BientĂ´t des bases humaines sur la Lune et sur Mars ?

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Modifié le 31 juillet 2026

Projet de base lunaire de l'ESA.
Projet de base lunaire de l'ESA © RegoLight, visualisation: Liquifer Systems Group, 2018.

Plus de 50 ans après les premiers pas sur la Lune, les humains veulent y retourner pour, cette fois, des sĂ©jours longue durĂ©e. AmĂ©ricains et EuropĂ©ens, mais aussi Chinois, Russes et Indiens ambitionnent d’installer des bases d’exploration sur son sol et en orbite lunaire. Avec comme objectif suivant le voyage habitĂ© vers la planète Mars.   

Reposer le pied sur la Lune

Pas si facile de se rendre sur la Lune. Les vols habitĂ©s Artemis II et Artemis III qui devaient mettre un Ă©quipage en orbite lunaire en 2023, puis dĂ©poser deux astronautes, une femme et un homme, au pĂ´le Sud de la Lune en 2024 ont Ă©tĂ© dĂ©calĂ©s. 

Vue d'artiste d'une base humaine sur la Lune
Projet 2022 d'installation de l'ESA sur la Lune © ESA–ATG

Car il s’agit de programmes extrĂŞmement complexes et dĂ©licats Ă  mettre en Ĺ“uvre. La Lune se situe tout de mĂŞme Ă  384 400 km de la Terre en moyenne. Une distance un peu plus longue que les 400 km qui nous sĂ©parent de la Station spatiale internationale (ISS), dĂ©sormais rĂ©gulièrement desservie par des vĂ©hicules spatiaux Ă©prouvĂ©s. Rejoindre la Lune, y atterrir et en repartir en sĂ©curitĂ© impliquent la mise en Ĺ“uvre de nouveaux systèmes spatiaux utilisant des avancĂ©es technologiques. En particulier pour le programme Artemis :

  • Le très puissant lanceur de la Nasa SLS (Space Launch System)
  • Le vaisseau habitable Orion dont le module de service est fourni par l’Agence spatiale europĂ©enne (ESA)
  • La fusĂ©e Starship de Space X dans sa version avec module de descente lunaire HLS (Human Landing System)
  • De nouvelles combinaisons spatiales adaptĂ©es Ă  l’environnement lunaire.


En 2022, la première phase Artemis I a Ă©tĂ© menĂ©e Ă  bien : une fusĂ©e SLS a mis en orbite un vaisseau Orion qui a rĂ©alisĂ© un tour de Lune avant de revenir sur Terre. La trajectoire a Ă©tĂ© bouclĂ©e en 25 jours.

En 2026, 4 astronautes (trois Américains et un Canadien) font le tour de la Lune dans le cadre de la mission Artemis II qui va durer 10 jours et durant laquelle ils battent le record de distance d'Apollo 13 en allant jusqu'à 406 773 km de la Terre.

La mission Artemis III devrait être lancée en 2027 pour effectuer des tests en orbite terrestre.

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Gateway : une station spatiale avec vue sur la Lune

Le programme Artemis comprend également le développement d’une petite station cislunaire (dont l’orbite passe à proximité de la Lune) appelée Gateway. Sa construction commencera à partir du milieu de la décennie et elle comprendra 2 modules principaux fournis par l’Europe. Le module logistique ESPRIT et le module d’habitation et d’expériences I-HAB.

La station lunaire Gateway sera également un poste d’observation avancé pour étudier l’espace lointain, à l’abri des pollutions lumineuses ou radio émanant de la Terre.
La station lunaire Gateway sera également un poste d’observation avancé pour étudier l’espace lointain, à l’abri des pollutions lumineuses ou radio émanant de la Terre © ESA

Préparer la vie à la surface de la Lune

À bord de Gateway, les astronautes doivent piloter par exemple des robots déposés sur le sol lunaire pour explorer la Lune et en extraire les ressources utiles à la construction et au fonctionnement d’une base lunaire. Mais l’intérêt principal de cette petite station, au-delà de servir de relais pour les missions lunaires, est de pouvoir étudier et préparer les conditions de vie des astronautes, hors du champ de protection magnétique de la Terre.

En mars, 2026, la NASA annonce le report de Gateway au profit d'une base lunaire directement, certains équipements seront redirigés vers ce nouveau projet.

Missions habitées vers Mars

En visant la Lune, on vise en rĂ©alité… Mars. Les expĂ©riences de physiologie Ă  bord du Gateway et la construction d’une base sur le sol lunaire serviront Ă  valider les technologies indispensables pour aller vers Mars. Car rejoindre la planète rouge prĂ©sente des dĂ©fis encore plus dĂ©mesurĂ©s. Tout d’abord, s’assurer que les astronautes rĂ©sisteront physiquement et psychologiquement au voyage de 3 ans, puis leur garantir un environnement viable. Sur Mars en effet, les tempĂ©ratures sont plus froides que sur Terre, l’atmosphère est extrĂŞmement tĂ©nue et essentiellement composĂ©e de gaz carbonique (CO2), et la surface est rĂ©gulièrement balayĂ©e de violentes tempĂŞtes de sable. Et si la prĂ©sence d’eau sur Mars est dĂ©sormais avĂ©rĂ©e, elle ne coule pas du robinet ! Elle devra ĂŞtre extraite des glaces souterraines ou des sulfates (des sels minĂ©raux). Il faudra ainsi ĂŞtre capable de produire de façon autonome de l’eau, mais aussi de l’oxygène, de l’énergie, de la nourriture…  

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Spaceship FR : un espace d’innovations pour les bases spatiales 

Les dĂ©fis technologiques et humains pour sĂ©journer sur la Lune sont nombreux ! Aussi, les agences spatiales s’allient Ă  diffĂ©rents acteurs pour mettre au point les futures solutions spatiales. Laboratoires scientifiques, universitĂ©s, industries, startups… sont mobilisĂ©s. Des grandes entreprises comme Michelin aident Ă  la conception des pneus des rover martiens, des startups imaginent des Ă©quipements de vie comme Interstallar Lab, dĂ©veloppeur de biodĂ´mes, des serres pour cultiver des plantes dans n’importe quel environnement ou Spartan Space qui conçoit des habitats lunaires. D’autres mettent au point des vĂ©hicules spatiaux, telle The Exploration Company qui prĂ©pare un vaisseau cargo. 

Le Spaceship français fais partie d’un réseau de Spaceships européens coordonné par l’ESA.
Le Spaceship français (Spaceship FR) fait partie d’un réseau de Spaceships européens coordonné par l’ESA © CNES/OTCE

Chez nous, en France, au CNES de Toulouse, un complexe consacrĂ© Ă  l’exploration de l’espace se prĂ©pare ainsi Ă  accueillir ces partenaires : Spaceship FR, un tiers lieu composĂ© de diffĂ©rents modules dĂ©diĂ©s Ă  la santĂ©, Ă  l’utilisation des ressources, au recyclage, Ă  la gestion et la production de l’eau et de l’énergie ainsi qu’un espace de travail et un atelier de fabrication.

Avec Spaceship FR nous identifions les technologies françaises qui peuvent participer au projet lunaire. S’associer à des acteurs parfois non issus du spatial aide à innover et trouver des solutions à la fois bénéfiques pour le spatial et à Terre.

Sébastien Barde

  • Sous-directeur Exploration et Vols HabitĂ©s au CNES

Quizz

L’un des défis lunaires consiste à utiliser la poussière de roche qui recouvre la surface comme matériau de construction. Comment se nomme cette poussière de Lune ?

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