La batterie de tests continue pour Plato à l’approche de son lancement. Après avoir a passé haut la main ses essais de vibrations et acoustiques, le satellite européen a récemment subi de nouveaux tests, cette fois dans le Large Space Simulator (LSS) de l’Agence spatiale européenne (ESA). Là, Plato a dû montrer sa résistance face aux conditions extrêmes auxquels il sera soumis dans l’espace.
Dans les conditions du réel
Dans le domaine du spatial, « tester en conditions réelles » est le mot d’ordre de tout ingénieur. Ainsi, avant de lancer un satellite, il est essentiel de vérifier toutes ses fonctionnalités dans les mêmes conditions que celles qu’il rencontrera en orbite. C’est dans ce but que Plato a été placé à l’intérieur du LSS.
Début mars, le satellite s’est ainsi retrouvé enfermé dans une sorte d’enceinte totalement hermétique. L’objectif ? Reproduire le « vide spatial ». Pour ce faire, de puissantes pompes ont été activées afin de vider tout l’air présent à l’intérieur de l’enceinte… un peu comme quand on met des aliments sous vide ! La pression atteinte était ainsi 1 milliard de fois inférieure à notre pression atmosphérique.
Par la suite, de l’azote liquide a été introduit à l’intérieur des murs afin de reproduire les températures extrêmement basses auxquelles le satellite sera soumis dans l’espace. Enfin, un ensemble d'éléments chauffants puissants, disposés à l'intérieur du LSS, a été mis en marche afin de reproduire la chaleur du Soleil. Durant l’essai, Plato a ainsi été soumis à une amplitude de températures extrêmes : de +150°C et -90°C !
Tests de vision
Plato a également subi des tests de vision. Le but de sa mission sera en effet de détecter des planètes potentiellement habitables, similaires à notre Terre. Ses 26 caméras ultrasensibles – et ultraprécises – doivent ainsi pouvoir montrer toutes leurs performances.
Pour détecter et caractériser des planètes semblables à la Terre en orbite autour d'étoiles semblables au Soleil, nous devons mettre en évidence des variations de luminosité stellaire inférieures à 80 parties par million.
- Responsable scientifique du projet Plato à l'ESA
Des essais spécifiques ont ainsi été menés afin de vérifier le bon fonctionnement des caméras de Plato et de l'ensemble du satellite dans les conditions thermiques auxquelles il sera soumis sur son orbite finale.
À présent, toutes les informations recueillies au cours des différents tests vont être analysées afin de mieux comprendre le comportement du satellite et les performances détaillées de ses instruments. Plato devrait ainsi être prêt à être lancé d’ici la fin de l’année. Le décollage à bord d’une fusée Ariane 6 est prévu par Arianespace pour janvier 2027 depuis le Centre spatial guyanais.
Plato : à la recherche de nouvelles Terres
La mission Plato (pour PLAnetary Transits and Oscillations of stars), mission du programme Cosmic Vision 2015-2025 de l’ESA, a un objectif ambitieux : trouver des planètes habitables autour d’étoiles similaires au Soleil. En étudiant ces systèmes, les scientifiques espèrent répondre à trois grandes questions :
- Comment se forment et évoluent les planètes et les systèmes planétaires ?
- Notre Système solaire est-il unique, ou existe-t-il d’autres systèmes comme le nôtre ?
- Y a-t-il, quelque part dans la Voie lactée, des planètes capables d’abriter la vie ?
28 États et environ 300 instituts participent au consortium Plato, sous la responsabilité de l’Allemagne. La France fait partie des cinq principaux contributeurs. Le CNES, agence spatiale française, porte la responsabilité de la contribution française et pilote les travaux de neuf laboratoires du CNRS et du CEA.
Cette actualité est une reprise partielle d’un article de l’ESA en anglais. Consulter l’article original