Publié le 23 juillet 2026

Astronaute d'un jour : de la sélection coopérative au vol parabolique, récit d'un rêve devenu réalité

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Trente collégiens de 4e venant de toute la France ont participé à un vol 0G après avoir remporté la finale nationale d’Astronaute d’un jour. Une expérience unique.

Jeunes collégiens en combinaisons CNES en impesanteur dans l'avion Air Zero G de Novespace.
© Novespace, 2026

Ni haut, ni bas, ni poids. Pendant vingt-deux secondes. Juste la sensation de pouvoir flotter et tourner sur soi-même sans aucune pesanteur. Mercredi 10 juin, à bord de l'Airbus A310 Zéro G opéré par Novespace depuis Mérignac, en Gironde, trente collégiennes et collégiens ont vécu une expérience unique : le vol parabolique. Ils sont les lauréats de la toute première édition nationale d'Astronaute d’un jour, le concours éducatif du CNES inspiré des épreuves de sélection des astronautes. Pour eux, ce n'est pas la fin d'un concours. C'est peut-être le point de départ qui les guidera vers une carrière scientifique. Et au milieu des rires nerveux et de cet environnement nouveau, les adolescents peinent à croire que ce moment est bien réel.

La veille, l'appréhension avant le rêve

Tout a commencé la veille, à Novespace. Le petit groupe arrive pour une immersion rapide avant le grand saut. Face aux adolescents, Jean-François Clervoy, astronaute français vétéran de trois missions spatiales entre 1994 et 1999, et Carmen Possnig, astronaute autrichienne réserviste de l'Agence spatiale européenne (ESA). Deux rencontres qui, à elles seules, suffiraient à impressionner. Les sentiments se mêlent : on sent l'excitation monter, mais aussi, chez certains, une pointe d'appréhension. On plaisante beaucoup, on parle fort, un peu comme avant de monter dans un grand huit.  À la différence près que celui-ci se joue en apesanteur et qu'on ne redescend qu'après avoir vraiment flotté.

Le jour J : en micropesanteur

Le lendemain, ce sont des adolescents vêtus d’une combinaison de vol qui prennent place dans ce laboratoire volant qu'est l'A310 Zéro G, spécialement équipé pour les campagnes scientifiques de vols paraboliques destinées à être réalisées en situation de micropesanteur. À la première injection – le moment précis où l'avion entame sa parabole –, la gravité change brutalement : d'abord la sensation d'être écrasé au sol par une pesanteur presque double, puis, quelques secondes plus tard, une légèreté inédite qui fait décoller du plancher.

Les jeunes en profitent pour expérimenter cet environnement inconnu. Sous une gravité martienne simulée, les pompes deviennent un jeu d'enfant. La parabole suivante reproduit la pesanteur lunaire, où chaque pas devient un bond. S’ensuit une autre ascension où les participants sont invités à former un anneau comme lors d’un saut en parachute, avant de mener une expérience avec des gouttes d'eau colorées qui se transforment en sphères parfaites dans l'air. Les manœuvres paraboliques s’enchaînent, apportant chacune son cortège de surprises pour les apprentis astronautes.

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« Une expérience exceptionnelle »

À n’en pas douter, le vol en 0G marquera durablement les esprits des adolescents. Et les témoignages de leurs parents ou de leurs enseignants, dans les jours suivants, le confirment. Beaucoup racontent un enfant métamorphosé : les yeux tournés un peu plus fort vers l'espace, un projet d'études qui se précise, une passion pour les sciences qui naît là où on ne l'attendait pas. Un même constat revient souvent : les collégiens ont vécu « une expérience exceptionnelle ».

Au-delà du vol parabolique effectué par les finalistes, ce sont toutes les classes participantes qui se sont embarquées dans l’aventure Astronaute d’un jour. Et leur mobilisation pendant plusieurs mois autour des épreuves théoriques, a produit un effet inattendu sur la cohésion de groupe et la motivation dans des matières plus classiques, expliquent les enseignants. Un professeur souligne à quel point le concours a permis d'aborder, avec des élèves pour qui c'est rarement facile à cet âge, la question de l'avenir professionnel.

Et puis il y a la parole des adolescents eux-mêmes : la plus brute, la plus sincère. Dans les messageries internes aux équipes, chaque fois différentes, des 3 épreuves de qualification, on retrouve une conviction simple et touchante : accumuler des points pour avoir une chance d'aller dans l'espace, un jour, pour de vrai. Un participant qui demande aux autres de le suivre pour réaliser son rêve et les autres qui répondent, sans hésiter, qu'ils sont partants pour l'aider. C'est peut-être cela, avant les épreuves théoriques et les paraboles aériennes, le véritable moteur du concours : des jeunes qui décident, ensemble, de croire en leurs rêves.

Photo de groupe à bord de l'A310 0G © CNES/Novespace/THEILLET Laurent, 2026

Un voyage qui a commencé bien avant le vol

Ce vol parabolique constitue donc le point d’orgue d'une aventure humaine commencée plusieurs mois plus tôt. Plus de 2 200 collégiens de 4e, venus de tout l'Hexagone, avaient répondu présent pour cette première édition nationale, épaulés par leurs professeurs à travers des épreuves théoriques pensées pour éprouver leur logique, leur esprit critique et leur capacité à coopérer. Quatre-vingts d'entre eux avaient ensuite convergé vers Toulouse pour une finale sportive au CREPS, le Centre de ressources, d'expertise et de performance sportives. Une journée que plusieurs parents décrivent comme aussi marquante que le vol lui-même, faite de dépassement de soi et d'esprit d'équipe.

Cette finale a enfin été l'occasion, pour le CNES, de concrétiser un engagement fort en matière d'inclusion : vingt jeunes en situation de handicap ont participé aux épreuves, aux côtés des autres candidats, prouvant que le rêve d'une carrière dans le spatial ne peut se réduire aux seules questions de performance physique. Certains témoignages soulignent aussi, avec fierté, une parité quasi parfaite parmi les sélectionnés, alors que les filles ne représentaient qu'un tiers des inscrits au départ.

Un diplôme et déjà l'envie de recommencer

Retour à bord de l'A310 pour la dernière parabole. Puis l'avion se pose et avec lui redescend, doucement, l'euphorie du vol. Sur le tarmac, les trente lauréats reçoivent leur diplôme, trace tangible de plusieurs mois de travail, de curiosité et de persévérance. Un symbole de fierté que les adolescents racontent fièrement avoir affiché ou montré à toute la classe.

Plus que des 2 200 candidatures ou des 15 paraboles, se mesure la vraie réussite d'Astronaute d'un jour :  celle d'avoir donné, à toute une génération de jeunes, une raison concrète de lever les yeux vers le ciel.

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