de laboratoires français impliqués dans les instruments VIS et NISP. L'agence spatiale française est responsable du fonctionnement du segment sol, fournit un tiers des capacités de calculs et lance et supervise l'intégralité des traitements.​