Les astronautes français

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Modifié le 28 septembre 2026

Thomas Pesquet en sortie dans l'espace (2021).
Thomas Pesquet en sortie dans l'espace (2021) © NASA/ESA

De Jean-Loup Chrétien à Sophie Adenot, en passant par Thomas Pesquet, 11 astronautes Français (9 hommes et 2 femmes), ont volé dans l’espace en 2026. Souvent pionniers, ils ont chacun contribué à écrire l’histoire spatiale française et européenne.

Par ordre chronologique :

  • Jean-Loup ChrĂ©tien (3 vols : 1982, 1988, 1997)
  • Patrick Baudry (1 vol : 1985)
  • Michel Tognini (2 vols : 1992, 1999)
  • Jean-Pierre HaignerĂ© (2 vols : 1993, 1999)
  • Jean-François Clervoy (3 vols : 1994, 1997, 1999)
  • Jean-Jacques Favier (1 vol : 1996)
  • Claudie HaignerĂ© (2 vols : 1996, 2001)
  • LĂ©opold Eyharts (2 vols : 1998, 2008)
  • Philippe Perrin (1 vol : 2002)
  • Thomas Pesquet (2 vols : 2016, 2021)
  • Sophie Adenot (1 vol : 2026)
  • Arnaud Prost (astronaute de rĂ©serve de l'ESA, sĂ©lectionnĂ© en 2022)

Jean-Loup ChrĂ©tien : le dĂ©fricheur

24 juin 1982. Jean-Loup Chrétien embarque à bord d’une fusée Soyouz, direction la station russe Saliout. Il est le premier Français à réaliser cette prouesse. A cette occasion, le CNES, l'agence spatiale française, inaugure également pour la première fois l'expérimentation spatiale, en embarquant 12 expériences scientifiques.

En 1988, durant sa deuxième mission, cette fois-ci à bord de la station Mir, il sera le premier Européen à réaliser une sortie dans l’espace (ou sortie extravéhiculaire - EVA). Il revient sur Mir en 1997 avec la navette américaine Atlantis. Jean-Loup Chrétien a aussi participé à la conception de la Station spatiale internationale (ISS) au sein de la NASA qu’il a intégrée en 1999.

Jean-Loup Chrétien, premier astronaute français de l'Histoire.
Jean-Loup Chrétien, premier astronaute français de l'Histoire © CNES/TASS, 1982

Patrick Baudry, 7 jours en navette

Après 2 ans d’entraînement en Russie avec Jean-Loup Chrétien, Patrick Baudry rejoint la NASA pour préparer durant un an le premier vol franco-américain. Le 17 juin 1985, il décolle de Cap Canaveral, en Floride, à bord de la navette Discovery. Il séjourne 7 jours à son bord comme spécialiste des charges utiles, c’est-à-dire en tant que responsable des expériences embarquées. Revenu à terre, il sera pilote d’essai pour le projet d’avion spatial européen Hermès, abandonné en 1992.

Patrick Baudry et Jean-Loup Chrétien. Les 2 premiers astronautes français ont été recrutés par le CNES en 1980.
Patrick Baudry et Jean-Loup Chrétien. Les 2 premiers astronautes français ont été recrutés par le CNES en 1980. © CNES, 1981

Un corps d’astronautes au CNES

À partir de 1985, le CNES forme un véritable corps d’astronautes français, composé de 6 hommes et 1 femme (voir photo ci-dessous). Les astronautes sont alors préparés aux missions spatiales européennes, soviétiques et américaines.

7 astronautes sont recrutés par le CNES en 1985. De gauche à droite : Jean-François Clervoy, Claudie André-Deshays, Jean-Jacques Favier, Jean-Pierre Haigneré, Frédéric Patat, Michel Tognini et Michel Viso
7 astronautes sont recrutés par le CNES en 1985. De gauche à droite : Jean-François Clervoy, Claudie André-Deshays, Jean-Jacques Favier, Jean-Pierre Haigneré, Frédéric Patat, Michel Tognini et Michel Viso © CNES/TRAPHOT, 1985

Michel Tognini et Jean-Pierre Haigneré, la génération Mir

Le 1er astronaute de la promotion 1985 Ă  dĂ©coller sera Michel Tognini, le 27 juillet 1992, direction la station Mir. Jusqu’au 10 aoĂ»t, il y effectue des expĂ©riences technologiques et de science de la vie. Il patientera ensuite jusqu’en 1999 pour retourner dans l’espace. Depuis la navette amĂ©ricaine cette fois-ci, il dĂ©ploie et met sur orbite le tĂ©lescope spatial Chandra.

Jean-Pierre Haigneré s’envole un an après lui, en 1993, toujours pour Mir, où il poursuit les expériences de son collègue pilote. Il retrouve la station russe en 1999 et devient alors le second Français à effectuer une sortie spatiale. Il est aussi le premier non-Russe à séjourner 6 mois sur Mir.

Michel Tognini (à gauche) et Jean-Pierre Haigneré (à droite) à l’entraînement à la Cité des étoiles, en Russie, en 1992.
Michel Tognini (à gauche) et Jean-Pierre Haigneré (à droite) à l’entraînement à la Cité des étoiles, en Russie, en 1992 © CNES/BARDOU Christian, 1992

Jean-François Clervoy, réparateur de télescope spatial

Entre sa première mission en novembre 1994 et son troisième vol, en juin 1999, Jean-François Clervoy a passé 675 heures dans l’espace. Pour sa dernière mission, l’ingénieur de formation manipule le bras robotique servant à capturer puis relâcher le télescope spatial Hubble pour sa réparation. À quelque 600 km d’altitude, ce bras aide aussi les astronautes à se déplacer durant cette EVA.

 

Jean-François Clervoy à bord de la navette américaine Atlantis.
Jean-François Clervoy à bord de la navette américaine Atlantis © ESA, 1994

Jean-Jacques Favier, un scientifique dans l’espace

Sixième Français à aller dans l’espace, Jean-Jacques Favier embarque sur la navette américaine Columbus du 20 juin au 7 juillet 1996. À bord, l’ingénieur poursuit en particulier les expériences observant les effets de la microgravité sur le corps humain. Des études menées en prévision du futur assemblage de la Station spatiale internationale (ISS). Jean-Jacques Favier est décédé le 19 mars 2023.

Claudie Haigneré, première Française de l’espace

Première Française et EuropĂ©enne Ă  rejoindre l’espace, Claudie HaignerĂ© est aussi la première mĂ©decin parmi les astronautes du CNES. Le 17 aoĂ»t 1996, elle embarque pour la station Mir oĂą elle mène durant 16 jours des expĂ©riences de science du vivant et de sciences physiques. Elle sĂ©journe une seconde fois dans l’espace en 2001 Ă  bord de l’ISS, cette fois-ci au poste d’ingĂ©nieur de bord n°1. 

Claudie Haigneré, l’une des 10 astronautes français.
Claudie Haigneré, l’une des 10 astronautes français © CNES/ESA/CORVAJA Stéphane, 2001

Des astronautes rattachés à l'agence européenne

Les premiers astronautes français s’entraînaient en Russie et aux États-Unis pour des missions franco-russes ou franco-américaines. À partir de 1992, les astronautes français intègrent l’Agence spatiale européenne (ESA) et contribuent à former le corps spatial européen, officialisé en 1998.

Philippe Perrin et Leopold Eyharts, constructeurs d’ISS

Philippe Perrin effectue un seul vol spatial, en 2002. Mais au cours de ses 14 jours dans l’espace, l’ingĂ©nieur-pilote effectue 3 EVA pour participer Ă  l’assemblage de l’ISS. Il dĂ©croche alors le record du sĂ©jour le plus long dans le vide spatial avec une sortie de 7h17.

Six ans plus tard, en 2008, LĂ©opold Eyharts, apporte lui aussi sa contribution au meccano de l’ISS : il arrime Ă  l’ISS le module europĂ©en Columbus. Il est ensuite le premier Ă  pĂ©nĂ©trer dans ce module laboratoire. Et durant son sĂ©jour de 2 mois, il supervise les installations expĂ©rimentales. Ce pilote de l’armĂ©e avait auparavant passĂ© 20 jours Ă  bord de Mir du 29 janvier au 19 fĂ©vrier 1998.

Philippe Perrin en sortie extravéhiculaire durant la mission STS - 111.
Philippe Perrin en sortie extravéhiculaire durant la mission STS - 111 © NASA, 2002

Zoom sur les sorties extravéhiculaires

Sur les 11 astronautes français ayant volĂ©, seuls 4 ont effectuĂ© des sorties extravĂ©hiculaires (EVA), c'est-Ă -dire des sorties dans le vide spatial : Jean-Loup ChrĂ©tien en 1988 (5h57) ; Jean-Pierre HaignerĂ© en 1999 (6h19) ; Philippe Perrin en 2002 (3 sorties - 19h31) ; Thomas Pesquet en 2016 (2 sorties - 12h30) et 2021 (4 sorties - 27h24).

Thomas Pesquet, astronaute nouvelle génération

Il est le premier Français directement recrutĂ© et formĂ© par l’agence spatiale europĂ©enne, en 2009. Depuis, l’ingĂ©nieur et pilote a rĂ©alisĂ© 2 missions Ă  bord de l’ISS : Proxima, du 17 novembre 2016 au 2 juin 2017 puis Alpha, du 23 avril au 9 novembre 2021. Outre la centaine d’expĂ©riences menĂ©es Ă  bord, dont Ă  chaque fois, une dizaine pour le CNES, Thomas Pesquet a rĂ©alisĂ© 6 sorties extravĂ©hiculaires pour effectuer des travaux d’entretien ou l’installation d’équipements sur l’ISS. En 2021, il est devenu le premier commandant de bord français sur l’ISS.

Sophie Adenot et Arnaud Prost, la relève

Sophie Adenot et Arnaud Prost ont rejoint le corps des astronautes européens en 2022. Tous deux sont des militaires formés à l’ingénierie aéronautique et spatiale. Sophie Adenot est pilote d’essai en hélicoptère, tandis qu'Arnaud Prost est pilote d’essai sur avion de chasse.

En fĂ©vrier 2026, Sophie Adenot rĂ©alise sa première mission Ă  bord de l'ISS, d'une durĂ©e de 9 mois : c'est la mission Epsilon. Elle participe Ă  plus de 200 expĂ©riences scientifiques et technologiques, dont certaines sont directement pilotĂ©es par le CNES Ă  Toulouse.

Arnaud Prost devrait rejoindre le cercle fermĂ© des astronautes français fin 2027. Il jouera un rĂ´le de pionnier : ĂŞtre le premier Ă  embarquer Ă  bord de la future station privĂ©e Haven-1 de la sociĂ©tĂ© amĂ©ricaine VAST et Ă  la tester en conditions rĂ©elles. Une mission pour prĂ©parer l’après ISS, qui arrive en fin de vie et devrait ĂŞtre dĂ©sorbitĂ©e Ă  l’horizon 2030.

Sophie Adenot, pouce levé, vient de mettre en place l'expérience MatISS-4 à bord de l'ISS.
L'astronaute française Sophie Adenot dans la Station spatiale internationale © ESA/NASA, 2026 (screenshot)
Arnaud Prost, Thomas Pesquet et Sophie Adenot en 2022.
Arnaud Prost, Thomas Pesquet et Sophie Adenot en 2022 © AFP

Quizz

Une autre Française a volé dans l’espace : Félicette. Il s’agit :

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