Développé par la NASA, le Nancy Grace Roman Space Telescope (NGRST) observera le ciel dans le visible et le proche infrarouge avec un champ de vue et une sensibilité inégalés. Grâce à ses instruments innovants, la nature et le comportement de la matière noire et de l’énergie noire seront scrutés en détail et des exoplanètes « froides » seront recherchées.
Informations essentielles
| Mission | Etudier l’énergie sombre et les exoplanètes |
|---|---|
| Domaine CNES | Sciences |
| Date de début | Lancement en août 2026 |
| Partenaires | NASA |
| Lieu | Point de Lagrange L2 (Terre-Soleil) |
| Durée | 5 ans (renouvelable en fin de mission primaire) |
| Statut du projet | En développement (phase D : fabrication des modèles de vol) |
Chiffres clés
-
2,4
m : diamètre du miroir
-
0,5
à 2,5 µm de longueur d’onde : du visible au proche Infra Rouge
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2191
kg : masse du satellite
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2
instruments à bord du satellite
Dates clés
- 30 août 2026 : Lancement prévu de Nancy-Grace-Roman à bord de Falcon Heavy
- 2024 : Livraison des deux instruments CGI et du WFI au GSFC pour intégration sur le satellite
- 29 septembre 2021 : Le télescope passe la Critical Design Review
- 20 mai 2020 : WFIRST est nommé Nancy-Grace-Roman par la NASA
- 30 novembre 2018 : La NASA confie la construction de la partie optique à Harris Corporation
- 17 février 2016 : Projet WFIRST approuvé par la NASA
- 2010 : Recommandation du projet WFIRST par la NASA
Le projet en bref
Le Nancy Grace Roman Space Telescope (anciennement « Wide Field Infrared Survey Telescope » – WFIRST) est un télescope spatial dédié à la connaissance et la compréhension de l’Univers, notamment dans les domaines de la cosmologie et de la planétologie.
Il est doté d’un miroir de 2,4 m de diamètre, équivalent à celui de Hubble. Toutefois, grâce à l’instrument grand champ WFI (Wide Field Instrument) chaque image de NGRST couvrira, avec une résolution comparable, un champ d’observation au moins 100 fois plus grand que celui d’Hubble. En une seule prise de vue, il peut regarder des millions de galaxies, là où Hubble n’en voyait que quelques milliers. De quoi remplir l’un de ses principaux objectifs scientifiques : réaliser un relevé des galaxies sur une large portion de ciel, afin d’apporter plus d’informations sur la matière noire et la mystérieuse « énergie sombre » qui constitue près de 70 % de tout le contenu de l’Univers et est responsable de l’accélération de son expansion. Au cours des cinq premières années d’observation, Roman photographiera une zone du ciel plus de 50 fois plus vaste que celle couverte par Hubble en 30 ans.
Un des autres grands objectifs de NGRST, alias « Roman », est le recensement et l’étude des exoplanètes par des techniques d’imagerie directe couplées à la coronographie ou par la détection de lentilles gravitationnelles .
Grâce au coronographe à haut contraste embarqué (CGI, démonstrateur technologique utilisant deux miroirs déformables), le télescope peut détecter des planètes jusque-là inaccessibles aux télescopes. Il est capable de déceler des planètes jusque-là « invisibles », comme des planètes comparables à Jupiter.
En complément, grâce à la détection de microlentilles gravitationnelles, Roman est en mesure d’identifier des systèmes planétaires similaires au nôtre, et en particulier des planètes géantes froides et des petites planètes telluriques. Ainsi, en observant le centre galactique le télescope devrait localiser et déterminer précisément la masse de plusieurs milliers de nouvelles exoplanètes (nous en connaissons environ 6 200 actuellement).
NGRST opère dans l’infrarouge proche, permettant de détecter des objets lointains, jusqu’à des galaxies vieilles de 13 milliards d’années, au tout début de la formation de l’Univers. Il travaille notamment en complémentarité d’autres télescopes capables d’opérer jusqu’à l’infrarouge lointain (James Webb, Euclid, mais aussi l’observatoire au sol Vera Rubin (LSST…).
Les observations systématiques et détaillées de très larges champs de ciel fourniront de nombreuses données particulièrement robustes. Durant ses cinq premières années en opération, Roman délivrera jusqu’à 20 000 térabits (20 pétabits) de données, soit 500 fois plus que Hubble. Un volume inégalé. Cette masse statistique sera librement accessible à tous les scientifiques.
Grâce à ces informations d’une grande précision, ils pourront recenser un nombre incroyable d’objets et d’événements et affiner notre compréhension et notre connaissance de l’Univers.
Qui est Nancy Grace Roman ?
Le WFIRST Telescope a été rebaptisé en hommage à l’astronome américaine Nancy Grace Roman (1925 – 2018). Première femme à occuper des postes de direction à la NASA, à commencer par celui de directrice du département d’astronomie en 1959, elle a œuvré au développement de l’astronomie spatiale et de ses outils. C’est notamment grâce à elle que le premier grand télescope spatial Hubble, lancé en 1990, a vu le jour.
Rôle du CNES dans le projet
Le CNES a été sollicité par la NASA pour fournir, en collaboration avec le LAM (Laboratoire d’Astrophysique de Marseille), certains miroirs très complexes du coronographe, ainsi que des algorithmes d’analyse automatique des données spectroscopiques issues de l’imageur grand champ WFI.
Avec le CNRS, le CNES participe activement à la planification des observations, la préparation des outils d’analyse et l’interprétation des données, ainsi qu’à la planification de la phase de vérification en vol du CGI.
Contacts CNES
Cheffe de projet
Isabelle ZENONE
Courriel : isabelle.zenone at cnes.fr
Responsable thématique Exobiologie, Exoplanètes au CNES
Christian MUSTIN
Courriel : christian.mustin at cnes.fr